Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Nacho Vigalondo. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Nacho Vigalondo. Afficher tous les articles

vendredi 18 juin 2021

Pooka ! de Nacho Vigalondo (2018) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Pooka !, le troisième épisode de l'anthologie d'horreur Into the Dark avait tout le potentiel pour enfin faire démarrer la série vers la voie que son public attendait. Après un premier épisode plutôt sympa mêlant thriller et humour noir (The Body de Paul Davis) et un second en forme de thriller ménager (Flesh & Blood de Patrick Lussier) faisant pâle figure par rapport au brillant Run d'Aneesh Chaganty sorti l'année dernière, Pooka ! réserve tout d'abord une excellente surprise. Celle de découvrir qu'aux commandes se trouve le réalisateur et scénariste espagnol Nacho Vigalondo qui par le passé nous offrit un Los Cronocrímenes particulièrement bien fichu. Après, tout fut histoire de goût. Un Extraterrestre plutôt moyen en 2011, un Open Windows vraiment mauvais en 2013 et un Colossal très apprécié par la presse spécialisée au moment de sa sortie en 2017. L'année suivante, Nacho Vigalondo se tourne vers le petit écran comme il le fera dès 2008 avec la série Muchachada nui, aucun nouveau long-métrage cinéma n'étant visiblement prévu à l'avenir à part le projet The Comeback (en 2028) dont le très excitant synopsis évoque furieusement une hypothétique séquelle à son excellent Los Cronocrímenes. Mais d'ici là, penchons-nous plutôt sur Pooka ! et son étrange créature toute de poils recouverte et que va endosser à double sens l'acteur Nyasha Hatendi et son personnage de Wilson Clowes. Un acteur qui après avoir passé une audition pour un rôle se voit affublé d'un étrange costume, relativement effrayant avec ses gros yeux dont la couleur change en fonction de son humeur. Installé depuis peu dans un nouveau quartier, il fait la connaissance de sa plus proche voisine, Red (l'actrice Dale Dickey). Pooka est un ourson dont les enfants sont très friands. Wilson en incarne donc une effigie grandeur nature afin de le promouvoir et ainsi d'en gonfler les ventes.


Il rencontre un jour Melanie Burns ('actrice Latarsha Rose ) et son fils lors d'une vente et tombe sous son charme. Après leur première rencontre, Wilson et la jeune femme entament une relation amoureuse. Mais très rapidement les choses vont se compliquer. Car semblant mu par une vie propre, Pooka enchaîne les délits. De son côté, Wilson vit de plus en plus mal cette situation et finit par se montrer très agressif avec son entourage... Si l'évocation d'une poupée douée d'une existence propre et se comportant de manière violente n'est certes pas originale (on pense notamment à Dolls de Stuart Gordon sorti en 1987 ou à Child's Play de Tom Holland sorti l'année suivante), le scénario de Pooka ! n'est tout d'abord pas aussi simpliste qu'il en a l'air. Il faut en effet creuser beaucoup plus loin que le simple fait ''fantastique'' d'une telle (im)posture. Installé très récemment dans un quartier qu'il ne connaît pas avec des voisins qui lui sont inconnus, Wilson peut être vu comme une alternative mal dégrossie du Trelkovsky de The Tenant de Roman Polanski. L’élément fantastique venant alors relayer un sujet plus dramatique que réellement extraordinaire. Là encore, la mise en scène et le scénario nous trompent sur la réalité de ce qui se produit à l'écran. Si l'idée est bonne, la durée excessive de quatre-vingt trois minutes a pour conséquence de contraindre Nacho Vigalondo de répéter certaines actions et de ralentir l'intrigue. Si Pooka ! offre deux ou trois visions cauchemardesques, l'épisode est parfois suffisamment confus et la logique des événements ne pénètre pas immédiatement l'esprit du spectateur. À noter que le Pooka est à l'origine une créature mythologique d'origine irlandaise. À savoir également qu'un second épisode disponible dans la seconde saison de Into the Dark a été cette fois-ci mis en scène par le réalisateur espagnol Alejandro Brugués avec des interprètes totalement différents du premier épisode...

lundi 11 novembre 2019

Open Window de Nacho Vigalondo (2014) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Évoquer Open Window de Nacho Vigalondo est intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord parce qu'il est l’œuvre du réalisateur et scénariste espagnol du très brillant Los Cronocrimenes en 2007, mais aussi et surtout parce qu'il est la preuve que l'on peut avoir débuté sa carrière à travers un long-métrage absolument magistral et ne pas être à l'abri de signer un film en tout point raté. Et Open Window est l'exemple parfait du long-métrage ambitieux systématiquement broyé par des idées de mise en scène et scénaristiques tellement grotesques que l'on est effaré devant le spectacle proposé. Ce film, qui n'a rien à voir avec le long-métrage éponyme réalisé par Mia Goldman huit ans auparavant, s'inscrit dans la mouvance des longs-métrages prenant pour cadre Internet. Filmé donc comme la plupart des films récents sur le sujet (Unfriended de Levan Gabriadze, Searching - Portée disparue d'Aneesh Chaganty ou encore Cam de Daniel Goldhaber), Open Window met en scène le fan d'une jeune actrice qui, ayant gagné le droit de dîner avec elle lors d'un concours, apprend au dernier moment que la rencontre a été annulée.

Propriétaire d'un site entièrement consacré à son idole, Nick Chambers est dévasté lorsqu'il apprend en outre de la part de ''l'organisateur du concours'', que c'est l'actrice qui a elle-même décidé d'annuler. Navré pour le jeune homme, celui qui se fait appeler Chord envoie un lien direct permettant d'accéder au téléphone portable de l'actrice Jill Goddard (Sasha Grey). Un moyen de rattraper la déception de Nick en lui proposant d'assister en direct aux ébats que vont échanger l'actrice et son petit ami et agent Tony qui loge dans une chambre d'hôtel visible de la fenêtre de celle qu'a réservé le jeune homme...

C'est véritablement à ce moment là que démarrent les ennuis du héros incarné par l'acteur américain Elijah Wood, d'abord connu pour avoir incarné le personnage de Frodon Sacquet dans la trilogie du Seigneur des Anneaux. Mais que débutent également ceux du spectateur, gêné devant tant d'incohérences et de bêtises. Outre le fait que l'on ne sache pas vraiment si le personnage principal a réservé lui-même sa chambre d'hôtel, il demeure un doute, et se développe alors la première des très nombreuses incohérences de Open Window. Une succession de séquences qui débouchent systématiquement sur une issue des plus improbable. Le réalisateur espagnol tente vainement de retrouver la fibre scénaristique et labyrinthique de son chef-d’œuvre originel sorti chez nous sous le titre TimeCrimes sans malheureusement, y parvenir un seul instant. Plus le récit avance, et plus le scénario évolue vers une logique absurde qui ne devrait pas avoir cours à partir du moment où elle s'avère involontaire.

Nacho Vigalondo tente régulièrement (mais vainement) de relancer la machine à travers d'innombrables twists aussi puérils qu'involontairement humoristiques à force de vouloir en mettre plein la vue à un public enivré non pas par la course folle de son héros mais par la vacuité de la majorité des séquences. Stupide et maladroit, Open Window est de plus affublé de dialogues indigents, parfois consternants de bêtises, mêlés à un scénario décousu de telle manière qu'à certaines occasions, il finit par perdre son public. Même la gestion des fenêtres de l'ordinateur du héros est désordonnée quand d'autres cinéastes eurent le bon ton d'accorder à leur organisation, une réelle importance. Le spectateur finit par ne plus savoir ou donner du regard, au point d'être victime lui-même des exactions d'un cyber-terroriste dont la révélation finale, achèvera de faire de Open Window, un nanar involontaire. À fuir...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...