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jeudi 25 décembre 2025

Wake Up Dead Man: A Knives Out Mystery de Rian Johnson (2025) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Après deux premiers volets signés en 2019 et 2022 (Knives Out et Glass Onion: A Knives Out Mystery), le scénariste et réalisateur américain Rian Johnson revient trois ans plus tard avec les nouvelles aventures du détective privé Benoit Blanc. Alors que le premier eut les honneurs d'une sortie en salle, le second échoua directement sur la plateforme Netflix à l'échelle internationale. Un sort que connaît également depuis le 12 décembre dernier Wake Up Dead Man: A Knives Out Mystery. En parallèle à d'autres films à énigmes repris ces dernières années par le cinéaste britannique Kenneth Branagh (Murder on the Orient Express, Death on the Nile et A Haunting in Venice) et qui reposaient tous sur des écrits de la romancière Agatha Christie, le script des trois volets de la franchise Knives Out reposent tous sur l'imaginaire de Rian Johnson même si s'agissant du dernier en date, il semblerait que le réalisateur ait été plus ou moins inspiré par divers ouvrages policiers dont la nouvelle The Hollow Man écrite par l'américain John Dickson Carr en 1935. Dans le rôle principal du détective privé Benoit Blanc l'on retrouve à nouveau l'acteur britannico-américain Daniel Craig qui cette fois-ci va devoir mener une enquête sans doute parmi les plus ardues de sa carrière. Proche des deux-heures trente, Wake Up Dead Man: A Knives Out Mystery démarre par une très longue scène d'exposition qui permettra aux spectateurs de découvrir l'essentiel des personnages évoluant dans cette nouvelle aventure ainsi que le cadre exclusif où se situera l'action. L'intrigue se déroulant dans la paroisse Notre-Dame de la Force Perpétuelle à Chimney Rock (un petit village de l’État de New York), le long-métrage a en réalité été tourné bien loin de là. Et notamment entre l'Essex et le Hertfordshire. L'église gothique Holy Innocents Church ayant servi de décors extérieurs, les intérieurs furent tournés dans les studios Leavesden de la Warner Bros. Des cadres magnifiques qui donc furent parfois reconstitués et d'autres extérieurs comme la zone boisée d'Epping Forest, le domaine historique de Woodhall Manor ou encore Butler’s Retreat situé à Chingford pour les quelques séquences tournées dans un village et dans ses alentours ! C'est donc dans ce contexte qu'intervient tout d'abord le père Jud Duplenticy (Josh O'Connor). Un ancien boxeur qui après avoir physiquement malmené un diacre est nommé vicaire avant d'être prié de se rendre à Chimney Rock où il fera la connaissance de Monseigneur Jefferson Wicks (Josh Brolin). Assistant l'homme d'église dans ses différentes tâches, Jud constate combien certains paroissiens lui sont éminemment fidèles. Pourtant, ceux-ci sont en petit nombre. En effet, lorsqu'un nouveau venu apparaît lors d'un sermon, Wicks se montre si virulent à son égard que celui-ci quitte en général la paroisse pour ne jamais y remettre les pieds...


Les rapports entre Wicks et Jud vont rapidement devenir conflictuels. Le tout nouveau venu va même tenter de se rapprocher des fidèles en organisant une réunion non-officielle. Parmi eux, l'on reconnaîtra notamment l'actrice Glenn Close dans le rôle de Martha Delacroix, Jeremy Renner dans celui du Docteur Nat Sharp ou encore Kerry Washington dans la peau de l'avocate Vera Draven... L'intrigue prend alors une tournure pas tout à fait inattendue puisque le concept du Whodunit étant ce qu'il est, Wicks va mourir lors de l'un de ses sermons. Tandis que le père Jud ainsi qu'une poignée de fidèles paroissiens assistent au dit sermon, Wicks pénètre une alcôve, disparaissant ainsi de la vue de toutes et tous. Mais un bruit sourd suivi d'un second, métallique, interloque Jud qui se précipite et découvre avant tout le monde le cadavre ensanglanté de Wicks... Débarque alors à l'écran Benoit Blanc, accompagné de la commissaire Geraldine Scott (Mila Kunis) aux côtés de laquelle il va donc enquêter sur la mort de Monseigneur Jefferson Wicks. Alors que les deux précédents volets étaient de très bonne tenue, Wake Up Dead Man: A Knives Out Mystery augmente encore d'un cran la qualité de la franchise. Si ce tout dernier modèle de Whodunit bénéficie d'un excellent casting, il est aussi et surtout enrichi par un formidable script, bourré d'inventivité et de retournements de situations. Un sujet somme toute banal comme le prétendront sans doute certains mais qui cache parfois un message politique et religieux. De ce dernier l'on retiendra effectivement la force de certaines interventions de la part du détective privé qui au delà d'un athéisme supposé et d'un esprit fondamentalement rationnel (ce qui est, faut-il le dire, un atout dans sa profession) véhicule un message plutôt sain en matière de foi, de spiritualité et de quête de sens... Soit, tout le contraire de ce que véhiculent les fidèles de Monseigneur Jefferson Wicks, qui parfois et tout comme lui-même, semble nous dire que certains fonctionnements de l’Église ne sont au fond rien de plus, rien de moins que ceux d'une Secte. En dehors de ces considérations qui risquent d'en révolter certains, Rian Johnson signe une œuvre touffue, profonde et étonnamment émouvante si l'on considère que le cinéaste s'amuse à sans cesse se jouer du sérieux de la situation pour injecter un humour souvent aussi féroce qu'efficace. Bref, Wake Up Dead Man: A Knives Out Mystery est une merveille et l'on est déjà impatient de découvrir les futures aventures de Benoit Blanc dont la date de sortie est prévue pour 2027...

 

mercredi 1 février 2023

The Batman de Matt Reeves (2022) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Comment foirer une projection ? Ben tout d'abord en attendant que le film en question passe sur un service de distribution de contenu internet alors qu'il aurait sans doute été plus judicieux d'aller l'admirer sur grand écran lors de sa sortie en salle. Et puis, quelle idée de faire le choix de le découvrir doublé en français plutôt que dans sa version originale ! Aussi bizarre que cela puisse paraître sachant que l'avis des autres, ben j'm'en tape en général tant que je n'ai pas découvert l'objet du litige en question, c'est en français que j'ai choisi de découvrir The Batman de Matt Reeves et non dans sa version originale. Pourquoi ? Parce que !!!... Non, en fait, pour une raison aussi simple qu'absurde : à trop lire et trop entendre que l'acteur qui endosse le rôle-titre (Robert ''Twilight'' Pattinson) avait une voix d'adolescent en pleine mue, ben j'me suis dit qu'envisager le film avec la voix de Thomas Roditi dans les oreilles m'empêcherait certainement de grincer des dents. Sauf que....... Sauf que si lui s'en sort plutôt pas (TROP) mal, dans la longue liste des ''invités'', y'en a certains qui ont du soucis à se faire. Ou plutôt, LE PUBLIC, LUI, a-t-il eu du soucis à se faire parce dans le genre ''farces et attrapes'', la présence vocale d'Emmanuel Karsen est des plus improbables. Nan mais ! Affubler (voire, affliger) l'acteur Con O'Neill (et donc le personnage du chef Mackenzie Bock) du timbre de voix si particulier et tellement inapproprié de l'acteur et doubleur français cause plus de rires que nécessaire... Ensuite, totalement obnubilé par la question du ''Wokisme'' ou de la ''Cancel Culture'' au point de me demander si je ne devrais pas retourner consulter mon psy, voilà que je me fais d'emblée une réflexion qui ne tient qu'en trois mots : ''Une Catwoman noire ???''


Ouais, pourquoi pas. Surtout que la chose s'avère en fait relativement courante puisque entre 1967 et 1968, la chanteuse Eartha Kitt (la chanson ''This is my life'' parlera sans doute aux plus anciens) endossa le costume de la ''féline'' dans la série Batman tandis que Halle Berry prêta ses traits au personnage en 2004 dans Catwoman. Sur ce point, rien de vraiment précis donc... si ce ne sont les premières ébauches produites par ses créateurs, les créateurs de comics Bill Finger et Bob Kane, dès le tout début des années quarante ! Bon, ça reste un détail... Rappelons que Matt Reeves fut tout de même l'auteur du sympathique Cloverfield en 2008, du génial remake du film suédois de Tomas Alfredso, Låt den rätte komma in titré pour l'occasion Let me in ainsi que des formidables La Planète des singes : L'Affrontement en 2014 et La Planète des singes : Suprématie en 2017 (de ce dernier, je l'avoue, je ne m'en suis pas encore remis)... Bref, le genre de type dont on pourrait presque dire que l'on peut aller voir ses œuvres les yeux fermés si cela ne devait pas engendrer des difficultés de compréhension. The Batman, c'est quoi ? Trois heures ou presque d'un récit tout d'abord relativement confus. Faute avouée étant généralement à moitié pardonnée, j'avoue m'être rapidement levé de mon siège pour aller chercher la traditionnelle dose de chocolat que ma compagne et moi dévorons toujours devant un film. C'est peut-être ainsi la raison pour laquelle entrer dans le film paru foncièrement rude. Avais-je dès le départ manqué un ou plusieurs dialogues essentiels ? Pas une, pas cinq ni quinze ou vingts minutes mais une bonne demi-heure me fut nécessaire pour comprendre où voulaient en venir le réalisateur et son scénariste Peter Craig et ainsi quelque peu adhérer au concept ! Des sous-intrigues en veux-tu, en voilà, pour autant de personnages à mémoriser. Advint ce qui devait alors advenir (!?!) : The Batman ne fut plus qu'une expérience faisant moins appel à la réflexion et la concentration qu'à une certaine forme de contemplation...


Car qu'on le veuille ou non, le long-métrage de Matt Reeves déchire visuellement. La direction artistique confiée à une pléthore de spécialistes dont je n'ai absolument pas envie d'énumérer la liste car trop longue alliée à la photographie de Greig Fraser et à la bande-son musicale de Michael Giacchino offre un spectacle vertigineusement funèbre ! Tout est noir, sombre, pessimiste, fait de bruit et de fureur. Les décors de James Chinlund tapent dans le mille et Gotham City n'a presque jamais paru aussi austère et nihiliste ! Oui mais voilà : qu'est-ce qu'on peut se faire ch*#@ !!! Les références volontaires ou non à l'univers vidéoludique créé par l'entreprise britannique de développement de jeux vidéo Rocksteady Studios paraissent tellement nombreuses que j'avais chaque fois l'impression de redécouvrir Batman: Arkham City en version ''Live'' ! Les combats eux-mêmes ''transpirent'' littéralement ce que les amateurs de jeux vidéos en général et de l'univers de Batman en particulier purent découvrir entre 2009 (date de sortie du jeu Batman: Arkham Asylum) et 2015 (Batman: Arkham Knight). Tout ceci saupoudré d'une série d'énigmes et de séquences plongées sous la pluie à peine dignes du génial Se7en de David Fincher. Et pour retenir quoi au final ? Ben pas grand chose... Face à la trilogie ''poids-lourd'' réalisée par Christopher Nolan entre 2005 et 2012 (ouais, le gars qui tourne aussi parfois des trucs très chiants genre ''branlette intellectuelle'' comme Tenet) et formée de Batman Begins, The Dark Knight et The Dark Knight Rises, le long-métrage de Matt Reeves est de mon avis personnel (et visiblement assez peu partagé) la première fausse note d'un cinéaste dont la carrière était jusque là exemplaire...

 

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