Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


samedi 20 janvier 2024

La femme aux bottes rouges de Juan Luis Buñuel (1974) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pour son second long-métrage, le fils du réalisateur espagnol Luis Buñuel, Juan Luis, nous revient en cette année 1974 avec La Femme aux bottes rouges. Sept ans après que son père ait mis en scène l'actrice française Catherine Deneuve, c'est maintenant au tour du fiston de lui offrir un rôle tout à fait à la hauteur de son étrangeté. Le charme blond et glaçant est sans doute pour beaucoup dans le choix du cinéaste qui la filme, elle et les autres interprètes, dans un univers en totale adéquation avec la peinture en trompe-l’œil que peindra durant une bonne partie du récit son ami Richard qu'interprète le français Jacques Weber. Surtout, Juan Luis Buñuel s'offre un casting de choix puisque autour de ces deux protagonistes dont le lien qui les unie reste difficile à définir très précisément (sont-ils de simples amis ou sont-ils amants?), le réalisateur espagnol convie notamment lors de cette curieuse aventure, l'espagnol Fernando Rey à l'impressionnante carrière dont plusieurs passages chez Luis Buñuel (Viridiana en 1961, Tristana en 1970, Le Charme discret de la bourgeoisie l'année suivante et Cet obscur objet du désir en 1977). Sont également présents à l'image les italiens Laura Betti et Adalberto Maria Merli. La première fut une fidèle interprète de l'immense Pier Paolo Pasolini pour lequel elle interpréta plusieurs personnages notamment dans Œdipe roi en 1967, Théorème l'année suivante pour lequel elle remporta la Coupe Volpi à la Mostra de Venise cette année là ou encore Les Contes de Canterbury en 1972. Les amateurs de cinéma d'épouvante la reconnaîtront pour l'avoir également découverte dans Une hache pour la lune de miel ou La baie sanglante tous deux respectivement signés du grand Mario Bava en 1970 et 1971. Sans oublier sa participation à quelques longs-métrages hexagonaux à l'image du Gang et de Un papillon sur l'épaule tous deux réalisés par Jacques Deray ou Noyade interdite de Pierre-Granier Deferre en 1987. Mais le visage sans doute le plus marquant du récit est sans doute celui d'Adalberto Maria Merli dont la carrière d'acteur aura finalement été timide puisqu'en cinquante-trois ans, il n'aura tourné que dans une petite cinquantaine de séries, téléfilms et longs-métrages dont le plus remarquable reste sur notre territoire l'excellent Peur sur la ville d'Henri Verneuil. Une œuvre qui en 1975 rendait hommage aux Gialli italiens en mettant en scène notre Jean-Paul Belmondo national aux prises avec un tueur désaxé, misogyne et borgne !


Très étrange s'avère donc effectivement La Femme aux bottes rouges qui donne sa couleur aux chausses que porte l'héroïne Françoise Leroy (Catherine Deneuve). Une jeune femme blonde qui vit auprès du peintre légèrement excentrique, Richard, lequel est en pleine création d'une toile en trompe-l’œil. Un jour, alors qu'elle est accoudée à un bar, Françoise propose à un inconnu assis à une table de lui montrer quelque chose d'étonnant s'il accepte en contrepartie de lui donner cent francs. Le vieil homme du nom de Perrot (Fernando Rey) s'exécute et la voilà qui apparaît nue sous son manteau. Après cela, la jeune femme se dirige dehors vers un bouquiniste qui très rapidement va être questionné au sujet d'un auteur de romans par un certain Marc (Adalberto Maria Merli), lequel est marié à Sophie (Emma Cohen). Fasciné par la jeune femme, Perrot décide de la suivre et comme elle-même semble désormais attirée par Marc, le vieil homme décide de tout entreprendre pour défaire la curiosité qu'éprouve désormais Catherine pour le jeune homme. Au final, tout ce petit monde est convié dans la luxueuse propriété de Perrot, grand amateur d’œuvres picturales qu'il rachète et détruit après s'être littéralement effondré devant. Le vieil homme et Catherine vont alors se livrer à une partie d'échec, tout ceci sous le regard de Richard, Marc et de la domestique Léonore (Laura Betti). Difficile d'aborder La Femme aux bottes rouges avec toute l'objectivité que cela nécessite. Car outre le récit, déjà très alambiqué et tournant autour de l'art, de la passion amoureuse et, d'une certaine manière, de la sorcellerie, la mise en scène et le montage s'avèrent à ce point libre de toutes contingences que le film semble avoir été réalisé de manière tout à fait improvisée. Et pourtant, cette petite gourmandise ô combien surréaliste se montre plutôt séduisante. La matière créatrice héritée du paternel par son fils Juan Luis Buñuel risque cependant d'en décontenancer un certain nombre. Et ce sera d'ailleurs davantage dans l'imaginaire que sur un plan purement graphique que l'on se fera une opinion de ce très étrange objet du désir pour reprendre l'un des titres de films de Luis Buñuel. Le plus beau plan, celui qui clôt le film, ferait presque regretter que n'ait pas été davantage approfondie l'esthétique surréaliste du long-métrage... Étonnant, voire, déconcertant...

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...