mardi 6 février 2018

Louise-Michel de Gustave Kervern et Benoît Delépine (2008)



Alors que toutes les employées d'une usine de textiles ont reçu en cadeau une blouse de travail toute neuve, toutes SAUF Louise Ferrand, le patron de l'entreprise profite de leur absence pour déménager l'intégralité des machines durant la nuit. Abasourdies, Louise et ses collègues doivent réagir au plus vite. Elles réunissent leur indemnités et accumulent vingt-mille euros qu'elles décident d'employer afin de faire tuer leur patron. C'est Louise qui s'y colle et la voilà partie à la recherche de celui qui les débarrassera, elle et ses compagnes d'infortune, de leur salopard de boss.

Louise tombe sur Michel Pinchon. Un beau parleur qui possède en réalité aussi peu de courage et de talent dans la profession qui intéresse Louise qu'il a d'argent. Incapable d'orchestrer le meurtre d'un chien qui doit lui rapporter vingt euros, le voilà prêt à tout pour empocher les vingt-mille euros promis par Louise. Mais la tâche va se révéler plutôt rude. Après avoir demandé à une amie en phase terminale d'un cancer de tuer le dit patron d'après photo, la jeune femme ayant lamentablement échoué en tuant une autre personne, Michel et Louise font route ensemble, bien décidés à venir à bout de leur objectif. Parce que Michel semble incompétent, Louise va l'assister dans sa mission...

Derrière la réalisation de Louise-Michel se cachent Gustave Kervern et Benoît Delépine que l'on connait surtout pour les avoir découvert sur la chaîne Canal Plus avec des émissions humoristiques tournant autour de la Principauté fictive, Groland. Ils n'en sont donc pas à leur premier coup d'essai en matière d'écriture (les deux hommes sont également les auteurs du scénario) et furent déjà les auteurs de plusieurs longs-métrages dont Aaltra, Avida, et plus tard Mammuth avec Gérard Depardieu. Il ne faut donc pas être devin pour comprendre que le contenu de Louise-Michel sera à peu de chose près de même nature que les sketches souvent corrosifs proposés par Canal Plus le samedi en première partie de soirée. Le casting est long comme un rouleau de papier toilette et l'on retrouve une partie de l'équipe de Groland dont les deux cinéastes sont les parmi les plus fiers représentants. A leurs côtés, on découvre Benoît Poelvoorde, Kafka, plus connu sous le nom de Francis Kuntz, le dessinateur et caricaturiste Siné, l'acteur-réalisateur-humoriste Albert Dupontel, le chanteur Philippe Katerine et surtout Bouli Lanners et l'ancienne Deschiens Yolande Moreau qui forment tous les deux un tandem bien particulier.

On retrouve une Yolande fidèle à elle-même, jouant sur son physique particulier et un Bouli Lanners toujours aussi épatant. Il y a de la mélancolie dans ce film à l'humour noir irrésistible. Noir mais pas trash comme peuvent l'être certains sketches Groland. Passée la minuscule déception qui peut naître lorsque l'on comprend que le film n'irai pas aussi loin qu'on aurait aimé, Louise6michel se révèle une bonne surprise. Mêlant le social à la comédie noire, Louise-Michel est un excellent défouloir, un exutoire aux maux de notre société. Sous la forme d'un long-métrage, les duos (de cinéastes et d'interprètes) parviennent à nous soulager de cette trop forte pression qui nous donne envie de prendre les armes pour combattre ceux d'en haut qui nous méprisent tant. Moins jusqu’au-boutiste dans sa forme qu'une œuvre d'Albert Dupontel, Louise-Michel demeure pourtant une réussite...

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