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mercredi 27 novembre 2024

The Hole de Joe Dante (2009) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

On m'avait vendu le produit comme une aventure fantastique mettant en scène trois adolescents explorant un trou sans fond. Une erreur d'aiguillage apparemment puisque l'exploration en question s'articule davantage autour des peurs enfantines... Antépénultième long-métrage réalisé par Joe Dante si l'on ne compte pas Nightmare Cinema qui en 2018 réunissait quatre autres réalisateurs autour de lui (Alejandro Brugés, Mick Garris, David Slade et Ryûhei Kitamura), The Hole devait en théorie renvoyer à l'un de ses meilleurs films réalisé en 1985, Explorers. Mais l'auteur de Piranhas en 1979, de Hurlements en 1981, de Gremlins en 1984 (et de sa suite en 1990) ou de L'aventure intérieure en 1987 a semble-t-il choisi de laisser parler sa fibre nostalgique tout en proposant un programme relativement navrant. On pourra toujours arguer qu'il y a pire et que Joe Dante parvient à esquiver le naufrage absolu mais pour les plus anciens, cette dégringolade visuellement et scénaristiquement pauvre a de quoi rendre tristes tous ceux qui suivirent sa carrière de la fin des années soixante-dix jusqu'au milieu des années quatre-vingt dix. Le script de Mark L. Smith auquel a paraît-il participé le réalisateur mexicain Guillemo Del Toro bien que celui-ci ne soit pas crédité au générique est en effet d'un académisme qui confine à la flemmardise. Évoquons tout d'abord le contexte familial dans lequel sont plongés les Thompson. Susan (l'actrice Teri Polo) est la mère de Dane (Chris Massoglia) et de Lucas (Nathan Gamble). La petite famille a quitté Brooklyn pour venir s'installer dans le petit village de Bensenville (si comme moi vous avez tout d'abord compris ''baise-en-ville'', c'est que vous avez sans doute l'esprit perturbé). Un petit patelin situé entre les comtés de Cook et de DuPage dans l'État de l'Illinois. Mère divorcée dont l'ancien mari est en prison, la jeune femme n'a que peu de temps à accorder à ses deux fils dont le plus âgé a la responsabilité du plus jeune. Installé à côté de la demeure habitée par la charmante Julie Campbell (Haley Bennett), Dane tombe immédiatement sous le charme de l'adolescente qui très rapidement va se rapprocher des deux garçons... Jusque là, rien d’extraordinaire.


Le genre de scénario qui de nos jours ne ferait même pas le poids face à un script conçu à l'aide d'une intelligence artificielle. Le spectateur navigue donc en terrain ultra balisé et a donc de très fortes chances de rapidement bayer aux corneilles devant cette première partie pathétiquement convenue ! Vient ensuite ce trou qui donne son nom au film. Une trappe installée dans la cave des Thompson et scrupuleusement close à l'aide de nombreux cadenas semble inviter les visiteurs à ne surtout pas s'en approcher. Et encore moins tenter de voir ce qui se cache en dessous. La toute première investigation de ce curieux puits est plutôt sympathique même si d'exploration il n'est pas vraiment question ici. Tout au plus les deux garçons s'amusent à y faire descendre une lampe, puis une caméra, avant d'y jeter divers objets sans qu'aucun ne fasse le moindre bruit en s'écrasant. Ce qui aurait tendance à démontrer que le trou est sans fin. Mais ce que ne savent pas encore Dane et Lucas ainsi que leur nouvelle amie Julie, c'est qu'en ouvrant la trappe ils semblent avoir permis à leurs peurs les plus profondes de s'en échapper. C'est alors que tout s'effondre. Visiblement très attaché à ce que tous les types de publics soient à même de s'intéresser à son film mais doté d'un petit budget de douze millions de dollars, Joe Dante signe une œuvre sinon datée, du moins artistiquement laide. Nous sommes en 2009 et pourtant, le film affiche un retard de vingt bonnes années en matière d'effets-spéciaux. Une défaillance visuelle qui nuit grandement au récit, trimballant un scénario charriant des idées totalement éculées comme la peur des clowns, celle du paternel ou celle liée à une tragédie du passé dont Julie ne s'est notamment pas encore remise. L'espoir d'une grande aventure familiale situant son action au cœur même d'un trou sans fond est rapidement remisé au placard puisque nos trois jeunes héros n'auront de cesse que de faire des allers-retours au dessus du gouffre, la majorité des séquences ''horrifiques'' se déroulant chez les Thompson, chez leur voisine ou au collège. On ne s'étonnera donc pas qu'en France, en outre, le film soit directement sorti en vidéo tant la promesse d'un revival est manquée. Au mieux, les enfants apprécieront. Au pire, les fans du Joe Dante d'antan auront bien du mal à reconnaître celui qui à une époque très lointaine fut l'un de leurs cinéastes préférés...

 

dimanche 23 mai 2021

Swallow de Carlo Mirabella-Davis (2019) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur et cinéaste, l'américain Carlo Mirabella-Davis jusqu'ici auteur d'une poignée de courts signe une œuvre puissante sur les conséquences d'un passé traumatique et obsessionnel qui se révèlent à l'héroïne merveilleusement interprétée par l'actrice Haley Bennett le jour où elle apprend qu'elle est enceinte. Swallow qui dans notre langue se traduit par le terme avaler décrit la révélation d'un traumatisme enfoui dans l'esprit d'une femme mariée à un homme d'affaire depuis sa plus tendre enfance. Fruit d'un viol, Hunter Conrad cherche à trouver sa place au sein d'un couple et d'une belle-famille dont elle ne semble être qu'une part négligeable. Alors que son époux Richie est populaire, entouré de nombreux amis et directeur d'une grande entreprise familiale transmise par son père Michael (David Rasche), Hunter tourne en rond dans leur luxueuse demeure, joue sur son téléphone portable et se sent, au fond, inutile. Apparemment heureuse de vivre ainsi, la jeune femme va cependant développer un étrange trouble du comportement alimentaire connu sous le nom de maladie de Pica. En effet, Hunter avale de petits objets qu'une échographie va bientôt révéler. Mais ce que va aussi mettre à jour ce mal se situera dans le comportement de son entourage. Celui de ses beau-parents mais aussi et surtout de l'homme qu'elle aime. Hunter plonge alors peu à peu dans ce qui s'apparente à la folie, mettant en jeu sa propre existence et celle de son futur enfant...


Avec un tel synopsis, Carlo Mirabella-Davis avait le choix entre deux options : soit tourner un film d'horreur psychologique, soit un drame. Et pour notre plus grand bonheur, le réalisateur a choisi la seconde option et évite donc à Swallow de tomber dans les travers habituels qu'impose en général ce genre de production. Porté par une Haley Bennett absolument bouleversante et magnifique, le long-métrage est d'une sobriété aussi dépouillée dans la description du mal qui ronge l'héroïne que peuvent être glaçants certains aspects de second ordre. À commencer par Austin Stowell, l'époux en question, qui interprète un Richie souvent absent, pris par ses responsabilités professionnelles, ainsi que par David Rasche et Elizabeth Marvel qui interprètent respectivement Michael et Katherine Conrad, les parents du jeune homme. Dès le départ, Carlo Mirabella-Davis instaure un climat relativement dérangeant lorsqu'il oppose Hunter à ceux qui sont censés prendre soin d'elle. À commencer par une séquence située dans un restaurant, début d'une longue dérive psychologique pour Hunter qui ne cessera alors de se comporter de manière étrange et parfois même, assez choquante. Si la consommation de petits objets est traité de manière plutôt délicate, ce qui n'est qu'un drame aurait très bien pu rapidement verser dans le thriller...


Mais cet aspect lointain qu'aurait pu revêtir Swallow n'intéressant apparemment pas Carlo Mirabella-Davis, le réalisateur s'attarde avant tout sur le personnage de Hunter, sur sa relation avec les autres, ses sentiments, ses doutes et sur une rencontre future qui devrait potentiellement la libérer du poids immense qu'elle porte sur la conscience. C'est aussi la raison pour laquelle l'entourage de l'héroïne fait souvent figure de matière négligeable, aussi peu soient caractérisés les uns et les autres. Tout ce qui importe à Carlo Mirabella-Davis semble tenir en six lettres : H.u.n.t.e.r. Cette jeune femme à laquelle il accorde toute son attention, fragile, d'abord. Puis déterminée par la suite. Swallow pourrait presque faire figure d'anachronisme à une époque où le comportement de certains seconds rôles dénote totalement avec les valeurs actuelles. Si Carlo Mirabella-Davis aurait pu, au choix, définir le traumatisme de son héroïne à travers l'un des nombreux autres troubles psychologiques qui existent, la maladie de Pica (nom latin donné à la pie, oiseau connu pour avoir ce genre de comportement) et le titre même du long-métrage renvoient comme un signe cruel aux tous derniers instants d'une œuvre bouleversante, réalisée de manière pudique, accompagnée par la superbe partition du compositeur Nathan Halpern et interprétée avec force une très grande forcé par son interprète féminine principale... Remarquable...

 

dimanche 28 juin 2015

Kristy de Olly Blackburn (2014)



Alors qu'elle devait passer Thankgiving avec l'une de ses camarades, Justine se retrouve seule à passer les fêtes au campus avec pour seul compagnon le gardien Wayne. Mais alors qu'elle sort s'acheter de la glace dans une station-service, elle est accostée par une étrange jeune femme. Plus tard, une voiture lui barre la route mai Justine parvient à prendre la fuite et à retourner au campus. Là elle raconte à Wayne sa mésaventure avant de retourner dans sa chambre. La nuit devient de plus en plus opaque et dehors, il pleut. Contre toute attente, la fille bizarre qu'elle a croisé plus tôt dans la soirée débarque accompagnée de trois hommes masqués et encapuchonnés. Justine va dès lors être la proie de ce groupe d'adolescents venus jusqu'ici pour tuer celle qu'il nomment désormais Kristy...

"Kristy : prénom féminin d'origine latine. Kristy signifie « disciple du Christ ». Vous tuez Kristy, vous tuez Dieu..."

Pour que le (jeune) public comprenne bien les tenants et les aboutissants de ce film signé Olly Blackburn, le cinéaste nous impose une intro foireuse lors de laquelle on assiste aux méfaits de quatre personnages diaboliques. En voix-off, on en apprend un peu plus sur leurs actes, lesquels remontent visiblement à un certain temps. Ça sent le bousin ! Durant un bon quart d'heure on nous inflige le quotidien d'une adolescente qui paraît incertaine quand aux sentiments qu'elle éprouve pour son petit ami. Lequel va disparaître bientôt pour rejoindre sa famille. Justine est plutôt sportive, on l'aura compris. Elle aime plonger dans l'immense bassin de la piscine du campus, s'entraîner à un ersatz de base-ball dans les couloir vides de l'établissement, tout ça sur fond de musique pré-pubère du plus mauvais goût. Il fait chaud, le soleil brille, bref, tout va bien. Sauf pour nous qui devons nous coltiner ce passage navrant qui n'augure rien de positif pour la suite.

"Beaux cheveux, belle bagnole"

Il n'en faut pas plus pour que de jeunes adultes en mal d'identité penchent pour le meurtre en série avec comme toile de fond l'élimination pure et simple de tout ce qu'ils exècrent. Oui, Justine est jolie. Et oui, la voiture que lui prête sa camarade est belle. Forcément, la jeune femme fait des envieux. Le film, dès lors, change de ton. Terminée la douce caresse du soleil. Maintenant il fait nuit, et un épais brouillard annonce les pluies à venir. Le cadre change totalement et ce qui ressemblait jusqu'à maintenant à un sous-produit issu d'une source d'inspiration proche de la série Berverly Hills ou autre joyeuseté du même genre va nous faire radicalement changer d'opinion. D'où sortent donc ces être qui ressemblent à peu de chose près à des vampires avides de sang, ça, on ne le saura pas. Ce qui est par contre appréciable ici et que d'autres cinéastes ont tendance à oublier, c'est la crédibilité des actions entreprises par l 'héroïne et qui, à chaque fois, lui permet d'échapper à ses poursuivants. Oui, bon, on pourra émettre un jugement négatif lors du saut du toit du campus, mai pour le reste, avouons tout de même que le scénario tient bien la route.

"Aucune loi ni aucun Dieu ne pourront les protéger"

A moins que la vivacité d'esprit de Justine l'aide à mettre un terme au cauchemar qui entoure sa nuit. Si seulement il n'y avait pas eu ce premier quart-d'heure totalement aux antipodes de la suite, le film aurait presque mérité cinq étoiles dans le registre du thriller d'épouvante. Et pourtant... oui, pourtant, ces quinze premières minutes donnent tout leur sens aux événements qui vont leur succéder. Pourquoi nous montrer Justine s'entraîner au base-ball, pourquoi assistons-nous à son plongeons dans la piscine. Pourquoi nous la montrer hésitante lorsqu'il s'agit d'exprimer ses sentiments devant un petit ami fou amoureux ? Les réponses seront éludées durant la dernière demi-heure. Kristy est, dans le genre, une belle réussite qui maintient un suspens haletant de bout en bout. Et même si quelques détails en feront tiquer certains, l’œuvre de Olly Blackburn, que l'actrice Halley Bennett porte entièrement sur ses épaules vaut assurément le coup d’œil...

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