A la découverte de 9/11,
l'avant dernier long-métrage du cinéaste argentin Martin Guigui,
j'ai d'abord cru que certaines erreurs s'étaient glissées dans la
fiche descriptive. En effet, daté de l'année dernière, le film axe
son histoire autour de la tragédie qui toucha les États-Unis
d'Amérique le 11 septembre 2001, lequel fit 2977 victimes parmi la
population Bien longtemps après Oliver Stone (World
Trade Center),
Paul GreenGrass (Vol 93),
Michael Moore (Fahrenheit 9/11)
ou le collectif réuni autour du projet 11'09''01
- September 11,
Martin Guigui allait donc apporter avec un retard conséquent, sa
pierre à l'édifice. Tellement bancale que l’œuvre se casse la
gueule à tout moment. Le cinéaste a surtout eut l'air d'avoir
profité du sujet quelque peu... vieillissant pour faire son beurre
sur l'un des faits les plus marquants de ce début de vingt et unième
siècle. A cette occasion, il a réunit Charlie Sheen, Whoopi
Goldberg, ainsi que Jacqueline Bisset. Du beau monde pour un
long-métrage des plus pénible qui n'arrive même pas à s'aligner
aux côtés d'un téléfilm de piètre qualité. C'est dire si
l'ouvrage est aussi catastrophique que le sujet qu'il aborde.
Les
principaux interprètes ont beau avoir de solides bagages derrière
eux, la mise en scène de 9/11
est tellement cheap qu'on a du mal à accorder le moindre intérêt
aux personnages quels qu'ils soient. Martin Guigui échoue
lamentablement lorsqu'il tente de donner du corps à ce couple en
instance de divorce, à l'agent d'entretien, ou à l'inutile
personnage incarné par la pauvre Whoopi Goldberg venue se perdre
dans un long-métrage sans âme, à peine interprété, et surtout,
mis en scène avec flemme.
Tout
suspens ayant été balayé d'un revers de la main, 9/11
n'offre aucun véritable enjeu. Pourtant, l'idée quelque peu
opportuniste d'enfermer cinq individus dans l'un des nombreux
ascenseurs de l'une des tours jumelles du World Trade Center était
plutôt ingénieuse. Sauf qu'en terme de défi, la réunion de cinq
personnages n'ayant rien de fameux à nous proposer en terme
d'intrigue (si ce n'est l'espoir de s'extraire d'un piège avant que
ne surviennent les conséquences dramatiques dues au crash d'un avion
de ligne sur l'une des tours jumelles) ne préoccupe jamais vraiment
le spectateur qui devant la maigreur du scénario, de
l'interprétation et des affreux décors, n'a surtout pas envie de se
retrouver enfermé durant une toute petite heure et demi parmi des
personnages bien trop lisses et inintéressants.
Dans
le genre huis-clos ou thrillers situant leur intrigue dans un
ascenseur, mieux vaut se rabattre sur De Lift
(L'Ascenseur) de Dick Maas, ou plus encore sur l'excellent Abwärts
(Out
of Order)
du suisse Carl Schenkel car l’œuvre de Martin Guigui est une purge
ennuyeuse incarnée par des interprètes pas du tout acquis à la
cause du cinéaste argentin. Opportuniste dans sa manière
d'emprunter les attentats du 11 septembre 2001, 9/11
semble avoir connu une difficile carrière aux États-Unis puisque le
film a majoritairement été rejeté. Un détail « amusant »
demeure pourtant : la présence de Charlie Sheen dans le rôle
principal alors même que le bonhomme est connu pour ses prises de
position concernant les attentats du 11 septembre. Il affirmait
effectivement que les tours jumelles avaient été détruites lors d'une démolition
contrôlée, le gouvernement américain ayant, selon lui, dissimilé
l'affaire derrière un attentat terroriste...
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