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jeudi 30 octobre 2025

L'amour, c'est surcoté de Mourad Winter (2025) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Premier long-métrage réalisé et écrit par l'écrivain, cinéaste et humoriste français Mourad Winter, L'amour, c'est surcoté est sorti dans les salles le 23 avril dernier après avoir été présenté en compétition au Festival de l'Alpe d'Huez aux côtés d'Avignon de Johann Dionnet, Le répondeur de Fabienne Godet, Le mélange des genres de Michel Leclerc ou encore Les règles de l'art de Dominique Baumard. Une année riche pour cette année 2025 et pour ce festival entièrement consacré à la comédie. Une compétition qui vit donc repartir le film de Mourad Winter auréolé de la Mention spéciale du Jury. Cette année, le choix fut sans doute difficile pour le jury qui dû débattre au sujet d'une dizaine de longs-métrages aux thématiques souvent éloignées les unes des autres. Et si celle de L'amour, c'est surcoté n'est semble-t-il pas très originale puisqu'il s'agit d'une comédie romantique et parfois même dramatique puisqu'elle évoque la mort d'un jeune homme et les difficultés que rencontre son meilleur ami s'agissant de s'en remettre émotionnellement, l'une des principales qualités du long-métrage est son écriture. Pour un budget légèrement supérieur à six millions d'euros, ce film produit par Iconoclast Films et distribué par Studiocanal est directement adapté du roman éponyme écrit par Mourad Winter lui-même et publié le 3 juin 2021 chez Robert Laffont. Avec Avignon, le film partage son côté romantique, entre deux individus de sexes opposés. Mais si dans le rôle de Stéphane, Baptiste Lecaplain se croyait contraint de mentir à celle dont il était amoureux (Fanny, incarnée par Elisa Erka), la problématique, chez Anis, est bien différente. Un brin mythomane, peu sûr de lui et assumant mal les sentiments qu'il peut ressentir, avouer son amour à Madeleine va se révéler une position difficile. En outre, le jeune homme a perdu son meilleur ami Isma (Alassane Diong) il y a trois ans mais ne s'en est jamais remis... Tandis que d'autres se sont essayés à la ''comédie entre potes'' avec plus ou moins de bonheur ou de finesse, Mourad Winter défonce littéralement toute possibilité de concurrence en signant une comédie très bien écrite et qui fait honneur à son sujet ainsi qu'à ses personnages et ses interprètes. Parfaitement rythmé et malgré la gravité de certaines séquences, L'amour, c'est surcoté égraine avec une très grande aisance des lignes de dialogue percutantes. Des gags qui font mouche à chaque fois et qui laissent à terre toute possibilité de rivalité. À commencer par les vieilles références que pouvaient être à une certaine époque Christian Clavier ou Didier Bourdon et qui désormais ne s'affichent plus que dans des comédies relativement et majoritairement moisies !


L'amour, c'est surcoté met non seulement en scène une galerie de personnages secondaires plutôt savoureuse (dont un Benjamin Tranié en Paulo un brin ''teubé'' mais éminemment raciste) mais surtout un duo principal qui fonctionne à merveille. Interprétant le personnage d'Anis, Hakim Jemili est en ce moment l'un des acteurs français les plus en vogue de l'hexagone. Après s'être fait connaître en incarnant le personnage de Malek aux côtés de Michel Blanc dans Docteur ? de Tristan Séguéla en 2019, il a enchaîné les rôles sans interruption et va apparaître dans Chasse gardée 2 d'Antonin Fourlon en décembre prochain et Tout va super de Patrick Cassar en 2026. A ses côtés l'on retrouve l'actrice Laura Felpin dans le rôle de Madeleine. Une très jolie étudiante en psychologie rencontrée un soir dans une boite et sur laquelle Anis va jeter son dévolu... le cinéaste transforme alors ce qui demeure jusque là une pure comédie en comédie romantique touchante, drôle, percutante et qui permet en outre de retrouver dans des rôles de moindre importance l'acteur François Damiens dans celui du père de Madeleine, Abbes Zahmani dans celui du père d'Anis ou encore l'actrice Clothilde Courau en thérapeute à l'écoute du jeune homme. Bien que L'amour, c'est surcoté traite également du difficile sujet du deuil, l'humour qu'injecte le réalisateur et scénariste au récit permet de tempérer l'émotion et d'éviter que le film plonge dans le drame pur. Il n'y a donc ici pas véritablement de changements de ton. Si Hakim Jemili est comme à son habitude très attachant, il faut tout de même reconnaître que Laura Felpin lui vole la vedette. D'origine italo-vietnamienne, l'actrice est une véritable bouffée d'air frais alors que face à elle, et malgré tout le bien que l'on peut penser de lui, Hakim Jemili a parfois la fâcheuse tendance à mâcher ses mots, ce qui rend parfois incompréhensibles certains de ses propos. Reste que L'amour, c'est surcoté est un régal, sans temps morts. Notons que Mourad Winter a déjà prévu de réunir à nouveau Hakim Jemili, Laura Felpin et Benjamin Tranié dans sa prochaine comédie intitulée Les bâtards et que celle-ci, outre les présences additionnelles de Kad Merad et Florence Foresti, sera directement proposée sur Amazon Prime Video en 2026...

 

dimanche 27 août 2023

Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée d'Olivier Van Hoofstadt (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dikkenek ? Culte ! Go Fast ? Ouais, sans plus. Pas trop ma came ces histoires tournant autour des trafics de drogue vu qu'au sommet de la rue qui donne sur l'entrée de mon immeuble, un petit commerce sert de couverture à un réseau ! Lucky ? Il me semble l'avoir vu et apprécié mais je n'en ai gardé presque aucun souvenir. 2023, le réalisateur belge Olivier Van Hoofstadt (dont le patronyme est sans doute plus simple à prononcer qu'à écrire de mémoire) revient sur grand écran avec Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée. D'aucun affirmera qu'il ne s'agit sans doute pas là de la meilleure comédies qui ait vu le jour en ces huit premiers mois de l'année mais tout de même, l'application avec laquelle certains se sont amusés à le critiquer sous le pire des angles confine à l'acharnement. Une chose est claire. Le dernier long-métrage du belge n'arrive sans doute pas à la hauteur de Dikkenek. Mais bon, si nous n'étions qu'une poignée de spectateurs à avoir pénétré la salle numéro quatre du CGR de Narbonne en cette matinée du 9 août 2023, je n'ai pas eu à tendre l'oreille bien longtemps pour entendre les rires qui allaient régulièrement fuser lors de ce récit entièrement situé à bord d'un train de la SNTF. Moins d'une dizaine de pèlerins en marge d'une société qui depuis le confinement croit sans doute encore que le Covid tue quotidiennement par centaines ceux qui risquent leur nez dehors. Car comment expliquer que les salles ne parviennent pas à se remplir ? Même lorsque tout comme dans le cas de Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée, le film vient tout juste de sortir en salle ? Et puis... pas de Dany Boon ou de Christian Clavier au générique...


Ce qui aurait été compréhensible au vu des piètres qualités des œuvres qu'ils interprètent depuis un certain nombre d'années. Soit dit en passant, s'il m'arrive de noircir des pages entières en me faisant le pourfendeur de l'un et de l'autre, je continue à aller les voir au format 1.85 : 1 ou quatre mètres de diagonale dans les salles obscures. Même lorsque le second se présenta au générique de l'infâme Mystère à Saint-Tropez de Nicolas Benamou, je continuais d'espérer retrouver l'ancien du Splendid au temps de sa... hum ? Splendeur ! Revenons-en au long-métrage du belge au nom quasiment imprononçable ! Hors contexte, Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée exprime en un sens toute ''l'objectivité'' de certains sites spécialisés dans le cinéma concernant l'avis de certains critiques. C'est ainsi donc que Les Cinémas Aixois ajoutent à la page consacrée au film, quatre critiques positives. Quatre, oui. Pas une, pas deux ni trois mais la totalité. Quant aux négatives ? Elles ne semblent pas avoir droit de citer pour ce seul exemple. De quoi attirer le chaland qui vit à Aix en Provence et qui a la stricte habitude de ne se déplacer que dans les cinémas de sa ville. Le film serait-il donc dénué du moindre défaut ? Zappons d'emblée l'aspect foutraque du long-métrage qui n'étonnera pas les fans de Dikkenek. Le film est fou, part dans toutes les directions même les plus improbables mais réserve une succession de péripéties toutes située à bord d'un train de grande ligne. Artus y incarne le contrôleur de train Sébastien désirant être muté dans le sud de la France. Mais avant cela, il va devoir effectuer un dernier voyage dans sa région sous le contrôle de l'inspectrice Madeleine qu'interprète de son côté l'actrice Elsa Zylberstein. Durant le voyage, Sébastien va rencontrer une foule de problèmes.


À commencer bien évidemment par la présence de Madeleine, femme rigide, sans cesse agitée comme si elle avait le feu au C#L (d'ailleurs, à ce sujet... enfin, vous verrez). Chaque wagon sera l'occasion pour Sébastien de prouver qu'il mérite sa mutation dans le sud. Une place que briguait son collègue Simon (Benjamin Tranié) mais que ce dernier a malheureusement pour lui (et pour les voyageurs du train), laissé échapper. Entre un wagon rempli de fans de Johnny Hallyday déficients mentaux, un second bourré d'adolescents issus de quartiers dits ''difficiles'' ou un troisième réservé aux familles, Sébastien va avoir du pain sur la planche. Alors qu'à l'extérieur, le train a pour mission d'emporter ses voyageurs d'une gare à l'autre, à l'intérieur, Sébastien, Madeleine et le jeune Adel (fils du PDG de la SNTF interprété par Maël Rouin Berrandou auquel le père a choisi de le coller aux basques du contrôleur) vont se frotter à diverses situations apparemment incontrôlable avec, en prisme, le détournement du train par Simon ! Bon, je ne vais pas vous la faire à l'envers en vous faisant croire que le film d'Olivier Van Hoofstadt transpire l'intelligence ou la profondeur mais tout comme l'engin dans lequel se situe l'action, l'intrigue file à toute allure. Le contenu n'est peut-être pas plus mûr qu'un ''Michael Youn'' ou qu'un ''Philippe Lacheau'' mais le réalisateur belge a assez de tripes pour aller au fond des choses sans tenir compte des nouvelles ''règles'' imposées par le dogme de la bien-pensance, même lorsqu'il s'agit d'évoquer les jeunes de banlieue ou le terrorisme (ce dernier se répétant à l'envi). Tout le monde en prend pour son grade et ça, ben c'est carrément jouissif. Au générique, nous retrouvons l'indémodable Pascal Duquesne dans le rôle du chef de gare Patrick, Sarah Suco dans celui de Ghislaine, la monitrice des handicapés mentaux mais surtout, l'acteur et dramaturge français Nicolas Lumbreras. Le véritable héros du récit, c'est lui. À pisser de rire, je vous le dis. Bien sûr, le film n'est pas parfait. Il y a même quelques passages relativement lourds (le wagon familial) ou trop longs (la séquence des singes). Mais d'autres rattrapent largement ces déficiences. On pense notamment à la scènes avec les déficients mentaux (pas la peine de pleurnicher avec des arguments du type ''c'est honteux de se foutre des handicapés'' puisque Olivier Van Hoofstadt ne semble absolument pas viser cet objectif), celle avec les jeunes des cités et l'excellent passage de la tirade ou encore une partie (la seconde) de l'invraisemblable séquence située dans le wagon-restaurant. Bref, c'est lourd, c'est choquant (surtout pour ceux qui y dénicheront vraisemblablement des détails révoltants), bête et parfois méchant, mais bons, le résultat est là : même si les critiques semblent majoritairement corrosives, le film a beaucoup fait rire les spectateurs, dont votre serviteur et sa compagne. Le contrat est donc parfaitement rempli...

 

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