Moins drôles qu'instructives sont ces petites vidéos qui circulent
sur le net et notamment sur Facebook
et qui en une poignée de minutes vous aiguillent sur des
longs-métrages que vous n'auriez éventuellement pas encore vus.
Intéressantes mais aussi parfois agaçantes. Surtout lorsque vous
découvrez que rares sont celles qui demeurent encore inédites. À
croire que vous bouffez de la ''pellicule'' au kilomètre et à une
cadence telle qu'il ne vous reste plus grand chose à vous mettre
sous la dent à part la lie du genre, et ici, en l'occurrence, du
thriller. Oriol Paulo ? Kézako ? Rien moins que l'un de
ces réalisateurs et scénaristes espagnols aussi fascinants qu’insuffisamment connus qu'il faut suivre de près et ne surtout pas
lâcher de vue. Le genre de cinéaste que l'on se prend à révérer
en l'espace d'un seul film. S'agissant de mon expérience
personnelle, nous remonterons jusqu'en 2019 lorsque je découvrais
l'excellent thriller de science-fiction Durante la
Tormenta
qu'il réalisa cette année là. Toujours méfiant mais avisant tout
de même les conseils de celles et ceux qui affirment détenir la
perle rare, ce n'est bizarrement qu'aujourd'hui que je m'intéresse à
nouveau à Oriol Paulo. Comme si son nom et cette œuvre précieuse
découverte voilà sept ans s'étaient effacés de ma mémoire. Et ça
n'est donc pas un long-métrage que j'ai choisi de découvrir
histoire de lui rendre l'hommage qui lui revient mais deux. À
commencer par El Cuerpo qui
précède donc Durante
la Tormenta
de six ans...
Un
premier jet cinématographique après plusieurs courts-métrages et
un téléfilm permettant donc au bonhomme de s'exercer dans l'art
difficile du thriller policier labyrinthique et du twist ''coup de
poing''. Vous savez, le genre de révélation qui stoppe net vos
battements de cœur ou au contraire les accélère lorsque après
plus d'une heure trente l'auteur se décide enfin à vous révéler
la cruelle vérité. Tout commence ici par la fuite d'un gardien de
morgue se poursuivant dans une forêt lorsqu'à son arrivée sur le
bord d'une route, celui-ci est renversé par une voiture. Plongé
dans le coma, il est transporté inconscient à l'hôpital. Dans ce
même établissement repose à la morgue le cadavre de la femme
d'affaires Mayka Villaverde Freire (Belén Rueda) que son époux
Alejandro Ulloa Marcos (Hugo Silva) a retrouvée morte un peu plus
tôt dans la journée. Tandis qu'une autopsie est prochainement
prévue, le corps disparaît ! C'est là qu'intervient alors
l'inspecteur Jaime Peña (José Coronado), chargé lui et son équipe
de dénouer cette bien curieuse affaire de disparition de cadavre.
Voilà. Vous n'en saurez pas davantage. À vous désormais de tenter
de décortiquer en tant réel (celui des enquêteurs et de l'époux
de la victime) ce qui se trame autour de cette disparition qui prend
des allures de machination diabolique...
Sachez
tout de même que pour le cinéaste espagnol rien n'est moins
important que de connaître le fin fond de l'histoire s'agissant la
mort de Mayka Villaverde Freire et plus fondamental que de plonger le
spectateur dans le flou le plus total concernant la suite
d'événements qui se produisent autour de la disparition du cadavre.
En effet, Oriol Paulo ne fait pas longtemps mystère de la
culpabilité du personnage de l'époux Alejandro Ulloa Marcos et de
sa maîtresse et complice Carla Miller (Aura Garrido). Tout juste
s'amuse-t-il à construire son récit autour de l'histoire somme
toute banale du couple adultère qui pour vivre librement son amour
et par extension, profiter de la fortune de la défunte, a fomenté
une diabolique conspiration. Bref, de quoi se demander où juste le
cinéaste veut en venir... Là où El
Cuerpo
semble parfois redoutable est ce ce jeu pervers entre l'illusion que
se fait tout d'abord Alejandro de maîtriser la situation et le piège
dans lequel il va sombrer. Mais j'en dis trop. Sympathique mais pas
inoubliable, le premier long-métrage fait l'erreur d'insister sur
l'hypothétique survie de Mayka. Et à trop vouloir insister sur ce
point, l'on finit par comprendre que l'épouse est bien morte et que
l'évocation d'un éventuel état de catalepsie ne sert qu'à noyer
l'un des nombreux poissons qui parsèment le récit. Vient alors la
révélation finale qui, si elle peut surprendre (est c'est forcément
le but recherché par Oriol Paulo), ne laisse cependant et
malheureusement pas le spectateur sur le carreau. Il manque de ces
petits éléments disséminés ça et là qui habituellement
permettent au cerveau du spectateur de fomenter peu à peu certaines
hypothèses mais qui dans le cas de El
Cuerpo
sont réunis en fin de parcours et tombent un peu comme un cheveu
dans la soupe. Bref, le film est sympa mais loin d'être aussi
remarquable que certains aimeraient nous le faire croire...
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