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samedi 13 juillet 2013

Le Tour de France: Les Triplettes De Belleville de Sylvain Chomet (2002)



En pleine campagne française, Madame Souza, vieille femme d'origine portugaise élève seule son petit-fils, Champion, depuis la disparition de ses parents. L'enfant s'ennuie terriblement dans ce paysage morne. Il n'a pas d'amis et n'a rien à faire d'autre que suivre les émissions de télévision que regarde sa grand-mère. Un soir, ils assistent tous les deux à la retransmission d'un spectacle donné par les Triplettes de Belleville. A la suite du programme, un pianiste joue un air qui semble attirer l'attention de Champion. Madame Souza s'empresse donc d'aller dépoussiérer son piano et de jouer pour son petit-fils mais Champion fuit devant l'ampleur des dégâts. Sa grand-mère lui offre alors un chien qu'il prénomme Bruno. Mais rien n'y fait, le garçon s'ennuie toujours autant. Elle lui fait cadeau d'un train électrique. Il y joue un temps, puis finit par s'en lasser.

C'est en faisant le ménage dans la chambre de Champion que sa grand-mère tombe sur un cahier rempli de photos de cyclistes découpées dans les journaux. Alors qu'il rentre de l'école, l'enfant trouve une bicyclette toute neuve qu'il se dépêche d'enfourcher...

L'automne passe. L'hiver lui aussi. Puis ce sont les années qui défilent. La campagne environnante a laissé la place à une ville aux maisons serrées les unes contre les autres. Pire ! Juste devant la chambre de Champion a "poussé" un pont sur lequel de très nombreux trains passent.

Aujourd'hui, Champion est un jeune homme très mince hormis ses cuisses et ses mollets, particulièrement musclés. Il s’entraîne avec sa grand-mère pour le Tour de France. Bruno fait d'étranges rêves et est devenu une énorme boule de poils qui passe son temps à gueuler contre les trains qui passent devant la maison. Madame Souza prend soin de son champion. Entraînement, massage, tout y passe. Lorsque la première étape du Tour de France démarre, tout se déroule relativement bien pour le jeune homme. Sauf qu'un type louche entièrement vêtu de noir jette des clous sur la route juste après que le dernier concurrent soit passé. Derrière, l'un des pneus de la voiture-balais dirigée par Madame Souza crève, Champion échappant alors à la vue de sa grand-mère...

Mis en images par le cinéaste Sylvain Chomet, Les Triplettes De Belleville est un film d'animation au style graphique bien particulier. Démarrant sous l'aspect d'une vieille bobine, le spectacle des Triplettes est honoré par les présences animées de Joséphine Baker, Fred Astaire et Charles Trenet. Du noir et blanc, des lignes verticales et de la poussière dues à l'usure, et surtout une bande-son rétro qui colle parfaitement au contenu. Puis la couleur arrive, toujours dans un style qui diffère de ce que l'on a désormais l'habitude de voir au cinéma. La physionomie des personnages et des décors tranche avec cette fameuse Belleville du titre dont on ne découvre rien avant la tragédie qui va toucher Champion et sa grand-mère. Une cité gargantuesque où sont érigés des buildings monstrueux.

Le royaume de la malbouffe gardée par une copie de la Statue de la Liberté obèse. Sylvain Chomet rend également hommage à l'une de nos plus célèbres accordéoniste : Yvette Horner (ici caricaturée et renommée en Roberte Rivette). Quelques références à Jacques Tati sont à noter (Un extrait du film Jour de France est diffusé sur le petit poste de télévision des Triplettes, et la girouette placée au sommet de la maison de Madame Souza rappelle fortement le facteur du même film).

Les Triplettes De Belleville possède un nombre de qualités indéniables, ce que n'ont pas oublié de préciser certains festival en lui accordant plusieurs prix (l’Étoile d'Or du film 2004 remise par l’Académie de la presse du cinéma français, le Prix Génie 2005 décerné par l'académie canadienne du cinéma et de la télévision et le César de la meilleure musique écrite pour un film en 2004 ), ou en le nominant plusieurs fois ( aux Césars dans les rubriques meilleur film, meilleur premier film ainsi qu'aux Oscars dans les sections Meilleure chanson originale, meilleur film d'animation). Le graphisme (mêlant animation et images réelles), la musique, et surtout l'histoire attachante de ce "couple" attachant et de ces trois stars du music-hall vieillissantes finissent de convaincre sur la réelle valeur de ces Triplettes De Belleville...

lundi 8 juillet 2013

Le Tour de France: Les Cracks de Alex Joffé (1967)



En 1901, toute la ville de Paris se passionne pour la course cycliste du siècle, Paris-San Remo. L'équipe "La Gauloise" utilise cette année le tout dernière modèle de vélo de course. D'un poids de 33 kilos, il s'agit d'une bicyclette entièrement équipée sur laquelle Flavien Serrurier, de "La Gauloise", compte pour remporter la course. Organisée par "Le Cycle", "La Voce Portiva d'Italia" et le concours des grandes villes d'eaux, le Paris-San Remo compte 1300 kilomètres d'une seule traite, avec arrêts à volonté, contrôles fixes et primes. Le champion italien Orlando Orlandi compte bien lui aussi mettre la main sur le titre.

Dans le plus grand secret, Jules Auguste Duroc, petit artisan français et inventeur de génie met la dernière main sur une invention révolutionnaire : un tout nouveau modèle de bicyclette ! Pendant qu'il travaille sur son invention, sa femme Delphine endosse les responsabilités familiales et s'occupe à elle seule de la demeure. Jules englouti l'intégralité des biens de la famille. Il se fait prêter de l'argent par le mont de piété auquel il "confie" ses biens mais est incapable ensuite de rembourser l'argent qui lui a été prêté. Chaises, fusil de chasse, horloge, tableaux, miroirs et même cage à oiseau disparaissent ainsi du décor familial.

La famille Duroc compte sur l'oncle Lucien, champion de cyclisme. Mais alors que la bicyclette de Jules est enfin terminée, voilà que l'on sonne à la porte. Maître Charles Mulot, huissier de justice vient prendre possession des quelques biens qu'il reste aux Duroc, dont, la fameuse bicyclette. Refusant de laisser qui que ce soit de mettre la main sur son invetion, Jules file par la fenêtre et prend la fuite. Il se retrouve malgré lui au beau milieu des coureurs participant à la course Paris-San Remo. C'est ainsi qu'il demande à se faire engager afin d'échapper à Charles Mulot qui va, alors, n'avoir de cesse de le rattraper, aidé par Delphine, à bord d'un triporteur...

Tourné en 1967 par Alex Joffé dans une région qu'il connaît bien puisqu'il y possède une maison de campagne, Les Cracks est une savoureuse comédie, légère et rafraîchissante. Bourvil, Robert Hirsch et Monique Tarbès s'en donnent à cœur joie dans cette course folle de Paris à San Remo (course cycliste imaginaire). Comme dans toute bonne épreuve à vélo diffusées dans les médias (et notamment la télévision), on prend un plaisir immense à regarder défiler les paysages. Un décor qui, n'en doutons pas, demeure aujourd'hui le témoignage d'une époque révolue où ne semblaient avoir d'important que les vraies valeurs humaines. Le courage, le respect de la nature, mais aussi, la fourberie et la tricherie. A l'époque, on ne parle pas encore de dopage. Mais pour tromper l'adversaire on sème sur son passage des clous afin que crèvent les pneus de son vélo. On mélange au stand de ravitaillement de fortes doses de somnifère aux cuves de citronnades. Et parce qu'il est peut-être inavouable de mettre ces agissements sur le dos des managers sportifs, on colle la responsabilité de ces actes sur le dos de Charles Mulot. Un huissier qu'endosse l'excellent Robert Hirsch qui campe un personnage rarement antipathique, et au jeu mêlant malicieusement ceux de Tony Curtis (pour la troublante ressemblance physique) et de Charlie Chaplin (pour les pitreries et cette manière toute particulière qu'il a de marcher ou de gesticuler).

Plus encore que Bourvil, qui interprète le rôle de Duroc, c'est bien Robert Hirsch qui fait le show. Lui et Monique Tarbès, actrice, comédienne mais aussi, et cela on a tendance à l'oublier, l'un des principaux personnages de la cultissime émission 1, Rue Sésame, diffusée entre 1978 et 1982. Si le scénario est des plus classique (une course-poursuite entre deux hommes en pleine épreuve sportive), on s'amuse et on rit même beaucoup. D'abord devant les singeries de Robert Hirsch, ensuite devant certaines grandes idées. Comme par exemple la scène entre Bourvil et les deux gendarmes à la frontière entre deux régions de France, "l'apocalyptique " scène durant laquelle la presque totalité du peloton s'endort en chemin, ou encore la scène du train sur le toit duquel Robert Hirsch s'en donne à cœur joie, suivi de près par le triporteur conduit par Monique Tarbès.

Les Cracks est donc une excellente comédie qui a su conserver tout son charme malgré les années. A voir et à revoir encore...
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