Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


vendredi 14 septembre 2018

La Proie d'Eric Valette (2011) - ★★★★★★★☆☆☆



C'est lors du cycle que j'ai décidé de consacrer à l'acteur américano-français originaire de New York Christophe(r) Lambert que je suis tombé par erreur sur cette Proie homonyme au long-métrage de J.F. Lawton sorti en salle en 1995, mais cette fois-ci réalisée par Eric Valette en 2011. Les deux œuvres n'entretiennent aucun rapport puisque le film met en scène un Christophe Lambert témoin du meurtre d'une japonaise et enseignant l'art des arts martiaux afin de combattre les assassins de la jeune femme, tandis que La Proie d'Eric Valette situe son intrigue en France, avec pour point de départ une prison dans laquelle est incarcéré Franck Adrien, un braqueur de banque reconnu coupable d'avoir dérobé la modique somme de deux millions d'euros. Dire que le scénario de Laurent Turner et Luc Bossi fourmille d'idées est un euphémisme. Car outre le personnage de braqueur incarné par l'excellent Albert Dupontel, La Proie n'est pas avare en matière de personnages et d'intrigues secondaires. Mais l'un des aspects les plus édifiants du long-métrage d'Eric Valette, ce sont les points communs volontaires ou non que son œuvre entretient avec l'une des affaires criminelles françaises les plus sordides qu'ait connu l'hexagone. En effet, outre le personnage incarné par Albert Dupontel, le récit est en partie étoffé par la présence d'un violeur-tueur d'enfants du nom de Jean-Louis Maurel (incarné par le glaçant Stéphane Debac et par sa compagne à l'écran Natacha Régnier), lequel renvoie irrémédiablement à l'affaire de L'Ogre des Ardennes surnom sous lequel était connu dans la presse le tueur et violeur pédophile en série Michel Fourniret, aidé dans ses immondes exactions par sa compagne Monique Olivier.

La Proie prend alors diverses directions. Avant d'échapper à sa condition de taulard, Franck est sujet à diverses menaces proférées à son encontre par plusieurs co-détenus, dont l'un d'eux n'est rien moins que l'un de ses complices lors du braquage. Enfermé dans la même cellule que Jean-Louis Maurel, c'est en apprenant à faire confiance à cet individu plus intelligent et moins innocent qu'il n'y paraît que le film va prendre une toute autre direction par la suite. Car alors que Franck a réussi à s'échapper de prison, l'intrigue de La Proie ne devient pas que la simple course-poursuite menée par une équipe de policiers menée par l'inspecteur Claire Linné (excellente Alice Taglioni) face à un fugitif cherchant à retrouver sa petite fille supposément kidnappée par son ancien co-détenu, mais décrit ponctuellement l'histoire tournant autour du tueur et violeur pédophile, le film décrivant la technique imparable qu'il a mise au point en compagnie de son épouse, Christine. Détail fort amusant : la gamine incarnant la fille de Franck à l'écran ressemble furieusement à la petite Anaïs Bret qui incarnait Jeanne Pignon, dans la comédie de Francis Veber, Les Fugitifs en 1986...

Le film est l'occasion pour Eric Valette de décrire une police intègre, même si pour le coup, elle a bien du mal à mettre la main sur le fugitif (incarné par un Albert Dupontel exécutant lui-même, et sans doublure, ses propres cascades), un milieu carcéral aseptisé, mais violent, des gardiens de prison corruptibles, et malgré son apparente quiétude, un tueur en série capable d'une grande ingéniosité pour faire accuser à sa place, un simple braqueur de banques. Le cinéaste démontre également à quel point notre cinéma est capable de rivaliser avec celui d'Outre-Atlantique. Albert Dupontel, Alice Taglioni, Stéphane Debac, Natacha Régnier, mais également Sergi Lopez (dont le personnage de gendarme Manuel Carrega travaille sur l'affaire des jeunes filles assassinées depuis des années), Serge Hazanavicius, ou encore Zinedine Soualem (dans le rôle du commandant Lucciani) excellent tous d'une manière ou d'une autre en apportant tout leur savoir-faire en matière d'interprétation. Tout juste la partition musicale du compositeur Noko souffre-t-elle parfois d'être un peu trop cheap et quelques petites invraisemblances viennent-elle noircir le tableau. Mais au delà de ces infimes considérations, La Proie est un excellent thriller à la française...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...