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jeudi 27 août 2026

Que justice soit faite de F. Gary Gray (2009) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Sur les conseils d'un ami très proche dont le film de chevet, je préfère le préciser, est La soupe au chou de Jean Girault, ami que l'on pourrait donc davantage considérer de nanardophile dans le meilleur de cas et de franchouillardophile dans le pire que de véritable cinéphile ou cinéphage, j'ai regardé il y a deux jours le très évocateur Que justice soit faite de F. Gary Gray. Un réalisateur, producteur et acteur d'origine afro-américaine dont je ne connaissais jusque là que l'assez peu satisfaisant quatrième volet de la franchise Men in Black sous-titré International. En parcourant sa filmographie, je constate ensuite que le bonhomme a également réalisé le huitième opus de la saga Fast & Furious dont la seule évocation me donne des hauts le cœur de dégoût ! L'ami en question, pour qui élégance, raffinement, chic et délicatesse passent par une bonne grosse séance de flatulences en plein air (j'entends par là, celles de nos regrettés Louis de Funès et Jean Carmet) m'affirme sans rougir que tous ceux auxquels il adressa ce film comme celui à ne surtout pas manquer apprécièrent l'expérience. Ni une, ni deux, et sans avoir au préalable demandé à qui avait été destiné ce précieux conseil, je me lançais donc dans cette expérience de thriller mâtiné de vengeance tardive scrupuleusement préparée par un époux et un père dont la femme et la petite fille furent assassinées par deux dangereux criminels venus cambrioler leur demeure. Bref, le genre de Vigilante dont j'attendais qu'il réussisse presque à me faire oublier les premiers volets de la fameuse licence Death Wish incarnée par sieur Charles Bronson dans les années soixante-dix, quatre-vingt et quatre-vingt dix. Et d'une certaine manière, il y réussit. Non pas grâce à ses qualités, celles qui par définition sont surtout et intrinsèquement liées aux desiderata du fervent admirateur de bousins dont les budgets flirtent à minima avec les cinquante millions de dollars, mais grâce (et ici, en l'occurrence, à cause) de ses nombreuses invraisemblances qui en se superposant les unes aux autres font de Que justice soit faite, un authentique cas d'école. Prendre à ce point le spectateur pour un con en lui faisant avaler des couleuvres par dizaines en espérant qu'il passera un moment agréable dénué de toute réflexion quant au virage systématiquement improbable du récit, oui, je le dis, je l'écris, F. Gary Gray et le scénariste Kurt Wimmer prennent vraiment les spectateurs pour des crétins. On comprend alors que Frank Darabont ait préféré prendre ses jambes à son cou pour divergence artistique. Pas de chance pour Gerard Butler qui incarne ici le rôle de l'époux et père meurtri qui prendra dix ans pour fomenter sa vengeance. Car après avoir consciencieusement préparé la mort des deux criminels, l'ingénieur Clyde Alexander Shelton n'en aura pas pour autant terminé et fera payer à toutes celles et ceux qu'il juge responsable du prix de leur ''trahison''...




L'un des faits les plus remarquablement absurdes du script de Kurt Wimmer concerne tout d'abord l'accord obtenu par le procureur Nick Rice (Jamie Foxx) au sujet de Clarence Darby (Christian Stolte) auquel il demande de témoigner contre son complice Rupert Ames (Josh Stewart) afin que celui-ci soit condamné à mort lors de leur procès ! Si celui qui n'a pas encore mis les pieds dans le plat en visionnant cette indigence scénaristique généralisée que représente Que justice soit faite a peu de chance de comprendre où se situe la ''coquille'', l'autre est saisi par tant d'incohérence. Car le procureur en question préfère effectivement négocier avec le véritable assassin qu'avec son complice ! Imaginez donc ce dernier être exécuté par injection tandis que Clarence Darby ira passer quelques années en zonzon avant d'être libéré pour bonne conduite. Profitons de l'occasion qui nous est offerte pour évoquer les nombreuses ellipses qui viennent briser le peu d'intérêt qu'aurait pu théoriquement offrir le long-métrage. Car la vengeance en question, prometteuse sur le papier et sur les lèvres de mari et père revanchard, n'est ni plus ni moins qu'éludée en un peu moins de temps qu'il ne faut pour le dire ! Mais ce qu'il y a probablement de pire avec Que justice soit faite reste sans aucun doute la caractérisation de notre héros qui plus qu'un ingénieur est devenu au fil du temps un stratège du crime, omniscient, qui en outre a eu suffisamment de temps pour développer des capacités qui semblent aller bien au delà de celles du personnage incarné par Liam Neeson dans l'excellent Taken. Expert en informatique, en explosifs, en droit, en psychologie et même en manipulation ! Autant dire qu'à côté de lui, n'importe quel super-héros Marvel ou DC Comics ne peut faire le poids. F. Gary Gray pousse si loin le curseur que son thriller, sous couvert de confronter la Justice à des problématiques d'ordre moral, juridiques et procéduriers (bien loin d'atteindre de ce point de vue là l'intensité du tragique et bouleversant La Vie de David Gale d'Alan Parker) finit par devenir involontairement drôle. Et encore, faut-il s'être tout d'abord assuré de ne pas être atteint d'Hypomimie avant de se lancer dans l'aventure car sinon, vous aurez la désagréable impression d'être atteint de paralysie faciale tant vous aurez envie de rire sans pouvoir cependant y parvenir ! Au final, Que Justice soit faite est assez difficile à évaluer, entre thriller poussif et parodie inconsciente...

 

mercredi 17 août 2022

Day Shift de J.J. Perry (2022) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Autant que vous soyez avertis tout de suite : Day Shift, le premier long-métrage du spécialiste des arts martiaux J.J. Perry, a moins de rapports avec Entretien avec un vampire de Neil Jordan et Dracula de Francis Ford Coppola qu'avec Vampires de John Carpenter ou Une nuit en enfer de Robert Rodriguez. Et là, ,j'ai presque envie de dire : Tant mieux. Non pas que le classicisme des premiers me laisse froid ou m'ennuie mais vu que depuis le début du vingtième siècle les films portant sur le sujet du vampirisme eurent en majorité des atours romanesques, l'occasion de redécouvrir le mythe sous des angles passablement différents est toujours intéressant. Day Shift étant une exclusivité Netflix, inutile de chercher à savoir dans quelle grande salle de cinéma le film sera projeté. Il faudra se contenter de votre simple poste de télévision qui, je l'espère pour vous, dépasse les cent-trente centimètres de diagonale ! Non pas que le film soit d'une telle qualité que de le découvrir dans des conditions plus exiguës gâcherait vraiment l'expérience, mais tant qu'à faire et tant qu'à vouloir se croire enfermé dans une salle de cinéma, autant s'offrir des conditions optimales. La star du film, c'est le chanteur et acteur Jamie Foxx que l'on a pu notamment voir dans le Baby Drive de Edgar Wright en 2017. Un acteur de plus en plus prolifique puisque tout comme semble le promettre son profil IMDB, il devrait apparaître très prochainement dans pas moins d'une dizaine de longs-métrages dont six sont déjà en post-production ! Si c'est pas de l'abattage, ça !!!


On n'en dira pas autant du réalisateur américain qui pour la première fois de sa carrière se trouve ici derrière la caméra. Ce qui ne veut pas forcément dire que J.J. Perry n'a jamais rien fait de ses dix doigts ou de ses dix orteils puisque depuis maintenant plus de vingt ans, que ce soit sur grand écran ou à la télévision, il s'est spécialisé dans les cascades ainsi que dans leur coordination. (John Wick 1 et 2, Star Trek Into Darkness, Fast & Furious 9 et des dizaines et dizaines d'autres longs-métrages). Bon, je sens que ça va en énerver très rapidement certains qui tout comme moi sont capables d'ingérer à peu près n'importe quel type de spectacle mais qui s’agacent malgré tout devant certains gimmick se posant en exercices de style visuels ''m'as-tu vu'' ! D'emblée, ouais, Day Shift évoque bien le Rodriguez. Et même peut-être davantage le Carpenter. Pour ce que délivrent de message les premières minutes, ça a l'air plutôt cool et en apparent nettoyeur de piscines, on comprend assez rapidement que Bud Jablonski/Jamie Foxx nettoiera le plus clair de son temps les rues de Los Angeles de ses vampires. Le film n'a d'ailleurs démarré que depuis un peu moins de trois minutes que le bonhomme sort l'artillerie lourde (un bon gros fusil à pompe à double canons courts). Face à une vieille rombière en robe de chambre de satin gris, Bud ne se pose aucune question et tire dans le lard. Étant plutôt résistante, la vieille dame se relève et là.... comment dire... Non mais, qu'est-ce que c'est que cette manière de se remettre sur ses jambes comme le ferait une athlète en plein concours de gymnastique au sol ? Celles et ceux qui comme moi s'horripilèrent devant l'une des séquences du Peninsula de Sang-ho Yeon comprendront ! Mais passons. On ne va tout de même pas laisser ce détail nous gâcher l'aventure, hum ?


C'est donc à la descente du Bullet Train que je me suis réfugié dans mon appartement estaquéen pour découvrir Day Shift dont je n'attendais rien de spécifique. D'autant plus que le jour-même, le long-métrage de David Leitch m'avait déjà laissé un sale goût dans la bouche. Après un lavage intensif au Parodontax (pub non-rémunérée), j'étais fin prêt pour me ruer sur le film de J.J. Perry. Me rassurant tout d'abord sur mon ouverture d'esprit malgré le gimmick évoqué plus haut (lequel allait se répéter jusqu'à la nausée), c'est avec un certain plaisir que j'ai donc laissé se déployer les cent-treize minutes de Day Shift. Basique et donc pratiquement dénué d'intérêt au niveau de son écriture, le film de J.J. Perry repose presque exclusivement sur ses scènes de combat. Et dans le genre, même si elles ne pullulent pas (le film est doté de quelques ventres mous), leur intensité et les qualités de leur chorégraphie ferait presque oublier la vacuité du scénario et le peu d'intérêt du réalisateur pour ses personnages. L'essentiel pour J.J. Perry semblant être l'action et rien d'autre, le réalisateur nous offre quelques combats à couper le souffle, logiquement filmés en intérieur (je rappelle que les vampires souffrent des rayons du Soleil). En dehors de Jamie Foxx et de Dave Franco qui forment à tout deux un duo plutôt sympathique, le reste du casting est largement dispensable. À commencer par le personnage d'Audrey San Fernando qu'interprète l'actrice Karla Souza, lequel tente d'offrir un peu de matière à un scénario qui au demeurant n'en contient que très peu (on a déjà vu moins éculé que ce Bud Jablonski tuant du vampire à tour de bras pour pailler l'école et l'appareil dentaire de sa fille!). Concernant les séquences d'action, chaque intervention des vampires et de leurs chasseurs donne lieu à des chorégraphies lors desquelles les créatures virevoltent, se contorsionnent, tandis que leurs assassins font jouer la poudre et les armes blanches. Bien que les meurtres soient nombreux, rares sont les redondances. Des dizaines de décapitations toutes plus originales les unes que les autres et des effets-spéciaux convaincants ! Bref, Day Shift est un spectacle pétaradant, gore, divertissant, ponctué de punchlines parfois drôle et à peine murmurées mais aussi, malheureusement, une œuvre dénuée d'un véritable scénario. Ce dont, à vrai dire, se fichera le pur amateur de films d'action !

 

jeudi 11 août 2022

Baby Driver d'Edgar Wright (2017) - ★★★★★★★☆☆☆ Prey de Dan Trachtenberg (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Si l'on fait l'impasse sur '' The Frighteners '' et que l'on retient tout d'abord la trilogie du '' Seigneur des anneaux '', on pourrait comparer le nouveau cinéma du britannique Edgar Wright à celui du néo-zélandais Peter Jackson, attirés l'un et l'autre par les sirènes hollywoodiennes et qui l'un après l'autre ont donc quitté pour un temps plus ou moins long le confort et la sûreté de leur pays d'origine pour aller s'essayer à de plus grandes ambitions, outre-Atlantique. Débutant à quelques décennies d'intervalles leur carrière de cinéastes en œuvrant dans de jouissives séries B horrifiques (l'un flirtant avec le Z et le gore les plus enthousiasmants et le second avec la plus décomplexée des parodies), les deux réalisateurs sont semble-t-il, parvenus à garder leur âme d'enfants. Voire d'adolescents. Peter Jackson est allé rendre hommage à deux reprises à Tolkien et à l'univers merveilleux des Hobbits, des nains et des elfes. Concernant le réalisateur britannique, la comparaison peut sembler des plus ténue. Si l'intrigue (cet impératif qui ne tient ici que sur une simple feuille A4) et la violence qui en découlent paraissent rejeter tout lien avec ces spectacles grands publics qui n'imposent aucune mise en garde, '' Baby Driver '' est pourtant effectivement le genre de long-métrage que l'on confiera au regard de n'importe quel public, quel que soit son âge. Car si les cadavres s'empilent dans ce jeu de massacre voué aux braquages et au courses-poursuites automobiles, aucune crainte à avoir : l'avant-dernier film d'Edgar Wright a beau être un thriller, sa multitude de punchlines et la posture de ses interprètes/personnages sont relativement innocents. Ici, pas de réflexion. Ou si peu...

 

Aux fraises, la caractérisation du héros prénommé Baby ! Le britannique retient moins le passif du personnage ainsi que ses blessures que l'amour naissant et ses prédispositions en matière de conduite. Même si Edgar Wright ne le signifie pas vraiment, l'acouphène dont il est affligé semble en réalité dissimuler un autisme lui octroyant un talent rare. Observant son environnement comme personne et offrant une musicalité et une rythmique à chacun des actes les plus communs, Baby est à lui seul le symbole du projet que semble revêtir le long-métrage. Unir le son et l'image de telle sorte qu'ils s'accouplent et finissent par ne faire plus qu'un. Entre les plans-séquences figurant des chorégraphies de comédies musicales post-modernes lors desquelles le jeune Ansel Elgort se met en mode Gene Kelly (Chantons sous la pluie) sans parapluie et sans la moindre flaque d'eau et des dialogues rugueux auxquels s'affronte en toute discrétion ce même interprète, '' Baby Driver '' prend une tournure inquiétante avec sa trinité de psychopathes dont Jamie Foxx se fait l'étendard le plus convaincant. On passera sur l'incarnation toujours impeccable de Kevin Spacey, sur l'idylle (relativement superficielle) entre le héros et la jeune Debora (Lily James) qui un peu tardivement se prendront pour Bonnie Parker et Clyde Barrow, sur les caricatures débordant du cadre ou un final grandiloquent pour retenir en priorité la formidable mise en scène et l'énergie déployée par Edgar Wright, son équipe technique et ses interprètes. Deux heures (ou presque d'un spectacle non-stop. Certes plutôt léger en terme de scénario et de psychologie, mais le spectacle est bien là...

 

Quatre an après la purge signée Shane Black, Dan Trachtenberg (auteur de '' 10 Cloverfield Lane '') propose un 5ème opus de la franchise '' Predator '' intitulé '' Prey ''. Le changement d'époque nous plonge en 1715 dans une tribu comanche et le héros de ce nouveau récit n'est plus le bodybuildé Arnold Schwarzenegger mais la jeune Amber Midthunder qui dans la peau de Naru combattra à son tour l'une des plus célèbres et plus hostiles créatures du bestiaire fantastique. Ouais, je sais, ça n'a pas l'air très crédible tout ça mais le film est si bien pensé que ça passe crème. Les décors et la bande son sont magnifiques, les combats sont épiques et parfaitement chorégraphiés. L'héroïne est attachante et les colons en seconde partie, bien méchants quoique très caricaturaux (Les visages pâles dénués de neurones, vêtus de peaux de bisons, les dents pourries et le cheveux gras m'ont parfois bien fait rire !). Le film se la joue un brin '' Apocalypto '' de Mel Gibson et le récit se permet quelques clins d'œil à l'œuvre originale de John McTiernan. '' Prey est une excellente surprise et sans doute la meilleure séquelle de la franchise. Reste que la créature est franchement laide comparée à l'originale. Soit elle est venue chasser sur Terre au terme de son existence, soit elle est victime d'un virus zombie. Non mais, z'avez vu sa tronche ??? Un sans faute... Ou presque... 

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