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mercredi 29 mai 2024

Abigail de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett (2024) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Après avoir essoré à peu près tout ce qui s'est fait en matière de vampirisme plus ou moins ''indépendant'' ou sortant des sentiers (re)battus, de The Addiction d'Abel Ferrara jusqu'à The Transfiguration de Michael O'Shea en passant par Martin de George Romero ou le sublime Låt den Rätte Komma in de Tomas Alfredson (et le très réussi remake de Matt revves, Let me in), petite nouveauté dans le genre avec Abigail de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett. Avec un titre pareil, on s'attend tout d'abord à un énième long-métrage mettant en scène une gamine (celle de l'affiche) possédée par le Diable ou par l'un de ses suppôts ! Mais non, ici, rien à voir. Et pourtant, cette jeune ballerine apeurée, séquestrée dans l'une des chambre d'un luxueux manoir par six criminels auxquels ont été promis plusieurs millions de dollars de prime en échange de son enlèvement va très bientôt montrer son véritable visage. Celui d'une vamp en culotte courte. Ou plutôt, vêtue des apparats d'une jeune danseuse étoile cruelle et avide de sang. La dernière fois qu'il me permit d'être ainsi saisi par l'apparence de l'un ou l'une de ses congénères remonte à très longtemps. En 1985, lorsque sorti sur les écrans de cinéma l'excellent Vampire, vous avez dit vampire ? de Tom Holland. Non pas le jeune et très populaire acteur britannique qui incarna par trois fois le super-héros Spider-Man mais le réalisateur américain qui débuta donc avec un film de vampires et poursuivit notamment sa carrière dans l'épouvante et le fantastique avec l'excellent Jeu d'enfant en 1988. Les plus anciens se souviennent très certainement des dents de ses créatures qui, je dois bien l'avouer, m'avaient plus impressionnées exposées dans les magazines spécialisés (genre Mad Movies) qu'une fois découvertes en salle... Celles d'Abigail n'ont rien à leur envier. Pas plus que la fureur avec laquelle elle va s'attaquer à ses prochaines victimes. Une drôle de brochette de criminels lorsque l'on y réfléchit bien. Un ancien flic, un amateur de body-building pas très finaud, un jeune décérébré ou encore une blonde plutôt cruche et une brune ''à tout faire'' pour les accompagner dont la seconde semble avoir les capacités de mener le groupe vers la sortie... La jeune Alisha Weir incarne Abigail à laquelle on donnerait le Bon Dieu sans confession. De son doux ton de voix, elle embobine tout d'abord Joey (Melissa Barrera), qui lui ôte pour commencer le bandeau qu'elle porte autour de la tête avant de lui retirer les menottes qui la maintenaient sur le lit.


Je disais avide et cruelle, mais peut-être aussi malicieuse dans sa manière de jouer avec son apparente fragilité. Car comme nous le découvrirons plus tard au même titre que les protagonistes, ça n'est certes pas une simple paire de menottes qui aurait pu la retenir prisonnière. Simple erreur de script ou choix intentionnel de faire mener la danse au rythme de ses envies ? Véritable galerie de bras cassés, là encore on peut douter du bien-fondé de choisir de tels individus pour une mission dont l'issue doit permettre d'empocher cinquante millions de dollars. Mais là encore, Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett ainsi que les scénaristes Stephen Shields et Guy Busick ont une réponse toute trouvée qui nous sera révélée bien plus tard. Entre thriller et film d'épouvante, Abigail semble hésiter durant une bonne partie du récit. Quelques effusions de sang (dont une sympathique mais très convenue décapitation) mais surtout, des séquences d'exploration qui débouchent sur un certain ennui. Mais bordel, qu'est-ce qu'ils attendent pour plonger les personnages dans un bain de sang ? Question à laquelle les réalisateurs apportent une réponse lors de la dernière demi-heure. Alors qu'Abigail ironise physiquement en montrant à ses opposants que l'ail n'a aucun effet sur elle, la lumière du jour jouera par contre un rôle prépondérant dans l'affrontement entre la vamp et ses futures victimes. Ici, les corps ne brûlent pas comme cela est généralement le cas dans ce genre de situation mais explosent littéralement. Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett nous refont notamment la scène de la piscine de Poltergeist quarante-deux ans après le réalisateur Tobe Hooper. Cette fois-ci, la séquence est passée à la moulinette façon ''Lucio Fulci'', à tel point que l'on sentirait presque l'odeur des cadavres en putréfaction. Au final, Abigail se montre relativement classique dans son déroulement, en dehors d'un twist révélant les véritables raisons de l'enlèvement de la gamine. Après, Melissa Barrera, Dan Steven, Kathryn Newton, la jeune Alisha Weir et le reste du casting font leur boulot. Bref, un petit film d'horreur plus ou moins jouissif (surtout vers la fin, donc), un peu trop bavard durant une bonne partie de l'intrigue mais qu'une succession de scènes gore permet plus ou moins de faire oublier...

 

mercredi 17 août 2022

Day Shift de J.J. Perry (2022) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Autant que vous soyez avertis tout de suite : Day Shift, le premier long-métrage du spécialiste des arts martiaux J.J. Perry, a moins de rapports avec Entretien avec un vampire de Neil Jordan et Dracula de Francis Ford Coppola qu'avec Vampires de John Carpenter ou Une nuit en enfer de Robert Rodriguez. Et là, ,j'ai presque envie de dire : Tant mieux. Non pas que le classicisme des premiers me laisse froid ou m'ennuie mais vu que depuis le début du vingtième siècle les films portant sur le sujet du vampirisme eurent en majorité des atours romanesques, l'occasion de redécouvrir le mythe sous des angles passablement différents est toujours intéressant. Day Shift étant une exclusivité Netflix, inutile de chercher à savoir dans quelle grande salle de cinéma le film sera projeté. Il faudra se contenter de votre simple poste de télévision qui, je l'espère pour vous, dépasse les cent-trente centimètres de diagonale ! Non pas que le film soit d'une telle qualité que de le découvrir dans des conditions plus exiguës gâcherait vraiment l'expérience, mais tant qu'à faire et tant qu'à vouloir se croire enfermé dans une salle de cinéma, autant s'offrir des conditions optimales. La star du film, c'est le chanteur et acteur Jamie Foxx que l'on a pu notamment voir dans le Baby Drive de Edgar Wright en 2017. Un acteur de plus en plus prolifique puisque tout comme semble le promettre son profil IMDB, il devrait apparaître très prochainement dans pas moins d'une dizaine de longs-métrages dont six sont déjà en post-production ! Si c'est pas de l'abattage, ça !!!


On n'en dira pas autant du réalisateur américain qui pour la première fois de sa carrière se trouve ici derrière la caméra. Ce qui ne veut pas forcément dire que J.J. Perry n'a jamais rien fait de ses dix doigts ou de ses dix orteils puisque depuis maintenant plus de vingt ans, que ce soit sur grand écran ou à la télévision, il s'est spécialisé dans les cascades ainsi que dans leur coordination. (John Wick 1 et 2, Star Trek Into Darkness, Fast & Furious 9 et des dizaines et dizaines d'autres longs-métrages). Bon, je sens que ça va en énerver très rapidement certains qui tout comme moi sont capables d'ingérer à peu près n'importe quel type de spectacle mais qui s’agacent malgré tout devant certains gimmick se posant en exercices de style visuels ''m'as-tu vu'' ! D'emblée, ouais, Day Shift évoque bien le Rodriguez. Et même peut-être davantage le Carpenter. Pour ce que délivrent de message les premières minutes, ça a l'air plutôt cool et en apparent nettoyeur de piscines, on comprend assez rapidement que Bud Jablonski/Jamie Foxx nettoiera le plus clair de son temps les rues de Los Angeles de ses vampires. Le film n'a d'ailleurs démarré que depuis un peu moins de trois minutes que le bonhomme sort l'artillerie lourde (un bon gros fusil à pompe à double canons courts). Face à une vieille rombière en robe de chambre de satin gris, Bud ne se pose aucune question et tire dans le lard. Étant plutôt résistante, la vieille dame se relève et là.... comment dire... Non mais, qu'est-ce que c'est que cette manière de se remettre sur ses jambes comme le ferait une athlète en plein concours de gymnastique au sol ? Celles et ceux qui comme moi s'horripilèrent devant l'une des séquences du Peninsula de Sang-ho Yeon comprendront ! Mais passons. On ne va tout de même pas laisser ce détail nous gâcher l'aventure, hum ?


C'est donc à la descente du Bullet Train que je me suis réfugié dans mon appartement estaquéen pour découvrir Day Shift dont je n'attendais rien de spécifique. D'autant plus que le jour-même, le long-métrage de David Leitch m'avait déjà laissé un sale goût dans la bouche. Après un lavage intensif au Parodontax (pub non-rémunérée), j'étais fin prêt pour me ruer sur le film de J.J. Perry. Me rassurant tout d'abord sur mon ouverture d'esprit malgré le gimmick évoqué plus haut (lequel allait se répéter jusqu'à la nausée), c'est avec un certain plaisir que j'ai donc laissé se déployer les cent-treize minutes de Day Shift. Basique et donc pratiquement dénué d'intérêt au niveau de son écriture, le film de J.J. Perry repose presque exclusivement sur ses scènes de combat. Et dans le genre, même si elles ne pullulent pas (le film est doté de quelques ventres mous), leur intensité et les qualités de leur chorégraphie ferait presque oublier la vacuité du scénario et le peu d'intérêt du réalisateur pour ses personnages. L'essentiel pour J.J. Perry semblant être l'action et rien d'autre, le réalisateur nous offre quelques combats à couper le souffle, logiquement filmés en intérieur (je rappelle que les vampires souffrent des rayons du Soleil). En dehors de Jamie Foxx et de Dave Franco qui forment à tout deux un duo plutôt sympathique, le reste du casting est largement dispensable. À commencer par le personnage d'Audrey San Fernando qu'interprète l'actrice Karla Souza, lequel tente d'offrir un peu de matière à un scénario qui au demeurant n'en contient que très peu (on a déjà vu moins éculé que ce Bud Jablonski tuant du vampire à tour de bras pour pailler l'école et l'appareil dentaire de sa fille!). Concernant les séquences d'action, chaque intervention des vampires et de leurs chasseurs donne lieu à des chorégraphies lors desquelles les créatures virevoltent, se contorsionnent, tandis que leurs assassins font jouer la poudre et les armes blanches. Bien que les meurtres soient nombreux, rares sont les redondances. Des dizaines de décapitations toutes plus originales les unes que les autres et des effets-spéciaux convaincants ! Bref, Day Shift est un spectacle pétaradant, gore, divertissant, ponctué de punchlines parfois drôle et à peine murmurées mais aussi, malheureusement, une œuvre dénuée d'un véritable scénario. Ce dont, à vrai dire, se fichera le pur amateur de films d'action !

 

vendredi 24 septembre 2021

Thirst, ceci est mon sang de Park Chan-wook (2009) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Désormais, grâce au réalisateur sud coréen Park Chan-wook, la Corée du sud détient elle aussi son Empire des Sens et de la Passion. Il faut dire que le pays est plutôt chiche en la matière. Surtout si on le compare à son voisin le Japon qui habite à presque mille kilomètres de distance. Park Chan-wook est avant tout autre chose, l'auteur d'une fameuse trilogie de la vengeance au milieu de laquelle se situe le plus flamboyant des trois volets, Old Boy réalisé en 2003. En résulta une batterie complète de récompenses dont le Grand Prix du Jury au festival de Cannes l'année suivante. Une histoire d'amour naît alors entre le sud-coréen et les festivals du monde entier. Et notamment celui de Cannes qui depuis le consacre de manière régulière (Prix Vulcain de l'artiste technicien en 2016 pour Mademoiselle). En 2009, un vampire ose pénétrer l'enceinte du palais des festivals et amorce une contagion qui mènera le jury notamment constitué des réalisateurs George Miller (en tant que président) et Arnaud Desplechin, de la chanteuse et actrice Vanessa Paradis et des acteurs Donald Sutherland et Mads Mikkelsen à voter pour Thirst, ceci est mon sang et ainsi lui octroyer le Prix du Jury du Festival cette année-là. Le thème échappe ici à son contexte initial pour nous offrir une expérience aussi riche que furent celles offertes à travers les quelques classiques du genre que sont Martin de George Romero, The Addiction d'Abel Ferrara ou Morse de Tomas Alfredson et son extraordinaire remake américain Let me in signé de Matt Reeves...


Thirst, ceci est mon sang n'est pas ce pur produit horrifique auquel pourrait prétendre appartenir son synopsis. Et bien que les débordements sanglants y sont effectivement présents, l’œuvre de plus de deux heures de Park Chan Wook est un festival où se mêlent les genres, aussi incongru que cela puisse parfois paraître. Quelques plans gore, beaucoup d'humour et surtout un érotisme qui fera monter de quelques degrés votre température corporelle sont au programme d'une œuvre intense en émotions diverses et variées. Et en poésie également puisque le vampire Sang-Hyeon campé par l'immense acteur Song Kang-ho dont la carrière est déjà bien remplie avec, notamment dans ses bagages, Memories of Murder, Snowpiercer, le Transperceneige et Parasite, tous trois réalisés par Bong Joon-ho, fait parfois preuve d'un comportement inattendu, surtout lorsqu'il prend des précautions concernant celle dont cet homme de Dieu tombe amoureux (la séquence lors de laquelle il ôte ses chaussures pour les donner à Tae-Ju). Odorat aiguisé, force surhumaine, le vampire ici doit par contre composer avec quelques désagréments directement liés au mythe du vampire. Si dans le cas présent Sang-Hyeon ne craint ni l'ail ni les crucifix, le soleil reste mauvais pour son organisme...


Parfois absurde et même grotesque, Thirst, ceci est mon sang joue d'abord avec le fameux passage de la Bible (Marc 14:24) lors duquel Jésus prit un repas avec ses disciples durant lequel il prononça ces mots : ''Prenez, ceci est mon corps. Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude...''. D'où la profession de Sang-Hyeon, prêtre qui un matin décide de se rendre jusqu'en Afrique pour y servir de cobaye afin d'éradiquer une maladie fort contagieuse. Mais rien ne se passe comme prévu et l'homme de Dieu meurt. Jusqu'à ce qu'une transfusion sanguine dont le pourvoyeur demeure inconnu ne le ramène à la vie. De retour chez lui, il devient la coqueluche des indigents et tombe très rapidement amoureux de la belle Tae-Ju après que la belle-mère de celle-ci (l'actrice Kim Hae-sook dans le rôle de Madame Ra) ait supplié le prêtre vampire de venir en aide à son fils Kang-Woo (l'acteur Shin Ha-kyun) qui se meurt d'un cancer. Convié à partager la vie de cette étrange petite famille adepte de Mah-jong, Sang-Hyeon tombe donc sous le charme de Tae-Ju qu'interprète la magnifique Kim Ok-vin. Outre son aspect fantastique qui offre quelques plans tout à fait inattendus (l'homme de Dieu s'abreuvant de sang à l'aide d'une transfusion directement branchée dans le bras d'un homme plongé dans le coma), voire même saugrenus ( alors que Kang-Woo est pris de flatulences, sa mère examine l'odeur afin d'y déceler un éventuel rapport avec son cancer!), Thirst, ceci est mon sang porte surtout une grande part de son intérêt dans la relation entre Sang-Hyeon et Tae-Ju. Une passion dévorante, entre morsures et actes d'amour terriblement érotiques.


Park Chan-wook filme ses deux amants lors d'actes d'amour torrides qui renverraient presque les œuvres de Nagisa Oshima au simple rang de cours d'éducation sexuelle cliniques ! La beauté de certains plans accompagnés par la sublime partition musicale de Jo Yeong-wook empêche quelque peu le côté trash du récit de parasiter l'ensemble du projet. À noter que Thirst, ceci est mon sang est l'adaptation du roman d’Émile Zola Thérèse Raquin dans lequel l'héroïne, déjà, souffrait de vivre auprès d'un époux malade et rêvait de monter à Paris. Si l’œuvre de Park Chan Wook prend forcément quelques distances avec le roman, le sud-coréen n'en a pas pour autant délaissé certains aspects. Comme ces parties de dominos qu'il choisi de remplacer par le mah-jong. Si Thirst, ceci est mon sang n'est pas le meilleur long-métrage de Park Chan Wook, le spectacle n'en est pas moins total. Humour, émotion, trash, gore fantastique et érotisme se conjuguent pour un résultat pour le moins (d)étonnant...

 

dimanche 22 août 2021

My Heart Can't Beat Unless You Tell It To de Jonathan Cuartas (2020) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Pour son tout premier long-métrage après une poignée de courts réalisés entre 2013 et 2018, le réalisateur Jonathan Cuartas signe avec My Heart Can't Beat Unless You Tell It To une œuvre très particulière. De ces films qui choisissent pour thématique le vampirisme pour en explorer des facettes beaucoup plus intimistes, quitte à opter pour une vision réaliste du concept. Car ici, Thomas, le cadet d'une fratrie complétée par Dwight et leur sœur Jessie, n'est pas de ces créatures qui craignent l'ail, les crucifix et auxquels poussent de longues canines leurs permettant de sucer le sang de leurs proies. Tout juste la lumière du soleil lui est néfaste. Respectivement interprétés par Owen Campbell, Patrick Fugit et Ingrid Sophie Schram, ces trois membres d'une même famille soudés au point d'en être capable de commettre des meurtres pour le bien de l'un d'entre eux ne sont pas de ceux qui l'on oubliera de sitôt. Et pour cause, les uns et les autres interprètent leur rôle avec la très forte conviction de marquer d'une nouvelle pierre le mythe du vampirisme. Mais ici, pas de chichis, ni de surabondance en matière d'hémoglobine. Mais avec son caractère réaliste, sa noirceur et son pessimisme, My Heart Can't Beat Unless You Tell It To a parfois l'air de diffuser une horreur graphique plus significative qu'elle ne l'est en réalité. Parfois brutal, le long-métrage est le douloureux message d'un homme et de sa sœur qui ont tout sacrifié pour que leur jeune frère puisse survivre à l'étrange mal qui le contraint à boire du sang humain. Si My Heart Can't Beat Unless You Tell It To semble parfois se référer au classique de George Romero, Martin, il s'en éloigne du fait que le mal agit ici davantage d'un point de vue physiologique que psychologique...


Ici l'on échappe à cette vision aristocratique du mythe, à cette volonté de reproduction pour que perdure l'espèce. Au contraire, l'action se situe dans un contexte social rudimentaire et l'idée même de prolonger la lignée ne fait clairement pas partie du processus entamé par Dwight et Jessie. Eux ne veulent qu'une chose : que leur jeune frère Thomas vive, quitte à lui procurer le sang dont il a besoin pour rester en vie. Ce qui donne lieu alors à un étrange ballet, l’œuvre prenant l'apparence d'un film de tueurs en série dans lequel la nécessité de tuer ne relèverait plus ni d'une psychose, ni d'une perversion mais d'un besoin fondamental. Rythme minimaliste se conjugue ici avec des saillies d'une violence don le réalisme les rend particulièrement éprouvantes. Le sang pisse, recouvre les murs, les mains se parent de ''gants'' rouge carmin et les lames de couteaux s'extraient des plaies dans une douleur que même le spectateur aura l'occasion de ressentir. Mais surtout, My Heart Can't Beat Unless You Tell It To est un message d'amour... fou, pour un monstre au visage on ne peut plus humain. Owen Campbell est bouleversant dans le rôle de Thomas, cet adolescent au regard intense qui désire se faire des amis tout en sachant que cela lui est impossible. Quant à Patrick Fugit et Ingrid Sophie Schram, en incarnant les frère et sœur Dwight et Jessie, il épousent le concept de lien familial. De cet amour qui quoi que cela puisse en coûter, va les pousser à commettre des actes d'une très grande violence...


Sur un rythme qui risque de décontenancer une partie de son public, Jonathan Cuartas traite le personnage de Thomas non pas comme une créature repoussante et aux agissements abjectes (au même titre que ceux perpétrés par sa sœur et son frère), mais comme la victime d'un sort qui l'empêche de vivre comme n'importe quel adolescent de son âge. Minimaliste, souvent très lent dans son développement, son traitement semble parfois le rapprocher du très ennuyeux et très prétentieux A Ghost Story réalisé il y a quatre ans par David Lowery mais My Heart Can't Beat Unless You Tell It To lui est très largement supérieur en terme d'émotion et d'interprétation. Moins film d'auteur que long-métrage prenant le temps de réfléchir sur la situation de ses personnages, le réalisateur signe avec ce premier format long une œuvre qui n'attendra pas le nombre des années pour devenir une référence. Une alternative au genre très encombré du vampirisme sur grand écran, brillante, à l'exceptionnelle interprétation et à la mise en scène sobre mais efficace. Un must...

 

samedi 24 avril 2021

The Norliss Tapes de Dan Curtis (1973) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dan Curtis, qui fit le plus gros de sa carrière sur le petit écran, signait en 1973 The Norliss Tapes, traduit dans notre beau pays sous le titre La voix du vampire. Un téléfilm ne dépassant pas les soixante-douze minutes et qui fut diffusé en France avec un certain retard puisque quinze ans après sa diffusion aux États-Unis sur la chaîne américaine NBC. Dans le rôle-titre, l'acteur Roy Thinnes qui incarna entre 1967 et 1968 le rôle de David Vincent dans la célèbre série de science-fiction paranoïaque, Les envahisseurs (The Invaders). Lui-même aura consacré le plus gros de sa carrière à la télévision, ce qui ne l'empêchera pourtant pas d'apparaître sur grand écran dans quelques sympathiques bobines telles que Danger, planète inconnue de Robert Parrish, 747 en péril de Jack Smight (aux côtés de Karen Black qui fut une Marian Rolf plus que convaincante dans Burnt Offerings, le chef-d’œuvre de Dan Curtis) ou L'Odyssée du Hindenburg de Robert Wise. À ses côtés, nous retrouvons notamment l'acteur Claude Atkins qui interpréta le gorille Aldo, général de La bataille de la planète des singes ainsi que l'actrice Angie Dickinson, la Kate Miller de Pulsions de Brian de Palma. Fidèle compositeur de Dan Curtis, on retrouve une nouvelle fois Bob Cobert qui signe dans le cas présent une partition qui accompagne parfaitement l'intrigue de David Norliss, un écrivain de romans fantastiques qui interloqué par l'histoire d'une certaine Ellen Sterns Cort décide de se rendre dans la ville de Carmel en Californie où vit justement la jeune femme...


Contrairement à ce qui jusqu'à maintenant fut évoqué dans les récents articles consacrés à Dan Curtis, La voix du vampire ne s'inspire pas d'une histoire écrite à l'origine par l'écrivain Richard Matheson mais de celle d'un certain Fred Mustard Stewart dont plusieurs romans furent adaptés au cinéma (parmi lesquels The Mephisto Waltz, édité en 1969 et adapté deux ans plus tard sur grand écran par le réalisateur Paul Wendkos). On retrouve par ailleurs le scénariste William F. Nolan, qui fut en charge de l'écriture du scénario de Burnt Offerings et participa à celle de Trilogy of terror II, ce dernier ayant été écrit en collaboration avec Richard Matheson. Comme semble l'indiquer le titre original, The Norliss Tapes repose sur le concept d'un très long flash-back, le personnage de David Norliss ayant disparu après avoir laissé derrière lui des enregistrements détaillant une affaire particulièrement troublante. Son éditeur Sanford Evans (l'acteur Don Porter) se rend chez lui, trouve les dits enregistrements et débute leur écoute. C'est là qu'interviennent alors les divers éléments de l'intrigue constituant le mystère entourant le couple Cort qui va mettre à mal le projet d'écriture original sur lequel travaillait David Norliss...


Constituée de longs-métrages aussi passionnants que de films (anthologies) parfois tragiquement médiocres, la carrière de Dan Curtis trouve en The Norliss Tapes une franche réussite. Un téléfilm fantastique comme su en concocter le réalisateur, mêlé à une passionnante enquête menée par un Roy Thinnes déchiré entre ses certitudes et l'étonnant témoignage d'une femme convaincue d'avoir tiré sur un individu qui n'était autre que son époux Jim, un homme pourtant déjà décédé depuis quelques temps.Un peu à la manière d'un pacte avec le Diable, The Norliss Tapes évoque l’Égypte des pharaon ainsi que l'immortalité et le vampirisme. Il faut savoir qu'à l'origine le téléfilm était prévu pour être le pilote d'une série, ce qui explique en outre sa durée relativement courte bien qu'étant également plus longue que la moyenne d'un épisode d'une série télévisée courante. Roy Thinnes se comporte de deux manières différentes. Il agit en premier lieu en observateur des propos tenus par l'épouse de James Raymond Cort (l'acteur Nick Dimitri), puis en conteur puisque le téléfilm est parcouru de nombreuses séquences lors desquelles l'acteur s'exprime en voix off. The Norliss Tapes joue à merveille de cette ambivalence entre le temps de présence de l'acteur à l'écran et le simple fait qu'il traduise de sa seule voix l'intrigue en cours. Plus que n'importe quel autre interprète, l'autre véritable vedette du récit demeure la partition de Bob Cobert, laquelle participe activement et maintient un suspens permanent sans laquelle le téléfilm ne constituerait peut-être pas le même intérêt. Solidement interprété et mis en scène, The Norliss Tapes est un excellent téléfilm fantastico-policier qui ferait presque regretter qu'il n'ait pas abouti à l'élaboration de la série qui était prévue à l'origine...

 

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