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mardi 20 août 2024

Men Behind the Sun 3 : A Narrow Escape de Godfrey Ho (1992) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Généralement rejeté par la plupart de celles et ceux qui ont pu le découvrir jusqu'à maintenant, le troisième volet de la tétralogie Men Behind the Sun ne mérite cependant pas le rejet quasi systématique dont il fait l'objet. Si l'on se positionne en strict observateur d'un phénomène gore qui prit de l'ampleur à travers des visions horrifiques supposées retranscrire une réalité historique, cette séquelle peut effectivement s'envisager comme une déception. Car après un premier volet intitulé chez nous Camp 731 décrivant les expériences menées par l'armée impériale japonaise dont l'unité 731 prétendument réservée à la prévention des épidémies pratiquait en réalité des expériences bactériologiques sur des cobayes d'origine russe, chinoise ou encore coréenne, Men Behind the Sun 3 : A Narrow Escape échappe au format horreur pour s'inscrire davantage dans le film de guerre. Une approche que ne lui pardonnera pas la plupart des ''fans'' d'un premier volet particulièrement abject, choquant et morbide, réalisé en 1988 par Tun Fei Mou, lequel fut remplacé dès le second volet par le hongkongais ultra prolifique Godfrey Ho qui réalisa alors le très mauvais Men Behind the Sun 2 : Laboratory of the Devil en 1992 (lequel reprenait pas mal de séquences du premier) avant d'y replonger deux ans plus tard avec ce troisième long-métrage dans lequel les événements prennent une tournure radicalement différente. Alors que les deux premiers volets de la franchise de déroulaient à Harbin, en Mandchourie, dans la ''fameuse'' Unité 731, nous sommes désormais en 1945 et les alliés déclarent dans celui-ci la guerre au Japon. Alors que les américains prennent possession de l’île d'Okinawa, l'armée russe s'apprête à franchir la frontière mandchourienne. L'unité 731 est donc dissoute, ses prisonniers exécutés et les bâtiments détruits à l'aide d'explosifs et par le feu... Le lieutenant général Saiholi qui dirigeait le camp est désormais chargé de transporter l'unité jusqu'à la capitale avant que les russes ne viennent l'occuper. C'est donc à bord d'un train de marchandises que les soldats et les scientifiques de l'armée japonaise vont être transportés jusqu'à leur destination...


Principalement incarné par de jeunes interprètes, Men Behind the Sun 3 : A Narrow Escape débute par quelques explications en voix-off et l'étalage d'images particulièrement dégueulasses provenant des deux premiers volets. Autopsie sur le corps d'un enfant, bras gelés puis plongés dans l'eau bouillante d'une jeune femme, crémation des cadavres, en l'espace d'une poignée de minutes, Godfrey Ho nous rappelle aux bons (ou mauvais) souvenirs de Camp 731 et de sa très dispensable suite. Après ces quelques passages gore forcément moins marquants qu'à l'époque puisque isolés du contexte général lentement mais sûrement diffusé à l'époque par le long-métrage de Tun Fei Mou, Men Behind the Sun 3 : A Narrow Escape lance ses ''héros'', lesquels, rappelons-nous qu'ils furent malgré tout les outils d'expériences particulièrement ignobles, dans une aventure ferroviaire de quatre-vingt dix minutes environ. Et durant laquelle, l'on assiste à la volonté ferme et inéluctable de ces hommes et de ces femmes de maintenir leur position bien que l'empereur Hirohito ait décidé de capituler ! Principalement incarné par Robert Mak Tak-Law dans le rôle de Ilo Shinshima, Jimmy Au Shui-Wai dans celui de Kasai Yamada, Debbie Cheung Jing dans la peau de Saeko Matsushita, Zhang Guowen dans celle de Shobu Akiyama ou par l'une des rares femmes du récit, le Docteur Tama Matsushima, laquelle est incarnée par Han Yueqiao, Men Behind the Sun 3 : A Narrow Escape mérite mieux que la condamnation dont il fut l'objet, sans doute principalement pour cause de manquement aux règles du cinéma d'horreur qui veut qu'un film contienne un certain nombre de litres d'hémoglobine. Mais si le film de Godfrey Ho devient par la suite particulièrement pingre dans ce domaine, le film n'est cependant pas l'engeance que certains voudraient nous faire croire et ce, malgré un montage proprement défaillant. Certes, il privilégie d'abord les dialogues et ensuite, l'action. Mais si l'on compare ce troisième opus avec le second, une authentique arnaque reposant majoritairement sur la récupération d'un certain nombre de plans issus de Camp 731, Men Behind the Sun 3 : A Narrow Escape vaut bien mieux que l'acharnement dont il est la victime...

 

mercredi 20 septembre 2023

Hitman, the Cobra de Godfrey Ho (1987)

 


 

Il y a dans le merveilleux monde des nanars, des longs-métrages dont la légende repose davantage sur quelques répliques que pour leurs récits dans leur ensemble. Si Hitman, the Cobra est si populaire auprès des amateurs du genre, c'est sans doute pour les quelques phrases prononcées vers la toute fin de ce récit se déroulant aux Philippines, dans un petit village de paysans subissant l'oppression de la part de l'envahisseur japonais. D'origine hongkongaise, le réalisateur Godfrey Ho (Men Behind the Sun 2 : Laboratory of the Devil) signait l'un de ses cent-cinquante sept longs-métrages tournés en vingt-sept ans de carrière ! Autant dire qu'avec un tel rythme, pas étonnant de trouver parmi une telle filmographie, de quoi passer une soirée au chaud, bien tranquillement calé dans son fauteuil ou son canapé, seul ou accompagné de quelques potes avinés ! Hitman, the Cobra fait partie de ces incunable du cinéma Z dont la propension à faire rire et proportionnelle au sérieux affiché par son auteur. Film de guerre bourré de gunfights, Godfrey Ho semble vouloir indiquer sa volonté d'égaler le Rambo de Ted Kotcheff et consorts mais avec des attributs de nanar qui laissent franchement parfois pantois d'admiration. Dès le départ l'on sait que l'on franchit les portes d'un authentique spécimen du genre. Le réalisateur philippin filme une course-poursuite dont les plans sont remontés à trois reprises, donnant ainsi à cette ridicule séquence une bien curieuse allure. Ensuite, le récit est un condensé de maladresses au niveau du montage. C'est à croire que Homer Kwong, l'artiste chargé de monter les différentes scènes de combats était à proprement parler en train d'étudier l'art du montage au moment même de joindre les bouts de séquences les uns après les autres. Résultat final, Hitman, the Cobra n'est qu'une succession de plans sans queue ni tête qui donnent mal au crâne à trop vouloir comprendre le déroulé du récit. Si l'on a bien compris le concept consistant à vouloir délivrer tout un village de paysans philippins de l'oppresseur nippon, le film est un tel bordel que l'on assiste impuissant à son déroulement sans finalement plus trop chercher à rien y comprendre. On baisse donc les bras en résistant péniblement à l'envie de mettre un terme à cette aventure bricolée avec trois fois rien.


''Philip, je sais où tu te caches... Viens ici que j'te bute enculé...''


Car oui, les décors sont atrocement vides. On s'étonne même d'apprendre que la photographie fut dirigée par un être fait de chair et de sang nommé Raymond Chang tant le visuel est une torture pour le fragile regard du téléspectateur. C'est laid, mais laid... Le casting de Robin Poon réunit des figurants qui font là où leur demande de faire, point barre. Au milieu de cette tribu de paysans vêtus comme des partisans français de la seconde guerre mondiale exploités par des individus peu scrupuleux, quelques figures s'imposent évidemment. Comme l'acteur Richard Harrison qui après avoir fait une carrière en Italie s'installa aux Philippines dans le milieu des années soixante-dix. Il incarne le fameux Philip (ça c'est du prénom ultra-charismatique pour un film de guerre), objet d'un culte prenant des proportions inimaginables grâce à quelques-une des répliques les plus mythiques du genre Nanar. Il est d'ailleurs nécessaire d'indiquer l'importance du doublage français qui une fois de plus dans le genre, fait des merveilles. Des ''connards'' par dizaines, des voix viriles qui sentent bon le quotient intellectuel ne dépassant par les 30 ou 40, Hitman, the Cobra est fait pour ceux qui en ont plus dans le pantalon que dans la caboche. Maintenant, évoquons la bande-son du long-métrage. Entre les nombreuses fusillades qui constituent environ quatre-vingt dix pourcents du récit, le producteur Stephen Tsang introduit des passages musicaux qui allient des airs constitués de deux ou trois notes seulement à des compositions pillées chez d'illustres artistes. C'est ainsi que l'on reconnaîtra notamment le Mama de Genesis ou le Phaedra de Tangerine Dream. La plus grande difficulté pour une œuvre de ce genre arrive lorsqu'il s'agit de la noter. Faut-il la doter d'un bon gros zéro, note que l'on accorde généralement aux plus gros ratés du septième art ou au contraire lui offrir un 10/10 pour les immenses qualités de production nanardesque dont il dispose ? Si l'on veut être tout à fait objectif, et ce, que l'on soit fan ou pas de ce genre de productions, en dehors de ses quelques fameuses répliques finales et quelques autres passages bien croustillants, Hitman, the Cobra s'avère tout de même très ennuyeux. Les combats sont confus et beaucoup trop nombreux. Reste le ''subtil'' doublage en français, un détail qui fait toute la différence...

 

lundi 15 mars 2021

Men Behind The Sun 2 : Laboratory of the Devil de Godfrey Ho (1992) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Inspiré par les horreurs qui se produisirent dans l'enceinte de l'unité militaire de recherches bactériologiques connue sous le nom d'Unité 731, Men Behind the Sun du réalisateur japonais Tun Fei Mou revenait entre autres abominations sur les recherches effectuées par des chercheurs d'origine japonaise sur différentes maladies telles la peste bubonique, le choléra ou le typhus. Des recherches qui devaient mener à l'élaboration d'armes bactériologiques. Sorti sur le territoire français en 1995 sous le titre de Camp 731 dans la collection Haxans Films parmi d'autres ''horreur'' du même calibre (Nekromantik 1 & 2 de Jörg Buttgereit, Combat Shock de Buddy Giovinazzo ou encore les compilations trash et underground de Richard Kern Hardcore 1 & 2), Men Behind the Sun s'employait à décrire de la manière la plus graphique possible les pires monstruosités qui furent infligées aux prisonniers chinois, coréens ou russes. Particulièrement gerbantes, les scènes d'horreur y mêlaient expériences bactériologiques et chimiques, traitement par le froid et le chaud, autopsie d'un jeu garçon ou chat jeté en pâture à des centaines de rats affamés. Sorti en 1988, le film de Tun Fei Mou connaîtra plusieurs suites dont Men Behind The Sun 2 : Laboratory of the Devil quatre ans plus tard. Réalisée cette fois-ci par Godfrey Ho et sortie dans son pays d'origine sous le titre Hei tai yang 731 xu ji zhi sha ren Gong Chang, cette séquelle reprend à peu de choses près les mêmes éléments que le premier volet...


Ici, tout démarre quelques années après la défaite des japonais suite aux expériences menées sur leurs prisonniers sur le territoire de la Mandchourie où se situait l'action, une région alors aux mains de l'Empire du Japon. Les prisonniers finirent en effet par se révolter contre leurs geôliers et tortionnaires. Désormais, les quelques hauts dirigeants du camp étant encore en vie rêvent de rouvrir l'unité 731. Mais alors que l'on pourrait s'attendre à ce que le sujet central de Men Behind The Sun 2 : Laboratory of the Devil soit justement centré autour de la dite réouverture du camp, le film propose un retour en arrière, à l'époque même des événements décrits dans le précédent épisode. Il faut savoir que le film n'est jamais sorti sur notre territoire et n'a donc jamais été doublé ni sous-titré. Avec un peu d'habileté, il est cependant possible de trouver une version du film sous-titrée par des fans. Mais c'est d'une version qui plutôt que de nous proposer la version japonaise, semble avoir connu un détour par les États-Unis. En effet, si les sous-titres sont à peu près convenables, les voix demeurent en revanche pénibles à entendre, les acteurs étant ainsi doublés en anglais. Ce qui en comparaison de la bande-son (mon dieu cette trompette synthétique!) reste encore supportable, cette dernière étant tout bonnement indigeste...


Contrairement à ce que l'on peut lire ça et là, le film ne reprend aucune des scènes du précédent volet. Du moins Godfrey Ho le fait-il mais en retournant des séquences similaires. Ainsi donc l'on peut assister à quelques passages qui pour les estomacs délicats s'avéreront peut-être relativement choquant. Pour celles et ceux qui connaissent Men Behind the Sun premier du nom, les horreurs de cette séquelle ne seront qu'une formalité. La scène de l'autopsie est plus longue et donc plus voyeuriste que jamais. Par contre, l'expérience sur le froid et le chaud est bien moins insupportable que dans le premier film. Godfrey Ho nous épargne la séquence du chat, séquence absolument dégueulasse, mais revient logiquement sur les expériences menées sur la peste bubonique. Si graphiquement Men Behind The Sun 2 : Laboratory of the Devil n'a pas grand chose à envier au long-métrage de Tun Fei Mou, Godfrey Ho ne s'est cependant pas trop foulé question scénario. Alors que pour Men Behind the Sun trois scénariste s'étaient mis à l’œuvre (Mei Liu, Wen Yuan Mou, Dun Jing Teng), pour cette séquelle, Sai-Yin Fong s'est retrouvé seul pour créer une histoire d'amour entre un médecin et sa fiancée dont la présence est en total décalage avec le propos central du film. Une idylle servant de prétexte à toute une série de massacres auxquels, malheureusement, nos deux amoureux n'échapperont pas. Si Men Behind The Sun 2 : Laboratory of the Devil n'est pas catastrophique, en comparaison du premier, il fait cependant pâle figure. Trop proche de Men Behind the Sun dans son déroulement (surtout au niveau des sévices infligés aux prisonniers), cette séquelle n'apporte malheureusement rien de vraiment nouveau...

 

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