Aussi étrange que cela
puisse paraître, l'idée de base ayant germé dans l'esprit du
cinéaste indien M. Night Shyamalan est l'un des plus célèbres
ouvrages de l'écrivaine britannique Agatha Christie. En effet, à
l'origine du scénario de Devil
de John Erick Dowdle, on trouve le roman And
Then There Were None,
plus connu chez nous sous le titre Dix
Petits Nègres. Alors que dans l'ouvrage d'Agatha Christie les
personnages étaient conviés à se rassembler sur une île qui
allait devenir le théâtre d'un jeu de massacre, le cinéaste
américain transpose son histoire dans l'un des ascenseurs d'un
luxueux building aux États-Unis. Tout comme dans le roman, les
personnages du long-métrage ont tous un passé trouble de criminels
et vont l'un après l'autre, être décimé par une force dont
l'origine se révélera par contre, ici, obscure et fantastique
puisqu'est convié à la fête, rien de moins que le Diable.
Le
cadre étant relativement réduit, le nombre des personnages l'est
également. Il ne s'agit non plus de dix individus, mais de cinq.
Deux femmes, et trois hommes, qui comme on s'en doute assez
rapidement feront chacun à leur tour le jeu d'un comportement
suffisamment ambigu pour que le spectateur nourrisse envers chacun
d'eux une forme de suspicion.
Après
cela, la comparaison s'arrête là. Et même si M. Night Shyamalan,
ici en mode scénariste, à prouvé par le passé qu'en terme
d'originalité, son écriture était suffisamment innovante pour
motiver l'intérêt d'un public adepte de concepts originaux, le film
alterne entre phase brouillonnes et redondances. Le principe étant
toujours le même, on sait par avance ce qui attend tel ou tel
personnage. Soutenu par des scènes extérieures consacrant une
partie de l'intrigue à l'enquête menée par un détective du nom de
Bowden (l'acteur Chris Messina), en rallongeant ainsi virtuellement
la durée de vie de Devil,
le film de John Erick Dowdle a beaucoup de mal à tenir la route
jusqu'au bout. Accompagné par une partition musicale signée de
Fernando Velasquez plutôt convaincante et ne laissant pratiquement
aucun doute sur l'aspect surnaturel du récit, le film n'est au final
qu'une succession de redites aux effets planqués derrière des
coupures d'électricité cachant un petit budget de 10 millions de
dollars.
Alors
que Devil
a remporté plus de six fois sa mise de départ sur le sol américain,
ce projet qui devait être à l'origine le premier volet d'une
trilogie intitulée The
Night Chronicles est demeuré orphelin puisque la suite connue sous
le titre Reincarnate
n'a jamais vu le jour et est demeuré au stade de développement.
Bien que le cache misère que représente le « noir »
indéfiniment appliqué afin de pallier au manque de moyens soit
relativement agaçant, Devil
peut malgré tout se concevoir comme une sympathique petite série B.
Il suffira juste de le comparer à quelques bobines de moindre
envergure partageant certaines de ses idées (la purge 9/11)
pour se convaincre que l'on peut toujours faire pire ailleurs.
D'autant plus qu'ici, l'interprétation demeure relativement honnête
et que John Erick Dowdle semble avoir très sincèrement voulu
réaliser une bande horrifique efficace. Ce que Devil
parvient tout de même à concrétiser en de rares occasions (la
découverte de la vieille femme pendue). Anecdotique...
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