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lundi 17 mai 2021

Tenebrae de Dario Argento (1982) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

La résolution de l'intrigue de ce huitième long-métrage réalisé par le cinéaste italien Dario Argento pourrait se résumer en ces quelques mots : inutile de chercher midi à quatorze heures. Une fois comprise cette formule, tout est dit. Dario Argento revient en 1982 à des amours qu'il n'a jamais vraiment perdues de vue autrement qu'en 1973, année de sortie de son unique comédie historique Le Cinque Giornate. Une ''pause'' à laquelle allait succéder deux ans plus tard, LE plus illustre des gialli et LE plus grand film de son auteur, Profondo Rosso. Chef-d’œuvre absolu du genre, insurpassable, magnifié par la partition musicale du groupe de rock progressif italien Goblin. Puis ce furent Suspira en 1977 et Inferno en 1980. Mais entre le meilleur de tous les longs-métrages signés de Dario Argento et Tenebrae, le contraste est aussi saisissant qu'un bain de soleil de plusieurs heures auquel succéderait un plongeon dans une eau d'à peine dix degrés. Un choc ! Une mort non par hydrocution, mais par ''audiocution'' ou ''visuellocution''. Des termes inventés qui ne semblent vouloir pas dire grand chose mais qui reflètent relativement bien la part de déchéance dans laquelle allait commencer à se laisser glisser l'auteur d'une excellente trilogie animale en début de carrière. Ou comment l'auteur d'une œuvre picturale intense comme pu l'être Inferno ou d'un récit au scénario aussi remarquable que celui de Profondo Rosso n'allait plus être capable en cette année 1982 que de nous servir un script dont l'indigence n'aurait de comparable que sa plate mise en scène...


Si Dario Argento continue de manier lui-même les armes blanches qui dans le cas présent prennent la forme de couteaux, de rasoirs à main ou bien même de haches, ce que son œuvre perpétue toujours avec autant de désagrément pour le public et aussi peu de panache pour ceux qui en sont responsables, c'est l'utilisation d'une post-synchronisation toujours aussi désastreuse...Pour les anglophobes ou les ''italophobes'', la chose peut paraître vaine à comprendre mais pour celles et ceux qui désirent découvrir le film dans le confort de sa langue natale, la lourdeur du travail effectué en post-synchronisation gâche le plaisir de la découverte en version originale... Quant à l'identification de l'assassin de ce récit qui situe son action à Rome alors même qu'il y sévit en se servant de l'ouvrage de l'auteur de romans policiers Peter Neal qu'interprète l'acteur américain Anthony Franciosa, Dario Argento semble faire son auto-critique. Ou comment rendre attractive une conclusion pourtant encore plus flemmarde d'un point de vue créativité que celle du Chat à neuf queues. Ici, le serpent se mord la queue. Tiens ! Un joli titre qui aurait pu faire de Tenebrae le sympathique quatrième volet de la trilogie originelle consacrée aux animaux. Si l'on est encore très loin de l’œuvre putrescente d'un Lamberto Bava, Tenebrae est triste pratiquement à tous points de vue. Visuellement, le film est très en deçà de ses deux précédents longs-métrages. Terminées les couleurs criardes ou les pastels. Finis les décors baroques.


Ici, le réalisateur italien nous convie dans des environnements impersonnels relativement fades. À dire vrai, l'intérêt est à chercher ailleurs, et surtout pas dans l'intrigue qui finalement n'est qu'une resucée de moindre intensité de ce que nous recycle film après film Dario Argento. Non, l'intérêt majeur provient d'un détail qui ne joue absolument pas sur la perception que l'on peut avoir sur le récit mais plutôt sur le jeu de séduction d'un ou plusieurs interprètes. On pourrait évoquer John Saxon ou les quelques jolies plantes qui écument un certain nombres de plans. Mais c'est bien la présence unique de l'actrice et compagne du réalisateur, Daria Nicolodi. Peut-être pas la beauté comme l'entendraient beaucoup, mais un charme dévastateur certain. Et puis, quitte à verser dans l'hémoglobine, surtout à une époque où le Slasher mime d'une certaine manière le Giallo (Vendredi 13 de Sean S. Cunningham est passé par là deux ans plus tôt), pourquoi ne pas dépasser les limites que Dario Argento semble s'être imposées jusque là en proposant quelques séquences particulièrement sanglantes perpétrées à grands coups de hache ? Dans l’œuvre de ce grand cinéaste de l'épouvante à l'italienne, Tenebrae n'est peut-être pas le pire de ses films, mais il est loin d'atteindre les sommets de ses premières amours dans le domaine du Giallo...

 

samedi 9 juin 2018

La Casa Sperduta nel Parco de Ruggero Deodato (1980) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



David Heiss, c'est d'abord une gueule plus qu'un nom. Si le grand public a peu de chance de le connaître, ceux qui suivirent la carrière du regretté Wes Craven se souviennent peut-être du personnage qu'il incarna dans The Last House on the Left. L'abominable Krug Stillo, c'était bien lui. Un rôle qui lui collera à la peau encore quelques temps puisque cinq ans plus tard, en 1977, le cinéaste italien Pasquale Festa Campanile lui confiera un rôle similaire dans Autostop rosso sangue. Puis trois ans plus tard, ce sera au tour de Ruggero Deodato de lui offrir celui d'Alex, qui aux côtés de Giovanni Lombardo Radice, dont le visage halluciné ne peut demeurer inconnu des amateurs de films d''horreur (puisque dans Paura nella Città dei Morti vVventi, c'est lui qui allait interpréter la même année que La Casa Sperduta nel Parco, le rôle d'Alex, simple d'esprit, victime d'un meurtre particulièrement horrible), campe un individu violent, amateur de femmes et ami de Ricky avec lequel il va s'incruster dans une soirée et semer la terreur parmi les convives...

Alors que l'on s'attend à ce que la fête batte son plein, l'ambiance est plutôt triste et froide. A part David Heiss et Giovanni Lombardo Radice, le casting n'est constitué que de quelques actrices et acteurs italiens d'un effarant mutisme. A croire qu'en lieu et place de l'alcool, les personnages ont surtout consommé des anxiolytiques et des somnifères. Cherchant très certainement à suivre les traces de The Last House on the Left , La Casa Sperduta nel Parco lui est cependant infiniment inférieur. La faute à une interprétation mollassonne, attentiste, et en tout point médiocre. Comment un cinéaste qui se respecte peut-il adouber des scènes aussi outrageusement mal jouées? David Heiss a beau s'escrimer pour rendre son personnage effroyable, ceux que le cinéaste lui oppose ont l'air de très sérieusement s'ennuyer.
Que l'on juge le film d'effroyable relève d'un manque total de connaissances en la matière car bien avant La Casa Sperduta nel Parco d'autres longs-métrages ont été bien plus loin dans la description d'une horreur froide et clinique. Ici, il faut voir comment jouent Christian Borromeo, Brigitte Petronio, Gabriele Di Guilio et les autres. Leur jeu d'acteur est désespérément plat. Inconséquent. A mille lieux des enjeux dramatiques tournant autour de cette soirée qui tourne mal.

Mortellement répétitif, La Casa Sperduta nel Parco n'est qu'une succession permanente de scènes durant lesquelles le personnage incarné par David Heiss s'en prend à ses hôtes, frappant avec virulence les hommes, et profitant des charmes des femmes sans que tout ce petit monde ne réagisse vraiment face à leurs agresseurs. A part lui, et Giovanni Lombardo Radice qui dans son rôle de 'suiveur', est contraint de suivre la marche, le reste du casting est déplorable. Même la délicieuse actrice française Annie Belle a l'air de se faire autant chier que les spectateurs. Heureusement, ses charmes viennent redonner un peu de cœur à l'ouvrage à ces derniers qui fatalement, finiront par s'endormir devant le film pour peu qu'ils aient passé une très mauvaise nuit. Pas d'effets gore, quelques menues impacts sur les visages de personnages qui pourtant s'en sont pris plein la gueule. Le miracle du septième art ou comment se faire fracasser la tête contre une table des dizaines de fois et arborer un visage beaucoup plus frais que prévu. Christian Borromeo peut se réjouir: il détient ici la palme d'or du plus mauvais acteur de tous les temps. Plus le gars se prend des coups, plus l'acteur qui l'incarne reste passif. De quoi rendre fou d'amour pour cet acteur, n'importe quel amateur de séries Z. Tout comme le film qui mérite tout, sauf la légende qui l'entoure... Et je ne vous parle même pas du doublage en français, qui frise le génie et responsable pour une bonne partie de désastre que revêt le film de Ruggero Deodato. Paraît qu'il y en a qui ont apprécié. Moi pas...
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