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dimanche 3 août 2025

Blaxploitation : Les Nuits rouges de Harlem de Gordon Parks (1971) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avec Shaft - Les Nuits rouges de Harlem de Gordon Parks l'on tient l'un des monuments de la Blaxploitation. À l'époque où sort le premier volet de la franchise Shaft, la Metro-Goldwin-Mayer connaît d'importantes difficultés financières. Le choix de produire le film de Gordon Parks est alors une aubaine puisqu'il réalisera l'un des meilleurs scores de cette année 1971. Et pour cause : alors que le genre est en plein balbutiement et en plein essor, tous les éléments sont réunis pour faire de ces Nuits rouges de Harlem l'un des futurs grands classiques de la Blaxploitation. Son héros, celui qui donne son nom au titre, détonne avec une grande partie des protagonistes qui dans cette catégorie de longs-métrages mettent en avant des actrices mais surtout des acteurs afro-américains peu en accord avec la vision que l'on peut avoir du Héros avec un grand H. Exit les proxénètes, les trafiquants de drogue ou plus simplement les criminels de droits communs. John Shaft est professionnellement loin des préoccupations qui touchent ceux qui gangrènent la ville de New York et plus précisément le quartier de Harlem. Site idéal de la plupart des films de Blaxploitation et situé au nord de l'arrondissement de Manhattan, Harlem est donc une fois encore le théâtre d'intérêts qui cette fois-ci font intervenir la mafia italienne. Shaft - Les Nuits rouges de Harlem est donc partagé entre des interprètes d'origine afro-américaine et des acteurs que l'on pourrait davantage supposer qu'ils sont issus de la communauté italo-américaine (ce qui reste bien entendu à vérifier). En ce sens, des acteurs tels que Victor Arnold ou Dominic Barto et sa légendaire cicatrice à la joue gauche personnifient à merveille les membres de cette organisation ambitieuse qui désire prendre le pouvoir sur le quartier de Harlem. Et la méthode qu'ont choisi les membres de la Mafia italienne n'est autre que de kidnapper la fille du Parrain de la drogue, Bumpy Jonas. L'une des révélations du long-métrage est la présence à l'écran de l'acteur afro-américain Moses Gunn, un très grand acteur de théâtre qui ne s'est pas contenté de jouer sur scène puisqu'on a pu le voir à plusieurs reprises sur grand écran mais aussi et surtout à la télévision dans la série culte La petite maison dans la prairie, dans le rôle de l'ancien boxeur Joe Kagan. Un personnage d'abord prévu pour n'apparaître que dans un seul épisode (Le boxeur, le dixième de la quatrième saison) avant qu'il ne devienne plus ou moins récurrent lors de certaines saisons postérieures...


Il incarne ici un criminel notoire dont on a donc enlevé la fille (l'actrice Sherri Brewer dans le rôle de Marcy Jonas) afin de le faire plier et accepter de ''remettre les clés'' de Harlem à la Mafia italienne. Notons également la présence de Christopher St. John dans le rôle de Ben Buford, chef d'un gang qui sera mis en relation avec John Shaft afin de l'aider à faire libérer la fille de Bumpy ! Notons ensuite celle de l'acteur Charles Cioffi que l'on a notamment pu voir dans des séries télévisées telles que X-Files : aux frontières du réel, Hawaï police d'État ou Kojak et au cinéma dans Lucky Luciano de Francesco Rosi dans lequel il interpréta l'authentique rôle du mafieux d'origine italo-américaine, Vito Genovese... Ici, l'acteur interprète le rôle du fort sympathique lieutenant Vic Androzzi. Mais Shaft - Les Nuits rouges de Harlem est bien évidemment et avant tout personnifié par l'acteur Richard Roundtree et sa belle gueule. Il incarne un John Shaft qui d'origine est très peu porté sur la violence et se montre même généreux avec ceux de sa communauté qui sont dans le besoin (comme le démontre le début du film lorsqu'il file un billet à un gamin de la rue transit de froid et affamé). Alors qu'il a une compagne, l'on découvre que ce séducteur (parfois involontaire) n'est pas très fidèle en amour et se montre même parfois très macho envers les femmes. Avec ce premier opus d'une franchise qui comportera tout d'abord trois volets puis deux autres réalisés longtemps après naît une légende de la Blaxploitation. Une œuvre beaucoup plus ''subtile'' que la moyenne, inspirée des ouvrages d'Ernest Tidyman, lequel collabora à l'écriture du scénario en compagnie de John D. F. Black. Le film est en outre enrobé d'une excellente partition musicale composée par J.J. Johnson mais aussi et surtout par l'immense producteur, chanteur et compositeur afro-américain Isaac Hayes... Moins violent que la moyenne mais beaucoup plus réfléchi dans sa mise en scène et son interprétation, Shaft - Les Nuits rouges de Harlem est un authentique classique de la Blaxploitation auquel Gordon Parks offrira une première suite dès l'année suivante sous le titre Les Nouveaux Exploits de Shaft (Shaft's Big Score!)...

 

jeudi 3 août 2017

L'imprécateur de Jean-Louis Bertuccelli - ★★★★★★☆☆☆☆



A la suite du décès d'Arangrude, cadre chez Rosserys & Mitchell, tous les employés de l'entreprise siégeant à la tour Montparnasse reçoivent des rouleaux contenant des messages qui inquiètent chaque membre de la multinationale franco-américaine, du plus petit d'entre eux jusqu'au plus haut cadre. Au sommet de la hiérarchie, Saint-Ramé. L'homme envers lequel le directeur à le plus confiance est le directeur des relations humaines. Alors qu'un message audio a été diffusé par celui que tout le monde appelle désormais l'Imprécateur dans les locaux de Rosserys & Mitchell, c'est à ce dernier qu'est confié la lourde tâche d'enregistrer la voix de chaque employé afin de découvrir qui parmi eux est le trouble-fête.
Mais alors même que la situation s'aggrave, et que les soupçons se portent selon les américains sur l'homme de confiance de Saint-Ramé, l'immeuble est semble lui-même en proie à des défaillances techniques et des incidents au niveau des fondations de l'édifice. En effet, construit au dessus d'un vaste réseau de galeries souterraines, l'Imprécateur a usé de malveillances et a mis en danger la structure même de la tour. C'est ainsi qu'une équipe est formée autour de Saint-Ramé, du directeur des relations humaines, des américains et d'un proche collaborateur, Roustev, afin de découvrir le repaire de celui qui semble s'être frayé un chemin entre les locaux de Rosserys & Mitchell et le cimetière qui jouxte la tour...

Adapté du roman éponyme de l'écrivain français René-Victor Pilhes, L'Imprécateur est un film étrange. Presque un songe, un entrelacs de vision froides, rudes, et désenchantées d'une entreprise dont les fondations vont faillir à cause de la seule présence d'un homme dont on ne connaîtra l'identité qu'à la toute fin du long-métrage signé par le réalisateur et scénariste français Jean-Louis Bertuccelli, lequel a été assisté par le metteur en scène, scénariste et réalisateur Jean-Claude Sussfeld. Des fondations à prendre dans les différentes définitions du terme puisqu'au delà même des structures bétonnées qui maintiennent debout cet immense édifice comptant des milliers d'employés, c'est toute la mesure d'une entreprise rompue qui est mise à mal au travers de campagnes de dénigrement considérées injustes, le directeur espérant pouvoir compter sur l'appui de ses collaborateurs pour inverser la vapeur.

L'Imprécateur, c'est aussi et surtout des interprètes de premier choix : Michel Piccoli, Jean Yanne, Jean-Pierre Marielle, Jean-Claude Brialy, Michael Lonsdale, ou encore Marlène Jobert, l'une des rares représentantes féminine du métrage. Eux mais aussi quelques interprètes internationaux tels l'acteur américain Charles Cioffi et l'allemand Anton Diffring. Plus encore que la femme, s'il persiste une catégorie remisée au placard et pourtant représentée dans la réalité par le plus grand nombre : les petits salariés. Car oui, l'intrigue repose uniquement sur ses cadres les plus importants. Ce sont même ces derniers qui iront jusqu'à patauger dans la merde lors d'une scène située dans les égouts assez curieuse. Un ballet chaotique, une danse à la lumière des torches filmée en contre-plongée assez confuse mais laissant curieusement une drôle d'impression.
Nous sommes à la lisière d'une œuvre fantastique cauchemardesque se concrétisant à travers des dialogues et une interprétation qui ne cherchent jamais vraiment à divertir les spectateurs, la musique composée par  Richard Rodney Bennett participant vivement à l'ambiance générale du film. Une austérité que se ressent de la première à la dernière minute. Réalisé en 1977, L'Imprécateur demeure à ce jour une curiosité. À découvrir...

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