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mardi 11 août 2026

Yön Lapsi (Nightborn) de Hanna Bergholm (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Saga (la finlandaise Seidi Haarla) et Jon (l'anglais Rupert Grint) s'aiment et décident de fonder ensemble une famille. Pour cela, ils choisissent tout d'abord de s'installer dans l'ancienne demeure familiale de la jeune femme qui depuis des années d'abandon a subit énormément de dégâts. Une fois installé, le couple décide un jour de partir en forêt et y fait l'amour. Un lieu étrange où certains arbres paraissent presque ''humains''. Tandis que la jeune femme tombe enceinte, Jon s'occupe de la demeure et la rénove afin d'accueillir leur futur enfant. Si l'accouchement de Saga s'avère difficile, le bébé nait à peu près normalement en dehors d'une impressionnante hypertrichose qui fait douter ses parents sur son état physique général. Cependant, les spécialistes sont catégoriques et se veulent très rassurants : pour son âge, Kuura (interprété par divers bébés selon l'évolution de son âge) est en parfaite santé et demeure même doté d'une force inhabituelle. Tandis que la famille de Saga et de Jon se présentent chacun à leur tour auprès des jeunes parents, la toute jeune mère éprouve au fil du temps de grandes difficultés à élever son enfant. Alors que la jeune mère donne le sein à Kuura, celui-ci la mord régulièrement et parait être davantage attiré par le sang de Saga que par le lait maternel. Au fil des semaines et des mois, le climat et surtout, les rapports entre les deux époux se dégrade. Tandis que Saga tente de convaincre son entourage et plus précisément Jon que Kuura n'est pas un enfant comme les autres, tout le monde finit par s'accorder pour dire que le problème vient d'elle et non pas de son bébé. En outre, d'étranges phénomènes se produisent à l'intérieur et autour de la propriété. Comme si la forêt était mue par une vie propre, veillant sur le bien-être de Kuura...


Les exemples de longs-métrages mettant en scène des mères qui enfantent des bébés plus ou moins monstrueux ne sont pas rares au cinéma. Il existe même certaines œuvres qui à travers le temps sont devenues d'authentiques classiques de l'épouvante. On pense bien évidemment tout d'abord au bébé de Rosemary's Baby tourné par Roman Polanski à la fin des années soixante, au Monstre est vivant de Larry Cohen, au film culte de David Lynch Eraserhead en 1977, à Chromosome 3 de David Cronenberg en 1979 ou aux plus récents Grace de Paul Solet en 2009 et Egō que tourna justement la finlandaise Hanna Bergholm voilà quatre ans plus tôt. Entre autres corps de métiers du cinéma, celle-ci a notamment signé la mise en scène et le script de ses deux longs-métrages dont l'écriture fut assurée en collaboration avec la scénariste Ilja Rautsi... Sans être directement cités, divers éléments du folklore finlandais semblent avoir été puisés par les deux femmes qui probablement se sont sans doute d'abord inspirées des Metsänväki qui selon certaines légendes formeraient le ''Peuple de la forêt''. Des esprits invisibles qui peuvent tantôt apparaître bienveillants, tantôt malveillants. Il existerait d'ailleurs une frontière entre le monde des humains et celui des esprits relaté dans l'épopée nationale de la Finlande connu sous le nom de Kalevala. Un ouvrage qui a inspiré divers arts comme le cinéma, donc, mais aussi la peinture, la musique et la littérature finlandaises...


S'agissant de Yön Lapsi (ou Nightborn à l'internationale), cet emprunt mythologique est surtout l'occasion pour la cinéaste de planter l'angoissant décor d'une femme face à ses nouvelles responsabilités de mère. Difficulté d'élever son enfant, rejet, répulsion, effondrement psychologique et répercussions physiques post-natales sont au cœur du sujet. Il n'est pas rare que le Folk-Horror s'inscrive ici sur un même plan que le Body-Horror même si l'essentiel du sujet tourne autour d'une horreur plus psychologique que viscérale. Le film tourne surtout autour de la mère qu'incarne donc la finlandaise Seidi Haarla. Décrivant la lente descente aux enfers d'une mère qui ne sait plus comment agir avec son bébé. Et si Yön Lapsi traite bien de l'abandon, ça n'est pas simplement celui dont éprouve le besoin Saga mais bien celui dont elle se trouve être elle-même la première victime. Influant ainsi sur les crispations des spectateurs qui voient bien ce qui se trame derrière ce récit au doux relent de film d'horreur dont on croit poindre en premier lieu une histoire de loup-garou liée à l'hypertrichose dont est atteint le bébé. Pris à témoin, le public ne peut qu'adhérer au point de vue d'une mère sans défenses qui apprend cependant les codes qui permettent de gérer les crises de l'enfant. L'actrice Seidi Haarla est impeccable dans le rôle de Saga. Entre impuissance, rage et crises d'hystérie, elle incarne à merveille cette jeune mère que tout le monde abandonne, et parfois même jusqu'à sa propre chair... Surprenant !

 

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