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samedi 14 juin 2025

Calm with Horses de Nick Rowland (2019) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Fut un temps où le réalisateur danois Nicolas Winding Refn lavait le cerveau des spectateur à l'acide. Pusher 1, 2 & 3, Bleeder, Bronson. Puis vint le temps où son cinéma s'acheta une conduite en arborant des atours esthétiques aux angles beaucoup plus doux. Ce qui ne l'empêcha pas de persévérer dans l'habituelle routine de la violence incarnée. Si certains se demandent encore ce qu'il peut bien foutre depuis son dernier passage sur grand écran (The Neon Demon remonte déjà à 2016), d'autres ont peut-être déjà oublié le bonhomme pour aller voir ailleurs si l'air y demeurait tout aussi vicié. Plusieurs choix s'imposent pour se rendre jusqu'en Irlande. Prendre l'avion et traverser la mer du nord, la franchir à la nage ou bien passer par l'Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique et l'Angleterre. À chacun sa méthode... Mais pour y faire quoi ? Peut-être pour y dénicher un peu de cette matière rugueuse qui au fil des années a disparu de la surface de plus en plus polie de la filmographie du réalisateur originaire de Copenhague. Bonne nouvelle, le canadien David Cronenberg revient à ses premières amours. Avec le remake de Maniac Cop de William Lustig (auteur du glauquissime et très gore Maniac en 1980), on peut espérer que Nicolas Winding Refn retrouve l'état de grâce morbide et nihiliste de ses débuts. Mais d'ici à ce que le projet prenne véritablement forme, on ira taper à la porte de Nick Rowland, réalisateur irlandais dont Calm with Horses peut facilement être envisagé comme une alternative intéressante au premières œuvre du danois. Le genre de long-métrage écrit sur du papier abrasif...


Rien que du classique pour ce récit écrit par Joe Murtagh sur la base d'une nouvelle signée de Colin Barrett mettant en scène un ancien boxeur qui désormais travaille pour un clan de trafiquants de drogues dont le patriarche est particulièrement redouté dans la région. Le genre de gueule et de destin brisé qu'auraient pu endosser en leur temps nos spécialiste ''es bonne humeur'' français, Philippe Léotard ou Patrick Dewaere ! Ouais, le genre de gaillards qui n'avaient pas peur d'interpréter des losers puisque l'un et l'autre marquèrent surtout les esprits à travers des personnages qui ne faisaient pas franchement rêver (La traque de Serge Leroy, La balance de Bob Swain, Les fauves de Jean-Louis Daniel pour l'un, Coup de tête de Jean-Jacques Annaud, Série noire d'Alain Corneau, Un mauvais fils de Claude Sautet pour le second). La vedette de Calm with Horses, c'est l'acteur Cosmo Jarvis dont la gueule est certainement dont se souviendront surtout les spectateurs. Cassée, tragique, comique, le genre à ne pas avoir inventé le fil à couper le beurre, la poudre ou l'eau chaude. Un personnage aussi violent que touchant. Un enfant dans le corps d'un adulte bas du front qui semble un peu trop tard prendre le virage que tout individu censé evrait logiquement choisir dès son plus jeune âge. Mais lorsque l'on vit loin des grandes villes, dans un coin où les méthodes expéditives valent mieux qu'un procès en règle, que l'on est séparé de sa compagne et que l'on ne voit qu'occasionnellement son fils atteint d'autisme, il y a de quoi conserver un modèle de valeurs foncièrement déviant. Pauvre Arm...


Histoire d'en rajouter une couche, et alors que naît en lui cette question fondamentale qui le pousse à choisir entre le bien-être de ceux qu'il aime et ce nouveau travail que va lui confier ce cinglé de Paudi (l'acteur Ned Dennehy), voici que l'ancien boxeur est chargé d'éliminer Fannigan (Liam Carney), un vieux gars pas plus finaud que la majorité de ceux qui traversent le récit et qui en outre, a eu un comportement particulièrement répugnant envers un tout jeune membre de la famille de celui-là même qui a décidé qu'il fallait en finir avec lui. Si certaines décision paraissent logiques, le film démontre, violence à l'appui, qu'elles peuvent avoir également des conséquences désastreuses. En faisant le bien (choix qui pourtant peut être envisagé dans le cas présent comme une mauvaise interprétation de la sagesse face à l'imprudence), Arm se prendra les pieds dans le tapis d'une morale qui dans le contexte actuel n'aura de valeur que pour un cercle constitué que de lui seul. Parfois très violent et retranscrivant assez bien le milieu social dans lequel il plonge ses prota/antagonistes, Calm with Horses souffre malheureusement d'une écriture bien trop légère puisqu'il ne se passe pas grand chose. Du moins, rien de réellement innovant n'éveillera la curiosité des amateurs de thrillers poisseux et désespérés. Plutôt mou, naïvement mis en scène et tournant en rond, le film connaît malgré tout un sursaut une fois l'heure passée. Calm with Horses se transforme alors en descente aux enfers avec tout ce que cela suppose de violence et de noirceur. Malheureusement, l'accélération sera suivie d'un gros coup de frein à main, le film peinant alors à s'achever dans de louables conditions. Sympas... sans plus...

 

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