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mercredi 10 mai 2023

Les envahisseurs de l'espace (Gezora, Ganime, Kameba: Kessen! Nankai no Daikaijû) d'Ishirō Honda (1970) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Autant le savoir tout de suite, Les envahisseurs de l'espace n'est pas l'une des nombreuses variations cinématographiques évoquant le sujet d'une invasion de notre planète par des petits hommes gris ou verts comme le laisse pourtant envisager ce titre trompeur. On se reportera donc sur l'original, si peu évident soit-il à réciter de mémoire. Réalisé en 1970 par Ishirō Honda auquel l'on doit notamment les créations des Kaiju (monstres géants typique du cinéma japonais) Godzilla et Mothra. Le long-métrage n'a donc aucun rapport avec celui que réalisa l'américain Rick Sloane en 1986 et qui porte le même titre français bien que l'original soit The Visitants. Concernant l’œuvre d'Ishirō Honda, il faudra répéter le titre plusieurs fois si l'on veut le retenir histoire d'impressionner son entourage : Gezora, Ganime, Kameba: Kessen! Nankai no Daikaijû. À cette occasion, et comme l'indique le titre, le réalisateur convoque trois nouvelles créatures qui feront leur toute première apparition à l'écran dans ce long-métrage réalisé au tout début des années soixante-dix comme le montrent d'ailleurs relativement bien le style vestimentaire des interprètes ou les couleurs du film. Ici, à part l'évocation d'un satellite ayant quitté son orbite terrestre pour venir s'écraser dans des eaux situées tout proche d'un îlot et l'occupation du corps de l'un des protagonistes par une identité que l'on devine venir d'une autre planète, Les envahisseurs de l'espace démontre que le film n'aborde le thème de la science-fiction telle que l'occident la conçoit qu'avec parcimonie...


En effet, le long-métrage est d'abord et avant tout typique de ce genre initié durant la moitié des années cinquante par Ishirō Honda lui-même. Soit, des créatures gigantesques se référant généralement à une faune existant réellement sur Terre tout en ayant des proportions anormales souvent conséquentes à des radiations nucléaires. L'occasion ici d'en découvrir non pas une, ni deux, mais trois. Et dont la première à apparaître à l'écran, Gezora, demeurera la plus appréciée des trois parmi le public nippon. Hasard ou non, celle-ci bénéficiera d'ailleurs d'un soin particulier dont ne jouiront malheureusement pas Ganime et Kamoebas. C'est une habitude mais là encore, le film se situant comme en partie dans le Mothra de 1961 sur une île, nous découvrirons un peuple indigène vouant un véritable culte à cette créature ressemblant à une pieuvre géante capable de quitter les eaux profondes qui l'abritent pour venir fouler le sol de l'île et ainsi faire des ravages sur la terre ferme. Si l'on devine que sous le costume se cache un acteur (Haruo Nakajima), un soin tout particulier a été apporté à sa conception. Accrochés à des fils invisibles, certains de ses tentacules se saisiront de leur victimes, les projetant ainsi en l'air alors que l'on s'attendait sûrement à voir cette créature aux yeux ''clignotant'' les dévorer en moins en partie. Le crabe Ganime et la tortue Kamēba ne bénéficieront malheureusement pas du même soin. Surtout cette dernière qui à l'écran apparaît hautement ridicule et se mouvant avec la difficulté que l'on reconnaît chez ses congénères, eux, bien réels...


Produit par la Toho, Les envahisseurs de l'espace sera le dernier film réalisé par Ishirō Honda pour cette illustre maison de production de cinéma japonaise et le dernier auquel participera le spécialiste des effets-spéciaux Eiji Tsuburaya qui mourra le 25 janvier de la même année. Si l'on conseillera de découvrir le film dans sa version d'origine, sachez qu'il est disponible en anglais ainsi qu'en français. D'ailleurs, s'agissant de cette dernière, le public français remarquera que le Dr. Kyoichi Mida qu'interprète l'acteur Yoshio Tsuchiya fut doublé par Roger Rudel qui fut souvent la voix française de Kirk Douglas ou de Ross Martin dans divers longs-métrages, téléfilms et séries télévisées dont, concernant ce dernier, le personnage d'Artemus Gordon dans Les mystères de l'ouest. Quant à l'anthropologiste Makoto Obata qu'incarne Kenji Sahara, il est doublé par l'acteur Jacques Deschamps que les amateurs de westerns spaghetti reconnaîtront puisqu'il fut notamment la voix de Clint Eastwood dans plusieurs d'entre eux dont la trilogie du réalisateur Sergio Leone, Pour une poignée de dollars/Et pour quelques dollars de plus/Le Bon, la Brute et le Truand. Parfois dépaysant, doté de quelques séquences plus ou moins volontairement drôles et de scènes de destruction de masse qui sortent des contingences habituelles (ici, pas d'immeubles de vingt étages mais des cases et autres habitations d'indigènes). Les envahisseurs de l'espace est dans la droite lignée de ses prédecesseurs. Tout juste le public français pourra-t-il regretter que le titre n'évoque pas véritablement le spectacle qui se déroule devant ses yeux. Un sympathique Kaiju eiga signé par l'un des maîtres du genre...

 

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