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mardi 23 mars 2021

Vortice Mortale de Ruggero Deodato (1993) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 



 

Créez un tableau excell constitué de plusieurs colonnes que vous intitulerez, au hasard, ''bon'' ''très bon'', ''passable'' ou médiocre''. À gauche de ces deux colonnes, inscrivez à la verticale toute une série de termes relatifs à la description de l’œuvre cinématographique à laquelle vous venez d'assister. Tels ''scénario'', ''mise en scène'', interprétation'', ''décors'', ''musique'', etc... ensuite, à vous de jouer. Cochez les cases correspondant à votre ressenti. Et si comme moi vous venez d'assister à la projection de Vortice Mortale du réalisateur italien Ruggero Deodato, auteur du cultissime et nauséeux Cannibal Holocaust en 1980, il y a de fortes chances pour que soit noircie dans le meilleur des cas la colonne ''passable'' et dans le pire, la colonne ''médiocre''. Ce giallo relativement tardif (le film est sorti en 1993) nous ment en partie sur la marchandise dès son affiche qui arbore un brin de nudité mais aussi et surtout une machine à laver à l'intérieur de laquelle se trouve le cadavre découpé en morceau d'un individu, amant de l'une des trois sœurs héroïnes d'un récit dont la confusion ne doit qu'à à un scénario et une mise en scène carrément brouillons. La Italian Touch dans l'une de ses plus improbables exhibitions. Une transfiguration du genre Giallo qui n'a malheureusement droit à aucun traitement de faveur de la part d'un Ruggero Deodato qui concourt là dans la même catégorie que son compatriote Lamberto Bava... Vortice Mortale ou comment s'y prendre pour donner tout sauf ses lettres de noblesse à un courant qui de toute manière à déjà tout exploré...


Tout juste papy ressentira-t-il sans doute une montée de sève lorsque l'une des trois actrices s'effeuillera devant la caméra du réalisateur italien. Mais alors, il sera bien le seul. Car si Ilaria Borrelli, Katarzyna Figura et Barbara Ricci ont certes des atouts qu'elles savent mettre en valeur lorsque le scénario leur indique qu'il est temps de se foutre à poil, l'érotisme diffusé ici au compte-gouttes est à peine digne des pénibles téléfilms érotiques que diffusait fut un temps la sixième chaîne nationale française. À propos du mensonge que j'évoquais plus haut, il s'agit bien entendu de l'exceptionnelle vision horrifique affichée et qui ne sera en réalité représenté à l'écran qu'à deux très courtes occasions. Lorsque l'une des sœurs découvre le cadavre de l'amant de sa frangine Vida découpé en morceau dans une machine à laver, puis plus tard, lorsque un pauvre type est passé entre les mains de cette dernière...


Face à ces trois ''mangeuses d'hommes'' perfides et obsessionnelles, Ruggero Deodato oppose l'inspecteur Alexander Stacev, lequel se lance alors dans une enquête hors du commun, à la poursuite d'un cadavre qui a disparu et confronté à trois sœurs pas vraiment saines d'esprit mais au corps suffisamment avantageux pour qu'il se laisse glisser entre les bras (les jambes ?) de l'une ou de l'autre. L'acteur français Philippe Caroit profite de l'occasion qui lui est mise entre les mains de tourner dans cette production italo-franco-hongroise pour ''goûter'' ou ''tâter'' de la chair transalpine. On a vu pire comme traitement et l'on imagine que l'acteur n'a pas dû rencontrer beaucoup de difficultés pour faire ce que lui demandait le réalisateur. Pour le spectateur, c'est autrement plus compliqué. La plus grande déception que l'on puisse ressentir devant ce Vortice Mortale, c'est d'y constater une totale absence en matière de malaise. Celui-là même que l'on pouvait par exemple ressentir trois ans plus tôt avec le dérangeant Singapore Sling du réalisateur grec Nikos Nikolaïdis, en 1990. ou même plus simplement, celui de Cannibal Holocaust que Vortice Mortale ne parvient jamais à rejoindre, qu'il s'agisse des séquences érotiques ou du jeu trouble que mènent les trois sœurs. C'est même, n'ayons pas peur de le dire, très mauvais...

 

vendredi 3 février 2017

En toute Innocence d'Alain Jessua (1987) - ★★★★★★★☆☆☆



Paul et son fils Thomas sont les heureux propriétaires d'une entreprise d'architectes prospère. Le père est également propriétaire d'une luxueuse demeure et le fils est l'époux de la très belle Catherine. Un jour, alors que Paul prend sa voiture afin de retrouver Thomas à Genève, il s'aperçoit en chemin qu'il a oublié quelque chose. Lorsqu'il arrive dans la propriété familiale, il surprend sa belle-fille dans les bras de Didier, l'un de ses proches collaborateurs. Furieux, Paul reprend la route mais en chemin, il est victime d'un grave accident qui le cloue dans un fauteuil roulant et le plonge dans le mutisme. De retour quelques jours après avoir passé quelques temps à l’hôpital, il est victime d'un étrange accident dû à une défaillance du moteur de son fauteuil roulant. Catherine quant à elle perd définitivement la confiance et l'amitié de son beau-père.
Entre Paul et sa belle-fille, le torchon brûle. Catherine tente de se faire pardonner mais rien n'y fait. Il a décidé de lui faire la guerre ? Catherine est prête à prendre les armes. Entre le beau-père et la belle-fille rien ne va plus. Thomas voit bien qu'entre eux il se passe quelque chose. Bientôt, lasse d'être ignorée, puis épiée par Paul, Catherine décide de passer à l'action et d'éliminer son beau-père...

En toute Innocence est le huitième et avant dernier long-métrage du cinéaste et producteur Alain Jessua qui jusqu'à maintenant à réalisé son dernier film il y a vingt ans avec Les Couleurs du Diable. Principalement interprété par Michel Serrault et Nathalie Baye, les deux acteurs sont entourés par François Dunoyer, Suzanne Flon, Philippe Caroit ou encore Bernard Fresson. L’œuvre d'Alain Jessua tourne autour de ce secret de famille que l'on découvre durant les premières minutes. Un adultère que le patriarche préfère taire en simulant son mustisme plutôt que de prendre le risque de le révéler autour de lui et ainsi blesser son fils.
Alain Jessua développe une intrigue digne du cinéma d'Alfred Hitchcock. Un drame se déroulant dans le cadre exclusif d'une immense demeure entourée d'un parc et d'un lac dans lequel son héros a failli perdre la vie durant un étrange accident. On peut se demander dans quelle mesure celui-ci a été perpétré par quelqu'un durant le sommeil de Paul. Le vieil homme gène-t-il quelqu'un depuis qu'il a assisté à l'adultère de sa belle-fille ? C'est bien évidemment une question que l'on se pose durant le temps que se déroule l'histoire de En toute Innocence. Didier (Philippe Caroit), l'amant est un suspect tout désigné. Avant que les soupçons ne se portent directement sur Catherine (Nathalie Baye). Pourtant, tout mettra bien plus de temps dans l'esprit de la jeune femme, rendue « folle » par le comportement de plus en plus éloigné de son beau-père qu'elle avoue pourtant au début beaucoup aimer.

Il y a peut-être également un détail insidieux qui s'insinue dans ce récit scénarisé par Luc Béraud, Alain Jessua et Dominique Roulet à partir du roman Suicide à l'amiable d'André Lay. En effet, si Paul éprouve de la répulsion envers Catherine, on se demande parfois s'il ne ressent pas davantage d'attirance pour elle. Un sentiment qui semble prendre forme lors de la scène tragique se déroulant dans la salle de bain durant le dernier quart d'heure. Si En toute Innocence a des allures de téléfilm, il n'en reste pas moins un excellent thriller de la part d'Alain Jessua, de plus très bien interprété par son principal duo et ses rôles secondaires...
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