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dimanche 25 octobre 2026

Flush de Grégory Morin (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avec son premier long-métrage tourné en solo suivant plusieurs courts et quelques collaborations, l'acteur et réalisateur Grégory Morin a lâché en 2026 une véritable petite bombe. Imaginez la rencontre entre le rachitique cinéma de Stéphane Ambiel (deux courts-métrages seulement au compteur en 1988 et 1997) et celui de Gaspar Noé. L'esprit trash du premier et l'esthétique du second. En fait, tout ce dont les fans de gore français typé années quatre-vingt/quatre-vingt dix espèrent toujours retrouver sur le devant de la scène et qui depuis près de quarante ans les a malheureusement laissé orphelin. Depuis le mythique Baby Blood d'Alain Robak dont il serait sans doute plus judicieux pour les plus anciens et à l'attention des néophytes qui voudraient aujourd'hui le découvrir de prévenir ces derniers qu'il n'a pas forcément bien vieilli ou encore avec le cultissime (oui, oui) Kamikaze de Didier Grousset dans lequel Michel Galabru incarnait un inventeur de génie ayant conçu un appareil lui permettant de faire exploser les speakerines et autres présentateurs télévisés qui lui déplaisaient, le gore à la française n'a me semble-t-il, plus tout à fait la même saveur. Cet esprit très artisanal qui prévalait chez ces auteurs et chez quelques autres dont par exemple Jean Marboeuf et cet autre ''légendaire'' long-métrage qu'il réalisa en 1987 intitulé Grand Guignol ne se retrouve plus guère que dans d'obscures productions. Renforcé par la présence du toujours hilarant Jonathan Lambert qui dans le rôle du personnage principal incarne le cocaïnomane Luc, Flush part d'un contexte aussi invraisemblable que délirant. Luc débarque dans les anciennes toilettes turques d'une boite de nuit dont on entend le rythme binaire diffusé à l'étage pour se faire un rail de coke. Rien que de très banal jusqu'au moment où celui-ci glisse et se retrouve le pied coincé dans le trou des gogues ! Une situation plutôt inconfortable qui n'est pourtant rien en comparaison de ce qui va bientôt lui arriver. En effet, après avoir finalement réussi à retirer son pied du trou et après avoir été plus ou moins aidé par un certain Dindon (Rémy Adriaens), le propriétaire de la boite déboule, très énervé au sujet d'un sachet de cocaïne que son employé a eu la très mauvaise idée de planquer dans le trou des chiottes ! Vous sentez arriver le quiproquo ?


Bref, sur ce postulat de départ, disons que le film va uniquement reposer sur l'inconfortable situation de Luc qui après avoir passé la première partie le pied dans la merde va endurer un calvaire dont l'affiche elle-même ne laisse planer aucun doute... Derrière ce premier long-métrage dont on appréciera qu'il n'excède pas les soixante-dix minutes vu qu'en aussi peu de temps Grégory Morin réussi malgré tout le tour de force de mettre en scène quelques ventres mous, Flush est typiquement le genre de production gore française et indépendantes rêvée. Du gore, certes, mais beaucoup plus discret qu'on ne le pense puisque au final, si on le compare aux nombreuses séquences uro/scatologiques, ce sont bien ces dernières qui pourraient pousser certains spectateurs à faire la grimace. Il est vrai qu'en la matière, Grégory Morin n'a rien à envier au cultissime Mongolitos de Stéphane Ambiel tant son imagination dépasse parfois celle du plus crapoteux adorateur de pipi/caca ! Imaginez donc ce que l'on peut faire avec une canalisation bouchée par un tampon usagé, avec un rat totalement addict à la coke, un propriétaire de boite de nuit sur les nerfs et un employé complétement con ! Force à Jonathan Lambert d'avoir tourné la quasi totalité du film sur le ventre, la tête sous la faïence de toilettes turques assez peu sobrement souillées d’excréments, d'urine et autres matières dont on préfère ignorer l'origine. À sa manière, Grégory Morin est peut-être plus encore que les deux exemples cités plus hauts le digne descendant de Jan Kounen (celui des débuts avec Gisèle Kerozène ou Vibroboy) ou du duo Jean-Pierre Jeunet/Marc Caro à l'époque de Delicatessen. Autant dire que l'on tient là un sacré lascar qui espérons-le et malgré son prix du public du meilleur film international au FanTasia 2025 ne déviera pas de cette voie qu'il trace maintenant depuis plus d'un quart de siècle... Déjà culte !

 

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