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lundi 14 avril 2025

Monsterz de Hideo Nakata (2014) -★★★★★★★☆☆☆

 



Assistant réalisateur sur des Pinku Eiga pour le compte de son compatriote japonais Konoma Masaru, Hideo Nakata est devenu mondialement célèbre à travers les deux premiers volets de la franchise Ringu avant de signer l'un des plus grands classiques de la J-Horror intitulé Honogurai Mizu no Soko Kara distribué à l'internationale sous le titre Dark Water. Habitué des films d'horreur et d'épouvante, il se lance en 2014 dans un projet de remake du film dramatico-fantastique sud-coréen, Haunters que réalisa quatre ans auparavant en 2010 Kim Min-seok. Monsterz est donc l'adaptation du script écrit à l'époque par le réalisateur sud-coréen, lequel est ainsi retravaillé par le japonais Yūsuke Watanabe. Les deux principaux protagonistes sont désormais interprétés par Tatsuya Fujiwara et Takayuki Yamada qui respectivement incarnent un individu sans ''identité'' et Tanaka Shuichi, jeune homme au passé dramatique puisque lors d'un accident de voiture, ses parents et son jeune frère y ont perdu la vie. Le premier des deux personnages possède un don lui permettant de contrôler ses semblables. Capable de les immobiliser d'un seul regard ou de les faire agir selon sa volonté, il va cependant rencontrer un adversaire en la personne de Tanaka Shuichi. En effet, celui-ci semble être impossible à contrôler. Lors d'un événement dramatique qui aurait dû le condamner à mourir, Tanaka séjournera à l’hôpital une poignée de jours alors même qu'il aurait dû y passer plusieurs mois. Devant l'exceptionnelle résistance physique du jeune homme, l'individu qui causa son accident décide de l'éliminer. Mais d'ici à ce que les deux hommes se livrent à un combat acharné l'un contre l'autre, Tanaka fait connaissance avec l'homme qui le renversa accidentellement. Un individu d'âge avancé (Taguchi Tomorowo dans le rôle de Kumoi Shigeru) qui répare des guitares. Assisté par sa fille Kanae (Ishihara Satomi), ce dernier accueille chez lui le jeune homme qui aide ainsi la jeune femme et son père dans leur travail... Selon l'affiche qui est présentée, Monsterz offre les atours d'un film fantastique pour adolescents. Ce qu'il semble être au demeurant même si, il est vrai, le film devrait contenter un public beaucoup plus large à travers son approche foncièrement dramatique. Car plus que le duel entre deux hommes pourvus de pouvoirs signifiant ainsi le combat entre le Bien et le Mal, Hideo Nakata explore le passé trouble de deux hommes dont l'un a donc choisi de faire le bien tandis que le second a préféré opté pour le camp du maln après avoir été abandonné par sa mère. D'une durée avoisinant les deux heures, Monsterz prend malheureusement le parti de se traîner en longueurs inutiles.


Les séquences s'enchaînant ainsi, toutes en répétitivité même si le réalisateur japonais choisi malgré tout d'aborder le passé de l'un et de l'autre des deux principaux personnages. Dénué de tout effet-spécial réellement spectaculaire, le long-métrage bénéficie pourtant de ''chorégraphies'' pour le moins attrayantes et qui trouvent leur aboutissement lors d'une séquence quasi terminale se situant dans un théâtre où des centaines de figurants participent à un affrontement entre les deux hommes, pour le coup, ici, relativement impressionnante. Contrôlant l'assemblée, l'un des deux ''monstres'' du film pousse des dizaines d'hommes et de femmes à se jeter des balcons pour venir s'écraser un étage plus bas. Sans doute doté d'un budget plus ou moins étriqué, Hideo Nakata n'apporte en matière d'effets-spéciaux que le regard ''illuminé'' de l'antagoniste du récit. Signifiant par là son contrôle sur la population. Malgré sa durée, le réalisateur met rapidement de côté certains personnages secondaires. Au titre desquels, les deux inspecteurs chargés d'enquêter sur le ''suicide'' de Kumoi Shigeru. Si l'action est de manière résiduelle au rendez-vous (une scène se situant dans le commissariat de police semble notamment vouloir s'apparenter au cinéma du réalisateur chinois John Woo), Monsterz ressemble parfois à un étonnant mélange entre X-Men et le Terminator de James Cameron. En ce sens où ces ''mutants'' sont rejetés par le flic chargé de l'enquête et parce que l'antagoniste brillamment incarné par Tatsuya Fujiwara s'acharne à traquer à des fins d'assassinat son adversaire Tanaka lui-même interprété de manière fort juste par Takayuki Yamada. Nous n'omettrons pas davantage l'interprétation de la charmante tokyoïte Ishihara Satomi dans le rôle de la douce Kanae. Si le principal soucis de Monsterz est sa redondance et une durée qui aurait mérité d'être revue à la baisse, le film de Hideo Nakata n'en est pas moins une œuvre sensible s'éloignant des canons américains du genre. Notons en outre que le long-métrage est servi par une superbe bande originale signée du compositeur Kenji Kawai auquel l'on doit notamment celles des classiques réalisés par Hideo Nakata cités plus haut, de nombreux films d'animation parmi lesquels plusieurs longs-métrages signés de Mamoru Oshii (Stray Dogs, Ghost in the Shell) ou encore celle de l'immense chef-d’œuvre signé du honkongais Soi Cheang en 2021, Limbo...


samedi 5 octobre 2019

Inshite Miru: 7-Kakan no Desu Gemu de Hideo Nakata (2010) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Payés 112 000 yens de l'heure, dix personnes qui ne se connaissent pas acceptent de participer à une expérience durant une semaine complète dans un complexe souterrain dont seuls deux d'entre eux ressortiront vivants. Surveillés vingt-quatre heures sur vingt-quatre par un système vidéo et par une machine robotisée qui veille à ce que chacun ait réintégré sa chambre au moment du couvre-feu, Yoshi, Sawako, Sousuke, Munehiro, Yudai, Rikuhiko, Wakana, Shoko, Miya et Yukito forment ce groupe de dix individus de milieux et de caractères différents. Le premier et plus âgé d'entre eux a perdu son fils après qu'il ait participé avant lui à cette même expérience tandis que Sawako a fait parler d'elle pour avoir maltraité des enfants dans sa fonction de directrice d'établissement scolaire. Tous ont plus ou moins besoin de cet argent. De l'ancienne suicidaire qui veut pouvoir payer l'opération de son fils au jeune couple qui veut pouvoir profiter de la vie, se marier tout en vivant grâce à de confortables moyens. Chaque chambre renferme un coffre avec à l'intérieur, une arme différente. Celui de Rikuhiko, le personnage principal de Inshite Miru: 7-Kakan no Desu Gemu traduit chez nous sous le titre TV Show, révèle notamment la présence d'un tisonnier-massue. Lorsque dès le lendemain matin est découvert dans le couloir qui mène aux chambres le corps de l'un d'eux criblé de balles, chacun y va de sa suspicion, de ses manigances ou de ses objections. Il faut faire vite car non seulement ce meurtre risque de mener les neufs participants restant à leur propre perte, mais l'identification de l'assassin peut permettre à celui qui résout le meurtre de doubler la somme d'argent qu'il récoltera au cas où il sera l'un des deux survivants de l'expérience...

La marchandise ne nous trompe pas sur son contenu, ou si peu, ni la principale source d'inspiration du réalisateur Hideo Nakata qui abandonne ici ses fantômes chevelus (Ringu, Honogurai Mizu no Soko Kara et consorts) pour une intrigue proche des romans de l'écrivain britannique Agatha Christie et notamment de Ten Little Niggers publié pour la première fois en 1939 auquel font écho les dix petites statuettes placées autour d'une table ronde et les propos tenus par l'un des personnages. Chacun d'entre eux arborant des traits de caractère différents, on pouvait s'attendre à un jeu de massacre délirant en vase clos et aseptisé mais après un premier tiers prometteur constituant une sorte de parodie sanglante des télé-réalités enfermant durant des mois leurs protagonistes, Inshite Miru: 7-Kakan no Desu Gemu s'avère à la longue beaucoup moins ambitieux que sur le papier. Alors que le long-métrage frôle l'indigestion avec ses cent-six minutes quant la suppression d'une bonne vingtaine de minutes lui aurait insufflé une bonne dose d'énergie, l'intrigue n'est finalement pas aussi passionnante qu'elle aurait dû l'être. La faute à un scénario qui s’appesantit parfois trop sur les sentiments des uns et des autres et certainement pas assez sur l'affirmation de certains caractères. Si la résolution laisse entendre qu'il n'y a non pas un seul tueur mais plusieurs aurait pu donner lieu à un climax délirant, les explications sont plus ou moins convaincantes. Quant au rôle tenu par l'un des personnage féminins au sein du groupe, dès les premières instants lors de sa rencontre avec Rikuhiko, on devine déjà la véritable identité qui se cache derrière ce visage angélique. Bien que Inshite Miru: 7-Kakan no Desu Gemu ne soit pas totalement raté, on est loin de l'idée que l'on pouvait se faire d'un jeu de massacre en lieu clos orchestré par l'un des grands maître de la J-Horror. Le film de Hideo Nakata est donc un semi échec...

mardi 30 juillet 2019

Shin Godzilla de Hideaki Anno et Shinji Higuchi (2016) - ★★★★★★☆☆☆☆



Deux ans après la sortie du phénoménal Godzilla de Gareth Edwards, le pays de naissance du plus célèbre des Kaijū reprend possession de sa mythique créature et propose rien moins qu'une nouvelle histoire prenant pour cadre la baie de Tokyo. D'une durée avoisinant le précédent long-métrage, Shin Gojira a coûté à la production, quinze millions de dollars. Soit dix fois moins que son prédécesseur. La différence se voyant très clairement à l'écran, ce nouveau long-métrage réalisé par Hideaki Anno et Shinji Higuchi signe le retour d'un Godzilla version costume, mais pas seulement puisque la créature apparaît également sous la forme d'images de synthèse qui, malheureusement, ne font pas le poids face à celle de Gareth Edwards. Plutôt que de signer une suite quelconque, les deux cinéastes japonais s'accordent sur la mise en chantier d'une sorte de reboot puisque tel que se montre Godzilla à l'écran pour la première fois, celui-ci demeure encore impossible à identifier et ne porte pas de nom dans un premier temps. Mieux : il apparaît sous une forme primitive avant de disparaître et de réapparaître plus tard sous la forme qu'on lui connaît généralement.

Si dans les précédentes aventures de Godzilla ce dernier incarnait le seul espoir pour l'humanité de vaincre les deux Muto, dans Shin Gojira il a en revanche le mauvais rôle puisqu'il semble être sorti des eaux pour tout détruire sur son passage. Après des dizaines de palabres entre agents gouvernementaux, premier ministre, conseil d’État et scientifiques, le choix d'attaquer la créature au beau milieu de la ville est décidé. D'une manière générale, les effets-spéciaux sont nettement moins aboutis que dans le précédent long-métrage. Qu'il s'agisse d'un Godzilla incarné par un cascadeur ou créé à l'aide d'images de synthèse, les limites du budget, ou tout simplement celles des concepteurs en effets-spéciaux se font cruellement ressentir. Si encore, le film était rattrapé par une action trépidante. Mais là encore, l’œuvre de Hideaki Anno et Shinji Higuchi est infiniment inférieure à celle de Gareth Edwards, et si à certains égards le duo de cinéastes japonais tente de reproduire certaines séquences de Godzilla version 2014 malgré un scénario bien différent, le résultat est très loin d'être à la hauteur.

Shin Gojira est beaucoup trop bavard et les interventions de Godzilla (qui se font généralement beaucoup trop attendre) sont à l'écran, presque toujours inefficaces. On regretterait presque sa forme primitive pourtant ridicule (mon dieu, ces yeux!) qui permettait à la créature de se traîner au sol et donc de détruire absolument tout sur son passage, tandis que le Godzilla tel qu'on le connaît sous sa forme adulte fait du surplace en attendant bien sagement que les armées japonaises et américaines lui tirent dessus. Impossible pour Hideaki Anno et Shinji Higuchi de nier l'inspiration que fut sans doute le Godzilla de Gareth Edwards, surtout lors des séquences nocturnes durant lesquelles la créature est sublimée par l'apparition d'un mur de poussièr opaque qui lui donne une effrayante apparence. Pour le reste, Shin Gojira mélange décors miniatures et incrustation de Godzilla en images de synthèse dans des décors réels. Plus ou moins convaincants (et plutôt moins que plus, d'ailleurs), les effets visuels sont à mille lieues de l'adaptation américaine du mythe. C'est d'autant plus dommage que Shin Gojira réserve malgré tout quelques moments d'anthologie, telle cette séquence lors de laquelle la créature déploie son impressionnant souffle radioactif qui lui permet d'anéantir en quelques instants des quartiers entiers de Tokyo ou l'attaque finale visuellement plutôt convaincante. Shin Gojira est une nouvelle occasion d'aborder la peur du nucléaire mais pas seulement puisque sont également évoqués l'impuissance du pays face à l'hypothétique décision des Nations Unies de permettre à la puissance américaine d'envoyer sur Tokyo une bombe nucléaire, ainsi que les conséquences économiques et politiques désastreuses liées aux événements. Une œuvre moins impressionnante que le Godzilla de Gareth Edwards, molle et manquant de nervosité mais qui a au moins le mérite d'allier technologies traditionnelles et effets-spéciaux de dernière génération...
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