Après être passé par
la case Blockbusters par quatre fois avec sa trilogie Spider-Man
entre 2002 et 2007 et avec Doctor Strange in the
Multiverse of Madness
en 2022, le réalisateur, scénariste et producteur américain Sam
Raimi est revenu cette année avec un long-métrage beaucoup plus
modeste mais pas forcément plus sobre. En effet, l'auteur de la
cultissime saga de films gores Evil Dead
et de son itération télévisuelle Ash vs Evil
Dead
revient en 2026 avec un ''petit'' film qui a tout du ''grand'' dans
les domaines qu'il explore. Cette folie propre au cinéaste qu'il eu
notamment l'occasion de mettre en scène dans le génial Crimewave
écrit aux côtés des frères Ethan et Joel Coen en 1985... Depuis
son Drag Me to Hell en
2009 et avant son précédent Doctor Strange in
the Multiverse of Madness,
Sam Raimi n'a tourné que quelques courts-métrages, mais ça y est,
cette fois-ci le voilà réapparaissant avec ce qui est la promesse
d'un retour aux sources. Send Help
n'est pourtant pas le film gore auquel l'on pouvait s'attendre. Et
ce, même si effectivement, un ou deux plans s'avèrent plutôt
gratinés en la matière. Une première séquence durant laquelle
l'héroïne incarnée par Rachel McAdams chasse le sanglier sur une
île déserte où elle s'est échouée à la suite d'un crash d'avion
avec son patron interprété quant à lui par Dylan O'Brien. Et une
seconde, qui s'inscrit dans un gore de type ''émétophile'' assez...
gerbant, justement ! Pour le reste, Send
Help
peut être vu comme l'émulsion parfaite entre le film d'aventures
survivaliste, la comédie, le film d'horreur et la critique
sociale... Empruntant ainsi leur concept à des émissions de type
Koh Lanta
ou à des longs-métrages mettant en scène un ou plusieurs individus
échoués sur une île déserte. Mais ici, pourtant, rien d'aussi
rageusement familiale que le très sympathique Seul
au monde de
Robert Zemeckis. L'auteur de Send Help
en profite pour régler les comptes de ses deux principaux
protagonistes que sont Linda Liddle et son patron Bradley Preston.
Opposition entre une ambitieuse employée de bureau dont l'hygiène,
semble-t-il, laisse à désirer et à laquelle l'ancien patron de
l'entreprise qui l'emploie avait promis un poste de sous-directrice
avant qu'il ne décède. Mais à la mort de celui-ci, son propre fils
a repris les rênes de la boite et a offert le poste en question à
l'un des concurrents de la jeune femme. Relativisant la situation
mais choisissant malgré tout d'en parler avec son nouveau boss,
Linda se voit offrir l'occasion de prouver sa valeur lors d'un voyage
d'affaire à Bangkok...
Mais
alors qu'elle, Bradley et plusieurs employés sont à bord d'un
avion, ce dernier s'écrase en pleine mer. À son réveil sur une
plage de sable fin, Linda constate qu'elle et son patron sont les
seuls survivants de la tragédie. Bradley étant gravement blessé,
la jeune femme va user de ses connaissances en survivalisme pour
subsister à la surface de cette île recelant maints dangers... Avec
Send Help,
Sam Raimi nous offre un voyage exotique sur une île perdue au milieu
des océans. Un décor superbe qui va servir de cadre de règlement
de comptes entre une employée certes ''arriviste'' mais ô combien
sympathique interprétée de manière très enjouée par l'actrice
Rachel McAdams. Cabotinant sans cesse mais révélant des ressources
inépuisables, Linda profite de cette occasion pour montrer à
Bradley ses capacités. Celles-là mêmes qui pourraient
potentiellement lui servir à décrocher le poste qu'elle briguait
avant la tragédie. Face à elle, un Dylan O'Brien/Bradley Preston
bien dans son rôle de patron de grande entreprise, arrogant,
autoritaire, mais qui très rapidement va devoir composer avec les
talents de son employée s'il veut pouvoir survivre aux multiples
dangers que le duo rencontrera sur la surface de l'île (nature
sauvage, animaux dangereux, climat capricieux). Sur un script des
plus simples, Sam Raimi et les scénaristes Damian Shannon et Mark
Swift composent une œuvre socialement chargée, entre despotisme,
patriarcat, ambition professionnelle, toxicité patron/employée,
capitalisme, survivalisme et manipulation. Car aussi limpide que
puisse apparaître le récit, Sam Raimi se joue de la forme
apparemment simpliste de l'histoire pour nous convier à quelques
twists plutôt bien fichus dont l'un d'entre eux au moins n'aurait
sans doute pas laissé indifférent un auteur tel que M. Night
Shyamalan. À contrario, pour celles et ceux qui espéraient un
déluge de sang, il faudra repasser. Mais Send
Help
est tellement jouissif et le duo fonctionne tellement bien que
l'absence régulière d'hémoglobine n'est en réalité pas un
problème. Bref, c'est l'éclate totale...
.png)
.png)
.png)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire