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lundi 10 avril 2017

Star Trek : Nemesis de Stuart Baird (2002) - ★★★★★★☆☆☆☆



Troisième et dernier long-métrage mettant en scène l'équipage de l'Enterprise commandé par le capitaine Jean-Luc Picard, Star Trek : Nemesis est le cœur d'une immense tragédie qui clôt ainsi de manière effroyable un cycle, le second, dans l'immense univers de la saga créée par Gene Roddenberry dans les années soixante. Ils ont tué Data. L'un des personnages les plus emblématiques de La Nouvelle Génération et certainement l'un des plus attachants. Un acte sacrificiel, un acte de bravoure destiné à sauver l'Enterprise et son équipage, et à plus grande échelle, la Terre entière. Car Picard, Riker, La Forge, Work et tous les membres du vaisseau vont avoir maille à partir avec un nouvel ennemi, un certain Preater Shinzon, humain leader des rémiens, une espèce asservie par les romuliens depuis des décennies. Détenteur d'une arme redoutable qui a fait ses preuves en tuant la presque totalité du sénat romulien, Preater Shinzon affirme vouloir la paix entre Remus, la planète des rémiens, et la fédération.
L'équipage de l'Enterprise découvre bientôt que le vaisseau de guerre Scimitar commandé par Preater Shinzon produit des rayonnements de thalaron. Ce même thalaron qui a fait de nombreuses victimes lors d'un rassemblement au sénat romulien. Le fait est que malgré ses affirmations, les intentions réelles de Preater Shinzon ne sont pas pacifistes. Son projet est en effet de détruire la planète terre à l'aide d'une arme chargée de thalaron...

L'acteur-réalisateur Jonathan Frakes ( qui endosse la tenue du commandant William T. Riker) laisse cette foisc-i le champ libre au cinéaste Stuart Baird qui réalise ici son troisième et actuellement dernier long-métrage pour le cinéma (après Ultime Décision et US Marshals). L'auteur de Star Trek : Premier Contact et Star Trek : Insurrection apporte d'ailleurs son aide à un Stuart Baird qui ignore tout de la saga. Le scénario, lui, est l’œuvre du scénariste John Logan que l'acteur Brent Spiner (Data) rencontra alors que ce dernier jouait dans la comédie musicale 1776. Contrairement à Stuart Baird, John Logan connaît bien l'univers de Star Trek et décide donc d'écrire en compagnie de Brent Spiner le scénario de Star Trek : Nemesis. En tuant Data et en unissant par les liens du mariage le commandant Riker au conseiller Deanna Troi (le premier abandonnant ainsi son poste de Second sur l'Enterprise et Deanna Troi celui de conseillère), le récit tournant autour des personnages de La Nouvelle Généréation ne pouvait donner lieu qu'à une œuvre concluant quinze années de bons et loyaux services.

Une fois le récit parvenant à son terme, plusieurs réactions peuvent survenir. Soit l'on demeure indifférent à l'univers de Star Trek et auquel cas, Star Trek : Nemesis laissera indifférent. Soit l'on est totalement fan de la franchise et l'on accepte de faire abstraction des quelques défauts récurrents qui émaillent habituellement la saga. Concernant l'intrigue elle-même, et bien qu'ils ne soient jamais évoqués, on pense parfois aux Borgs. Le personnage de Preater Shinzon inbcarné par l'acteur Tom Hardy rappelle parfois la reine Borg, et les costumes semblent avoir été empruntés au fameux collectif. Picard est d'ailleurs au centre de cette nouvelle intrigue et même s'il n'est plus vraiment question d'assimilation, Preater Shinzon aimerait pouvoir convaincre le commandant de l'Enterprise de la nécessité de mener à bien son projet.
C'est à bord de l'USS Enterprise NCC-1701-E que le Capitaine Jean-Luc Picard va combattre Preater Shinzon, ses hommes et leur vaisseau, le Scimitar. D'un train en retard par rapport aux tactiques de son ennemi, Jean-Luc Picard va faire preuve d'un courage exemplaire en abordant le Scimitar à l'aide de l'Enterprise. Ce qui nous vaudra des effets-spéciaux d'excellente qualité pour l'époque. D'ailleurs, en la matière, le film n'a pas vraiment à rougir face aux canons du genre et conserve même une finesse que n'auront sans doute pas les différents reboot surchargés en la matière. Nous noteront la présence de B-4, un prototype exempt de cerveau positronique créé par le Docteur Noonian Soong, Père de Lore et de Data. L'existence de B-4 n'ayant jamais été révélée avant Star Trek : Nemesis, c'est une véritable surprise de découvrir une version peu évoluée de notre androïde préféré.
Bien que les quelques minutes durant lesquelles nous l'entendons chanter un air fredonné jadis par Data soient assez émouvantes, le scénario semble définitivement confirmer la volonté de tourner la page avec l'univers de La Nouvelle Génération puisque le twist tant attendu nous révélant que l'androïde envoyé sur le Scimitar sauver le Capitaine Picard est B-4 et non Data n'arrivera jamais. Si Star Trek : Nemesis n'est définitivement pas le meilleur opus de la saga, les fans de La Nouvelle Génération prendront forcément du plaisir à retrouver leur équipage favori...

samedi 25 mars 2017

Star Trek : Insurrection de Jonathan Frakes (1998) - ★★★★★★☆☆☆☆



Pour cette troisième aventure au cinéma (et la neuvième dans l'univers de Star Trek) du vaisseau Enterprise commandé par le Capitaine Jean-Luc Picard, son équipage et lui vont avoir fort à faire avec les habitants d'une planète habitée par les six-cent vingt deux âmes constituée par le peuple Ba'ku et située dans la zone de Briar Patch du Secteur 441. Au cœur de cette nouvelle intrigue, la Directive Première, mise à mal par un dysfonctionnement des circuits de Data lorsque celui-ci est attaqué par plusieurs membres de l'espèce Son'a qui ont investit la planète. Présent sur Ba'ku depuis quelques temps afin d'étudier sa population, Data allait en effet mettre à jour la présence non-officielle d'un vaisseau Son'a. Contrairement aux inquiétudes du Capitaine Picard, très attaché à la Directive Première malgré certaines de ses prises de position passées, les habitants de Ba'ku possèdent une technologie équivalente à celle de la Fédération mais ont choisi de ne pas s'en servir. La Directive Première n'étant pratiquement plus à l'ordre du jour, le problème de Picard, Data, Worf et du Docteur Crusher, se situe ailleurs.

Car la présence des Son'a sur Ba'ku n'a rien d'innocent. Peuple éminemment soucieux de son apparence, les Son'a, dirigés par leur leader Ahdar Ru'afo (F. Murray Abraham), savent que les Ba'ku cachent un secret qu'ils convoitent : les anneaux de la planète émettent en effet un rayonnement de particules métaphasiques permettant à ses habitants non seulement d'être immortels, mais de rajeunir également. Lorsque le Capitaine Picard et Data, accompagnés par Anij (Donna Murphy), l'une des habitantes de l'un des principaux villages de Ba'ku, mettent à jour la présence d'un vaisseau Son'a au milieu d'un lac, ils comprennent où les envahisseurs veulent en venir. A l'intérieur, un programme holodeck a été mis en route, reconstitution fidèle du village Ba'ku. Les Son'a ont en effet l'intention de déporter les habitants de la planète pour ainsi se l'approprier. Mais Picard n'entend pas laisser Ahdar Ru'afo et son peuple agir ainsi...

Assez malmené par la presse, Star Trek : Insurrection peut se voir comme une version longue et cinématographique d'un épisode inédit de la série télévisée La Nouvelle Génération. Pour le fan pur et dur, c'est surtout l'occasion de découvrir une fois encore sur grand écran (à l'époque, pas d'écran plat de cent-cinquante centimètres de diagonale à la maison) ses personnages et son univers préférés. On est loin, très loin de la surenchère visuelle d'un Star Wars.
Des effets-spéciaux qui ne fatiguent pas la vue mais demeurant d'une qualité appréciable et surtout, très fidèles au modèle d'origine. C'est fin, bien fait, et le film nous fait grâce de la technologie de l'occultation lors de très jolies scènes (la découverte du vaisseau Son'a dans le lac). Beaucoup d'humour, peu d'action, mais des thématiques qui reviennent toujours hanter le cinéma américain. Jonathan Frakes aborde le sujet périlleux de la déportation. On retrouve l'équipe au complet, avec un Data toujours prompt à évoquer sa condition d'androïde, un Worf « honteusement » atteint par la puberté, un Geordi recouvrant la vue grâce au bénéfice apporté par son contact avec les particules métaphasiques, et Picard rajeunissant et impliqué dans une affaire l'opposant aux envahisseurs Son'a et à l'un des représentants de la Fédération, l'Amiral Matthew Dougherty (Anthony Zerbe).


Star Trek : Insurrection nous offre également l'occasion de faire connaissance avec deux nouvelles civilisations : d'un côté, les pacifistes Ba'kus formés d'ancien guerrier exilés sur Ba'ku, et les guerrier Son'a, qui ne sont autre que d'anciens membres de la colonie, chassés du groupe après avoir tenté de rétablir les règles d'antan. Chaque clan ayant établit de nouvelles règles, les seconds, très soucieux de leur apparence finiront par convoiter la planète de leurs anciens semblables comme on le découvre donc dans ce neuvième long-métrage.
Sans doute la simplicité du récit et de la mise en scène a-t-elle participé au rejet d'une partie du public et majoritairement de la presse à l'époque, Star Trek : Insurrection n'est pas le ratage complet que certains voudraient nous faire croire. Il est vrai qu'en son sein, La Nouvelle Génération nous avait offert l'occasion de découvrir de magnifiques épisodes en regard desquels l'intrigue de ce long-métrage peu paraître bien pâle. Sortant dans les salles obscures alors même qu'était diffusée aux États-Unis et en France l'extraordinaire série Deep Space Nine, le film de Jonathan Frakes avait de toute manière peu de chance de faire l'unanimité...

mercredi 22 mars 2017

Star Trek : First Contact (1996) - ★★★★★★★☆☆☆



Petit cycle consacré aux trois œuvres cinématographiques inspirées par la seconde série Star Trek, La Nouvelle Génération produite entre 1987 et 1994. Pour être tout à fait honnête, il faudrait remonter deux ans plus tôt, en 1994, avec la sortie du septième long-métrage réalisé par le cinéaste américain David Carson, Star Trek : Générations, œuvre transitoire entre la série originale diffusée en 1966 et 1969 et la seconde. Star Trek : Premier Contact demeure donc effectivement le premier long-métrage à ne mettre en scène que les personnages de La Nouvelle Génération.
Lorsque débute l'intrigue de Premier Contact, l'existence des Borgs est déjà bien connue du Capitaine Jean-Luc Picard et de l'équipage de l'Enterprise. Assimilé, Picard fut en effet contraint de révéler d'importantes informations aux borgs, fait qui signa la mort de plusieurs milliers d'hommes et la destruction de 39 vaisseaux de la Fédération des Planètes Unies.
C'est donc avec l'esprit revanchard du Capitaine de l'Enterprise que s'ouvre Premier Contact. Surtout que les borgs et leur reine se dirigent vers la Terre, de retour en l'an 2063, et plus précisément le 4 avril de cette année là afin de modifier le cours de l'histoire. Picard et son équipage sont donc contraints d'en faire autant. Plongés dans un passé historique et d'une importance fondamentale, ils vont rencontrer Zefram Cochrane, l'homme sans lequel le principe de distorsion qui permet de traverser l'univers à des vitesses supraluminiques (comprendre supérieures à celle de la lumière) n'existerait sans doute pas encore. Il ne s'agit pas ici de la première évocation du voyage dans le temps dans la saga puisque le sujet fut abordé à maintes reprises et de manière fort concrète dans le quatrième long-métrage de la licence, Star Trek 4 : Retour sur Terre.

Sans tenir compte du reboot débuté dès 2009 avec le Star Trek de J. J. Abrams, Star Trek : Premier Contact demeure sans aucun doute, l’œuvre cinématographique basée sur la mythologie, la plus impressionnante, les précédentes n'arborant finalement que l'apparence de longs, voire de très longs épisodes télévisés. Réalisé par l'acteur et cinéaste Jonathan Frakes (qui ne fut autre que le commandeur William T. Riker de La Nouvelle Génération), l’œuvre est d'une étonnante noirceur.

Et si Premier Contact arbore parfois cet aspect si sombre, c'est bien en raison de la présence des Borgs, somme d'individus organico-synthétiques évoluant grâce au procédé d'assimilation et formant ainsi collectif mu par une pensée unique liant chacun de ses représentants. Si l’œuvre se démarque des précédents longs-métrages, c'est d'abord parce que son auteur a su se débarrasser de l'écueil un brin kitsch que revêtait jusqu'à maintenant la franchise en proposant un spectacle visuellement très réjouissant. Un bon compromis entre le passé et la surenchère actuelle.
Pour les fans, le plaisir réside également dans les retrouvailles avec l'équipage de La Nouvelle Génération, série qui prit fin deux ans plus tôt. D'ailleurs, à ce propos, mieux vaut suivre les nouvelles aventures de Jean-Luc Picard et de son équipage dans les meilleures conditions en regardant Premier Contact en version originale. Car qu'il s'agisse du capitaine, de Riker, de Data, de Geordi LaForge, de Deanna Troi ou encore de Worf et Beverly Crusher, la version française ne s'est pas donné la peine de faire appel aux doubleurs d'origine afin d'assurer une certaine continuité dans ce domaine. Le principal soucis n'étant pas principalement lié à l'accoutumance mais plutôt à l'effet produit sur la conscience du spectateur qui sera donc forcément moins touché par des choix de voix collant beaucoup moins aux personnages.
En matière d'effets-spéciaux, on a le plaisir de constater qu'ils demeurent d'une finesse exemplaire. L'univers de Star Trek prônant la différence entre espèces, on assistera même à une tentative de séduction entre l'androïde Data et la Reine des Borg.

Jonathan Frakes a réalisé ici une œuvre essentielle puisqu'en transportant l’Enterprise et son équipage à l'époque où le légendaire Zefram Cochrane lança sa mythique fusée, le cinéaste à forgé le lien entre la légende et ce qui adviendra de l'humanité. Et surtout, ce premier contact auquel il prétend demeure pour les fans un moment d'intense émotion. Qui pourra oublier cette toute première poignée de main entre Zefram Cochrane et un vulcain ?

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