Fut un temps où le
réalisateur danois Nicolas Winding Refn lavait le cerveau des
spectateur à l'acide. Pusher 1,
2
& 3,
Bleeder,
Bronson.
Puis vint le temps où son cinéma s'acheta une conduite en arborant
des atours esthétiques aux angles beaucoup plus doux. Ce qui ne
l'empêcha pas de persévérer dans l'habituelle routine de la
violence incarnée. Si certains se demandent encore ce qu'il peut
bien foutre depuis son dernier passage sur grand écran (The
Neon Demon remonte
déjà à 2016), d'autres ont peut-être déjà oublié le bonhomme
pour aller voir ailleurs si l'air y demeurait tout aussi vicié.
Plusieurs choix s'imposent pour se rendre jusqu'en Irlande. Prendre
l'avion et traverser la mer du nord, la franchir à la nage ou bien
passer par l'Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique et l'Angleterre. À
chacun sa méthode... Mais pour y faire quoi ? Peut-être pour y
dénicher un peu de cette matière rugueuse qui au fil des années a
disparu de la surface de plus en plus polie de la filmographie du
réalisateur originaire de Copenhague. Bonne nouvelle, le canadien
David Cronenberg revient à ses premières amours. Avec le remake de
Maniac Cop
de William Lustig (auteur du glauquissime et très gore Maniac
en 1980), on peut espérer que Nicolas Winding Refn retrouve l'état
de grâce morbide et nihiliste de ses débuts. Mais d'ici à ce que
le projet prenne véritablement forme, on ira taper à la porte de
Nick Rowland, réalisateur irlandais dont Calm
with Horses
peut facilement être envisagé comme une alternative intéressante
au premières œuvre du danois. Le genre de long-métrage écrit sur
du papier abrasif...
Rien
que du classique pour ce récit écrit par Joe Murtagh sur la base
d'une nouvelle signée de Colin Barrett mettant en scène un ancien
boxeur qui désormais travaille pour un clan de trafiquants de
drogues dont le patriarche est particulièrement redouté dans la
région. Le genre de gueule et de destin brisé qu'auraient pu
endosser en leur temps nos spécialiste ''es
bonne humeur''
français, Philippe Léotard ou Patrick Dewaere ! Ouais, le
genre de gaillards qui n'avaient pas peur d'interpréter des losers
puisque l'un et l'autre marquèrent surtout les esprits à travers
des personnages qui ne faisaient pas franchement rêver (La
traque
de Serge Leroy, La balance
de Bob Swain, Les fauves
de Jean-Louis Daniel pour l'un, Coup de tête
de Jean-Jacques Annaud, Série noire d'Alain
Corneau, Un mauvais fils
de Claude Sautet pour le second). La vedette de Calm
with Horses,
c'est l'acteur Cosmo Jarvis dont la gueule est certainement dont se
souviendront surtout les spectateurs. Cassée, tragique, comique, le
genre à ne pas avoir inventé le fil à couper le beurre, la poudre
ou l'eau chaude. Un personnage aussi violent que touchant. Un enfant
dans le corps d'un adulte bas du front qui semble un peu trop tard
prendre le virage que tout individu censé evrait logiquement choisir
dès son plus jeune âge. Mais lorsque l'on vit loin des grandes
villes, dans un coin où les méthodes expéditives valent mieux
qu'un procès en règle, que l'on est séparé de sa compagne et que
l'on ne voit qu'occasionnellement son fils atteint d'autisme, il y a
de quoi conserver un modèle de valeurs foncièrement déviant.
Pauvre Arm...
Histoire
d'en rajouter une couche, et alors que naît en lui cette question
fondamentale qui le pousse à choisir entre le bien-être de ceux
qu'il aime et ce nouveau travail que va lui confier ce cinglé de
Paudi (l'acteur Ned Dennehy), voici que l'ancien boxeur est chargé
d'éliminer Fannigan (Liam Carney), un vieux gars pas plus finaud que
la majorité de ceux qui traversent le récit et qui en outre, a eu
un comportement particulièrement répugnant envers un tout jeune
membre de la famille de celui-là même qui a décidé qu'il fallait
en finir avec lui. Si certaines décision paraissent logiques, le
film démontre, violence à l'appui, qu'elles peuvent avoir également
des conséquences désastreuses. En faisant le bien (choix qui
pourtant peut être envisagé dans le cas présent comme une mauvaise
interprétation de la sagesse face à l'imprudence), Arm se prendra
les pieds dans le tapis d'une morale qui dans le contexte actuel
n'aura de valeur que pour un cercle constitué que de lui seul.
Parfois très violent et retranscrivant assez bien le milieu social
dans lequel il plonge ses prota/antagonistes, Calm
with Horses
souffre malheureusement d'une écriture bien trop légère puisqu'il
ne se passe pas grand chose. Du moins, rien de réellement innovant
n'éveillera la curiosité des amateurs de thrillers poisseux et
désespérés. Plutôt mou, naïvement mis en scène et tournant en
rond, le film connaît malgré tout un sursaut une fois l'heure
passée. Calm with Horses se
transforme alors en descente aux enfers avec tout ce que cela suppose
de violence et de noirceur. Malheureusement, l'accélération sera
suivie d'un gros coup de frein à main, le film peinant alors à
s'achever dans de louables conditions. Sympas... sans plus...




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