Depuis ses débuts en 1987 avec l'excellent Predator
signé John McTiernan et notamment interprété par Arnold
Schwarzenegger, la franchise s'est étoffée de nombreuses suites et
crossovers parmi lesquels certains ne font pas officiellement partie
de l'univers. L'on évoquera donc d'une part, l’œuvre originale,
suivie de Predator 2
de stephen Hopkins en 1990, Predators
de Nimrod Antal en 2010 et du pitoyable The
Predator
de Shane Black en 2018. L'on inclura d'autre part les deux crossovers
Alien vs. Predator
et Aliens vs. Predator : Requiem
respectivement réalisés par Paul W.S.Anderson et les frères Greg
et Collin Strause en 2004 et 2007. S'agissant des faux segments, l'on
évoquera notamment le Predator : Dark Age
de James Busheet ou le Mashup
Rambo VS Predator : First Green Blood
du regretté Antonio Maria Da Silva. L'on ajoutera enfin la toute
nouvelle génération de longs-métrages initiée voilà trois ans
avec Prey
de Dan Trachenberg. Premier volet d'une suite de films situant leur
action dans l'univers du célèbre chasseur extraterrestre reptilien
mais à des époques cette fois-ci radicalement différentes. Dans
Prey,
le réalisateur évoquait théoriquement la première apparition du
Predator sur notre planète, lequel affrontait alors la jeune Naru,
membre d'une tribu d'indiens Comanches. L'intrigue situait son action
en 1719, mais en 2025, et alors que s'apprête à sortir en novembre
prochain le nouveau film en live action de la franchise, Predator
: Badlands,
Dan Trachenberg démontre avec le film d'animation Predator:
Killer of Killers que
la venue de ces créatures remonte en fait à beaucoup plus loin. En
effet, découpé en quatre chapitre tous situés à des époques
différentes, le nouveau longs-métrage de la saga débute en
Scandinavie et en 841 de notre ère. Période durant laquelle, la
viking Ursa mène une croisade afin de tuer le chef Zoran de la tribu
Krivich qui fut responsable de la mort de son père des décennies en
arrière. Accompagnée de son fils, ils accèdent à la forteresse où
l'ennemi juré d'Ursa et tué par sa progéniture prénommée Anders.
S'ensuit un combat entre la viking et un Predator... L'aventure se
poursuit près de huit-cent ans plus tard, au temps du Japon Féodal.
Bien des années après que les deux jeunes fils d'un seigneur de
guerre samouraï se soient affrontés lors d'un duel, Kenji qui fut
blessé lors du combat avec son frère et pris ensuite la fuite
retrouve Kiyoshi pour se venger. Là encore, après un nouveau duel,
les deux frères devenus depuis des hommes vont devoir à leur tour
affronter un Predator... Nouveau voyage dans le temps puisque le
troisième acte de Predator:
Killer of Killers se
situe désormais en 1941 en plein océan Atlantique. Alors que la
guerre fait rage contre l'Allemagne Nazie, le jeune pilote de l'US
Navy Torres ainsi que plusieurs compagnons sont pris en chasse par un
étrange vaisseau conduit là encore par un Predator.
Lors
du combat, la totalité ou presque de l'escadron est détruit par ce
dernier. Une fois ces trois chapitres arrivés à leur terme, le
dernier acte réuni les trois valeureux héros qui tous ont survécu
aux duels qui les opposèrent aux créatures extraterrestres.
Maintenant en état de biostase, ils vont cette fois-ci devoir se
battre contre leur ennemi commun, dans une arène située non plus
sur notre planète mais sur celle des Predators... Passer du Live
Action au film d'animation est toujours une aventure périlleuse.
Après avoir signé en 2022 un Prey
qui avait su renouer la franchise Predator
avec les fans de la première heure, Dan Trachenberg parvient non
seulement à signer une oeuvre différente tout en demeurant parmi
les meilleures d'entre toutes. Le scénario de Micho Robert Rutare
semble très proche de celui qu'écrivirent Alex Litvak et Michael
Finch pour le compte de Predators
de Nimrod Antal. Réunissant ainsi des protagonistes de bords
différents, il accentue en outre la différence entre chacun d'entre
eux en exploitant des personnages qui viennent d'époques et de lieux
radicalement différents. Si l'animation semble parfois manquer
étrangement de fluidité, on ne peut en revanche critiquer l'aspect
visuel de l'ensemble. Alors que les chapitres respectivement
intitulés The
Shield,
The
Sword
et The
Bullet
se déroulent lors de saisons différentes (l'hiver pour le premier,
l'automne pour le second et l'été pour le dernier), il arrive
parfois que l'on soit admiratif devant le spectacle qui nous est
proposé. Et notamment lors de l'affrontement entre les deux frères
Kenji et Kiyoshi. Entre le mode d'infiltration du premier, devenu
depuis un Shinobi (terme signifiant se cacher, se dérober) de part
ses talents en matière de furtivité, l'affrontement entre les deux
frères puis celui qui les oppose au Predator, le cadre est
absolument somptueux. À travers des décors d'une confondante
poésie, la patine automnale de l'ensemble dénote presque vis à vis
de l'esthétique générale du long-métrage. Predator:
Killer of Killers
est aussi l'occasion de découvrir divers types de créatures dont
plusieurs ''modèles'' de Predators dont on pourra tout de même émettre quelques doutes concernant le premier d'entre eux (sorte
d'énorme masse bodybuildée dont la tête est bien trop petite au
regard du reste du corps!). Les effets-spéciaux numériques sont
donc parfois d'une qualité exceptionnelle et se rapprochent
notamment du style visuel de la trilogie de jeux vidéos Assassin's
Creed Chronicles
que les amateurs de la saga vidéoludique connaissent forcément.
Bref, si l'on demeure circonspect s'agissant du futur Predator
: Badlands
s'agissant de la gueule du nouveau Predator qui nous a été
récemment présentée, au vu de ce qu'a produit pour l'instant Dan
Trachenberg concernant sa participation à l'univers Predator,
les fans peuvent d'ors et déjà se sentir en confiance...!
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