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dimanche 15 juin 2025

Una Notte al Cimitero de Lamberto Bava (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Ah, Lamberto Bava... Sacré personnage que le fils de celui auquel l'on prête parfois la paternité du Giallo. Ce cinéma typiquement transalpin que l'on compare généralement aux Slashers outre-atlantiques. Halloween et Vendredi 13 pour les plus célèbres. Ou bien The Burning et The Prowler pour ceux qui trônent parmi les dignes et très proches héritiers du tandem de tueurs que forment Michael Myers et Jason Voorhees... S'il y a quelque chose de très excitant dans Una Notte al Cimitero, c'est moins son contenu que sa traduction dans notre pays. Imaginez : les distributeurs français, plutôt que de se résoudre à respectueusement franciser le titre sous sa véritable traduction (qui est : Une nuit au cimetière), ceux-ci lui préférèrent un L'Antichambre de l'enfer tout aussi séduisant. Mais cet enfer promis dans nos contrées, dans cet hexagonal péchant par vanité au point d'avaler tout ce qu'on lui donne à boire ou à manger, c'est surtout le spectateur qui aura à l'endurer. Car si effectivement, les cinq jeunes adultes incarnés à l'écran par les actrices et acteurs de tous bords que sont Gregory Lech, Lea Martino, Beatrice Ring, Karl Zinny det Fianmarco Tognazzi vont en voir de toutes les couleurs et de toutes les odeurs, c'est bien nous, pauvres victimes volontaires, amatrices de ce type de projets estampillés ''Nanars'' qui allons souffrir d'accepter le deal. N'est pas fan de Lamberto Bava celui qui dès les dix premières minutes sent dans tout le corps, cette désagréable démangeaison qui le pousse à courir loin, très loin de son écran de télévision sous prétexte d'avoir envie de se dégourdir les jambes... Mais si Una Notte al Cimitero est typique de cette corrosion qui semble devoir toucher tout ou presque de l’œuvre du cinéaste italien, ce téléfilm prévu à l'origine pour être le premier segment d'une série en cinq volumes intitulée Brivido Giallo n'est pas tout à fait désagréable à regarder. Surtout si l'on s'est d'abord fait la main sur les piètres La Casa con la Scala nel Buio et Shark - Rosso nell'Oceano respectivement réalisés en 1983 et 1984. Auteur du pourtant très appréciable Macabro en 1980 et des non moins cultissimes Dèmoni et Dèmoni 2... L'Incubo Ritorna en 1985 et 1986, Lamberto Bava est fait du même bois que ceux qui auront démarré en grandes pompes leur carrière de réalisateur avant de tomber dans l'écueil le plus triste de leur art ! Ici, la patte est reconnaissable entre mille. Cette accointance pour les décors enfumés, nimbés de lueurs sinon artificielles, du moins très éloignées de la lumière naturelle que diffuse l'astre solaire est bien la marque du réalisateur originaire de Rome.


Des fumerolles clipesques, des décors plus proches du carton-pâte que des créations que mes anciens camarades-étudiants et moi-même avions apprises à concevoir lors de notre apprentissage de staffeurs ornemanistes voilà plus de trente ans en arrière... Tout transpire le factice, volant ainsi au passage toute conception que pourrait avoir le cerveau humain sur le supposé vérisme de ce qui se produit à l'image. Un moindre mal, à vrai dire, devant le naufrage artistique que représente chacune des incarnations du film. Des acteurs qui n'en ont semble-t-il que le nom. Surjouant la comédie et dont l'effroi est aussi drôle à percevoir que le furent sans doute les ambitions du réalisateur. On ne pourra par contre sans doute pas reprocher à Lamberto Bava d'avoir lésiné sur les effets volontairement comiques. Voire grotesques. Une gestuelle quasiment épileptique de la part des interprètes et des vociférations s'agissant des représentantes de celles que l'on n'ose plus traiter aujourd'hui de ''sexe faible'' sous peine de voir débarquer un attroupement de néo-féministes, il y a ici de quoi boire, manger, mais aussi et sans doute plus sûrement, vomir ! Un spectacle qui déjà à l'époque était techniquement et artistiquement largué. Témoignage d'un art italien sur le plan horrifique qui à l'époque était sur la pente glissante... Mais au fait, de quoi ça parle ? Et bien, cinq jeunes gens, trois garçons et deux filles, ont l'art du vol dans la peau. Alors, lorsque vient l'opportunité de s'abriter dans une bien curieuse auberge isolée en pleine campagne et d'y découvrir un bocal rempli d'objets de valeurs leur est offerte, le propriétaire des lieux leur propose un marché. S'ils acceptent de traverser les catacombes qui se situent sous les fondations de l'établissement et qu'ils en ressortent sans encombres, ceux-ci pourront repartir les poches pleines de merveilles. Una Notte al Cimitero est donc une longue, moche, bavarde et ennuyeuse promenade dans un univers sombre auquel le Lucio Fulci de Paura nella Città dei Morti Viventi ou de ...E tu vivrai nel terrore! L'aldilà n'aurait sans doute pourtant pas adhéré par manque de réalisme. Loin s'en faut, le film de Bava fils n'en est pas moins une plaisante aventure, bourrée de défauts, certes, mais plaisante malgré tout.Une bonne partie de poilade générée par des créatures au mieux, pittoresques ! Et puis, ne serait-ce que pour ce combat final entre nos cinq héros et la Grande Faucheuse dont la durée, je vous le promets, ne dure qu'une demi-seconde tout au plus, Una Notte al Cimitero vaut vraiment le détour...

 

lundi 13 novembre 2017

Démons de Lamberto Bava (1985) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Amateurs de nanars transalpins, bonjour ! Vous voici conviés à une avant-première. Nous sommes en 1985, et ce soir-même, un nouveau film d'horreur sort en exclusivité dans un cinéma tout récemment restauré. Si vous avez la chance d'obtenir l'un des quelques sésames distribués dans le métro par un homme affublé d'un ridicule masque lui voilant la moitié du visage, alors vous serez les premiers à découvrir Metropol, le film en question. Un film de teenagers dans lequel des adolescents font l'acquisition, lors de fouilles, d'un masque diabolique transformant celui qui ose le porter à son visage, en démon. Une fois que vous aurez atteint l'entrée du cinéma en compagnie de quelques amis, vous aurez l'occasion d'admirer les horribles décorations mises en place pour l'occasion : une moto-cross, un costume de samouraï et le sabre qui l'accompagne. Et bien entendu, le masque du film. Qu'une jeune femme aura la mauvaise idée de porter, se blessant ainsi au visage. Rien de grave, cependant. Juste une petite estafilade qui aura pourtant la fâcheuse tendance à ne pas vouloir cicatriser.
Vous prendrez place ensuite dans la salle de cinéma. Des centaines de sièges, mais pas autant de spectateurs. En comparaison, une poignée. Deux ou trois dizaines, pas davantage. La lumière s'éteindra, le film commencera, et dans la salle se produira alors un événement étrange. Comme relaté dans le film qui est projeté sur l'immense toile blanche, la jeune femme, qui plus tôt s'était blessée en portant le masque exposé dans l'entrée du cinéma, se rendra, malade, aux toilettes. Pour en ressortir le visage déformé par la douleur. Mais aussi, certainement, par le Mal qui s'en est pris à son corps ainsi qu'à son esprit. Le spectacle auquel vous vous attentiez assister se mue alors en un cauchemar. Peu à peu, les spectateurs, attaqués, puis atteints par le même mal s'en prennent à vous, ainsi qu'à vos amis. Ne reste plus alors qu'une solution : fuir cet enfer. Trouver une porte de sortie menant à l'air libre...

Metropol est un film, dans le film. Car le sujet réel de l’œuvre de ce tâcheron de Lamberto Bava qui signa tout de même un Baiser Macabre en 1980 plutôt réussi), fils du grand Mario, n'est pas celui qui préoccupe ces trop curieux individus qui en exhumant la tombe de Nostradamus (il fallait la osez, celle-là!) ont réveillé des forces maléfiques mais bien ce huis-clos navrant qui intéresse quelques dizaines de personnes venus perdre leur soirée lors d'une séance cinéma tragiquement nulle! Que les adeptes du Dieu Homogénéité se rassurent : qu'il s'agisse des images projetées sur l'écran du cinéma où sont conviés des individus choisis au hasard de cette avant-première, ou l'intrigue principale reposant sur le scénario écrit à huit mains par Dardano Sacchetti, Dario Argento, Lamberto Bava et Franco Ferrini et dont le résultat donne à l'écran ce premier volet du diptyque Démons, le second est aussi navrant que le premier. Lamberto Bava, demeure sans doute connu par le grand public grâce (ou à cause) de sa longue saga commencée à la télévision en 1991 et achevée (enfin, espérons-le) 1997, La Caverne de la Rose d'Or.

On pourrait, si on voulait, ne lui imputer qu'une partie du désastre que représente Démons en invoquant des interprètes terriblement médiocres. Une bande originale désastreuse (sans pour autant induire les quelques titres métal qui y sont inclus). Des décors ultra-cheap (mon dieu, l'entrée du cinéma et ses atroces décorations) et des accessoires pour la plupart, grotesques (il faut voir le look abominablement ridicule de celui qui distribue les billets au début du film pour s'en convaincre). Et ne parlons même pas de l'apparence de certains jeunes spectateurs venus assister à la projection. La mode, à l'époque, était visiblement de porter le pull sur le dos, les manches nouées autour du cou.

Au générique, de parfaits inconnus chez nous, si ce n'est l'acteur Stelio Candelli dont on a pu voir la trogne dans W Django d'Edoardo Mulargia ou La Cage aux Folles 2 d’Édouard Molinaro. A coté de lui, la jolie Natasha Hovey, ou encore Fiore Argento, fille du célèbre cinéaste Dario Argento (ici producteur du film) et demi-soeur d'Asia Argento. L'infâme musique est composée pour l'occasion par Claudio Simonetti (lequel travaillera sur Zombie de George A. Romero, Ténèbres de Dario Argento, ou encore Atomic Cyborg de Sergio Martino). Une véritable soupe saupoudrée de quelques morceaux de (hard) rock de Accept, Saxon, Motley Crue et Billy Idol. L'un des rares attraits de Démons concernera les amateurs d'horreur qui en matière d'effets gore seront servis. Les nombreuses scènes d'horreur sont l’œuvre de Sergio Stivaletti et rehaussent le très peu d'intérêt qui couvre cette série Z à laquelle Lamberto Bava donne une suite dès l'année suivante en 1986...
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