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dimanche 21 octobre 2018

Occupation de Luke Sparke (2018) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆




Voilà bien le genre de long-métrage qui a le cul entre deux chaises. Du pain béni pour à peu de chose près, toutes les catégories de spectateurs. Du critique aigri qui après avoir raté sa vocation d'acteur ou de cinéaste a choisi de se venger en écrivant dans des feuilles de chou des articles assassins, en passant par le fan assidu de science-fiction compulsant la totalité des œuvres abordant le sujet, et jusqu'à l'amateur hardcore de nanars et autres séries Z. En réalité, c'est plutôt le spectateur lui-même qui a le cul entre deux chaises, ne sachant plus s'il faut cracher sur le film de Luke Sparke ou si, bien au contraire, il vaut mieux lui louer cet humour involontaire qui l'émaille de part en part. Après avoir d'abord été rebutés, ma compagne et moi avons ensuite choisi d'accepter le principe selon lequel Occupation était un bon gros navet dont il valait mieux rire que pleurer.
Deux heures !!! Oui, quasiment cent-vingt minutes d'un objet filmique presque non identifiable de part sa mise en scène totalement chaotique. Épileptique aurais-je même envie de dire tant le montage semble n'avoir été le fruit d'aucune logique spécifique. Des ellipses en veux-tu, en voilà, et des invraisemblances qui n'auraient pas à rougir de honte face au contraste persistant opposant une partition musicale épique marquant les esprits tant elle semble s'être échappée d'un long-blockbuster, à une œuvre parfaitement absurde. Une drôle de production qui lorgne du côté du post-apocalyptique mâtiné d'invasion extraterrestre alors même qu'il aurait sans doute gagné le titre de chef-d’œuvre s'il s'était contenté de n'être qu'une parodie. Chose qu'il n'est malheureusement que de manière involontaire, je le répète.

Pour les incontinents, prévoyez des couches parce que vous allez vous faire pipi dessus. Les asthmatiques, votre Ventolin. Occupation propose un catalogue à ce point rarissime d'erreurs de mise en scène, d'interprétation, d'écriture et de montage qu'il mériterait à lui seul d'être étudié dans les écoles de cinéma du monde entier. Le genre d'établissements que n'a d'ailleurs sans doute pas fréquenté son auteur tant son film fait montre d'un grave manque d'aptitudes dans tous ces domaines. Luke Sparke pose son œuvre en alter ego des meilleures productions du genre en imposant à ses interprètes une implication de tous les instants. Chacun y croit dur comme fer, s'imaginant sans doute déjà monter sur la scène de l'un des festivals de cinéma australien pour y dérober le prix du meilleur interprète...
Le spectateur sera presque pris de pitié pour Temuera Morrison, Dan Ewing, Rhiannon Fish et les autres acteurs devant l'engouement personnel dont il font tous preuve pour un résultat, au final, presque aussi drôle que le cultissime Monty Python, Sacré Graal (qui soit dit en passant, l'était, lui, volontairement). Maintes fois abordé au cinéma et à la télévision, Occupation oppose les habitants d'une ville australienne (le cinéaste, sans doute faute de moyens, installera son intrigue au milieu de stands installés à l'occasion d'un match de football très attendu plutôt que dans la ville invoquée) à des extraterrestres parmi les plus mal fagotés qu'il m'ait été donné de rencontrer. Planqué sous des armures dignes des chevaliers du moyen-âge forgées dans des métaux qui n'auraient eu, malheureusement, rien de nobles, le cinéaste leur a affublé en sus, une cape qui rend l'aspect de ces créatures totalement grotesque. De quoi rire un bon coup. Et même plusieurs. Armés de fusils à laser produisant un bruit métallique inapproprié, les acteurs cachés sous leur costumes agitent leur joujou d'avant en arrière afin de reproduire de manière irréaliste le recul produit par les tirs.

Mais ça n'est qu'un détail parmi tant d'autres. Il faudrait une rame entière de papier ou un disque dur d'un giga au moins pour les recenser tous. Sorti récemment, Occupation ressemble surtout à un mauvais épisode de série de science-fiction des années quatre-vingt. C'est moche, et l'incarnation des acteurs y est outrancière au regard du résultat final. Le compositeur Christopher Elves y gâche littéralement son talent. Pourtant, dégagé de ses intentions initiales, Occupation reste une excellente comédie (!!!), involontaire, soit, mais carrément efficace. Ayant des prédispositions pour la parodie, Luke Sparke aurait tout intérêt à se recycler dans ce domaine et abandonner tout de suite toute tentative de réplique en matière de science-fiction. Occupation loupe donc totalement le coche à cause d'une mise en scène, et d'un scénario incohérent bourré de clichés et surtout, à cause d'un montage et de raccourcis absolument grotesques... Allez, trois étoiles... parce que je suis de bonne humeur...

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