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mercredi 6 décembre 2017

Zombi 3 de Lucio Fulci (1988) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



En avant propos, je voudrais rendre un vibrant hommage à tous ces hommes et toutes ces femmes qui par passion, par vocation, et peut-être pour certains, pour les ressources financières que cela occasionne, donnent de leur personne, de la voix, pour doubler dans la langue de Molière, tous ces longs-métrages venus de l'étranger. Bon, en fait de Molière, il arrive parfois qu'il s'agisse plutôt du Dany Boon croisé lors de certains de ses spectacles (nous parlons bien des personnages qu'il incarne, ok?). On excusera alors la maladresse dont font preuve certains doubleurs en arguant qu'ils œuvrent bénévolement. Du moins, serions-nous en droit de l'exiger au vu de certains travaux qui dans la discipline évoquée ici, n'atteignent pas tous les espoirs mis en eux. Pour autant, il ne faudra pas chercher à leur en vouloir, à ces doubleurs du dimanche lobotomisés, sous l'influence d'opiacés particulièrement efficaces. Car involontairement,ils façonnent à leur manière certains aspects du genre dont il est question dans cet article. Ces nanars qui font le bonheur des amateurs de bis et de séries Z et continuent de désespérer les intellectuels du septième art qui n'aimeraient se mettre en bouche que les mets les plus raffinés. Nous pourrions alors affirmer à ces derniers que rien ne les oblige à contempler le désastre artistique qui pour une grande partie, fait le charme de ces bandes (ici, horrifique) qui séduisent les amateurs de bière fraîche.
Malheureusement, certains signes ne trompent pas et révèlent la descente aux enfers, toujours artistique, de certains anciens génies ayant malencontreusement choisi (ou ayant été contraints) une voie de garage que les fans de la première heure ne leur pardonneront pas toujours.

Lucio Fulci, ce maître transalpin incontesté (osez donc le nier!) du gore sérieux, morbide, crépusculaire, qui nous offrit quelques doux (et malsains) frissons durant les années soixante-dix et quatre vingt. Quelques gialli plutôt bien sentis (au hasard, Una lucertola con la pelle di donna) suivant une tripotée de comédies sur lesquelles il est parfois compliqué de mettre la main chez nous, mais surtout, dans le cœur des adolescents de l'époque que nous étions, pierre angulaire d'une œuvre temporellement vouée à la noirceur la plus crue, une sublime tétralogie que l'italien n'arrivera jamais à égaler par la suite (L'Enfer des Zombies, Frayeurs, L'Au-Delà et La Maison Près du Cimetière). Des visions cathartiques. Comme si l'immense Lucio avait réveillé des souvenirs personnels enfouis au plus profond de son âme et dont la plus symbolique, la plus désespérée, la plus touchante des visions demeurait cette dantesque peinture au cœur de laquelle allaient vivre éternellement les personnage de L'Au-delà.

La tétralogie achevée, le reste de ce qui allait suivre n'aurait plus jamais la même force. La même saveur. Du serial killer de L’Éventreur de New York que votre serviteur a toujours trouvé beaucoup trop surestimé jusqu'à cette tentative désespérée de remonter aux sources du mal à travers ce Zombi 3 dont le titre lui-même semble vicié. On se laissera pourtant séduire. Surtout lorsque l'on apprendra la participation d'un autre génie, issu d'une catégorie finalement pas si éloignée de celle qui allait pervertir la suite des travaux de Lucio Fulci, j'ai nommé le Grand Bruno Matteï. Apparemment, le bonhomme, qui en cette année 1988 enchaîna plusieurs longs-métrages personnels, trouva le temps et le moyen d'épauler un Lucio Fulci déclinant physiquement.

J'hésite encore à dire si Zombi 3 s'ouvre sur des augures plutôt rassurants. Lumière criarde digne des pires exactions de Lamberto Bava. Musique affligeante, mais ambiance malsaine. Un cadavre revenu à la vie se décomposant de manière fort peu ragoutante. Et puis, un peu plus tard, un infecté se coupant le bras dans sa chambre d'hôtel dans des conditions plus que sordides. Fulci pas mort! Vraiment ? Pas sûr, en fait. Car la suite démentira toute impression de renaissance. On tombe dans l'indigent. L'ombre de Bava fils plane plus que jamais sur une oeuvre qui se déconfit au fil d'une intrigue tellement con que l'on se demande qui de ce projet tricéphale (il ne faudra pas oublier la participation du cinéaste Claudio Fragasso en tant que scénariste) à réellement tenu les rennes. The Toxic Avenger, The Crazies (et même Dawn of the Dead tant qu'on y est) et surtout The Return of the Living Dead semblent avoir servi de source d'inspiration. Du long-métrage de Lloyd Kaufman et Michael Herz, Fulci et compagnie ont repris la scène durant laquelle le superhéros de Tromaville se mue en une créature monstrueuse dans sa salle de bain, des deux films de George A. Romero, ils ont repris les tenues anti-radiations (The Crazies) et l'assaut d'un immeuble (Dawn of the Dead) et du petit chef-d'oeuvre de Dan O'Bannon, les trois hommes ont carrément repris l'idée du cadavre incinéré et dont les conséquences sur la population sont (pratiquement) les mêmes. 
 
L'une des grandes forces de cet incroyable nanar qui pourtant se révèle navrant au regard des travaux passés de Lucio Fulci demeure dans les dialogues incroyablement abscons. À croire qu'il existe une école formant de futurs auteurs de perles aussi jouissives que celle qui nous est présentée dans ce cas précis. D'un ridicule hors norme, le film vaut son pesant d'or (ou de cacahuètes, c'est selon) en langue française. Outre la pauvreté des dialogues, le doublage est dans le genre, remarquable. Apparemment, tous s'en foutent royalement. En même temps, lorsque l'on nous sert du caviar de Polyodon alors qu'on désire en gouter du vrai, on n'a pas forcément envie d'en vanter les qualités (pas très clair tout ça, hum ?). Les acteurs sont mauvais, mais ça, ça n'est plus vraiment une surprise. Avec une armée constituée de soldats de l'acabit de ceux présents ici, l'Italie a de quoi se faire du mouron en cas d'attaque. Les jeunes sont beaux, pas très futés, extravertis, et gémissent de douleur comme lors d'une séance de “in-out, in-out” (référence volée à l'Orange Mécanique de Stanley Kubrick). L'image est bien dégueu, ce qui ne sous-entend pas forcément que l'on parle ici des effets gore éparpillés durant le film. Des effets bien crades pourtant, et qui relativisent quelque peu la torture que peut revêtir la vision de ce nanar qui sent le rance... A voir comme une bonne blague...

dimanche 19 octobre 2014

Les Nanars du 7ème Art: Les Rats De Manhattan de Bruno Matteï (1983) - ★★★★★★★★☆☆



En 2015 la Terre connut un désastre sans précédent. Des centaines de bombe atomiques ont condamné la population humaine à se retrancher dans les sous-sols. Ainsi vit le jour la Deuxième Humanité. Imposant aux hommes et aux femmes qui survécurent à la catastrophe de vivre sous Terre, certains choisirent de remonter à la surface un siècle plus tard, se désolidarisant ainsi de ceux qui restèrent en bas et devenant ainsi des primitifs.

En l"an 225 après la bombe, un groupe de ces primitifs affamés s'arrête devant un immeuble délabré et s'introduit à l'intérieur. En visitant les lieux, les membres tombent sur un étrange ordinateur qui semble encore fonctionner. Puis, à l'étage le plus bas de l'édifice, ils tombent sur un garde-manger rempli de victuailles et sur une salle où sont préservés des plants de légumes et de fruits, ainsi qu'un purificateur d'eau. Ils découvrent également avec effroi le propriétaire des lieux, mort et allongé sur son lit. Il est méconnaissable et semble avoir été dévoré.

Le groupe, commandé par Kurt va bientôt découvrir ce qu'il s'est réellement passé ici. Les membres sont encore loin d'imaginer l'horreur qui les attend. Et les premiers à faire les frais de la menace qui pèse en ces lieux sont Lilith et Lucifer...

Encore un Bruno Matteï. Le second à voir le jour dans ce cycle consacré aux Nanars du 7ème Art. Il faut dire que le bonhomme, en la matière, est un spécialiste. Les Rats De Manhattan vaut son pesant de cacahuètes. Encore un film ancré dans un univers post-apocalyptique. Mais ici, pas de grands espaces à la Mad Max ou de Prison à l'échelle d'une ville comme dans New-York 1997. Non, le décor qui sert de cadre à cette guerre confrontant l'homme à des rats est exclusivement concentré sur une ruelle et un immeuble dévasté. De quoi économiser une belle somme d'argent en minimisant l'espace et les effets-spéciaux. Vous aimez les rats ? Vous allez en avoir pour votre porte-monnaie. On nous en promet des milliers. On n'en n'aura que quelques dizaines éparpillés sur des étagères, des lustres, des marches d'escalier et au sol.

Au moins aussi intelligents que nos protagonistes, ils sont commandés par un spécimen de couleur blanche. Des rats noirs dirigés par un rat blanc... Mouais, enfin bon, passons !

Une fois de plus, nos amis rongeurs font les frais de l'économie. Plutôt que d'en fabriquer de faux, Bruno Matteï préfère en sacrifier quelques-uns pour le "bien" de son œuvre. Quitte à les brûler devant la caméra. Une approche douteuse mais très souvent pratiquée à l'époque dans ce genre de films en Italie.

Le film démarre sur les chapeaux de roues avec des plans vus d'en haut du grand canyon en Amérique. Des stock-shots ! Puis quelques autres de reptiles. Des stock-shots également ! Profitons du spectacle car ce seront les seules images filmées sous le soleil. Car le reste du film est plongé dans une pénombre permanente. Film d'anticipation et d'horreur, Les Rats De Manhattan est très mal interprété. Et l'on se rassure en se disant que le doublage en français y est forcément pour quelque chose. On se gausse des pseudos (Lilith, Deus, Lucifer, etc...) que Bruno Matteï a sans doute été pécher dans un recueil de nouvelles gothiques. Dommage qu'il n'en n'ai pas profiter pour y puiser un bon scénario car tout y est dramatiquement plat. La faute ) des acteurs mous, mais mous... C'en est effarant, et pourtant, cela peut avoir une explication sur la durée du projet. En le filmant sur la base d'un scénario ridiculement mince et en demandant à ses acteurs de jouer en "slow motion", cela lui permet d'étirer son œuvre jusqu'à un format raisonnable. Mauvais, le film l'est. Pourtant, on ne s'ennuie pas vraiment. On prend même un certain plaisir à suivre leurs péripéties. Quoique, lorsque la mort survient pour l'un(e) d'entre eux (elles), on ressent comme un soulagement. Entendre l'une des rares "femelles" brailler et gesticuler comme un enfant qui n'a pas eu son jouet fini par taper sur le système.

On retiendra tout de même de ces Rats De Manhattan l'amour de Bruno Matteï pour son œuvre et même une tentative pas si vaine que cela de distiller un certain suspens (la scène durant laquelle les survivants tentent de passer au dessus d'un tapis de rats). Anticipation, suspens (faut pas exagérer non plus!)... sexe (j'en vois qui frémissent d'impatience de voir cela), horreur sur fond de huis-clos où gronde une certaine révolte. C'est d'ailleurs l'un des quelques points qui font regretter le peu de motivation du cinéaste qui parfois oublie d'aller au fond des choses en occultant d'approfondir certaines idées très sympathique.

A voir quand même pour se fendre la poire !!!
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