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jeudi 5 mars 2026

Retour à Silent Hill de Christophe Gans (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Cinéaste rare mais populaire auprès des amateurs de cinéma d'horreur depuis qu'il réalisa en 2006 l'une des meilleures adaptation de jeu vidéo avec Silent Hill, le réalisateur et scénariste français Christophe Gans était attendu au tournant avec Retour à Silent Hill en 2026. Après un second volet intitulé Silent Hill : Révélation, méprisé par la plupart des critiques et par une très large partie des spectateurs mais qui fort heureusement ne fut pas signé par le cinéaste hexagonal mais par la britannique MJ Bassett qui avant son coming-out transgenre voilà dix ans se faisait appeler Michael J. Bassett, Christophe Gans a repris les rênes de la franchise pour nous offrir un ''Retour'' très attendu. Pile vingt années après le premier long-métrage, Retour à Silent Hill sonne comme la célébration d'un mythe de l'univers vidéoludique, concurrent direct de la série Resident Evil et auquel le français offrit ses plus belles lettres de noblesse sur grand écran. Pourtant, entre 2006 et 2026, bien des choses ont changé. Les attentes du public étant à équidistance de ses exigences, le film n'a cette fois-ci malheureusement pas eu l'honneur de connaître le même succès. Basé cette fois-ci non plus sur le premier jeu de la série vidéoludique de type survival-horror créée en 1999 par la société de développement de jeux vidéos japonaise Konami mais sur le second sobrement intitulé Silent Hill 2, Retour à Silent Hill contient un certain nombres d'idées qui sont propres au script de Christophe Gans, Sandra Vo-Anh et Will Schneider. Cela n'est peut-être pas évident au premier abord même si certains éléments déployés sur le tard viennent confirmer l'hypothèse, mais réalisateur et scénaristes se sont employés à revendiquer une certaine forme d'exploration mentale du personnage de James Sunderland incarné à l'écran par l'acteur Jeremy Irvine tandis que dans le jeu vidéo, ce personnage, central, était tout d'abord attiré à Silent Hill par l'entremise d'une mystérieuse lettre. Probablement que les auteurs ont choisi cette version altérée du récit afin de ne pas perdre en route ceux qui ne connaissent pas l'univers du jeu vidéo. Un choix qui pourra être peu ou prou considéré comme une trahison pour certains mais qui pour d'autres sera vu comme une relecture beaucoup plus limpide du récit originel. Autre détail de très grande importance, les personnages de Mary, Maria, Angela et Laura que l'on retrouve de nouveau...


Là encore, Christophe Gans et ses deux scénaristes font une entorse à l'histoire du jeu. Mais laissons la discrétion à celles et ceux qui voudraient découvrir par eux-mêmes ce qu'il en est... Ce qui par contre change ici drastiquement est l'intervention d'un culte religieux et sectaire qui était absent de Silent Hill 2. Ensuite, et contrairement au principe qui veut qu'un joueur se fasse sa propre idée de l'univers vidéoludique qu'il tient entre ses mains, le scénario de Retour à Silent Hill demeure très clair sur ses intentions et ne laisse plus vraiment de portes de sortie en cloisonnant le récit à travers une issue qui ne laisse aucunement la place à l’ambiguïté... En dehors de ces quelques libertés qui figurent objectivement des prises de risque, qu'est-ce qui donc a pu pousser certains critiques, heureusement non majoritaires, à vomir tant de bile à l'encontre du dernier long-métrage de Christophe Gans ? L'on est encore à se poser la question tant le film vaut bien mieux que la charge négative qu'il dû subir à sa sortie. Sans doute, il est vrai, Retour à Silent Hill s'avère en deçà de la première adaptation de l'univers du jeu vidéo. Probablement que certaines séquences dont le ridicule n'a d'égal que leur invraisemblance gâchent une partie de l'expérience (James tentant ainsi d'échapper à la Spider Lady, créature androgyne et humanoïde apparentée à une araignée ou au fameux Pyramid Head tout en ne pensant jamais, ô grand jamais à éteindre sa lampe-torche histoire de se faire discret!). Peut-être ces incessantes ruptures scénaristiques et de ton projetant notre héros dans le mi-joyeux, mi-douloureux passé qu'il partagea avec sa compagne Mary Crane (Hannah Emily Anderson) ont-elles gêné certains spectateurs ? Retour à Silent Hill n'en est pas moins une réussite. Sombre, occulte, dantesque, emplie comme toujours d'une solitude qui arrache cœur et esprit. Cette nouvelle itération a en fait surtout le ''tort'' d'arriver en troisième position. S'alignant ainsi sur un univers que l'on connaît désormais par cœur. Aucune surprise ou presque donc. Le retentissement de la sirène ou ces mutations glauquissimes d'environnements déjà pas très ragaillardissant ne faisant malheureusement plus peur à grand monde. Reste alors l'immersion, totale, dans un univers cauchemardesque ampli de créatures tout aussi effroyables mais malheureusement, très mal exploitées. À l'image du Pyramid Head justement...

 

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