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dimanche 16 juin 2024

Ragazzo Invisibile de Gabriele Salvatores (2015) - ★★★★★★★☆☆☆

 



 

Les films de super-héros italiens sont suffisamment rares pour que l'on s'y intéresse. Surtout qu'après l'extraordinaire Freaks out réalisé par Gabriele Mainetti en 2022, il serait de bon ton de remonter le fil du temps pour découvrir ce qui jusque là fut produit dans le domaine. Dans les années soixante furent notamment produits Come Rubare la Corona d'Inghilterra de Sergio Grieco dans lequel l'acteur Roger Browne incarnait Argoman (Superman chez nous), un super-héros bien décidé à combattre la séduisante Jénabelle qui voulait faire tomber l'humanité en esclavage. L'année suivante sorti sur les écrans Barbarella de Roger Vadim, production franco-italienne mettant en scène la superbe Jane Fonda dans le rôle-titre issu d'une bande-dessinée créée en 1962 par Jean-Claude Forest. Beaucoup plus récemment l'on a vu débarquer en 2015 Il Ragazzo Invisibile ou Le garçon invisible du réalisateur napolitain Gabriele Salvatores pour lequel les scénaristes Alessandro Fabbri, Ludovica Rampoldi et Stefano Sardo se sont inspirés de l'un des plus fameux mythes du cinéma et de la littérature fantastique. À l'origine, un roman de science-fiction écrit par le romancier britannique H.G.Wells et publié pour la première fois en 1897. Œuvre majeure qui fut servie à toutes les sauces durant le siècle suivant puisque des dizaines de réalisateur cinéma et télévisés ont repris le concept avec plus ou moins de succès. C'est ainsi que l'on se souvient de L'homme invisible de James Whale en 1933, des Aventures d'un homme invisible de John Carpenter en 1992, de Hollow Man : L'Homme sans ombre de Paul Verhoeven en 2000, de Invisible Man de Leigh Whannell en 2020 ou des séries télévisées Invisible Man en 1959, de L'Homme invisible en 1975 ou du Nouvel Homme invisible l'année suivante. Mais pour en revenir au cinéma transalpin à tendance ''super-héroïque'', évoquons donc l’œuvre de Gabriele Salvatores qui sous ses allures de Teen Movie italien évite quelques poncifs généraux propres au style adolescent du concept se déroulant tout ou partie en milieu scolaire. Ragazzo Invisibile n'échappera cependant pas à l'un de ces stéréotypes pourtant bien ancrés dans le réel faisant du héros, le jeune Michele Silenzi (incarné par l'acteur Ludovico Girardello dont il s'agissait là du premier rôle au cinéma), le souffre-douleur de deux de ses camarades et la risée de tout l'établissement. Fasciné par la toute nouvelle élève Stella (Noa Zatta) qu'il filme en secret à l'aide de son smartphone, Michele est une fois de plus humilié le jour où l'adolescente convie tous ses camarades à une fête costumée. S'étant fait voler son téléphone par nos deux indécrottable imbéciles (Brando, interprété par Enea Barozzi et Ivan par Riccardo Gasparini), ceux-ci s'amusent à diffuser les vidéos sur lesquelles Stella apparaît.


''Ragazzo Invisibile'' vs ''X-Men''


Honteux, Michele prend la fuite et crie son désir de devenir invisible. Lorsque le lendemain il se réveille et s'apprête à partir pour l'école, l'adolescent est stupéfait de constater que son vœu a été exaucé. Désormais invisible, le jeune garçon va en profiter pour se venger auprès de ceux qui lui font du mal. Mais ce qu'il ne sait pas encore, c'est que son cas intéresse une étrange organisation d'origine russe. De plus, des élèves de son entourage commencent à disparaître les uns après les autres... Il semble désormais acquis que certains réalisateurs italiens soient à l'origine d'un renouveau du cinéma fantastique transalpin après son affligeante déroute survenue longtemps auparavant dans le courant des années 80/90. Il y a deux ans en arrière, Freaks out de Gabriele Mainetti en fut d'ailleurs la plus formidable illustration. Un chef-d’œuvre absolu cristallisant tous les bienfaits du cinéma supe-héroïque mondial face à une production américaine survitaminée, bouffie d'arrogance et au final, remarquablement indigeste... On rangera donc Ragazzo Invisibile du côté de cette intéressante production française que fut Vincent n'a pas d'écailles de Thomas Salvador et qui vit le jour un an auparavant, en 2014, plutôt que dans la catégorie des Blockbusters façon Marvel ou DC Comics. Un cinéma nettement plus sobre et où l'on s'amuse tout d'abord de voir les deux crétins du collège être tournés en ridicule pour ensuite voir notre jeune héros invisible aux yeux de ses camarades mais bien présent à l'image pour les spectateurs, se baladant à poil dans l'enceinte de son établissement ou dans les douches des filles ! La mère du jeune héros est incarnée par l'actrice italienne Valeria Golino qui dans les années 80/90 parti faire carrière aux États-Unis et apparu notamment dans Rain Man de Barry Levinson en 1988 ou les deux volets Hot Shots! de Jim Abraham en 1991 et 1993. Mère séparée et policière, c'est donc seule que Giovanna Silenzi élève son fils Michele. En toile de fond, un contexte historique expliquant les raisons de cet étrange phénomène ainsi que le retour du père que l'adolescent n'a jamais connu. Beaucoup plus profond qu'il n'y paraît au premier abord, Ragazzo Invisibile s'écarte de son simple statut de Teen Movie pour visiter des zones beaucoup plus sombres de l'âme humaine. Parmi les adaptations du roman de H.G.Wells, et bien qu'il s'éloigne de l'intrigue originelle, le film de Gabriele Salvatores est une excellente surprise et sans doute parmi les meilleures propositions sur le thème de L'invisibilité...

 

mardi 3 octobre 2017

John Carpenter's Escape from L.A. de John Carpenter (1996) - ★★★★★★★☆☆☆



1981 : New York 1997. 1996 : John Carpenter's Escape from L.A.. Entre les deux longs-métrages, quinze années. Quinze ans à mûrir un concept qui n'aura finalement pas changé. Deux films d'anticipation décrivant deux univers semblables. Deux cités-prisons peuplées d'autochtones se battant pour leur survie. Et à la tête desquelles des barbares charismatiques organisent des spectacles sanguinaires comme au temps de la Rome antique. Bienvenue chez John Carpenter. L'artisan de la série B. Bienvenue à Snake Plissken, sur lequel le temps n'a pas de prise. L'homme au bandeau noir est de retour., troquant son vieux costume contre un uniforme entièrement noir et furtif. C'est un peu la même histoire qui recommence. Le virus a remplacé la bombe. Le président n'est plus désormais celui qui tombe entre les griffes des malfrats mais celui qui organise une mission dont le sujet est la récupération d'une boite noire renfermant les commandes de satellites militaires diffusant des impulsions électromagnétiques. Seul l'acteur Kurt Russell revient dans cette nouvelle mission. Stacy Keach remplace Lee Van Cleef. Cliff Robertson remplace Donald Pleasance. Ernest Borgnine est relayé par Steve Buscemi. Quand à Adrienne Barbeau, son personnage est abandonné au profit de celui qu'incarne l'ancienne égérie de la blaxploitation Pam Grier.
John Carpenter nous soumet des individus aussi étranges et antipathiques que par le passé. Grier en transsexuel. Buscemi en homme de main veule. Robertson en nihiliste... Utopia, fille du président des États-Unis d'Amérique arbore le visage fier et prétentieux de la jeunesse américaine dorée à qui tout réussi mais qui se sent investie d'une mission. Acoquinée à un ersatz d'Ernesto Rafael Guevara (incarné par l'acteur George Corraface), dit le « Che », elle n'est rien de plus, rien de moins qu'une fille à papa friquée en pleine crise post-adolescente. La fille à baffes. De ces pouffes qui avant l'heure auraient passé leur temps devant de débiles émission de télé-réalité si l'occasion leur avait été donnée. Noir c'est noir dirons-nous. Oui, sans doute, mais pas tant que cela. Moins qu'en 1981 où l'anticipation vue à travers les yeux de Carpenter ne nous paraissait peut-être pas encore aussi proche de la réalité.

Séparée du reste du continent, Los Angeles regroupe tout ce que génère de criminels l'Amérique. Une Amérique, loin d'être irréprochable puisqu'à sa tête se trouve un président qui fait écho à celui pour lequel les américains ont voté dernièrement. Un dictateur capable de sacrifier sa propre fille sur la chaise électrique pour briller aux yeux de ses concitoyens. Une Amérique propre, accumulant les interdits. Fumer vous condamne à l'île-prison à vie. La vision de John Carpenter semblera sans doute un peu poussive mais à l'allure où vont les choses, nous fonçons droit dans le mur. Le cinéaste fait le constat d'une hypocrisie galopante. Son pays en prend pour son grade. Carpenter fusille du regard les institutions. L'armée ressemble à une milice et exécute les ordres d'un président psychopathe. Les médias se font voyeurs et pourvoient les citoyens de ce si beau et fier pays d'images violentes. Une nourriture sanguinolente dont se repaissent des américains prônant le retour à certaines valeurs.
Ce monde là, John Carpenter le vomit tant et si bien qu'à plusieurs reprises, on comprend que Los Angeles, malgré ses décors sinistrés de carton-pâte et de mate-painting, est considéré par ses habitants comme un lieu méritant qu'on y demeure. Un monde sans interdits. Sans barrières. Un lieu de liberté.
Sous pas mal d'aspects, John Carpenter's Escape from L.A. ressemble à s'y méprendre à New York 1997. Peut-être un peu moins austère et pessimiste dans la forme, le spectacle est en tout cas au rendez-vous. On aurait pu craindre une suite sans saveur, ce que laisse d'ailleurs entrevoir les premières minutes, mais on est ensuite très vite rassurés. Et puis, il demeure cet immense plaisir de retrouver Kurt « Snake Plissken » Russel dans l'un de ses rôles les plus populaires. Quelques scènes inédites surnagent au milieu d'un scénario reprenant les grandes lignes de l’œuvre séminale (Plissken envoyé en terre hostile, l'arène, les différentes tribus, etc...). On appréciera d'autant plus ces nouveautés que certaines ont vraiment de la gueule. Comme cette étonnante plongée dans une communauté de « ratés de la chirurgie esthétique » dirigée par un chirurgien de Bervely Hills sous les traits duquel se cache un certain... Bruce Campbell. Egalement au générique, l'acteur Peter Fonda dans le rôle d'un surfer un peu... givré.  John Carpenter's Escape from L.A. demeure une belle réussite. 
A quand le retour de Snake... ?
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