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dimanche 3 mai 2026

Las Trompetas del Apocalipsis de Julio Buchs (1969) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Tout commence avec le retour à Londres du marin de profession, Richard Milford. Lorsque celui-ci arrive chez sa sœur, c'est pour apprendre qu'elle s'est apparemment suicidée. Malgré des témoignages qui vont à l'encontre des certitudes de la police qui a depuis bouclé l'affaire, la mort par suicide a donc été officialisée. Pourtant, lorsque Richard apprend que le professeur de musique de sa sœur s'est lui aussi suicidé, le marin décide de se lancer dans sa propre enquête. Sur les conseils d'une connaissance de sa sœur, l'homme commence par se rendre dans une discothèque où à ses habitudes un certain Boris Molders dit ''Le roumain'' ! Puis c'est au tour du neveu du professeur de musique de recevoir la visite de Richard Milford..... Le héros évolue dans un monde de hippies très caricaturaux, ressemblant à des gourous, des messies ou des hommes des cavernes, défoncés à la marijuana, portant des peaux de bêtes tandis que leurs pendants féminins adoptent parfois des tenues typiques du peuple amérindien. Bref, c'est la cour des miracles car quoi qu'on en dise, quoi qu'on en pense, l'image édulcorée de l'homme ou de la femme prônant les vertus du ''Peace and Love'' s'efface ici au profit d'une violence exacerbée que l'on prêtera pourtant historiquement et généralement aux '' Blousons Noirs'' !  Musique psychédélique et funky sont au programme d'un giallo d'un genre assez particulier où le défilé d'un certain nombre d'adonis laisse entendre que le réalisateur sait s'entourer d'interprètes charismatiques... Comme cela arrive parfois dans ce genre de production, la police n'en branle pas une et semble vouloir demeurer sur ses positions : celle selon laquelle la sœur de Richard Milford s'est suicidée. Et quand bien même le professeur de musique de la jeune femme aurait perdu la vie dans des conditions étrangement similaires, pour les flics cela ne fait pas un pli: Suicide ! Suicide ! Suicide ! Notre marin de profession se voit donc ainsi contraint d'enquêter personnellement sur le décès de sa sœur. Si les spectatrice tomberont probablement sous le charme de Brett Halsey ou de Manuel del Blas, les spectateurs, eux, seront évidemment séduits par les actrices Marilù Tolo et Romina Power. En outre, le titre original du long-métrage du réalisateur et scénariste madrilène Julio Buchs Las Trompetas del Apocalipsis semble durant un temps vouloir se référer indirectement aux sept trompettes du Livre de l'apocalypse sonnant chacune à leur tour l'avènement d'événements apocalyptiques !


Mais en réalité, malheureusement, rien d'aussi mystico-religieux même si l'on reste éventuellement dans une même veine à travers ce récit finalement moins farfelu qu'il n'en a l'air. Car si trompettes du Livre de l'apocalypse n' ont finalement aucun rapport, c'est bien d'un écrit vieux de plusieurs millénaires dont il s'agit ici. Un texte très ancien provenant de la Mésopotamie et dont la pleine comprehension ordonné visiblement l'usage d'une drogue bien spécifique... causant de graves hallucinations qui pousserait donc ses usagers au suicide ! En dehors du cadre strict du récit, de l'interprétation et de la mise en scène qui sont souvent tout juste passables, quelques anecdotes plus ou moins croustillantes tournent autour des différents titres qu'ont donné au long-métrage de Julio Buchs les différents distributeurs à travers le monde. Du fait qu'il s'agisse d'une production italo-espagnole, le film ne porte pas le même selon qu'il s'agisse de sa distribution dans l'un et l'autre de ces pays. Si en Espagne celui-ci est donc connu sous l'appellation Las Trompetas del Apocalipsis et aux États-Unis sous celle de Murder by Music, chez nous il fut très sobrement traduit sous le titre de Mortelle symphonie. Mais aussi sous celui de Perversion Story. Et pour celles et ceux qui connaissent bien le cinéma du réalisateur italien Lucio Fulci, cette traduction peut prêter à confusion puisque l'auteur de Frayeur, de L'au-delà ou de La maison près du cimetière réalisa la même année que Las Trompetas del Apocalipsis, l'excellent Una sull'altra. Un autre giallo qui chez nous fut également renommé sous le titre Perversion Story. Par contre, lorsque l'on évoque le titre propre à la distribution transalpine du long-métrage de Julio Buchs, c'est là que les choses se gâtent. En effet, sous l'appellation I Caldi Amori di una Minorenne se cache la très ambiguë traduction Mon amour tendre pour un mineur. Drôle de choix lorsque l'on y pense, surtout que l'évocation propre au titre italien ne se réfère jamais au contenu du film... A Final, Las Trompetas del Apocalipsis est une œuvre mineure du genre Giallo. Atypique, parfois surprenante, mais aussi terriblement datée...

 

mercredi 18 mai 2022

Les démons de Jess Franco (1973) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Démarrage d'un court cycle consacré au réalisateur espagnol Jesús Franco Manera plus connu sous le nom de Jess Franco. Nous allons débuter avec Les Démons datant de 1973. Réalisateur frénétique, amateur d'horreur et d'érotisme, grand pourvoyeur de séries Z, Jess Franco signe cette année là l'un de ses meilleurs longs-métrages. Du moins, l'un de ceux qui paraissent visuellement les plus maîtrisés et donc, les plus intéressants d'un point de vue technique. Surtout, le film s'inscrit au cœur d'une trilogie consacrée à l'inquisition. Effectivement, trois ans auparavant il aura signé Le trône de feu et reviendra sur le sujet en 1977 avec Lettres d’amour d’une nonne portugaise. Nous retrouverons d'ailleurs dans le premier l'un des charismatiques antagonistes des Démons en la personne du juge George Jeffreys. Un authentique personnage historique ayant vécu au dix-septième siècle où il fut membre du Conseil privé avant de devenir Lors Chancelier sous le règne de Jacques II. Surnommé le ''Juge qui pend'', c'est bien de lui dont il s'agit ici et non pas de son homonyme qui vécut entre la fin du dix-neuvième siècle et le milieu du vingtième et qui lui fut un célèbre évangéliste, leader du mouvement de Pentecôte. Incarné dans Les démons par l'acteur sud-azerbaïdjanais Cihangir Gaffari (qui apparaîtra notamment dans la série télévisée britannique Dick Turpin restée célèbre chez nous sous le titre Dick le rebelle), il fut à l'origine incarné par Christopher Lee dans Le trône de feu.


S'inscrivant dans toute une série de films basant leur thématique sur l'inquisition, donc, et malgré le soin apporté à la mise en scène, le long-métrage de Jess Franco a bien du mal à s'aligner face aux mastodontes du genre que représentent Le grand inquisiteur de Michael Reeves réalisé en 1968, La marque du Diable que tourna Michael Armstrong en 1970 ou le chef-d’œuvre absolu du genre que s'avère être Les diables auquel donna naissance le réalisateur Ken Russell en 1971. Pourtant, on ne se plaindra pas trop du résultat qui s'affiche à l'écran puisque si Les démons n'est très clairement pas un grand film, on sent bien que Jess Franco y a mis tout son potentiel créatif . Les décors se situent au sein d'un monastère où vivent enfermées des nonnes et où sont pratiquées dans l'indifférence presque générale, des tortures sur celles qui sont soupçonnées d'être des sorcières. En effet, le film s'ouvre sur le procès d'une vieille femme. Reconnue comme faisant partie de l'une d'elles, elle est brûlée sur le bûcher mais a le temps de prononcer une malédiction à l'attention des trois personnalités qui l'ont condamnée : Lord Justice Jeffries (Cihangir Gaffari, donc, qui à cette occasion usa de l'un de ses pseudonymes, John Foster), Thomas Renfield qu'incarne Alberto Dalbés, mais aussi et surtout Lady de Winter qu'interprète l'actrice Karin Field. Un visage angélique mêlé de perversité dont le personnage fait preuve d'une moralité plus que douteuse. Excitée par les tortures infligées, s'offrant à son amant Thomas Renfield et s'adonnant tout autant au saphisme, la jeune femme se rend au couvent de Blackmoor où sont supposées être Kathleen et Margaret, les filles de la sorcière brûlée récemment et dont le destin sera de tuer les trois bourreaux de leur mère...


D'une durée avoisinant les deux heures, Les démons est une co-production franco-portugaise qui sans doute aurait mérité d'être quelque peu élaguée. Trop long et donc parfois très ennuyeux, le film bénéficie cependant d'un budget relativement confortable qui se voit à l'écran. Les paysages extérieurs bien que rarement exploités sont souvent magnifiques. Quant au village et surtout le couvent dans lequel le film situe la plupart des séquences, ils n'ont absolument pas à rougir face à la concurrence. Les décors parviennent à rendre crédible cette chasse aux sorcières perverse à la tête de laquelle trône l'actrice Karin Field, véritable garce, sadique, licencieuse, se complaisant comme pas mal des personnages d'ailleurs, dans la luxure. D'où un certain nombre de séquences érotiques justifiant la présence d'actrices plutôt remarquables parmi lesquelles nous retrouvons la belge Anne Libert et la portugaise Britt Nichols, deux fidèles interprètes du réalisateur espagnol. Tout ou presque n'est que prétexte à foutre à poil telle ou telle actrice. Qu'il s'agisse de lui demander de faire l'amour avec l'une de ses ''camarades'' ou lors de tortures dont on aurait sans doute aimé que ces dernières se montrent beaucoup plus cruelles et sanglantes, les interprètes féminines passent davantage de temps dénudées qu'habillées de l'une des tenues d'époque. On s'amusera par contre cependant de la musique signée de Jean-Bernard Raiteux qui parfois s'éloigne de la thématique pour nous offrir des plages de rock psychédélique qui n'ont rien à voir avec le contexte mais créent un climat délirant que l'on ne reprochera malgré tout pas au film de Jess Franco. Au final Les démons doit s'envisager comme une sympathique alternative aux classiques évoqués plus haut. Une œuvre qui souffre d'une lenteur relativement importante, bénéficiant de nombreuses séquences érotiques qui satisferont les amateurs du genre mais qui manque par contre d'hémoglobine...

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