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dimanche 23 septembre 2018

You Were Never Really Here de Lynne Ramsay (2017) - ★★★★★★★★☆☆



Réalisé par Lynne Ramsay et adapté du livre du même nom publié en 2013 par Jonathan Ames, You Were Never Really Here offre à l'acteur Joaquin Phoenix l'occasion de composer un personnage hanté par de très anciens et très traumatisants souvenirs liés à son enfance. Dans le rôle d'un ancien vétéran de la Marine américaine, il incarne Joe, un homme profondément marqué par son enfance ainsi que par les guerres auxquelles il a participé durant sa carrière de militaire. Depuis son retour à la vie civile, il travaille pour le compte de Votto, se spécialisant dans les enlèvements d'enfants et de leur utilisation dans le monde de la prostitution. L'affaire en cours concerne une certaine Nina, fille du sénateur Albert Votto, disparue et selon des sources bien informée, séquestrée dans un bordel de luxe pour clients fortunés. Après avoir accepté de travailler pour le sénateur c'est là-bas que Joe retrouve effectivement la jeune fille, prostituée de force, mais sauvée de justesse par l'ancien marine. Alors qu'il a plus tôt dans la journée donné rendez-vous au père de la gamine dans un motel, c'est en l'attendant aux côtés de Nina que les informations télévisées apprennent à Joe que Votto se serait donné la mort. C'est le moment que choisissent deux agents de police pour pénétrer dans la chambre et ravir Nina. Joe réussit à échapper à la mort en tuant l'un des deux flics et se lance à la poursuite de ceux qui ont commandité le meurtre du sénateur et le nouvel enlèvement de Nina. Joe découvre alors la vérité sur ce qui se cache derrière toute cette histoire et décide d'en faire en affaire personnelle...

Le dernier long-métrage de la réalisatrice Lynne Ramsay est un véritable uppercut en plein visage. Joaquin Phoenix y incarne un individu au bord de la rupture, vivant avec sa très vieille mère dans un quartier plutôt calme. Un homme au bord du suicide également. Par flash-back, la cinéaste décrit un passé violent. Celui d'un enfant battu, d'une mère également battue, et d'un père qui finira par payer son dû. Tourné dans les rues nocturnes d'un New York lumineux, bruyant, et surtout très inquiétant, You Were Never Really Here est une sacrée leçon de cinéma. Désespéré, aussi sombre qu'un Série Noire (Alain Corneau) tourné Outre-Atlantique qui en reprendrait quelques idées, le film de Lynne Ramsay est l'incarnation du bien et du mal. Entre un Joaquin Phoenix sauvant des griffes des pédophiles, une jeune fille à peine âgée de quinze ans, et des politiques se regroupant dans un bordel pour s'adonner à l'une des pires perversions sexuelles.

You Were Never Really Here est avant tout une œuvre qui fait appel aux sens. Visuellement, la photographie signée Thomas Townend renvoie à une certaine moiteur mixée à une certaine idée de la violence urbaine. Quant au Compositeur Jonny Greenwood, membre actif du groupe de rock radiohead, il compse à l'occasion du film, une partition terriblement anxiogène qui participe totalement à l’imprégnation du public. Avant que le numérique ne remplace les bonnes vieilles bobines, on aurait pu comparer le film à un 'cauchemar sur pellicule', mais désormais, c'est sur un format beaucoup moins chaleureux que la cinéaste parvient malgré tout à imprimer ses idées. La fascination qu'exerce le film vient de cette interpénétration parfaite entre Joaquin Phoenix et Lynne Ramsay. Comme avant lui Harvey Keitel (Bad Lieutenant), bien plus que le Robert de Niro de Taxi Driver invoqué par l'affiche française, l'acteur se livre littéralement à la caméra et offre au public l'une de ses plus magistrales compositions. Un long-métrage étonnamment couillu pour une œuvre signée par une femme, mais dont la sensibilité toute 'féminine' poindra tout de même le bout de son nez lors d'une très jolie et poétique séquence d'immersion dans un lac... A découvrir de toute urgence...

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