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mercredi 30 juillet 2025

Blaxploitation : Hell up in Harlem de Larry Cohen (1973) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

En l'espace d'une année seulement, le réalisateur Larry Cohen aura mis en boite les deux volets de la franchise Black Caesar. Le premier, Black Caesar, le parrain de Harlem, laissait pour mort le personnage principal incarné par l'une des plus grandes stars de la Blaxploitation, Fred Williamson. Trahi par sa petite amie et chanteuse Helen (Gloria Hendry), Tommy Gibbs réapparaît donc dans cette suite directe, reprenant ainsi le dernier acte du précédent long-métrage. Blessé par balle, Tommy fait appel à son père qui vient lui porter secours en compagnie de plusieurs hommes. Transporté à l'hôpital, le père et le fils se réconcilient et Tommy propose à son paternel de partager le pouvoir. Mais pour celui que l'on nomme le ''Black Caesar'', le plus important est d'obtenir vengeance. En effet, Helen a remis aux autorités corrompus un petit carnet que Tommy était parvenu à dérober. Lequel prouve que la police et certains magistrats sont compromis dans des affaires de drogue et de racket. Hell Up in Harlem remet en scène plusieurs personnages et donc plusieurs interprètes du premier volet. Fred Williamson, bien entendu, ainsi que Gloria Hendry, qui incarne la compagne du héros, D'Urville Martin qui interprète le rôle du révérend Rufus et bien sûr, Julius Harris qui quant à lui joue celui de Tommy Giggs Senior ! Parmi les nouveaux personnages l'on découvre deux spécimens d'antagonistes parmi les plus mémorables du courant Blaxploitation. D'un côté, l'acteur afro-américain Tony King se fond dans la peau du bras droit de Tommy, un homme bien moins fidèle qu'il n'en a l'air puisque celui-ci joue un double jeu. Collaborant avec le procureur DiAngelo, véritable crapule immorale interprétée par l'acteur Gerald Gordon, son personnage de Zach va scrupuleusement et méthodiquement faire le vide autour de Tommy. Hell Up in Harlem se divise en plusieurs parties distinctes. Après que l'ancien membre de la Mafia new-yorkaise à la tête d'un syndicat du crime ait été laissé pour mort, la vengeance a sonné. Ses hommes et lui vont nettoyer la ville de sa police corrompue mais laissera étonnamment la vie sauve à DiAngelo.


Quelle grossière erreur ! Car après que Tommy et le procureur aient apparemment trouvé un terrain d'entente, ce dernier va faire appel à Zach afin de se venger de l'humiliation dont il a été l'objet. Tout comme d'autres cinéastes avant ou après lui (William Wyler, Russ Meyer, John Guillermin, Richard Fleischer, Jack Arnold ou encore Greydon Clark), Larry Cohen s'est intéressé au genre Blaxploitation avant de devenir le réalisateur de quelques mythiques bandes horrifiques (la franchise It's Alive ou bien Épouvante sur New-York), il a donc lui aussi mis en scène ces deux longs-métrages principalement incarnés par des acteurs d'origine afro-américaine. Et comme cela était généralement le cas, l'homme blanc est à nouveau décrit comme l'antagoniste du récit. Le quartier de Harlem étant alors gangrené par la drogue sur laquelle DiAngelo et ses collaborateurs ont la main mise. En résulte une œuvre plutôt ordinaire mais dotée néanmoins de suffisamment de séquences d'action pour que l'on ne s'ennuie jamais vraiment. En dehors d'un passage lors duquel Tommy fait l'amour avec sa nouvelle petite amie (Margaret Avery dans le rôle de sœur Jennifer) et de quelques plans de poitrines visibles lors d'un assaut perpétré par le héros et sa bande dans un repaire de malfrats, le sexe est remisé au second plan. Les morts, elles, sont par contre très nombreuses. Quelques bagarres relativement anodines puisque mal chorégraphiées (dont une échauffourée plutôt incongrue perpétrée entre le gang de Tommy et des japonais) mais donc, surtout des fusillades dont se dépatouille en général notre héros quitte à ce que cela s'avère invraisemblable. Les amateurs de Blaxploitation seront comme d'habitude aux anges de retrouver l'ambiance si particulière de ce genre de longs-métrages situé dans une ville de New-York bariolée, vivante mais engorgée par la violence. Notons que le film est ''sublimé'' par l'excellente partition msicale composée par Fonze Mizell et Freddie Perren qui remplacent ici au pied levé l'une des grandes figures de la musique noire américaine qui s'était chargée de la bande son de Black Caesar, le parrain de Harlem, James Brown...

 

mardi 29 juillet 2025

Blaxploitation : Bucktown d'Arthur Marks (1975) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

En 1973 sortait sur les écrans de cinéma l'un des grands chefs-d’œuvre du western inspiré par la vague dite ''spaghetti'' réalisé et interprété par l'immense Clint Eastwood, L'Homme des hautes plaines (High Plains Drifter). Incarnant un individu sans nom qui dans la version originale était l'incarnation d'un homme qui avait été lynché par trois autres et qui dans la version française devenait le frère de celui-ci. Si j'évoque ici cet incroyable long-métrage, c'est parce qu'il partage avec Bucktown d'Arthur Marks d'étonnantes similitudes. En effet, en 1973, le scénario d'Ernest Tidyman évoquait l'arrivée d'un inconnu dans une petite ville de l'Ouest américain venu se venger de la mort de son frère, fouetté à mort par trois hommes de loi enfermés par la suite en prison et remplacés depuis par des individus aussi mauvais qu'eux ! Bien que le scénario de Bucktown écrit par Bob Ellison ne fasse pas mention d'une quelconque source d'inspiration liée au film de Clint Eastwood, le rapport entre le personnage que l'acteur et réalisateur interpréta deux ans auparavant et celui qu'incarne ici l'acteur afro-américain et véritable star de la Blaxploitation Fred Williamson est plus qu'évident. Tout comme le personnage de Harley semble lui être directement inspiré de l'adjoint du shérif alcoolique Dude de Rio Bravo quant à lui réalisé par Howard Hawks en 1959... Bucktown peut donc être envisagé comme un western urbain, confrontant un homme venu assister à l'enterrement de son frère Ben récemment décédé dans de troubles circonstances à une autorité corrompue. Troubles ? Pas vraiment. Ou du moins le mystère qui se cache derrière sa mort restera-t-il de courte durée puisque Duke Johnson apprend que son frère a été abattu par les hommes du shérif Patterson interprété par l'acteur Art Lund. Propriétaire d'un bar dont Duke hérite, Ben avait toujours refusé d'être racketté et pour cela, il est mort. Qu'il s'agisse du shérif ou des quatre hommes qui constituent sa petite équipe de représentants de la loi, tous sont corrompus jusqu'à la moelle. Tels des maquereaux, ses adjoints ''relèvent les compteurs'' auprès des habitants qui tous acceptent malgré eux de verser chaque semaine une importante somme d'argent...


Lorsque Duke rouvre les portes du bar que possédait son frère (après avoir tout de même versé la somme de quatre-cent cinquante dollars au shérif), deux adjoints débarquent afin de le faire payer comme tout les commerçants de Bucktown. Mais face au refus du nouveau propriétaire, les deux hommes deviennent agressifs et s'en prennent notamment à Aretha, l'amie de Ben. Duke prend alors la décision de faire appel à son vieil ami Roy (l'acteur Thalmus Rasulala) afin de l'aider à débarrasser la ville du shérif et de ses adjoints. C'est ainsi que Roy débarque accompagné de quatre hommes... Et c'est là que s'inscrit le rapport entre le film d'Arthur Marks et celui de Clint Eastwood. Car aussi étonnant que cela puisse paraître, tout sera réglé en aussi peu de temps qu'il faut pour le dire alors que le film n'aura même pas encore déroulé la moitié de son intrigue ! Et pour cause : après que les mâles blancs aient été décrits comme de la vermine par le réalisateur et son scénariste, voilà que débarquent un groupe d'afro-américains qui surenchériront dans les domaines du racket, de la corruption et de la violence. Arthur Marks traite ainsi à part égale l'homme blanc et l'homme noir dans ce qui s'avère être un excellent film de Blaxploitation dont on retrouve certains codes. Comme cette bande musicale funky que l'on doit à Johnny Pate. Outre Fred Williamson l'on retrouve une autre grande star de la Blaxploitation en la personne de Pam Grier. Découverte par Russ Meyer et employée par Roger Corman, l'actrice devient l'égérie féminine de ce courant et apparaît ici dans le rôle de la séduisante Aretha ! Quant au personnage de Harley, les téléphages reconnaîtront l'acteur Bernie Hamilton dont il s'agira de la toute dernière apparition sur grand écran avant que l'acteur ne se tourne définitivement vers le petit écran. Surtout connu pour son rôle du Capitaine Harold Dobey dans la série policière culte Starsky et Hutch aux côtés de Paul-Michael Glaser et David Soul, il incarne dans Bucktown le rôle d'un beau parleur alcoolique relativement touchant. Ajoutons enfin la présence de l'acteur Carl Weathers dans le rôle de Hambone, l'un des complices de Roy. Plus connu pour ses rôles d'Apollo Creed dans la série de films Rocky et du colonel Al Dillon dans Predator, il interprète ici l'une des pourritures qui orbitent autour de Roy. Le long-métrage d'Arthur Marks multiplie les bagarres et les fusillades et demeure l'un des meilleurs films de sa catégorie...

 

jeudi 29 juillet 2021

Vivre pour Survivre (White Fire) de Jean-Marie Pallardy (1984) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

De l'action, des sentiments incestueux, un trafic de diamants, des gentils et des méchants (dont un chef de police corrompu), des américains, des turcs tous plus ou moins moustachus, une opération de chirurgie esthétique et des acteurs américains, britanniques, italien et français pour un long-métrage dont son auteur, le réalisateur français Jean-Marie Pallardy a débuté sa carrière dans l'érotisme avant de la poursuivre dans le cinéma d'action. Considéré comme l'un des plus fameux nanars de l'histoire du cinéma, Vivre pour survivre (ou White Fire, du nom d'un énorme diamant convoité par tous les personnages) est au regard de bon nombre de longs-métrages de la catégorie, nettement plus regardable que certains d'entre eux. Pourtant, évoquer la longue liste des défauts qu'il arbore pourrait prendre des plombes. Entre ses incohérences scénaristiques, sa mise en scène approximative et son indigente interprétation, le film de Jean-Marie Pallardy reste effectivement un joyau du genre nanar. Pourtant, le réalisateur a su s'entourer de ''célèbres'' interprètes. À commencer par l'acteur Robert Ginty qui, si son nom ne nous parle pas forcément, est connu pour avoir tourné dans nombre de séries télévisées parmi lesquelles on retiendra surtout Le têtes brûlées dans laquelle il a tenu l'important rôle du lieutenant T.J.Wiley entre 1976 et 1978. il interprète dans le cas présent le personnage principal Mike Donelly qui en compagnie de sa sœur Ingrid et de Sam qui leur sauva la vie vingt ans auparavant opère un trafic de diamants prélevés dans une mine proche qui lors d'un éboulement va révéler la présence du White Fire, une gemme légendaire d'une valeur de plusieurs millions de dollars que va tenter de s'approprier une certaine Sophia (qu'interprète l'actrice italienne Mirella Banti)...


Film d'action non dénué de scènes gore et de sexe ambigu (le personnage de Mike étant ouvertement attiré par sa propre sœur), le scénario écrit par Jean-Marie Pallardy est un foutoir sans nom se traînant sur plus de cent minutes, entre gunfights, scènes chaudes (l'actrice britannique Belinda Mayne et sa très... intéressante plastique prenant un bain de minuit pour notre plus grand plaisir), bagarres et dialogues improbables. Le tout enrobé d'une bande-son ultra répétitive composée par Jon Lord et reprenant en outre sans cesse les deux thèmes musicaux White Fire et One Day At A Time qu'interprète le groupe Limelight (à ne pas confondre avec le groupe de heavy metal originaire de Mansfield, en Angleterre). Œuvre franco-britannico-turc, Vivre pour survivre se déroule en Turquie comme le soulignent un grand nombre de figurants moustachus au teint basané et le son des clarinettes et autres Kaval, instruments typique joués en Turquie et notamment à Istanbul où se situe plus précisément l'action. Le film ne nous fait malheureusement pas vraiment voyager. Les décors sont en général relativement navrants en dehors de quelques exceptions. Fort heureusement, l'inaptitude des interprètes à jouer convenablement rattrape le tout, transformant ce petit film d'action inepte en une comédie involontaire. Il faut voir l'ancien joueur de football américain et ancienne vedette de la Blaxploitation Fred Williamson débarquer avec ses gros sabots dans une parodie de ses incarnations passées. Jouant avec les pieds (au sens propre comme au figuré), l'acteur est sans doute le plus mauvais d'entre tous. À noter qu'au tout début du film, en forme de trip bizarre accentué par une bande son inspirée par les nappes ''floydiennes'' de l'époque, apparaît le réalisateur lui-même dans la peau du père de Mike et Ingrid...


Un petit air de la série.... V ?
Aux côtés de Robert Ginty et de Belinda Mayne l'on retrouve l'acteur américain naturalisé français Jess Hahn, bien connu des plus anciens chez nous puisqu'il joua notamment aux côtés de Francis Blanche, Lino Ventura ou Jean-Paul Belmondo et pour Georges Lautner, Philippe de Broca ou encore Jean-Pierre Mocky. Sa participation à un film de Jean-Marie Pallardy ne sera ici ni la première ni la dernière. Notons également la présence de Gordon Mitchell, acteur américain interprétant nombre de rôles dans le cinéma italien, surtout dans des westerns, apparaissant même dans le rôle du tueur à gage de la comédie de Gérard Oury en 1980, Le coup de parapluie aux côtés de Pierre Richard et de Gérard Jugnot. Jean-Marie Pallardy use d'une astuce plutôt maline mais carrément improbable pour aborder le sujet de l'inceste sans choquer les âmes sensibles. Il fait du personnage d'Olga (interprétée par Diana Goodman), la remplaçante d'Ingrid qui après avoir rencontré DEPUIS TRES PEU DE TEMPS son frère accepte de s'allonger sur une table d'opération pour se faire refaire le visage à l'effigie de la sœur de Mike. Le genre de détail invraisemblable qui participe de la légende d'un film tel que Vivre pour survivre. Si c'est pas beau l'amour...

 

mardi 1 juin 2021

VFW de Joe Begos (2019) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

L'année suivant la sortie de Bliss, l'avant dernier long-métrage de Joe Begos à avoir vu le jour jusqu'à maintenant, VFW met en scène quelques vieux routiers du cinéma bis parmi lesquels on retrouve notamment l'ancien joueur professionnel de football américain Fred Williamson qui fut surtout l'un des principaux représentants de la vague de Blaxploitation durant les années 1970. À ses côtés, impossible de ne pas reconnaître l'acteur William Sadler qui joua notamment dans Les Evadés et La ligne Verte de Frank Darabont, deux brillantes adaptations du romancier Stephen King ou David Patrick Kelly, interprète de Luther dans 48 heures de Walter Hill, Sully dans Commando de Mark L. Lester ou DropShadow dans Sailor et Lula de David Lynch. Ils incarnent avec d'autres un tout petit groupe d'anciens combattants qui ont leurs habitudes dans un bar, propriété de Fred Parras, ex combattant du Vietnam qu'interprète l'acteur Stephen Lang, surtout connu chez nous pour avoir joué le rôle du Colonel Miles Quaritch dans Avatar de James Cameron et plus récemment celui de l'aveugle dans l'anxiogène et donc très réussi Don't Breathe de Fede Alvarez. Face à ce petit groupe de résistants qui vont sans doute vivre la plus intense nuit de leur existence, l'actrice Dora Madison, déjà dérangeante dans Bliss et qui dans le cas présent interprète le rôle relativement anecdotique de Gutter, proche du trafiquant de drogue Boz qu'incarne l'acteur Travis Hammer...


Dans une ambiance qui se veut lourde, glauque et mortifère, Joe Begos impose une nouvelle fois après Bliss une esthétique souvent proche de celle de l'hexagonal Gaspar Noé mais avec infiniment moins de talent artistique. À trop vouloir plonger ses protagonistes et leurs agresseurs dans un climat opaque noyé sous des rouges et de bleus primaire saturés, le film en devient illisible. Ce qui s'avère dommage, d'autant plus qu'en digérant nombre d'influences, le réalisateur propose ce qui aurait pu devenir rien moins qu'une œuvre culte autant inspirée par les gangs de New York 1997 de John Carpenter que par le Self Defense de Paul Donovan & Maura O'Connell (pour ne pas citer à nouveau John Carpenter avec son Assault on Precinct 13), mais aussi et surtout par Une nuit en enfer de Robert Rodriguez. Remplacez les vampires auxquels furent opposés George Clooney, Quentin Tarantino, Harvey Keitel et Juliette Lewis à une horde de toxicomanes sous les ordres d'un immonde trafiquant de drogue et vous obtenez à peu de chose près le même contenu... sans tout le génie de Robert Rodriguez, faut-il le préciser...



Certains pourraient reprocher à VFW son manque d'énergie. Ces plages horaires lors desquelles il ne se passe pas grand chose (c'est qu'il faut les ménager nos vétérans du septième art!). Mais le problème n'est pas là. Ni d'ailleurs dans les scène d'horreur parfois bien gore qui transpirent les effets-spéciaux à l'ancienne, la majeur partie des personnages prenant visiblement un plaisir immense à utiliser fusils à pompe, haches, scie circulaire, batte de base-ball nantie de clous (arme très à la mode depuis Negan de The Walking Dead et sa batte prénommée ''Lucille'') et tout ce qui leur tombe sous la main. Joe Begos dépeint d'anciens combattants vieillissants mais auxquels il reste cependant suffisant de force pour combattre une horde de toxicomanes décrits ici comme des zombies. Mieux, des infectés dont les motivations ne sont plus de dévorer leurs semblables mais de récupérer la dope de leur fournisseurs. Si tout concourait à faire de VFW un petit bijou ''What the Fuck'', le visuel devient très rapidement usant. Car non content d'abuser de couleurs saturées, le film est si souvent plongé dans l'obscurité qu'il devient très rapidement éprouvant d'essayer de décoder ce qui se passe à l'écran. Beaucoup trop sombres, les séquences horrifiques en deviennent alors brouillonnes et ça n'est certes pas en plissant les yeux ou en visionnant le long-métrage tous volets fermés que les choses s'arrangeront. Prévoyez donc d'accentuer la luminosité, même avec les conséquences que cela pourrait avoir sur l'esthétique générale, sinon, autant ''écouter'' le film les yeux fermés, le résultat sera pratiquement le même...

 

samedi 13 avril 2019

I Guerrieri Dell'Anno 2072 de Lucio Fulci (1984) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Dans un futur proche (qui ne correspond pas au titre puisqu'une voix off annonce l'année 2001 alors que le film était à l'origine censé se dérouler en 2072), la ville de Rome est le théâtre d'un nombre incalculable de violences. C'est dans cette cité qu'une chaîne de télévision imagine un jeu opposant des gladiateurs chevauchant des motos au milieu d'une arène. Condamné à mort à tort pour le meurtre de sa propre femme, le champion toutes catégories Drake y est jeté parmi trois autres condamnés. Mais alors qu'il doit se battre pour sa survie, lui et les autres s'allient afin d'échapper à leurs geôliers... Si ça, ça n'est pas un put... de scénario, alors je n'y connais rien... Quoi ? Bon, d'accord, je n'y connais rien. Sauf que, tout de même, le truc est en partie scénarisé par Dardano Sacchetti, qui n'est rien moins que le scénariste auteur des scenarii des plus fameuses bandes horrifiques du pape du gore transalpin Lucio Fulci (et entre autres long-métrages, de celui de Amytiville II : the Possession de Damiano Damiani). Et ce dernier, qui est justement le réalisateur du film qui nous intéresse ici, changeait de registre pour s'attaquer au genre post-apocalyptique avec un I Guerrieri Dell'Anno 2072 épouvantablement mauvais.

Malgré un casting constitué de têtes d'affiches pourtant pas négligeables, ce Running Man (Paul Michael Glaser, 1987) avant l'heure ou bien cet ersatz du Prix du Danger d'Yves Boisset (réalisé, lui, deux ans plus tôt en 1982, mais de là à penser que Lucio Fulci s'en soit inspiré...) est une épreuve pour le spectateur, sans doute bien pire que celle vécue par les protagonistes eux-mêmes. Des interprètes dont la trogne ne demeure pas inconnue puisque Jared Martin qui campe le rôle de Drake est notamment connu pour avoir interprété le rôle de Steven Farlow dans la célèbre série télévisée Dallas entre 1979 et 1991. A ses côtés, nous retrouvons l'acteur noir américain Fred Williamson, un ancien joueur de football américain surtout connut chez nous pour avoir été l'un des plus fameux interprètes de la vague Blaxploitation des années 70. A côté de ces deux là, nous retrouvons également Howard Ross (notamment présent dans L’Éventreur de New York de ce même Lucio Fulci en 1982) et quelques visages féminins au titre desquels on compte les actrices Eleonora Brigliadori et Valeria Cavalli.

Autant le dire tout de suite, I Guerrieri Dell'Anno 2072, traduit chez nous sous le titre 2072, les mercenaires du futur, en Belgique sous celui de Rome 2033: The Fighter Centurions, au Québec Les centurions an 2001 (le seul à respecter l'année durant laquelle se produisent les événements) et en Allemagne Die Schlacht der Centurions, est une véritable daube. Le genre de pépite à satisfaire les amateurs de nanars en mal de pellicules fauchées et foirées à tous les niveaux. Le maître incontesté du cinéma gore italien des années 70/80 signait en cette année 1984 l'un des pires représentants des film post-apocalyptique en partie inspiré par le succès du Mad Max de l'australien George Miller. Une engeance terriblement éprouvante à suivre de part sa mise en scène mollassonne constituée de séquences abominablement longues interprétées par des acteurs qui paraissent davantage s'ennuyer que de véritablement s'impliquer dans des rôles qui de toute manière manquent de profondeur. Mais le pire ne demeure pas dans cette machination pensée par les scénaristes Elisa Briganti, Cesare Frugoni, Lucio Fulci et Dardano Sacchetti, mais bien dans les décors outrageusement vides, et peut-être même dans l'insignifiante partition musicale de l'hyper prolifique compositeur italien Riz Ortolani (auteur notamment de celle de l'horrible Cannibal Holocaust de Ruggero Dzeodato en 1980). Et ne parlons même pas des effets-spéciaux, une véritable torture pour les yeux puisqu'essentiellement constitués de nombreuses lumières aveuglantes et d'effets stroboscopiques dégueulasses. Pour revenir sur les décors, I Guerrieri Dell'Anno 2072 est entièrement constitué de séquences tournées dans des lieux aussi vides qu'un hangar désaffecté d'où l'on entendrait presque la résonnance des pleurs d'agonie des spectateurs devant la tristesse qui émane de ce contexte qui d'un point de vue esthétique se révèle dramatiquement pauvre. C'est laid, mais laid... ceux qui ne l'ont jamais vu ne peuvent se douter à quel point le film de Lucio Fulci dégage un sentiment de tristesse. A commencer par les toutes premières minutes, lorsque le héros incarné par Jared Martin participe à un combat à moto amorphe, dans une arène vide de spectateurs, abusivement éclairée à l'ampoule de mille watts. Une séquence à l'image du spectacle que nous infligera durant plus de quatre-vingt minutes un Lucio Fulci jamais vraiment inspiré. Une œuvre bouleversante de médiocrité...

jeudi 29 octobre 2015

Vigilante-Justice Sans Sommation de William Lustig (1981)



Avant qu'il ne soit devenu tout à fait inenvisageable de faire d'un homme de couleur autre chose que le président des États-Unis d'Amérique ou un commissaire de police, le cinéma ne se gênait pas pour lui donner le mauvais rôle. Vigilante-Justice Sans Sommation est typiquement le genre de film glorifiant l'auto-défense comme le firent bon nombre d’œuvres dont Un Justicier dans la Ville demeure l'un des plus célèbres représentants.
Parce qu'elle a eu le malheur d'aider un vieux pompiste alors qu'une bande de loubards lui faisait des misères, une mère de famille et son fils sont les victimes de représailles sanglantes. L'enfant meurt tué par un coup de fusil, et sa mère est laissée pour morte, le visage et le corps lardés de coups de couteaux. Lorsque son époux Eddie rentre du travail le soir même, il ne peut que constater l'horreur de la situation. Après un procès expédié un peu trop vite et durant lequel le meneur de la bande est condamné à seulement deux ans de prison avec sursis, Eddie choisi de rejoindre les rangs d'une milice constituée des habitants d'un quartier peu tranquille de New-York afin de se faire justice lui-même...


Voici donc comment démarre ce film signé du cinéaste William Lustig. Son nom est bien connu des amateurs de films d'horreur puisqu'il a réalisé un an avant Vigilante, l'un des rares films réellement flippants de toute l'histoire du cinéma. Cette œuvre, c'est Maniac. Crapuleux, malsain, sanglant et véritablement angoissant, il a permis à l'acteur Joe Spinell d'entrer dans la légende. Joe Spinell d'ailleurs qui fait une courte mais remarquée apparition dans ce second film de William Lustig dans le rôle d'un avocat corrompu. Plu encore qu'un simple film d'auto-défense, Vigilante décrit avec un certain réalisme une cité urbaine en pleine décomposition.

La police est impuissante à venir en aide à ses concitoyens. Seuls moyens pour ces derniers de rester en vie, se défendre eux-mêmes. Et ce, par tous les moyens. Comme dit au début de cet article, c'est l'homme de couleur qui est à abattre. C'est lui le mauvais esprit qui plane au dessus de New-York. Pourtant, William Lustig ne lui oppose par l'homme blanc mais là aussi, un noir. Comme s'il fallait au cinéaste rétablir la balance pour qu'aucun bruit de couloir ne vienne faire grincer les dents des biens pensants ou des censeurs.
Drogue, prostitution, guerre des gangs, c'est un peu les mêmes ficelles qui nous sont resservies à chaque fois mais que voulez-vous, à l'époque ces maux là faisaient déjà l'actualité dans les médias. Vigilante est dans le registre de l'auto-défense un bon petit film qui consacre les eighties. On retrouve Jay Chattaway en compositeur, quelques courts thèmes empruntés d'ailleurs à Maniac. Principalement interprété par Robert Forster et Fred Williamson, le film n'est pas exempt de défauts. S'ils apparaissent mineurs, ils nuisent cependant au bon déroulement d'une œuvre devant permettre aux refoulés de la justice de se faire la main à travers ses personnages. Les courses-poursuites et les mises à mort font parfois peine à voir. On sent pourtant que William Lustig tient à son sujet. On retrouve un peu de cette ambiance viciée ayant éclaté avec quelques années de retard sur les grands écrans grâce à Maniac mais dans une moindre mesure.

Même si le cadre n'est pas joyeux (loi s'en faut), on adore cette description d'une ville qui s'effondre sur elle-même. L'homme blanc lui aussi est entaché d'une certaine responsabilité. Investissant les postes les plus importants de New-York (police, mairie, juge, avocat) c'est par son laxisme que certains en sont venus à se proclamer justicier. Que ceux qui considèrent Maniac comme leur film de chevet ne se trompent pas. Vigilante, s'il est plutôt violent, laisse de côté l'horreur de son prédécesseur. Ici, le réalisme demeure et c'est avant tout ce qui compte dans l’œuvre du cinéaste. L'interprétation est bonne et le film relativement jouissif. Un excellent divertissement...
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