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dimanche 19 décembre 2021

En plein cauchemar (Nightmares) de Joseph Sargent (1983) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Nightmares de Joseph Sargent (à ne pas confondre avec le film éponyme sans S réalisé par Romano Scavolini deux ans auparavant et connu chez nous sous le titre de Cauchemars à Daytona Beach) est d'un format un peu particulier puisque dans un même style que l'excellent Creepshow de George Romero ou Twilight Zone: The Movie réalisé en collaboration entre Steven Spielberg, Joe Dante et George Miller et John Landis, il s'agit d'un film à sketchs entre science-fiction, thriller et épouvante constitué de quatre courts récits. Chacun n'ayant absolument aucun rapport avec celui (ou ceux) qui le (ou les) précède ou lui succède. Sorti chez nous sous le titre En Plein Cauchemar, le film est pour Joseph Sargent l'occasion d'aborder différents sujets à travers des histoires interprétées chaque fois par des actrices et acteurs différents. Terror in Topanga se penche tout d'abord sur le cas de Lisa, jeune femme dépendante du tabac au point qu'elle ne parvient pas à se refuser une ''promenade'' nocturne afin de pouvoir acheter sa ''drogue'' la nuit même où un dingue particulièrement dangereux s'est évadé d'un hôpital psychiatrique. Comme l'on s'en doute, tandis que son mari garde sagement leurs enfants, Lisa en profite pour quitter leur maison et se mettre au volant de leur voiture. Croisant sur sa route divers personnages, la jeune femme imagine derrière chaque trait l'hypothèse selon laquelle les uns et les autres pourraient être l'homme que recherche vivement la police. Interprétée par l'actrice Cristina Raines qui se fit particulièrement remarquer dans le rôle principal de l'excellente Sentinelle des maudits de Michael Winner six ans auparavant, ce premier acte s'avère sympathique, quoique le visage systématiquement inquiétant des hommes que la jeune femme va croiser est un peu ''facile'' et trompeur...


Le second acte intitulé The Bishop of Battle change complètement d'univers puisque l'on y retrouve l'acteur Emilio Estevez (vu dans le film culte de John Hugues Breakfast Club en 1985 et dans la peau de Billy le Kid dans l'excellent western Young Guns de Christopher Cain trois ans plus tard) dans le rôle de J.J. Cooney qui, s'il ne fume pas, est lui-même complètement accroc à un autre type de drogue : les jeux vidéos. Ce petit escroc qui laisse gagner ses concurrents avant de leur proposer une dernière partie lors de laquelle il a l'habitude de les déplumer est tellement dépendant d'un jeu se déroulant sur treize niveaux qu'il y dépense tout son argent. Avec pour conséquence une conclusion qui sera aussi originale qu'inattendue. Nightmares se poursuit ensuite avec The Benediction qui met en vedette l'acteur Lance Henriksen, respectivement inspecteur de police dans le génial Terminator et androïde dans Aliens, le retour tout deux réalisés par James Cameron en 1984 et 1986 ainsi que personnage principal de la série télévisée Millenium entre 1996 et 1999. Dans le troisième sketch de l'anthologie, l'acteur interprète le rôle du père MacLeod, convaincu d'être responsable de la mort d'un gamin et victime de visions cauchemardesques se poursuivant jusque sur une route déserte où il est poursuivi par un pick-up de couleur noire. Pour finir, Nightmares se clôt avec Night of the Rat dont le titre ne laisse place à aucune ambiguïté. Dans ce qui s'avérera comme le plus long des quatre segments, Richard Masur (The Believers de John Schlesinger en 1987) et Veronica Cartwright (Invasion of the Body Snatchers de Philip Kaufman en 1978 et Alien de Ridley Scott l'année suivante) se partagent la vedette. Il y interprètent les rôles de Clair et Steven Houston, lesquels vont rencontrer quelques problèmes avec un énorme rat...


Il est assez triste de constater que d'une manière générale, l’œuvre de Joseph Sargent n'est pas vraiment à la hauteur des sujets qui y sont abordés, ni de ses interprètes. Si le premier sketch et le quatrième s'avèrent, disons, honorables, les deuxième et troisième sont par contre tout à fait dispensables. Le troisième peut-être même encore davantage que le second tant le scénario et sa mise en scène paraissent totalement bâclés. Sans être incroyablement angoissant, Terror in Topanga distille un très léger sentiment d'anxiété que seul Night of the Rat parvient relativement à rehausser même si là encore, on préférera redécouvrir l'excellent Of Unknown Origin (D'origine Inconnue) de George P. Cosmatos dans lequel l'acteur Peter ''Robocop'' Weller bataillait lui aussi la même année contre un rat récalcitrant. Note spéciale pour Richard Masur et Veronica Cartwright qui assurent malgré tout parfaitement le show... contrairement aux concepteurs des effets-spéciaux. Il n'y a qu'à voir la déplorable incrustation du rat à l'image pour s'en convaincre ! Pour le reste, Nightmares est une déception...

samedi 2 mai 2020

The Thing : Terror Takes Shape de Michael Matessino (1998)



En 1998, le réalisateur Michael Matessino réalisait un documentaire entièrement consacré à l'un des chefs-d’œuvre de John Carpenter, The Thing, lequel ne remporta pourtant pas le succès lors de sa sortie. Coïncidant avec celle de E.T de Steven Spielberg, le public préféra se laisser influencer par la gentille créature perdue sur notre planète plutôt que par l'immonde xénomorphe prenant l'apparence de toute forme de vie qu'il a au préalable absorbé. Et pourtant, au fil du temps, le long-métrage de l'auteur de Christine, de New York 1997 ou de Prince des Ténèbres va gagner ses galons d’œuvre culte et devenir l'un des plus grands films de science fiction horrifique de tous les temps, rejoignant ainsi le classique de Ridley Scott, ''Alien, le Huitième Passager''. Comme nous l'apprend notamment le documentaire The Thing : Terror Takes Shape, si John Carpenter était déjà à l'époque un grand fan de The Thing from Another World réalisé par Christian Nyby en 1951 et première adaptation de la nouvelle Who Goes There ? de John W. Campbell, il n'a cependant pas l'intention de reproduire la même histoire en tenant compte des évolutions techniques en matière d'effets-spéciaux mais de rester plutôt fidèle à la nouvelle que Christian Nyby avait choisi d'adapter librement.

Constitué majoritairement d'une succession d'entretiens avec une partie des interprètes de The Thing, du réalisateur lui-même et d'une partie de l'équipe technique, c'est donc en compagnie de John Carpenter, des acteurs Kurt Russell (Macready), Richard Masur (Clark), Charles Hallahan (Norris), Joel Polis (Fuchs), des maquilleurs Rob Bottin (effets-spéciaux de maquillage), Stan Winston (effets-spéciaux additionnels de la créature), Peter Kuran (effets-spéciaux optiques), Albert Whitlock (Matte painting) et Susan Turner (modéliste), du producteur David Foster, du scénariste Bill Lancaster, du directeur de la photographie Dean Cundey, du monteur Todd Ramsay et du production designer John Lloyd que l'on remonte jusqu'aux origines du film sorti sur les écrans américains le 25 juin 1982 et dans l'hexagone le 3 novembre de la même année. Ponctué de quelques rares images d'archives, The Thing : Terror Takes Shape est un complément idéal même si certains aspects n'y sont pas encore évoqués (comme la réflexion entourant l'identification de la créature à travers le regard des protagonistes).

Chacun y va de son anecdote, Richard Masur évoquant fort logiquement sa relation avec Jed, le chien qui apparaît au début du film et qui causera le monstrueux remue-ménage qui perturbera le quotidien d'une équipe de recherche installée dans une station située en Antarctique. Autre point de vue fort logiquement présent dans ce passionnant documentaire : les effets-spéciaux, et notamment l'incroyable travail de peinture d'Albert Whitlock et les ''monstrueux'' maquillage réalisés par Rob Bottin, et notamment la séquence la plus difficile à mettre en place mettant en scène le personnage de Norris victime d'un infarctus avant que les autres membres de l'équipe ne se rendent compte qu'il s'agit en réalité de l'une des formes prises par le xénomorphe polymorphe. Un travail colossal et une patience à toute épreuve de la part de l'acteur et de l'équipe en charge des effets-spéciaux qui n'a alors droit à aucune erreur. The Thing : Terror Takes Shape, c'est le plaisir de replonger le spectateur au cœur d'un récit passionnant à travers la parole de ses principaux ''acteurs'', mais peut-être plus encore celui de voir et d'entendre John Carpenter s'exprimer à son sujet. Et l'occasion pourquoi pas, de regarder ensuite pour une énième fois ce chef-d’œuvre de la science-fiction qu'est The Thing...

mercredi 27 décembre 2017

Flight 90 Disaster on the Potomac de Robert Michael Lewis (1984) - ★★★★★★☆☆☆☆



Flight 90 Disaster on the Potomac est a priori le genre de film dont on n'a pas grand chose à attendre. Parce qu'en 1984, année de sortie de ce film catastrophe signé Robert Michael Lewis, le tour de la question semblait avoir déjà été effectué. La série des Airport, puis dans un esprit hautement parodique, les deux volets de la saga Y a-t-il un Pilote dans l'Avion, le rapport entre tous demeurant dans le fait que les problèmes rencontrés étaient soit matériels, ou bien la conséquence d'une collision en plein ciel. Nous ajouterons Alerte à la Bombe et sa prise d'otages (et toute la série de longs-métrages ayant pris pour source d'inspiration le 11 septembre 2001). On pensera bien évidemment au film de Frank Marshall Les Survivants basé sur l'incroyable aventure vécue par les passagers du Vol 571 Fuerza Aérea Uruguaya qui le 13 octobre 1972 s'est écrasé dans la Cordillère des Andes et a fait vingt-neuf morts parmi lesquels douze sont morts dans l'immédiat et dix-sept dans les jours qui suivirent. Une histoire tristement célèbre pour les actes de cannibalismes dont ont dû faire preuve les rescapés pour survivre le temps qu'arrivent les secours deux mois après le crash !

Peut-être moins impressionnant mais toute aussi fort, le récit entourant le Vol 90 de Air Florida qui s'est abîmé dans les eaux gelées du fleuve Potomac le 13 janvier 1982 (encore un 13 me direz-vous) a donc donné naissance à ce film aux allures de téléfilm du dimanche, médiocrement doublé dans la langue de Molière mais qui, au delà de l'inutile première demi-heure censée rendre attachantes les futures victimes de cette tragédie, se révèle finalement anxiogène et terriblement intense. Pas un chef-d’œuvre du genre, loin de là, mais il y a matière à s'identifier à ces rares survivants qui ont réussis à s'extraire de la carcasse du Boeing 737-222 et qui ont sans aucun doute vécu les heures les plus difficiles de leur existence.

Concernant le spectateur, une chose est certaine : mieux vaut éviter de regarder Flight 90 Disaster on the Potomac un jour ou une soirée de grand froid car les températures risquent de dégringoler davantage encore. L'avion s'étant écrasé après seulement soixante secondes de vol et Robert Michael Lewis ayant choisi de respecter scrupuleusement les faits, l'intérêt de son film ne réside donc pas dans le crash mais dans la tentative de sauvetage des rares survivants qui se compte sur les doigts d'une main et sur le pouce de l'autre. Le calvaire que vivent les personnages interprétés au hasard par Stephen Macht, Jeannetta Arnette, Richard Masur ou encore Dinah Manoff, le spectateur le ressent comme s'il était lui-même plongé dans les eaux glaciales du Potomac. Sous l'eau, la carcasse de l'avion est à peine visible. La surface est recouverte de plaques de glaces et la météo s'en mêle également. Neige et vent alourdissent l'ambiance déjà suffocante. Les visages blêmissent, et les survivants, tétanisés par le froid au point de ne plus sentir leurs jambes brisées, commencent à donner des signes de fatigue et d'abandon.

Afin d'appuyer son propos et de pallier à l'évident manque de moyen (le moment où l'avion entre en contact avec le fleuve a tout simplement été banni du récit), Robert Michael Lewis opte pour l'intégration d'images d'archives qui dans le contexte météorologique trouble, collent parfaitement aux scènes de fiction. L'un des principaux atouts de Flight 90 Disaster on the Potomac demeure non seulement dans ces actes de bravoures d'hommes et de femmes laissant de côté leur préoccupations du moment pour venir en aide aux quelques survivants, mais aussi dans ces quelques images émouvantes de proches n'ayant aucun moyen de connaître l'identité de ces derniers. Relativement stressant, Flight 90 Disaster on the Potomac nous plonge donc en plein cœur d'un drame dont l'issue n'aura malheureusement été favorable que pour très peu de passagers. Si l'économie de moyens se ressent fortement à l'image, l'interprétation des différents protagonistes se révèle quant à elle particulièrement bénéfique. Un film catastrophe, au final, plutôt convainquant...

mercredi 3 juin 2015

John Carpenter's The Thing de John Carpenter (1982) - ★★★★★★★★★★




Antarctique 1982. 

Dans les vastes plaines enneigées du pôle nord, un hélicoptère norvégien traque un chien à bout de souffle. Celui-ci finit par se réfugier sur une base scientifique américaine. L'hélicoptère se pose et deux hommes affolés en sortent armés jusqu'aux dents. Les américains ayant entendu les aboiements du chien et le bruit des pales de l'hélicoptère se précipitent hors du camp afin de constater ce qui se passe. Alors que les norvégiens s"acharnent à vouloir éliminer l'animal, tirant au juger et blessant l'un des habitants de la base américaine auprès duquel la bête s'est réfugiée, l'un des chercheurs américains se saisit de son arme et élimine les deux hommes apparemment pris de folie meurtrière.

Le soir même, Mac Ready (Kurt Russel) et l'un de ses compatriotes décident de se rendre sur la base scientifique norvégienne afin de s'assurer que ces derniers qui étaient au nombre de dix n'ont pas été tués par les deux hommes éliminés récemment. Arrivés sur le camp, ils constatent que tous sont morts dans d'étranges circonstances et surtout, il trouvent un sarcophage de glace vide à quelques dizaines de mètres duquel un corps difforme repose. Les norvégiens se sont semble-t-il empressés de le brûler. Les deux hommes rapatrient le corps vers leur base et alors que la nuit tombe, le chien, enfermé avec ceux des américain dans le chenil de la base, montre son vrai visage...

Tourné en 1982 par John Carpenter, The Thing est le remake d'un classique de science-fiction des années cinquante, "La Chose D'un Autre Monde". Mais alors que dans le film de Christian Nyby tourné en 1951, la créature était montrée de façon succincte, celle de Carpenter nous est proposée sous toutes les coutures. Le remake dépasse d'ailleurs allègrement l'original grâce aux effets spéciaux remarquable de Rob Bottin, à un montage nerveux et à un suspens haletant. 

Le film est un huis-clos étouffant dans lequel la paranoïa prends une place de plus en plus importante au fil des heures dans le groupe de scientifiques qui finissent par ne plus savoir à qui se fier. En effet, la créature venue d'ailleurs semble prendre un malin plaisir à imiter l'apparence de ceux qu'elle élimine, idée sans doute inspirée par le chef-d’œuvre de Philip Kaufman "L'Invasion Des Profanateurs De Sépultures" tourné en 1978 et qui déjà jouait sur la peur de l'assimilation de notre espèce par une entité extra-terrestre. Mais alors que le film de Kaufman dramatisait sur une plus grande échelle, Carpenter lui, enferme ses personnages dans une base scientifique aux recoins sombres d'où, à chaque instant, semble pouvoir surgir le danger. On se retrouve souvent à angoisser au même titre que les personnages, à nous demander derrière quel visage se cache l'immonde créature.

La musique d'Ennio Morricone, loin de ses célèbres compositions pour le grand spécialiste du western spaghetti Sergio Leone, joue sur les nerfs des spectateurs avec son tempo lent. Les effets-spéciaux eux, font partie des plus effrayants de l'histoire du cinéma. D'ailleurs, Rob Bottin fut nominé à l'Académie des films de science-fiction en 1983 pour ses impressionnants maquillages. L'entrée en scène de la chose qui empêche toute identification possible tant son apparence va au delà de tout ce que nous connaissons, sorte d'amalgame de chairs ensanglantées et viscérales, est typique du malaise ressenti à chacune de ses apparitions. 

Premier volet de la "trilogie de l'Apocalypse" de Carpenter dont les deux suivants sont "Prince Des Ténèbres" et "L'Antre De La Folie", "The Thing" a inspiré un épisode d' X-Files, "Projet Arctique" dans lequel les agents Scully et Mulder enquêtent sur la disparition d'un équipe de chercheurs scientifiques.On y croise d'ailleurs un chien, sorte de clin d’œil au film de Carpenter...
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