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samedi 25 octobre 2025

Fortress 2 : Réincarcération de Geoff Murphy (2000)



Depuis qu'il s'est échappé de la Forteresse Men-Tel, John Henry Brennick vit caché en pleine forêt avec son épouse Karen et leur fils Danny, maintenant âgé de six ans. Durant toute cette période de clandestinité, John a acquis une certaine renommée au sein de la résistance. Mais alors qu'il a tout abandonné pour élever sa famille dans un lieu gardé secret et uniquement connu d'anciens compagnons, il est bientôt rattrapé par son passé, et notamment par les dirigeants de Men-Tel qui ont gardé en travers de la gorge son incroyable évasion de la Forteresse. Poursuivis lui et les siens, il se sacrifie pour que Danny et Karen puissent échapper à leurs poursuivants.

Immédiatement arrêté, le père de famille est conduit en prison. Mais alors que par le passé il a su prouver qu'il était possible de fuir la prison la mieux sécurisée de la planète, cette fois-ci le challenge est bien différent. Là où il est, aucune voie de sortie de semble possible. Basée sur la Lune, sa nouvelle prison, dirigée par l'ambitieux directeur Nestor Tibman qui compte sur son système de sécurité infaillible pour déjouer toute tentative d'évasion...

Six ans après le premier long-métrage réalisé par le cinéaste Stuart Gordon, c'est au tour de Geoff Murphy (Freejack, Piège à Grande Vitesse) de diriger l'acteur Christophe Lambert dans une œuvre qui demeure malheureusement en deçà de l'original, déjà lui-même de piètre qualité. Du casting du premier film, il ne reste que la star française, l'actrice interprétant l'épouse de John ayant elle-même été remplacée par Beth Toussaint. Terminé le désert, ses plaines immenses, arides, et cachant sous terre une forteresse inviolable. Désormais, c'est dans l'immensité de l'espace, à des températures bien en dessous de celles que l'on connait sur Terre que John se retrouve piégé en compagnie de camarades relativement proches de ceux que l'on découvrait dans Fortress.
Quelques bagarres, des dialogues parfois virils, des gueules de méchants, et un univers souterrain métallique et étouffant qui contrebalance avec les quartiers luxueux du maître des lieux. Un individu tout aussi mégalomane que son prédécesseur. Quelques très beaux plans de notre planète et un Christophe Lambert qui ne déroge pas à la règle en nous servant son habituel jeu en demi-teinte. Et pourtant, sans que l'on ait véritablement d'explication à donner, on s'attache à son personnage. Comme à ceux de Greystoke, la légende de Tarzan, Seigneur des Singes de Hugh Hudson ou Subway de Luc Besson.

Les scènes d'action tournant autour de quelques frottements virils laissent indifférent de part leur peu d'intérêt. Mal filmées, ces scènes ne cadrent jamais véritablement les personnages lorsque ceux-ci prennent des coups. L'ancienne égérie de la « Blaxploitation » Pam Grier est inutilement de la partie (ça n'est pas sa faute mais son personnage est insipide) et l'on a droit à quelques personnages atypiques comme Nussbaum (Willie Garson) en doux dingue amoureux d'une blatte et surtout insensible au effets d'une arme particulièrement dissuasive auprès de ses quo-détenus.A noter que la musique est l’œuvre du compositeur Christopher Franke qui fut l'un des illustres membres du tout aussi célèbre groupe allemand de rock planant, Tangerine Dream. Fortress 2 : Réincarcération est un film anecdotique et dispensable. Pour finir sur une petite note amusante, notons que la scène durant laquelle John est éjecté dans l'espace (sans la moindre combinaison) est totalement surréaliste et illusoire. Surtout quand on sait que les températures aux abords de la Lune varient entre +120° le jour et -180° la nuit...

mardi 29 juillet 2025

Blaxploitation : Bucktown d'Arthur Marks (1975) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

En 1973 sortait sur les écrans de cinéma l'un des grands chefs-d’œuvre du western inspiré par la vague dite ''spaghetti'' réalisé et interprété par l'immense Clint Eastwood, L'Homme des hautes plaines (High Plains Drifter). Incarnant un individu sans nom qui dans la version originale était l'incarnation d'un homme qui avait été lynché par trois autres et qui dans la version française devenait le frère de celui-ci. Si j'évoque ici cet incroyable long-métrage, c'est parce qu'il partage avec Bucktown d'Arthur Marks d'étonnantes similitudes. En effet, en 1973, le scénario d'Ernest Tidyman évoquait l'arrivée d'un inconnu dans une petite ville de l'Ouest américain venu se venger de la mort de son frère, fouetté à mort par trois hommes de loi enfermés par la suite en prison et remplacés depuis par des individus aussi mauvais qu'eux ! Bien que le scénario de Bucktown écrit par Bob Ellison ne fasse pas mention d'une quelconque source d'inspiration liée au film de Clint Eastwood, le rapport entre le personnage que l'acteur et réalisateur interpréta deux ans auparavant et celui qu'incarne ici l'acteur afro-américain et véritable star de la Blaxploitation Fred Williamson est plus qu'évident. Tout comme le personnage de Harley semble lui être directement inspiré de l'adjoint du shérif alcoolique Dude de Rio Bravo quant à lui réalisé par Howard Hawks en 1959... Bucktown peut donc être envisagé comme un western urbain, confrontant un homme venu assister à l'enterrement de son frère Ben récemment décédé dans de troubles circonstances à une autorité corrompue. Troubles ? Pas vraiment. Ou du moins le mystère qui se cache derrière sa mort restera-t-il de courte durée puisque Duke Johnson apprend que son frère a été abattu par les hommes du shérif Patterson interprété par l'acteur Art Lund. Propriétaire d'un bar dont Duke hérite, Ben avait toujours refusé d'être racketté et pour cela, il est mort. Qu'il s'agisse du shérif ou des quatre hommes qui constituent sa petite équipe de représentants de la loi, tous sont corrompus jusqu'à la moelle. Tels des maquereaux, ses adjoints ''relèvent les compteurs'' auprès des habitants qui tous acceptent malgré eux de verser chaque semaine une importante somme d'argent...


Lorsque Duke rouvre les portes du bar que possédait son frère (après avoir tout de même versé la somme de quatre-cent cinquante dollars au shérif), deux adjoints débarquent afin de le faire payer comme tout les commerçants de Bucktown. Mais face au refus du nouveau propriétaire, les deux hommes deviennent agressifs et s'en prennent notamment à Aretha, l'amie de Ben. Duke prend alors la décision de faire appel à son vieil ami Roy (l'acteur Thalmus Rasulala) afin de l'aider à débarrasser la ville du shérif et de ses adjoints. C'est ainsi que Roy débarque accompagné de quatre hommes... Et c'est là que s'inscrit le rapport entre le film d'Arthur Marks et celui de Clint Eastwood. Car aussi étonnant que cela puisse paraître, tout sera réglé en aussi peu de temps qu'il faut pour le dire alors que le film n'aura même pas encore déroulé la moitié de son intrigue ! Et pour cause : après que les mâles blancs aient été décrits comme de la vermine par le réalisateur et son scénariste, voilà que débarquent un groupe d'afro-américains qui surenchériront dans les domaines du racket, de la corruption et de la violence. Arthur Marks traite ainsi à part égale l'homme blanc et l'homme noir dans ce qui s'avère être un excellent film de Blaxploitation dont on retrouve certains codes. Comme cette bande musicale funky que l'on doit à Johnny Pate. Outre Fred Williamson l'on retrouve une autre grande star de la Blaxploitation en la personne de Pam Grier. Découverte par Russ Meyer et employée par Roger Corman, l'actrice devient l'égérie féminine de ce courant et apparaît ici dans le rôle de la séduisante Aretha ! Quant au personnage de Harley, les téléphages reconnaîtront l'acteur Bernie Hamilton dont il s'agira de la toute dernière apparition sur grand écran avant que l'acteur ne se tourne définitivement vers le petit écran. Surtout connu pour son rôle du Capitaine Harold Dobey dans la série policière culte Starsky et Hutch aux côtés de Paul-Michael Glaser et David Soul, il incarne dans Bucktown le rôle d'un beau parleur alcoolique relativement touchant. Ajoutons enfin la présence de l'acteur Carl Weathers dans le rôle de Hambone, l'un des complices de Roy. Plus connu pour ses rôles d'Apollo Creed dans la série de films Rocky et du colonel Al Dillon dans Predator, il interprète ici l'une des pourritures qui orbitent autour de Roy. Le long-métrage d'Arthur Marks multiplie les bagarres et les fusillades et demeure l'un des meilleurs films de sa catégorie...

 

samedi 3 juillet 2021

Class of 1999 de Mark L. Lester (1990) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Après une fausse suite pas tout à fait indigente mais dont l'intérêt qui sur une échelle comprise entre un et dix s'évalue entre trois et quatre, la franchise Class 1984 est reprise en main par Mark L. Lester en 1990. À l'origine du premier long-métrage culte réalisé en 1982, l'auteur de Commando trois ans plus tard et Dans les griffes du dragon rouge en 1991 signe entre les deux un Class of 1999 que l'on pourrait également lui-même juger de tout à fait indépendant par rapport au premier. On n'y retrouve en effet aucun des interprètes de Class 1984 et en dehors du fait que le long-métrage s'inscrive une fois encore dans un contexte scolaire, le récit y évoque des enjeux bien différents. Cette fois-ci, le futur a pris de l'avance. Pour pallier aux problèmes de violence rencontrés dans une zone que pas même les autorités policières n'osent franchir, le gouvernement fait appel aux services du docteur Bob Forrest (interprété par l'acteur Steacy ''Mike Hammer'' Keach qui mériterait qu'on le renomme ici Stacy Kitsch en raison de son improbable look!) qui envoie trois professeurs d'un genre très particulier donner des cours à la Kennedy High School située dans une Seattle totalement fermée et aux mains exclusives de gangs de voyous. Un concept reprenant complétement le principe du classique de la science-fiction réalisé par John Carpenter neuf ans auparavant, New York 19997...


Vu l'entrée en matière du récit, on pouvait s'attendre à un bon gros nanar ou pire, un navet, mais Class of 1999 s'avère en fait très plaisant à regarder. L'héroïsme est ici incarné par un Cody Culp qu'interprète l'acteur Bradley Gregg. Un ancien taulard qui pour fuir la prison accepte de retourner sur les bancs d'école dans la zone dite free fire zone. Évidemment, il va être confronté à son ancien gang qui va tenter de le réintégrer et va se rapprocher de la plus jolie étudiante de l'école en la personne de Christie Langford (l'actrice Traci Lind effectivement plutôt charmante), fille du directeur Miles Langford qu'interprète l'acteur Malcom McDowell. Oui, oui, le Alex d'Orange Mécanique de Stanley Kubrick pour ne citer que ce seul exemple. Car l'une des particularités de Class of 1999, c'est son casting trois étoiles. Car aux côtés du britannique, on retrouve également l’icône féminine de la Blaxploitation des années soixante-dix Pam Grier (Black Mama White Mama, Women in Cages ou Foxy Brown), Stacy Keach, donc, nanti d'un look pas possible, cheveux longs platinés et lentilles oculaires blanches, mais également Patrick Kilpatrick, spécialisé dans les rôles de méchants et notamment vu en 1985 dans Remo sans arme et dangereux de Guy Hamilton ou Coups pour coups de Deran Sarafian dans lequel il incarnait le rôle du ''Démon'' aux côtés de l'acteur belge Jean-Claude Van Damme. Et puis, enfin, l'américain John P. Ryan qui n'a pas eu forcément de rôles très importants au cinéma mais dont la ''gueule'' est elle aussi demeurée dans les mémoires (Cotton Club de Francis Ford Coppola, L'Étoffe des héros de Philip Kaufman)...


Avec Pam Grier et Patrick Kilpatrick, John P. Ryan forme ce trio de professeurs/cyborgs dont le docteur Bob Forrest va perdre ''tout contrôle'', transformant ainsi une sympathique alternative au Class 1984 de 1982 en une sorte de sous Terminator (James Cameron, 1984) dans lequel la machine aurait été reproduite en trois exemplaires dysfonctionnant au point d'en devenir de véritables cyborgs psychopathes. À ce titre, John P. Ryan remporte la palme du plus cynique et du plus pervers des trois, avec son sourire sinistre et son flegme d'apparat. Pam Grier y cache son jeu, sa féminité ne l'empêchant pas d’avoir des objectifs aussi mortifères que ceux de ses deux compagnons. Quant au personnage qu'incarne Patrick Kilpatrick, il est ''né'' pour tuer. La guerre est alors engagée entre les gangs, surarmés, et nos trois cyborgs lancés dans un projet d'extermination. Ça tire dans tous les sens, ça pète de partout, ça s'agite dans tous les sens et c'est évidemment bas du front mais ça se regarde sans déplaisir. Une séquelle pas tout à fait à la hauteur de l'original mais une bonne petite série B très éloignée de la série Z que l'on pouvait craindre...

 

lundi 5 avril 2021

Blaxploitation : Coffy, la panthère noire de Harlem de Jack Hill (1973) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Amateur de coiffures afro, de jazz à tendance funky et de blaxploitation, bienvenue à vous. Aujourd'hui, nous allons évoquer l'un des plus célèbres longs-métrages de cette catégorie visant à revaloriser l'image des afro-américains durant le courant des années soixante-dix. Contraction de Black (pour noir) et d'exploitation, la blaxploitation trouvait en ce début des années soixante-dix l'une de ses plus lumineuses représentantes en la personne de Pam Grier, authentique star de ce courant comptant de nombreux films parmi lesquels un certains nombre la mirent en vedette. Poitrine opulente ''meyerienne'' (Pam Grier débuta d'ailleurs sa carrière au cinéma dans Beyond the Valley of the Dolls de Russ Meyer en 1970), courbes parfaites, peau d'ébène, il n'en fallait pas plus pour que le réalisateur Jack Hill en fasse ici une icône aussi voluptueuse que dangereuse. La version noire et féminine de Paul Kersey, héros de la saga Un justicier dans la ville interprétée par Charles Bronson et initiée en 1974 par le réalisateur Michael Winner. Comme chez son homologue masculin, Coffy (qu'interprète donc Pam Grier) a toutes les bonnes raisons d'en vouloir à ceux qu'elle a choisi de châtier durant un peu plus d'une heure trente. Parce que sa jeune sœur est tombée sous le ''charme'' des paradis artificiels et dans le monde de la prostitution, Coffy, dite la panthère noire de Harlem (comme aime à le souligner le titre français), Coffy est bien décidée à faire payer de leur vie aux barons de la drogue et accessoirement à tous ceux qui gravitent autour d'eux, la condition dans laquelle se trouve actuellement sa cadette.


Compagne d'un homme qui s'apprête à gravir les échelons politiques, la jeune femme use de ses atouts physiques pour intégrer l'agence d'escort-girls que dirige un certain King George. Son projet ? Remonter jusqu'au sommet, l'italien Arturo Vitroni, lequel est notamment protégé par son homme de main Omar... Si Coffy, la panthère noire de Harlem ne brille absolument pas par son scénario (écrit par Jack Hill lui-même), il permettra aux ''blancs-becs'' ou plus simplement aux ''blaxploitationophiles'' en herbe de se faire une idée assez précise de ce à quoi ressemble ce courant principalement interprété par des femmes et des hommes de couleur. Bien que l'homme noir y soit la vedette, cela ne l'empêche pas d'y être parfois décrit comme un individu corrompu comme le démontre le personnage incarné par Robert DoQui (dont la longue carrière au cinéma lui permit entre autre d'incarner le rôle du sergent Reed dans RoboCop de Paul Verhoeven en 1987). La corruption de l'homme blanc étant forcément à l'origine de celle de certains membres de la communauté noire, celle-ci est d''abord personnalisée par la présence à l'écran du personnage Arturo Vitroni qu'interprète Allan Arbus. Il faut noter la présence à l'écran de l'acteur américain d'origine arménienne Sid Haig, décédé voilà deux ans et qui depuis 2003 était devenu l'acteur fétiche du musicien, chanteur et réalisateur Rob Zombie.


Coffy, la panthère noire de Harlem, c'est tout le charme des années soixante-dix réuni en quatre-vingt dix minutes. Les rue de Harlem, ses putes, ses maquereaux, ses flics en uniformes, ses boites de strip-tease, mais aussi ceux qui veulent que les choses changent. Du moins, en apparence. C'est surtout la présence à l'écran de Pam Grier qui après avoir endossé à quatre reprises le rôle de prisonnière dans autant de longs-métrages connus sous l'appellation WIP (pour Women in Prison) s’érige ici en infirmière justicière n'hésitant pas (tout comme l'ensemble du casting féminin d'ailleurs) à se foutre à poil ! Difficile sera pour les détracteurs du genre Blaxploitation d'évoquer un quelconque message pro-black ou anti-blancs (ou vice versa) puisque sans distinction aucune, Jack Hill et son bras armé Pam Grier s'en prennent autant à l'une et l'autre de ces couleurs. Tout juste le réalisateur s'en prend-il ouvertement au machisme qui imprime la bobine de la première à la dernière seconde. C'est donc à l'homme et peut-être même plus au mâle qu'il incarne en général que s'attaquent le réalisateur et sa star. Même sans être doté d'un scénario remarquablement abouti, Coffy, la panthère noire de Harlem demeure un classique de la blaxploitation et un œuvre culte du septième art...

 

mercredi 22 juillet 2020

Los Angeles 2013 de John Carpenter (1996) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Quinze ans après avoir signé le classique de la science-fiction dystopico-post-apocalyptique New York 1997, allez savoir pourquoi, John Carpenter prend enfin la décision de concrétiser le scénario écrit par le scénariste américain Coleman Luck en 1985. Mais alors qu'à cette époque le script semble trop léger pour celui qui entre les deux volets réalisera une succession de chefs-d’œuvre plus ou moins horrifiques (parmi lesquels on retrouve The Thing en 1982, Christine en 1983 ou Prince des Ténèbres en 1987), deux événements vont avoir des conséquences sur la suite de sa carrière et John Carpenter prendra finalement la décision de tourner ce qui deviendra en 1996, Los Angeles 2013. Il aura en effet fallu des émeutes en 1992 à Los Angeles et un tremblement de terre pour que le projet soit relancé avec en vedette, un Kurt Russell sur lequel le poids des années ne semble avoir aucune prise. Le film débute par un topo qui nous explique qu'en 2000, un tremblement de terre a eu des conséquences désastreuses sur le continent américain, la ville de Los Angeles se retrouvant ainsi isolée du reste du pays à la suite d'un immense tsunami. Le gouvernement américain décide treize ans plus tard de profiter de la configuration géographique de Los Angeles pour transformer la ville en île-prison. Mais désormais, John Carpenter durcit cette thématique déjà abordée dans New York 1997 en enfermant davantage que les seuls criminels. Désormais, et à titre d'exemple, le seul fait d'être athée suffit pour être arrêté et jeté en prison parmi les prisonniers de droit commun...

Dans cette séquelle, le héros Snake Plissken est une nouvelle fois ''engagé'' (pour ne pas dire contraint) d'aider les autorités afin de récupérer une boite noire à laquelle semble particulièrement tenir le président en place. Exit Lee Van Cleef dans le rôle du responsable de la sécurité de New York désormais remplacé par le tout aussi détestable commandant Malloy incarné par l'acteur Stacy ''Mike Hammer'' Keach. Les fans du premier volet ne seront pas perdus puisque John Carpenter se contente en fait de reprendre les mêmes ingrédients tout en relevant l'exploit de faire moins bien qu'à l'époque. Tout ou presque est similaire à ce que proposait New York 1997 sauf que John Carpenter semble moins investi qu'auparavant. Si le casting fait le boulot, les effets-spéciaux sont dignes des pires séries de science-fiction des années quatre-vingt dix. À tel point que l'on se demande dans quelles mesures le réalisateur n'a pas volontairement donné sa touche kitsch à ce Los Angeles 2013 dont certaines séquences demeurent parfaitement indigestes. À titre d'exemple, le tremblement de terre d'une durée ridicule proposé en début de métrage n'a pas le dixième de l'impact visuel de celui du classique du film catastrophe signé en 1974 par Mark Robson, Earthquake. L'usage d'effets-spéciaux numériques gâche une partie du film tellement l'on a l'impression d'être face à des cinématiques de vieux jeux vidéos du début de l'ère numérique. La séquence du sous-marin demeure d'ailleurs l'une des plus remarquablement bâclée de ce Los Angeles 2013... synthétique !

Reste peut-être le récit... ? Bon, tout n'est pas qu'une (peu) scrupuleuse repompe de l'original. Et même si durant une grosse demi-heure Los Angeles 2013 ne fait pas franchement preuve d'originalité, avec le temps, ça s'arrange. Enfin, le terme est légèrement galvaudé. Car concernant la dite originalité, Big J se permet des incartades pas toujours judicieuses. Car à moins d'avoir un sacré sens de l'humour et une propension à accepter tout ce que ce ''Dieu'' de la science-fiction et du fantastique est capable de mettre en boite, le film est ponctué de séquences hautement nanardesques quand d'autres s'avèrent intéressantes (Le chirurgien fou incarné par Bruce Campbell et sa cohorte de timbrés en robe de bure). Telle la scène où Snake Plissken fait du surf en compagnie de Peter ''Pipeline'' Fonda. Où encore la rencontre entre le héros et une Pam Grier/Hershe Las Palmas en mode ''trans''. Deux options s'offrent au spectateur : soit Big J assume et alors il a réussi son coup. Soit il est passé à côté d'un concept qui se voulait plus proche de l'original que d'un quelconque nanar et là, c'est loupé. Mais connaissant le bonhomme et la qualité de sa filmographie, on aura tôt fait de l'imaginer faire un pieds de nez à l'univers hautement nihiliste de New York 1997 pour faire de sa séquelle un reflet beaucoup moins sombre. Des vingt longs-métrages (ciné et télé), Los Angeles 2013 demeure sans doute comme le plus faible d'entre tous. Un échec artistique qu'il parviendra fort heureusement à faire oublier deux ans plus tard avec l'excellent Vampires...

samedi 14 octobre 2017

John Carpenter's Ghosts of Mars de John Carpenter (2001) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Ghosts of Mars demeure à ce jour l'avant-dernier long-métrage de John Carpenter et celui que beaucoup s'accordent à affirmer qu'il s'agit du moins bon. Peut-être ont-ils raison, peut-être ont-il tort. Toujours est-il qu'en le comparant aux autres films du cinéaste américain, il est vrai que celui-ci à beaucoup de mal à peser dans la balance. J'avais moi-même tenté d'appuyer cette hypothèse que semble confirmer le scénario, la mise en scène, l'interprétation et les décors. Un western situé au beau milieu de la planète rouge. Des couleurs rouges et criardes. Des décors obsolètes ressemblant à ceux croisés dans d'innombrables nanars et rip-offs. Outre la participation du cinéaste lui-même à la composition de la bande-son, participent au projet l'artiste Buckethead et le groupe Anthrax. Résultat : une musique métal qui colle parfaitement à l'histoire et donne leur équilibre aux créatures imaginées par John Carpenter et Larry Sulkis.
A ne surtout pas comparer avec les chefs-d’œuvre que sont Mad Max, pour son côté guerrier post-apocalyptique et The Thing du même John Carpenter auquel semble parfois se revendiquer Ghosts of Mars. Le cinéaste transpose en effet l'idée d'un environnement hostile, à l'écart de toute civilisation, et dont les seuls occupants sont agressés par une entité d'origine inconnue. Remplacez la station de recherche en Antarctique et la créature extraterrestre extraite d'un bloc de glace par une base sur Mars dont tous les occupants ont disparu et par des créatures fantomatiques libérées par inadvertance lors de fouilles archéologiques et vous tenez entre les mains un remake inavoué du classique que John Carpenter signa il y a trente-deux ans.

Nous sommes en 2176 (le cinéaste se décidant enfin à transposer son intrigue dans un futur beaucoup moins proche que ceux avoisinant de trop près l'époque à laquelle ils furent tournés. New York 1997 ayant été tourné en 1981 et Los Angeles 2013, en 1996). Cette fois-ci, l'intrigue se déroule pas dans l'une des deux ou trois décennies à venir mais dans un peu plus d'un siècle et demi. La planète Mars est depuis colonisée par des terra-formeurs mais alors qu'une équipe de flics constituée autour du commandant Helena Braddock (l'actrice Pam Grier que le cinéaste employa déjà cinq ans auparavant sur le tournage de Los Angeles 2013) arrive dans une cité minière à bord d'un train afin de prendre en charge un individu accusé d'un sextuple meurtre, celle-ci constate avec étonnement qu'il n'y a pas âme qui vive. En fait, il serait plus judicieux de dire qu'il en demeure encore en vie mais que ceux-ci semblent possédés. Parmi les quelques survivants à avoir encore toute leur tête se trouve James "désolations" Williams. Celui que Braddock et son équipe sont chargés de ramener sur Terre. Enfermé avec les autres, il garde le silence tandis que dans une autre cellule, l'un des prisonniers est agité. Le pauvre semble être atteint d'un mal étrange. Braddock et les siens apprennent très vite que la ville n'est pas si déserte que cela et que dans la région, un groupe formé d'anciens mineurs sèment la mort. Il s'avère qu'ils sont possédés par l'esprit de créatures originaire de la planète et que leur but est d'effacer toute trace d'humanité sur Mars. Le combat s'engage alors entre le commando et les mineurs possédés.

Contre toute attente, Pam Grier n'est pas la principale interprète de Ghosts of Mars. John Carpenter élimine assez rapidement son personnage pour offrir à l'actrice canadienne Natasha Henstridge le rôle principal. L'actrice qui s'était jusque là faite remarquer pour son interprétation dans les deux premiers volets de La Mutante est accompagnée de l'acteur et rappeur californien Ice Cube, de Jason Statham, et de l'actrice Clea DuVall. Le rôle de l'inquisiteur est quant à lui incarné par l'actrice Rosemary Forsyth. Les amateurs de nanars à gros budgets (le film a tout de même coûté 28 millions de dollars) y trouveront très certainement leur compte. Les dialogues sont insipides, l'action bourrine, et les flash-back, dont le procédé aurait pu être travaillé davantage, sont assez sommaires. Un film mineur dans la carrière du cinéaste...

mardi 3 octobre 2017

John Carpenter's Escape from L.A. de John Carpenter (1996) - ★★★★★★★☆☆☆



1981 : New York 1997. 1996 : John Carpenter's Escape from L.A.. Entre les deux longs-métrages, quinze années. Quinze ans à mûrir un concept qui n'aura finalement pas changé. Deux films d'anticipation décrivant deux univers semblables. Deux cités-prisons peuplées d'autochtones se battant pour leur survie. Et à la tête desquelles des barbares charismatiques organisent des spectacles sanguinaires comme au temps de la Rome antique. Bienvenue chez John Carpenter. L'artisan de la série B. Bienvenue à Snake Plissken, sur lequel le temps n'a pas de prise. L'homme au bandeau noir est de retour., troquant son vieux costume contre un uniforme entièrement noir et furtif. C'est un peu la même histoire qui recommence. Le virus a remplacé la bombe. Le président n'est plus désormais celui qui tombe entre les griffes des malfrats mais celui qui organise une mission dont le sujet est la récupération d'une boite noire renfermant les commandes de satellites militaires diffusant des impulsions électromagnétiques. Seul l'acteur Kurt Russell revient dans cette nouvelle mission. Stacy Keach remplace Lee Van Cleef. Cliff Robertson remplace Donald Pleasance. Ernest Borgnine est relayé par Steve Buscemi. Quand à Adrienne Barbeau, son personnage est abandonné au profit de celui qu'incarne l'ancienne égérie de la blaxploitation Pam Grier.
John Carpenter nous soumet des individus aussi étranges et antipathiques que par le passé. Grier en transsexuel. Buscemi en homme de main veule. Robertson en nihiliste... Utopia, fille du président des États-Unis d'Amérique arbore le visage fier et prétentieux de la jeunesse américaine dorée à qui tout réussi mais qui se sent investie d'une mission. Acoquinée à un ersatz d'Ernesto Rafael Guevara (incarné par l'acteur George Corraface), dit le « Che », elle n'est rien de plus, rien de moins qu'une fille à papa friquée en pleine crise post-adolescente. La fille à baffes. De ces pouffes qui avant l'heure auraient passé leur temps devant de débiles émission de télé-réalité si l'occasion leur avait été donnée. Noir c'est noir dirons-nous. Oui, sans doute, mais pas tant que cela. Moins qu'en 1981 où l'anticipation vue à travers les yeux de Carpenter ne nous paraissait peut-être pas encore aussi proche de la réalité.

Séparée du reste du continent, Los Angeles regroupe tout ce que génère de criminels l'Amérique. Une Amérique, loin d'être irréprochable puisqu'à sa tête se trouve un président qui fait écho à celui pour lequel les américains ont voté dernièrement. Un dictateur capable de sacrifier sa propre fille sur la chaise électrique pour briller aux yeux de ses concitoyens. Une Amérique propre, accumulant les interdits. Fumer vous condamne à l'île-prison à vie. La vision de John Carpenter semblera sans doute un peu poussive mais à l'allure où vont les choses, nous fonçons droit dans le mur. Le cinéaste fait le constat d'une hypocrisie galopante. Son pays en prend pour son grade. Carpenter fusille du regard les institutions. L'armée ressemble à une milice et exécute les ordres d'un président psychopathe. Les médias se font voyeurs et pourvoient les citoyens de ce si beau et fier pays d'images violentes. Une nourriture sanguinolente dont se repaissent des américains prônant le retour à certaines valeurs.
Ce monde là, John Carpenter le vomit tant et si bien qu'à plusieurs reprises, on comprend que Los Angeles, malgré ses décors sinistrés de carton-pâte et de mate-painting, est considéré par ses habitants comme un lieu méritant qu'on y demeure. Un monde sans interdits. Sans barrières. Un lieu de liberté.
Sous pas mal d'aspects, John Carpenter's Escape from L.A. ressemble à s'y méprendre à New York 1997. Peut-être un peu moins austère et pessimiste dans la forme, le spectacle est en tout cas au rendez-vous. On aurait pu craindre une suite sans saveur, ce que laisse d'ailleurs entrevoir les premières minutes, mais on est ensuite très vite rassurés. Et puis, il demeure cet immense plaisir de retrouver Kurt « Snake Plissken » Russel dans l'un de ses rôles les plus populaires. Quelques scènes inédites surnagent au milieu d'un scénario reprenant les grandes lignes de l’œuvre séminale (Plissken envoyé en terre hostile, l'arène, les différentes tribus, etc...). On appréciera d'autant plus ces nouveautés que certaines ont vraiment de la gueule. Comme cette étonnante plongée dans une communauté de « ratés de la chirurgie esthétique » dirigée par un chirurgien de Bervely Hills sous les traits duquel se cache un certain... Bruce Campbell. Egalement au générique, l'acteur Peter Fonda dans le rôle d'un surfer un peu... givré.  John Carpenter's Escape from L.A. demeure une belle réussite. 
A quand le retour de Snake... ?
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