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vendredi 16 octobre 2026

Poussière d'ange d'Édouard Niermans (1987) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Abandonné par son épouse Martine (Fanny Citottençon), Simon Blount boit. Beaucoup. Trop, même. Le visage blafard et les yeux rougis par l'alcool et le manque de sommeil, cet inspecteur de police qui travaille pour le compte du commissaire Florimont (Michel Aumont) est en pleine dérive et l'a d'ailleurs tout récemment prouvé lors d'un déjeuner au restaurant lors duquel il a harcelé Martine de questions jusqu'à ce qu'elle lui avoue avoir un nouvel homme dans sa vie. ''Pétant'' littéralement un câble, Simon a frappé la jeune femme devant tous les autres clients avant que certains d'entre eux n'interviennent pour les séparer. Martine promettant alors qu'il ne la verrait plus ! Bien qu'étant souvent pris de boisson, Simon exécute parfaitement son travail et c'est pour cela qu'il se lance dans une enquête concernant la mort d'un certain Igor Malevitch (Henri Marteau)..... Comme une manière d'indiquer au public que tout ce qu'il va découvrir à présent sera certes majoritairement sombre et désespéré mais que le personnage central aura droit à une fin plutôt optimiste, Poussière d'ange d'Édouard Niermans démarre donc de façon plutôt classique, avec ce flic, père de famille et époux qui sur le quai d'une gare arbore un look dont on rend grâce au scénario du réalisateur et de Jacques Audiard et Alain Le Henry qu'il change pour opérer une transition abrupte entre le type bien propre sur lui et l'alcoolique attifé d'une longue gabardine marchant d'un pas brinquebalant et trainant la semelle au sol... Poussière d'ange a beau décrire un protagoniste rongé par la jalousie et l'absence de sa femme, c'est après s'être vu confier une affaire de vol dans un grand magasin qu'il va faire la connaissance de Violetta. Et une Fanny en chassant une autre, tandis que le personnage incarné par Fanny Cottençon disparaît de l'écran et du récit, celui interprété par Fanny Bastien va prendre de plus en plus de place dans l'existence de l'inspecteur. Sans que jamais le spectateur ne puisse découvrir à l'évidence que Simon éprouve plus que de l'amitié pour cette jeune femme paumée qui tâte sans cesse son pouls pour s'assurer qu'il bat toujours, l'homme porte tant d'intérêt pour Violetta qu'il décide d'arrêter de boire. Poussière d'ange est donc tout d'abord l'histoire d'une rencontre entre deux êtres malmenés par la vie. Violetta, orpheline, est issue d'un foyer où elle rencontra Gabriel Spielmacher (Luc Lavandier), un jeune homme très instable avec lequel elle partage toujours son existence.....


Un homme soupçonné d'avoir assassiné Igor Malevitch. Oui, l'amant de Martine. Car le film, sous ses allures de drame et de polar dont les approches semblent non pas devoir se télescoper mais se reléguer au fil du récit, nous conte une histoire moins alambiquée qu'il n'y paraît et qui au contraire joue finement sur plusieurs tableaux pour ne constituer qu'un seul et unique sujet. En effet, au fil de l'intrigue l'on découvre que tout est lié..... ou presque. De la mort d'Igor Malevitch, notoirement connu par la police des mœurs pour avoir été un proxénète jusqu'à Violetta dont la mère fut assassinée par deux malfrats en passant par l'attitude de plus en plus suspecte du commissaire Florimont qui apprend notamment à Simon Blount qu'il va devoir être très prochainement muté. Bien que la carrière de Fanny Bastien soit relativement clairsemée, il faut probablement avoir vécu dans les années quatre-vingt pour se souvenir de cette jolie et angélique actrice française qui dans Poussière d'ange incarne une Violetta physiquement maladive, toujours fagotée des mêmes vêtements et mythomane à ses heures... Le long-métrage d'Édouard Niermans échappe au statut d'œuvre anecdotique en nous offrant une histoire belle, tragique, touchante mais aussi très noire et où le bout du tunnel semble si loin que l'on ne s'attend certainement pas à une fin heureuse pour tout le monde. Polar dramatique, Poussière d'ange témoigne d'un homme qui sous l'influence involontaire d'une jeune paumée va reprendre les rênes de son existence. Le film traite également du sujet de la vengeance. Toutes les pièces du puzzle s'imbriquant alors à la perfection. Outre celles des autres acteurs, c'est bien l'interprétation de Bernard Giraudeau qui retient toute notre attention. Et si jeu n'atteint pas tout à fait l'intensité de celui de Nicolas Cage dans Living Las Vegas de Mike Figgis ou celui de Daniel Auteuil dans MR 73 d'Olivier Marchal, on reste malgré tout subjugué et hypnotisé par ce personnage, alcoolique au dernier degré et qui remonte petit à petit la pente pour venir au secours d'une jeune et jolie paumée...

 

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