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mercredi 4 mars 2026

Send Help de Sam Raimi (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après être passé par la case Blockbusters par quatre fois avec sa trilogie Spider-Man entre 2002 et 2007 et avec Doctor Strange in the Multiverse of Madness en 2022, le réalisateur, scénariste et producteur américain Sam Raimi est revenu cette année avec un long-métrage beaucoup plus modeste mais pas forcément plus sobre. En effet, l'auteur de la cultissime saga de films gores Evil Dead et de son itération télévisuelle Ash vs Evil Dead revient en 2026 avec un ''petit'' film qui a tout du ''grand'' dans les domaines qu'il explore. Cette folie propre au cinéaste qu'il eu notamment l'occasion de mettre en scène dans le génial Crimewave écrit aux côtés des frères Ethan et Joel Coen en 1985... Depuis son Drag Me to Hell en 2009 et avant son précédent Doctor Strange in the Multiverse of Madness, Sam Raimi n'a tourné que quelques courts-métrages, mais ça y est, cette fois-ci le voilà réapparaissant avec ce qui est la promesse d'un retour aux sources. Send Help n'est pourtant pas le film gore auquel l'on pouvait s'attendre. Et ce, même si effectivement, un ou deux plans s'avèrent plutôt gratinés en la matière. Une première séquence durant laquelle l'héroïne incarnée par Rachel McAdams chasse le sanglier sur une île déserte où elle s'est échouée à la suite d'un crash d'avion avec son patron interprété quant à lui par Dylan O'Brien. Et une seconde, qui s'inscrit dans un gore de type ''émétophile'' assez... gerbant, justement ! Pour le reste, Send Help peut être vu comme l'émulsion parfaite entre le film d'aventures survivaliste, la comédie, le film d'horreur et la critique sociale... Empruntant ainsi leur concept à des émissions de type Koh Lanta ou à des longs-métrages mettant en scène un ou plusieurs individus échoués sur une île déserte. Mais ici, pourtant, rien d'aussi rageusement familiale que le très sympathique Seul au monde de Robert Zemeckis. L'auteur de Send Help en profite pour régler les comptes de ses deux principaux protagonistes que sont Linda Liddle et son patron Bradley Preston. Opposition entre une ambitieuse employée de bureau dont l'hygiène, semble-t-il, laisse à désirer et à laquelle l'ancien patron de l'entreprise qui l'emploie avait promis un poste de sous-directrice avant qu'il ne décède. Mais à la mort de celui-ci, son propre fils a repris les rênes de la boite et a offert le poste en question à l'un des concurrents de la jeune femme. Relativisant la situation mais choisissant malgré tout d'en parler avec son nouveau boss, Linda se voit offrir l'occasion de prouver sa valeur lors d'un voyage d'affaire à Bangkok...


Mais alors qu'elle, Bradley et plusieurs employés sont à bord d'un avion, ce dernier s'écrase en pleine mer. À son réveil sur une plage de sable fin, Linda constate qu'elle et son patron sont les seuls survivants de la tragédie. Bradley étant gravement blessé, la jeune femme va user de ses connaissances en survivalisme pour subsister à la surface de cette île recelant maints dangers... Avec Send Help, Sam Raimi nous offre un voyage exotique sur une île perdue au milieu des océans. Un décor superbe qui va servir de cadre de règlement de comptes entre une employée certes ''arriviste'' mais ô combien sympathique interprétée de manière très enjouée par l'actrice Rachel McAdams. Cabotinant sans cesse mais révélant des ressources inépuisables, Linda profite de cette occasion pour montrer à Bradley ses capacités. Celles-là mêmes qui pourraient potentiellement lui servir à décrocher le poste qu'elle briguait avant la tragédie. Face à elle, un Dylan O'Brien/Bradley Preston bien dans son rôle de patron de grande entreprise, arrogant, autoritaire, mais qui très rapidement va devoir composer avec les talents de son employée s'il veut pouvoir survivre aux multiples dangers que le duo rencontrera sur la surface de l'île (nature sauvage, animaux dangereux, climat capricieux). Sur un script des plus simples, Sam Raimi et les scénaristes Damian Shannon et Mark Swift composent une œuvre socialement chargée, entre despotisme, patriarcat, ambition professionnelle, toxicité patron/employée, capitalisme, survivalisme et manipulation. Car aussi limpide que puisse apparaître le récit, Sam Raimi se joue de la forme apparemment simpliste de l'histoire pour nous convier à quelques twists plutôt bien fichus dont l'un d'entre eux au moins n'aurait sans doute pas laissé indifférent un auteur tel que M. Night Shyamalan. À contrario, pour celles et ceux qui espéraient un déluge de sang, il faudra repasser. Mais Send Help est tellement jouissif et le duo fonctionne tellement bien que l'absence régulière d'hémoglobine n'est en réalité pas un problème. Bref, c'est l'éclate totale...

 

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