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lundi 12 janvier 2026

Adieu Jean-Pat de Cécilia Rouaud (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

L'effondrement de la comédie française a pris une telle ampleur que l'on arrive à douter presque systématiquement de tout ce qui sort en salle. Les médias et le public n'étant généralement pas tendres avec tout ce qui touche au genre, et l'on comprend pour quelle raison, Adieu Jean-Pat de Cécilia Rouaud (auteur de Photo de famille, Les complices, Le livreur de noël et réalisatrice de seconde ou troisième équipe sur Monsieur Batignole, Le raid ou encore Une pure affaire) n'échappe pas à cette règle même si une partie de ses spectateurs lui ont trouvé de réelles qualités. À contrario, l'exigence d'un magazine culturel tel que Télérama l'empêche comme on s'en doute et comme à son habitude de lui octroyer de bonnes notes ! En ce début d'année 2026 l'on ne va pas tirer sur l'ambulance et encore moins sur le corbillard puisque Adieu Jean-Pat a été écrit par Fabcaro, Xavier Lacaille et... surtout Laurent Tirard. De ce dernier, l'on connaît les deux premiers volets de la franchise Le petit Nicolas portés à l'écran en 2009 et 2014 ainsi que le piteux Astérix et Obélix : Au service de sa Majesté. Mais aussi et surtout les très réussis Un homme à la hauteur, Le retour du héros et Le discours avant qu'il ne termine sa carrière avec l'infâme Juste ciel ! Malheureusement disparu le 5 septembre 2024 d'une détérioration des organes suite à une greffe de moelle osseuse consécutive à un cancer, il fut notamment scénariste sur le très sympathique Prête-moi ta main d'Eric Lartigau en 2006... Nous n'allons donc pas nous acharner sur Adieu Jean-Pat, d'autant plus qu'après des débuts laborieux qui s'étalent sur une bonne vingtaine de minutes, le long-métrage de Cécilia Rouaud n'est finalement pas aussi mauvais que nous pouvions le craindre... Âgé de trente-cinq ans et vivant avec sa compagne Alice (l'actrice Fanny Sidney), Étienne (Hakim Jemili) s'apprête à lire un texte en hommage à son ''ami'' Jean-Patrick qui est décédé dans un tragique accident d'auto.


Le récit opère alors un retour en arrière de quelques jours. Consultant un hypnothérapeute afin de résoudre le problème qui lui pourrit l'existence depuis son plus jeune âge, lors d'une séance, Étienne replonge en enfance. L'on découvre alors que celui que tout le monde croit être l'un des meilleurs amis du disparu en réalité le déteste ! Harcelé et humilié chaque fois que ses parents, sa sœur et lui partaient en vacances au même endroit que Jean-Patrick et ses parents (Valérie Karsenti et Thibault de Montalembert), l'homme en a conservé une très grande rancœur. Par un concours de circonstances et parce qu'il ne sait pas dire non, Étienne va donc devoir accepter malgré lui de participer à la veillée funèbre organisée par les parents du défunt, Régine et Henri Galibert et d'écrire un texte à la mémoire de son pire ennemi... Tout l'intérêt de Adieu Jean-Pat se situe autour de l'attitude débonnaire du héros, l'excentricité de sa meilleure amie Léonore (Constance Labbé), le comportement quasiment ''alzheimerien'' de Gustave Kervern qui incarne le rôle d'Antoine, le père d’Étienne, ou celui de sa sœur Clémence (Nora Hamzawi), laquelle est craintive à l'idée de mettre au monde l'enfant qu'elle attend. Tout ce petit monde auquel l'on ajoutera les parents du mort vouant un véritable culte à leur fils disparu fait de cette petite comédie financée à hauteur d'un peu plus de six millions et demi d'euros un très agréable divertissement. Une petite touche d'humour noir (la pièce montée au sommet de laquelle trône une figurine à l'effigie d'une voiture accidentée) très discrète accompagne des dialogues parfois délicieusement absurdes. En loser maladroit, dépassé par les événements mais au fond très attachant, Hakim Jemili incarne avec son phrasé habituel contraignant souvent à pencher l'oreille en avant, un personnage effectivement très attendrissant. Si Adieu Jean-Pat n'a rien d'exceptionnel, on se surprend malgré tout à rire à l'occasion de plans ou de séquences parfaitement ubuesques. Bref, ne boudons pas notre plaisir devant ce qui restera malgré tout une comédie mineure...

 

vendredi 3 avril 2020

10 Jours sans Maman de Ludovic Bernard (2020) - ★★★★★☆☆☆☆☆



10 Jours sans Maman est le remake de Mamá se Fue de Viaje, comédie argentine du réalisateur et scénariste Ariel Winograd sortie dans son pays d'origine en juillet 2017 mais jamais dans notre pays. Son adaptation est l’œuvre du réalisateur français Ludovic Bernard qui après avoir été premier assistant-réalisateur pour Guillaume Canet, Olivier Doran, Richard Berry ou Luc Besson est passé à la réalisation en 2017 avec Mission Pays Basque. Ludovic Bernard a ensuite enchaîné la même année avec L'Ascension et Au Bout des Doigts. 10 Jours sans Maman est sorti sur les écrans français le 19 février dernier avec dans le rôle principal l'acteur Franck Dubosc qui après avoir passé les deux dernières années en demi-teinte (interprète des pathétiques Boule & Bill 2, Toute Ressemblance et All Inclusive mais auteur, réalisateur et acteur principal de l'excellent Tout le Monde Debout), revient en 2020 avec une nouvelle comédie. Malheureusement, pas des meilleures, mais pas des pires non plus. De celles que l'on regarde plaisamment sans toutefois en conserver de mémorables souvenirs.

Une comédie familiale comme il en existe tant d'autres (Maman ou Papa 1&2 de Martin Bourboulon, Les Dents, Pipi et au Lit d'Emmanuel Gillibert ). Aure Atika y interprète le rôle d'Isabelle Mercier, mère de quatre enfants et épouse d'Antoine, directeur des ressources humaines d'un grand magasin de bricolage en concurrence avec un certain Di Caprio. Les deux hommes jouent en effet du coude pour se voir accorder les grâces du directeur Roland Chassagne (l'acteur Daniel Martin) afin d'obtenir son poste si convoité. C'est ce moment que choisit Isabelle pour prendre les vacances dont elle rêve depuis longtemps. Partir dix jours à Mykonos en compagnie de sa sœur Audrey (Héléna Noguerra) et laisser les enfants à Antoine pour qu'il se rende compte une fois pour toute du travail et des responsabilités que cela représente. Isabelle disparue, le directeur des ressources humaines doit jongler entre son métier et les enfants. Une rude tâche pour cet homme qui va devoir composer avec l’indiscipline de Maxime, Arthur, Chloé et du petit dernier, du désordre qui règne à la maison et de la tension qu'il éprouve face à Di Caprio. Une solution pourtant va très vite s'imposer. Demander à la femme de ménage qui passe ponctuellement chez eux de bien vouloir accepter de venir tous les jours. Si celle-ci accepte très rapidement, victime d'un accrochage avec la voiture d'Antoine, la voilà à l’hôpital. C'est là qu'intervient Julia, une jolie jeune femme qui vient de perdre son boulot et que les enfants adorent déjà...

10 Jours sans Maman est une comédie anecdotique, sans surprises, peu ou pas drôle, dont les gags ont été vus mille fois à d'autres occasions. L'un des rares points positifs du long-métrage demeure sa fraîcheur, et celle qu'apporte un casting et une interprétation qui rappellera sans doute aux plus anciens l'excellente séries télévisée Papa Poule. À part cela, le film a bien du mal à démarrer. Il faudra se taper une bonne moitié de métrage durant laquelle il ne se passe absolument rien avant que le film n'éveille quelque peu le désir d'aller à son terme. Franck Dubosc a beau conserver son aura sympathique, ce qu'il a malheureusement tendance à entretenir également, c'est son piètre jeu d'acteur. Quoi qu'il entreprenne, son jeu sonne irrémédiablement faux. Ce qui dans le cas présent est un moindre mal vu que l'on ne peut aborder 10 Jours sans Maman que sous l'angle de la comédie ultra légère et sans prétention. Les jeunes interprètes s'amusent apparemment beaucoup, Aure Attika est relativement discrète puisque absente d'une bonne partie du film et quant à Alexis Michalik qui interprète ici le pathétique Di Caprio, le spectateur n'aura même pas le plaisir de savourer sa chute ! Au final, on oubliera très certainement 10 Jours sans Maman quelques semaines après l'avoir vu. Un film qui ne méritait pas vraiment que l'on paye sa place de cinéma mais qui méritera sans doute qu'on lui réserve un accueil poli le jour de son passage à la télévision...
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