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samedi 24 octobre 2026

Identity de James Mangold (2003) - ★★★★★★★☆☆☆




Un motel miteux perdu en pleine campagne américaine. En clair, le trou du c## du monde. Un gérant qui ne souffre pas la présence des femmes de mœurs légères. Une jeune femme, ''supposées coutumière de ces fameuses habitudes''. Un couple et leur enfant muet (un autiste?). L'homme est hébété depuis que son épouse a été renversée par un ancien flic devenu le chauffeur d'une ancienne star de cinéma désormais oubliée. Un couple de jeunes adultes tout juste mariés (vive Las Vegas !). Et puis, un inspecteur et le prisonnier qu'il est chargé de transférer. Tout ce petit monde hétéroclite se retrouve bien malgré lui au même endroit. Le dit motel, une nuit d'orage lors de laquelle, la pluie ne cessera pas de tomber. Loin de là, Malcolm Rivers, un criminel reconnu coupable d'avoir assassiné six personnes, s'apprête à être exécuté. Dernier recours pour son avocat aidé d'un psychiatre, le docteur Malick : convaincre le juge qui l'a condamné que son client n'avait pas conscience de commettre des meurtres, celui-ci étant atteint de trouble dissociatif de la personnalité. Pendant ce temps là, à l'hôtel, un tueur sévit. Première victime : l'actrice Caroline Suzanne (interprétée par Rebecca de Mornay) dont le chauffeur (et donc ancien flic) Ed retrouve la tête dans le tambour d'une machine à laver. Très rapidement, les soupçons se portent sur le criminel Robert Maine (sinistre Jake Busey) qui vient tout juste de s'échapper après s'être libéré de ses entraves. Alors que la route est impraticable et que tous sont condamnés à demeurer au motel malgré les morts qui commencent à s'accumuler, outre ceux-ci, tous plus violents les uns que les autres, d'étranges événements se produisent...


Maintenant, si vous n'avez pas encore découvert Identity, le cinquième long-métrage de l'auteur de Copland en 1997 ou de 3H10 pour Yuma en 2007, permettez-moi de vous chasser. Car ce qui va suivre délivre une bonne partie de l'intrigue........... Démarrant comme un thriller relativement convaincant et reposant sur l'interprétation et sur son incroyable atmosphère, ce qui figure être comme une sorte de néo-slasher (on ne connaîtra effectivement l'identité du tueur que dans les dernières secondes) ou de néo-Cluedo (ne manque plus qu'Hercule Poirot ou Miss Marple) va en réalité encore bien plus loin. Si Identity semble s'approcher dangereusement de la frontière du fantastique, il n'en est rien. Pur thriller noir et horrifique réalisé sur la base d'un scénario écrit à quatre mains par le réalisateur lui-même ainsi que par Michael Cooney, le film se veut en fait une plongée dans les affres d'un cerveau malade. Celui de Malcolm Rivers qu'interprète à merveille Pruitt Taylor Vince. L'acteur idéal pour le rôle d'un serial killer atteint d'un sérieux trouble de la personnalité puisque'il est lui-même notamment connu pour être atteint de nystagmus. Ce qui à l'écran se traduit par un mouvement d'oscillation continu des yeux et sur lequel, Pruitt Taylor Vince n'a malheureusement pour lui, aucun contrôle. Identity se compose donc de deux parties distinctes qui s'entremêlent brillamment jusqu'à ce que la relation entre le tueur et les dix individus ''enfermés'' dans une zone comprenant le motel et un restaurant soit mise au grand jour...


Car ce que l'on va peu à peu découvrir, c'est d'abord que tous ont un rapport les uns avec les autres. Chaque détail compte. Des meurtres sous forme de compte à rebours, en passant par la disparition des cadavres et jusqu'à cette étonnante séquence lors de laquelle le criminel Robert Maine se retrouve à nouveau à proximité du motel alors qu'il vient de tout faire pour s'en éloigner. Les plus vifs d'esprits comprendront certainement avant les autres le fond de l'histoire. Un sujet passionnant qui permet tout d'abord de retrouver dans un même long-métrage outre les interprètes déjà cités plus haut, les acteurs John Cusack, Ray Liotta, Alfred Molina ou les actrices Amanda Peet et Clea Duvall. Soyez prévenus. Tout ou partie de ce que vous allez voir n'est qu'un jeu de dupe. Méfiez-vous des faux-semblants. Outre l'interprétation, l'ambiance sinistre et le cadre désolé, on appréciera le montage et la mise en scène qui révèlent le talent d'un réalisateur qui compte sur le moindre petit détail pour tromper les spectateurs. Chacun de ceux-ci trouve son explication et ce qui demeurait sans doute improbable quelques minutes auparavant trouve sa justification dans l'une ou l'autre des séquences qui lui succèdent. Identity, c'est un peu comme un roman d'Agatha Christie sous perfusion de schizophrénie. On croit se perdre dans les méandres de l'esprit du tueur mais tout est finalement parfaitement clair. Un thriller/puzzle du meilleur effet...

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