Ah, Lamberto Bava... Sacré personnage que le fils de celui auquel
l'on prête parfois la paternité du Giallo.
Ce cinéma typiquement transalpin que l'on compare généralement aux
Slashers
outre-atlantiques. Halloween
et Vendredi 13
pour les plus célèbres. Ou bien The Burning
et The Prowler
pour ceux qui trônent parmi les dignes et très proches héritiers
du tandem de tueurs que forment Michael Myers et Jason Voorhees...
S'il
y a quelque chose de très excitant dans Una
Notte al Cimitero,
c'est moins son contenu que sa traduction dans notre pays. Imaginez :
les distributeurs français, plutôt que de se résoudre à
respectueusement franciser le titre sous sa véritable traduction
(qui est : Une
nuit au cimetière),
ceux-ci lui préférèrent un L'Antichambre de
l'enfer tout
aussi séduisant. Mais cet enfer promis dans nos contrées, dans cet
hexagonal péchant par vanité au point d'avaler tout ce qu'on lui
donne à boire ou à manger, c'est surtout le spectateur qui aura à
l'endurer. Car si effectivement, les cinq jeunes adultes incarnés à
l'écran par les actrices et acteurs de tous bords que sont Gregory
Lech, Lea Martino, Beatrice Ring, Karl Zinny det Fianmarco Tognazzi
vont en voir de toutes les couleurs et de toutes les odeurs, c'est
bien nous, pauvres victimes volontaires, amatrices de ce type de
projets estampillés ''Nanars''
qui allons souffrir d'accepter le deal. N'est pas fan de Lamberto
Bava celui qui dès les dix premières minutes sent dans tout le
corps, cette désagréable démangeaison qui le pousse à courir
loin, très loin de son écran de télévision sous prétexte d'avoir
envie de se dégourdir les jambes... Mais si Una
Notte al Cimitero
est typique de cette corrosion qui semble devoir toucher tout ou
presque de l’œuvre du cinéaste italien, ce téléfilm prévu à
l'origine pour être le premier segment d'une série en cinq volumes
intitulée Brivido
Giallo
n'est pas tout à fait désagréable à regarder. Surtout si l'on
s'est d'abord fait la main sur les piètres La
Casa con la Scala nel Buio
et Shark - Rosso nell'Oceano
respectivement réalisés en 1983 et 1984. Auteur du pourtant très
appréciable Macabro
en 1980 et des non moins cultissimes Dèmoni
et Dèmoni 2... L'Incubo Ritorna
en 1985 et 1986, Lamberto Bava est fait du même bois que ceux qui
auront démarré en grandes pompes leur carrière de réalisateur
avant de tomber dans l'écueil le plus triste de leur art ! Ici,
la patte est reconnaissable entre mille. Cette
accointance pour les décors enfumés, nimbés de lueurs sinon
artificielles, du moins très éloignées de la lumière naturelle
que diffuse l'astre solaire est bien la marque du réalisateur
originaire de Rome.
Des fumerolles
clipesques, des décors plus proches du carton-pâte que des
créations que mes anciens camarades-étudiants et moi-même avions
apprises à concevoir lors de notre apprentissage de staffeurs
ornemanistes voilà plus de trente ans en arrière... Tout transpire
le factice, volant ainsi au passage toute conception que pourrait
avoir le cerveau humain sur le supposé vérisme de ce qui se produit
à l'image. Un moindre mal, à vrai dire, devant le naufrage
artistique que représente chacune des incarnations du film. Des
acteurs qui n'en ont semble-t-il que le nom. Surjouant la comédie et
dont l'effroi est aussi drôle à percevoir que le furent sans doute
les ambitions du réalisateur. On ne pourra par contre sans doute pas
reprocher à Lamberto Bava d'avoir lésiné sur les effets
volontairement comiques. Voire grotesques. Une gestuelle quasiment
épileptique de la part des interprètes et des vociférations
s'agissant des représentantes de celles que l'on n'ose plus traiter
aujourd'hui de ''sexe faible'' sous peine de voir débarquer un
attroupement de néo-féministes, il y a ici de quoi boire, manger,
mais aussi et sans doute plus sûrement, vomir ! Un spectacle
qui déjà à l'époque était techniquement et artistiquement
largué. Témoignage d'un art italien sur le plan horrifique qui à
l'époque était sur la pente glissante... Mais au fait, de quoi ça
parle ? Et bien, cinq jeunes gens, trois garçons et deux
filles, ont l'art du vol dans la peau. Alors, lorsque vient
l'opportunité de s'abriter dans une bien curieuse auberge isolée en
pleine campagne et d'y découvrir un bocal rempli d'objets de valeurs
leur est offerte, le propriétaire des lieux leur propose un marché.
S'ils acceptent de traverser les catacombes qui se situent sous les
fondations de l'établissement et qu'ils en ressortent sans
encombres, ceux-ci pourront repartir les poches pleines de
merveilles. Una Notte al Cimitero
est donc une longue, moche, bavarde et ennuyeuse promenade dans un
univers sombre auquel le Lucio Fulci de Paura
nella Città dei Morti Viventi
ou de ...E tu vivrai nel terrore! L'aldilà
n'aurait sans doute pourtant pas adhéré par manque de réalisme.
Loin s'en faut, le film de Bava fils n'en est pas moins une plaisante
aventure, bourrée de défauts, certes, mais plaisante malgré
tout.Une bonne partie de poilade générée par des créatures au
mieux, pittoresques ! Et puis, ne serait-ce que pour ce combat
final entre nos cinq héros et la Grande Faucheuse dont la durée, je
vous le promets, ne dure qu'une demi-seconde tout au plus, Una
Notte al Cimitero
vaut vraiment le détour...
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