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dimanche 27 août 2023

Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée d'Olivier Van Hoofstadt (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dikkenek ? Culte ! Go Fast ? Ouais, sans plus. Pas trop ma came ces histoires tournant autour des trafics de drogue vu qu'au sommet de la rue qui donne sur l'entrée de mon immeuble, un petit commerce sert de couverture à un réseau ! Lucky ? Il me semble l'avoir vu et apprécié mais je n'en ai gardé presque aucun souvenir. 2023, le réalisateur belge Olivier Van Hoofstadt (dont le patronyme est sans doute plus simple à prononcer qu'à écrire de mémoire) revient sur grand écran avec Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée. D'aucun affirmera qu'il ne s'agit sans doute pas là de la meilleure comédies qui ait vu le jour en ces huit premiers mois de l'année mais tout de même, l'application avec laquelle certains se sont amusés à le critiquer sous le pire des angles confine à l'acharnement. Une chose est claire. Le dernier long-métrage du belge n'arrive sans doute pas à la hauteur de Dikkenek. Mais bon, si nous n'étions qu'une poignée de spectateurs à avoir pénétré la salle numéro quatre du CGR de Narbonne en cette matinée du 9 août 2023, je n'ai pas eu à tendre l'oreille bien longtemps pour entendre les rires qui allaient régulièrement fuser lors de ce récit entièrement situé à bord d'un train de la SNTF. Moins d'une dizaine de pèlerins en marge d'une société qui depuis le confinement croit sans doute encore que le Covid tue quotidiennement par centaines ceux qui risquent leur nez dehors. Car comment expliquer que les salles ne parviennent pas à se remplir ? Même lorsque tout comme dans le cas de Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée, le film vient tout juste de sortir en salle ? Et puis... pas de Dany Boon ou de Christian Clavier au générique...


Ce qui aurait été compréhensible au vu des piètres qualités des œuvres qu'ils interprètent depuis un certain nombre d'années. Soit dit en passant, s'il m'arrive de noircir des pages entières en me faisant le pourfendeur de l'un et de l'autre, je continue à aller les voir au format 1.85 : 1 ou quatre mètres de diagonale dans les salles obscures. Même lorsque le second se présenta au générique de l'infâme Mystère à Saint-Tropez de Nicolas Benamou, je continuais d'espérer retrouver l'ancien du Splendid au temps de sa... hum ? Splendeur ! Revenons-en au long-métrage du belge au nom quasiment imprononçable ! Hors contexte, Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée exprime en un sens toute ''l'objectivité'' de certains sites spécialisés dans le cinéma concernant l'avis de certains critiques. C'est ainsi donc que Les Cinémas Aixois ajoutent à la page consacrée au film, quatre critiques positives. Quatre, oui. Pas une, pas deux ni trois mais la totalité. Quant aux négatives ? Elles ne semblent pas avoir droit de citer pour ce seul exemple. De quoi attirer le chaland qui vit à Aix en Provence et qui a la stricte habitude de ne se déplacer que dans les cinémas de sa ville. Le film serait-il donc dénué du moindre défaut ? Zappons d'emblée l'aspect foutraque du long-métrage qui n'étonnera pas les fans de Dikkenek. Le film est fou, part dans toutes les directions même les plus improbables mais réserve une succession de péripéties toutes située à bord d'un train de grande ligne. Artus y incarne le contrôleur de train Sébastien désirant être muté dans le sud de la France. Mais avant cela, il va devoir effectuer un dernier voyage dans sa région sous le contrôle de l'inspectrice Madeleine qu'interprète de son côté l'actrice Elsa Zylberstein. Durant le voyage, Sébastien va rencontrer une foule de problèmes.


À commencer bien évidemment par la présence de Madeleine, femme rigide, sans cesse agitée comme si elle avait le feu au C#L (d'ailleurs, à ce sujet... enfin, vous verrez). Chaque wagon sera l'occasion pour Sébastien de prouver qu'il mérite sa mutation dans le sud. Une place que briguait son collègue Simon (Benjamin Tranié) mais que ce dernier a malheureusement pour lui (et pour les voyageurs du train), laissé échapper. Entre un wagon rempli de fans de Johnny Hallyday déficients mentaux, un second bourré d'adolescents issus de quartiers dits ''difficiles'' ou un troisième réservé aux familles, Sébastien va avoir du pain sur la planche. Alors qu'à l'extérieur, le train a pour mission d'emporter ses voyageurs d'une gare à l'autre, à l'intérieur, Sébastien, Madeleine et le jeune Adel (fils du PDG de la SNTF interprété par Maël Rouin Berrandou auquel le père a choisi de le coller aux basques du contrôleur) vont se frotter à diverses situations apparemment incontrôlable avec, en prisme, le détournement du train par Simon ! Bon, je ne vais pas vous la faire à l'envers en vous faisant croire que le film d'Olivier Van Hoofstadt transpire l'intelligence ou la profondeur mais tout comme l'engin dans lequel se situe l'action, l'intrigue file à toute allure. Le contenu n'est peut-être pas plus mûr qu'un ''Michael Youn'' ou qu'un ''Philippe Lacheau'' mais le réalisateur belge a assez de tripes pour aller au fond des choses sans tenir compte des nouvelles ''règles'' imposées par le dogme de la bien-pensance, même lorsqu'il s'agit d'évoquer les jeunes de banlieue ou le terrorisme (ce dernier se répétant à l'envi). Tout le monde en prend pour son grade et ça, ben c'est carrément jouissif. Au générique, nous retrouvons l'indémodable Pascal Duquesne dans le rôle du chef de gare Patrick, Sarah Suco dans celui de Ghislaine, la monitrice des handicapés mentaux mais surtout, l'acteur et dramaturge français Nicolas Lumbreras. Le véritable héros du récit, c'est lui. À pisser de rire, je vous le dis. Bien sûr, le film n'est pas parfait. Il y a même quelques passages relativement lourds (le wagon familial) ou trop longs (la séquence des singes). Mais d'autres rattrapent largement ces déficiences. On pense notamment à la scènes avec les déficients mentaux (pas la peine de pleurnicher avec des arguments du type ''c'est honteux de se foutre des handicapés'' puisque Olivier Van Hoofstadt ne semble absolument pas viser cet objectif), celle avec les jeunes des cités et l'excellent passage de la tirade ou encore une partie (la seconde) de l'invraisemblable séquence située dans le wagon-restaurant. Bref, c'est lourd, c'est choquant (surtout pour ceux qui y dénicheront vraisemblablement des détails révoltants), bête et parfois méchant, mais bons, le résultat est là : même si les critiques semblent majoritairement corrosives, le film a beaucoup fait rire les spectateurs, dont votre serviteur et sa compagne. Le contrat est donc parfaitement rempli...

 

samedi 5 mars 2022

A table ! Barbaque - ★★★★★★★★☆☆ de Fabrice Eboué & Fresh - ★★★★★★★☆☆☆ de Mimi Cave

 


 

Aujourd'hui, deux films pour le prix d'un seul ! D'un côté, Barbaque de l'acteur et humoriste français Fabrice Eboué. De l'autre, Fresh de l'américaine Mimi Cave. Un homme et une femme pour deux visions pratiquement similaires du cannibalisme. Ou plutôt, de l'anthropophagie puisque si le premier n'est pas spécifique à l'homme (tout animal se nourrissant d'un individu de son espèce pouvant être décrit ainsi), la seconde lui est propre. Si dans certaines cultures nous différencierons l'endocannibalisme de l'exocannibalisme (le premier agissant sur la consommation de viande humaine au sein d'un même groupe social tandis que le second se réfère à son ingestion envers des individus provenant de groupes différents), les deux réalisateurs s'intéressent ici davantage aux implications financières que permet parfois d'obtenir cette pratique qui dans les cas présents, permet de gagner beaucoup d'argent. Ici, même si la question de la déviance se pose dans Fresh puisque ses consommateurs savent ce qu'ils ont en bouche, avec Barbaque, c'est déjà une tout autre histoire. En effet, chez Fabrice Eboué (qui interprète en outre l'un des deux principaux personnages aux côté de l'ancienne membre de la troupe Les Robins des Bois, Marina Foïs), il est surtout question de survie. Propriétaires d'une boucherie à l'agonie, victimes des exactions d'une bande de Vegans agressifs (le véganisme dont l'éthique repose en partie sur le refus d'exploiter les animaux pour leur viande) qui s'en prendront tout d'abord à leur commerce, Sophie et Vincent vont faire le commerce de viande humaine après que la première ait mis en vente par accident un végan que Vincent à renversé plut tôt en voiture et qu'il vient de transformer en jambon afin de s'en débarrasser. Steve (Sebastian Stan), lui, fait le commerce de viande humaine pour une raison simple : l'argent. Ce chirurgien-plasticien, marié et propriétaire d'une luxueuse demeure dans laquelle il enferme de jeunes victimes qu'il engraisse, propose à de riches clients de s'offrir des ''colis'' d'un genre très particulier et renfermant diverses parties de corps humains qu'ils pourront cuisiner à leur guise. La principale différence entre Barbaque et Fresh se situe au niveau de la conscience ou de l'ignorance des consommateurs. Dans le premier cas, celles et ceux qui se bousculent à l'entrée de la boucherie ne savent pas ce qu'ils achètent. Du moins croient-ils acquérir une viande porcine originaire d'Iran !!!
Alors que dans le cas de Fresh, les clients savent très exactement de quoi retournent les mets fins et délicats dont les approvisionne Steve contre d'importantes sommes d'argent. Sur un ton où se mêlent ruptures de ton et cynisme, l'un et l'autre des réalisateurs se jouent en outre de la tournure que prend parfois notre société. De cet hygiénisme crasse et liberticide de plus en plus prégnant dont sont à l'origine une poignée d’irréductibles mais qui semble devoir toucher toutes les couches de la société. Barbaque offre une solution finale et définitive qui ne devrait logiquement pas déplaire aux végans puisque est éludée la question animale et qu'y est évoquée l'idée de guérir le mal par le mal en exploitant non plus nos animaux d'élevage mais ceux-là même qui mettent en jeu leur intégration physique ! Surtout, Fabrice Eboué s'offre une porte d'entrée qu'il défonce avec un luxe de cruauté qui ravira les spécistes tout en choquant sans doute les pro-végans les plus radicaux. L'acteur-réalisateur définit une frontière qui demeure au fond très fragile entre végans radicaux et modérés en la personne du gendre dont l'opinion forcée est très rapidement contrecarrée par une attitude extrémiste qui fait froid dans le dos. Par son esthétisme tour à tour clinique et chaleureux, Fresh se dresse en porte-drapeau d'un nouveau mode de consommation dont les réseaux semblent ne pas devoir s'étendre au delà des sphères où la haute société dévore les petites gens. Produit de luxe de ce côté-ci de l'Atlantique, de part chez nous, il signifie sans doute cette nécessité de survivre en cas de famine comme cela peut arriver dans certains cas de crises. L'intervention de Christophe Hondelatte à la manière de l'excellente émission Faites entrer l'accusé est un pur régal et le film absolument jouissif dans son absence presque totale de morale. L'anti-véganisme de Fabrice Eboué transpire à grosses gouttes pour le plaisir des mangeurs de viande et pour le désarroi des végans et des antispécistes. Sur un ton beaucoup moins survolté, au message déjà moins clair et au caractère moins frontal, Mimi Cave signe une œuvre plutôt classe où la gastronomie tient une place importante si tant est qu'elle puisse être d'un goût douteux. À choisir entre l'un et l'autre, Barbaque est plus direct et irrévérencieux tandis que Fresh laisse un goût de déjà-vu. De ces films de séquestration auquel la réalisatrice ajoute le thème de l'anthropophagie. Mais au fond, pourquoi choisir et ne pas... déguster les deux ?

 

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