Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Neil Maskell. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Neil Maskell. Afficher tous les articles

lundi 11 novembre 2019

Open Window de Nacho Vigalondo (2014) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Évoquer Open Window de Nacho Vigalondo est intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord parce qu'il est l’œuvre du réalisateur et scénariste espagnol du très brillant Los Cronocrimenes en 2007, mais aussi et surtout parce qu'il est la preuve que l'on peut avoir débuté sa carrière à travers un long-métrage absolument magistral et ne pas être à l'abri de signer un film en tout point raté. Et Open Window est l'exemple parfait du long-métrage ambitieux systématiquement broyé par des idées de mise en scène et scénaristiques tellement grotesques que l'on est effaré devant le spectacle proposé. Ce film, qui n'a rien à voir avec le long-métrage éponyme réalisé par Mia Goldman huit ans auparavant, s'inscrit dans la mouvance des longs-métrages prenant pour cadre Internet. Filmé donc comme la plupart des films récents sur le sujet (Unfriended de Levan Gabriadze, Searching - Portée disparue d'Aneesh Chaganty ou encore Cam de Daniel Goldhaber), Open Window met en scène le fan d'une jeune actrice qui, ayant gagné le droit de dîner avec elle lors d'un concours, apprend au dernier moment que la rencontre a été annulée.

Propriétaire d'un site entièrement consacré à son idole, Nick Chambers est dévasté lorsqu'il apprend en outre de la part de ''l'organisateur du concours'', que c'est l'actrice qui a elle-même décidé d'annuler. Navré pour le jeune homme, celui qui se fait appeler Chord envoie un lien direct permettant d'accéder au téléphone portable de l'actrice Jill Goddard (Sasha Grey). Un moyen de rattraper la déception de Nick en lui proposant d'assister en direct aux ébats que vont échanger l'actrice et son petit ami et agent Tony qui loge dans une chambre d'hôtel visible de la fenêtre de celle qu'a réservé le jeune homme...

C'est véritablement à ce moment là que démarrent les ennuis du héros incarné par l'acteur américain Elijah Wood, d'abord connu pour avoir incarné le personnage de Frodon Sacquet dans la trilogie du Seigneur des Anneaux. Mais que débutent également ceux du spectateur, gêné devant tant d'incohérences et de bêtises. Outre le fait que l'on ne sache pas vraiment si le personnage principal a réservé lui-même sa chambre d'hôtel, il demeure un doute, et se développe alors la première des très nombreuses incohérences de Open Window. Une succession de séquences qui débouchent systématiquement sur une issue des plus improbable. Le réalisateur espagnol tente vainement de retrouver la fibre scénaristique et labyrinthique de son chef-d’œuvre originel sorti chez nous sous le titre TimeCrimes sans malheureusement, y parvenir un seul instant. Plus le récit avance, et plus le scénario évolue vers une logique absurde qui ne devrait pas avoir cours à partir du moment où elle s'avère involontaire.

Nacho Vigalondo tente régulièrement (mais vainement) de relancer la machine à travers d'innombrables twists aussi puérils qu'involontairement humoristiques à force de vouloir en mettre plein la vue à un public enivré non pas par la course folle de son héros mais par la vacuité de la majorité des séquences. Stupide et maladroit, Open Window est de plus affublé de dialogues indigents, parfois consternants de bêtises, mêlés à un scénario décousu de telle manière qu'à certaines occasions, il finit par perdre son public. Même la gestion des fenêtres de l'ordinateur du héros est désordonnée quand d'autres cinéastes eurent le bon ton d'accorder à leur organisation, une réelle importance. Le spectateur finit par ne plus savoir ou donner du regard, au point d'être victime lui-même des exactions d'un cyber-terroriste dont la révélation finale, achèvera de faire de Open Window, un nanar involontaire. À fuir...

dimanche 25 août 2013

Kill List de Ben Wheatley (2012)


Les temps sont durs pour Jay et son épouse Shel. En effet, cet ancien militaire devenu depuis tueurs à gages n'a honoré aucun contrat depuis huit mois et des quarante mille dollars qu'il a récolté grâce à une mission qui a tourné au carnage à Kiev, il ne reste presque plus rien. Shel lui reproche de rester sans rien faire. Jay dépense le peu d'argent qu'il leur reste à des choses secondaires et sans importance.

Les scènes de ménage sont quotidiennes et les rapports entre le couple sont tendus. Shel demande à Jay de reprendre du service. C'est alors qu'ils invitent à dîner Gal, le meilleur ami de Jay, que ce dernier accepte de le suivre quelques jours plus tard dans un hôtel où les attend un curieux personnage. Celui-ci leur confie un contrat qu'il scelle avec son propre sang et celui de Jay.
L'objectif des deux amis est d'éliminer trois hommes. C'est lorsqu'ils se rendent dans une petite chapelle où ils vont tuer leur première cible, un prêtre, que Jay et Gal vont tomber sur une vidéo dans laquelle des pédophiles participent à une orgie mettant en scène des enfants. A cette vision insupportable, Jay ne résiste pas à l'envie d'aller rendre visite à l'un des acteurs, un libraire. Lors de cette visite, Jay interroge l'homme, attaché à l'une des chaises de la cuisine, sur l'identité de ceux qui ont participé au film. Mais alors que Gal vide le coffre-fort situé à l'étage de la demeure, en bas, l'interrogatoire vire au carnage...

Le second film de Ben Wheatley (dont la comédie Touristes est sortie l'année passée) fait partie de ces films coup de poing qui ne peuvent laisser indifférent. Mélangeant avec brio thriller, horreur et mysticisme, Kill List est une œuvre éprouvante, étouffante et parfois même choquante. Débutant dans les tous premiers instants comme un drame social, le film prend ensuite un chemin balisé de scènes proprement hallucinantes sublimées par une ambiance sonore cauchemardesque. Deux œuvres semblent avoir principalement inspiré le cinéaste. On ne peut évidemment pas rejeter l'idée que le Wicker Man de Robin Hardy réalisé en 1973 ne puisse faire partie de ses films de chevet tant l'esprit de certaines scènes (la cérémonie tribale ainsi que le sort du héros interprété par Neil Maskell) rappelle le chef-d’œuvre du cinéaste britannique. La fin elle-même rappellera sans doute à certains l'horrible conclusion de A Serbian Film de Srdjan Spasojevic, œuvre vénéneuse qui a fait couler beaucoup d'encre deux ans en arrière. 
 
Le personnage de Jay, accompagné de son ami de toujours Gal (l'excellent Michael Smiley), tombe dans un piège qui inexorablement va se refermer sur lui. Dès lors que le duo accepte de signer le contrat avec le vieil homme, on assiste à un enchaînement d'événements qui ne peuvent que mener à la fin tragique des deux hommes. Même si cela n'est pas clairement démontré dans le film, certains propos aident à comprendre le choix de faire appel à ces deux hommes, qui par leur passé (le carnage de Kiev survenu huit mois auparavant) amène à accepter l'issue fatale qu'ils vont connaître. Un jeu infernal orchestré par une bande d'allumés qui auront sans doute tout prévu à l'avance, jusqu'à même jeter dans les bras de Gal, la jeune Fiona, disciple de ces gourous mal famés. 
 
Kill List est donc une œuvre marquante, remarquablement interprétée (Myanna Buring), et qui refroidit autant que les bûchers que vont allumer nos deux héros afin de disparaître les corps de leurs victimes réchauffent.
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...