samedi 7 décembre 2013

L'Addition de Denis Amar (1984)




Parce qu'il a osé venir en aide à la jeune voleuse Patty, prise la main dans le sac à la sortie d'un supermarché et surtout parce qu'il a osé s'en prendre au vigile qui a tenu des propos racistes envers celle-ci, le comédien Bruno Winclert se retrouve incarcéré en prison. Après quelques jours, Patty retrouve la trace de Bruno et vient lui rendre visite au parloir. Lorsqu'il est ramené en cellule il tombe devant une embuscade perpétrée par un certain Constantini et son homme de main. Deux gardiens sont mis à terre, puis Lorca, un troisième, est pris en otage ainsi que Bruno. Alors que les quatre hommes parviennent jusqu'au mur d'enceinte, Constantini gravit ce qui le sépare de la liberté après avoir tiré une balle dans la jambe de Lorca.
Les vrais ennuis commencent alors pour Bruno. Il est tout d'abord enfermé dans une cellule d'isolement durant quinze jours. La justice est prête à croire à l'innocence du jeune homme mais Lorca qui a perdu partiellement l'usage de sa jambe, persiste à vouloir démontrer que Bruno est complice de l'évasion de Constantini. Durant le procès, il est accusé d'avoir poussé Lorca afin de faciliter la fuite du truand. Les collègues du gardien blessé confirment d'ailleurs la version de ce dernier. Verdict: Bruno est condamné à deux ans de prison ferme.


Incarcéré dans une prison moderne, Bruno y côtoie Crampon, un détenu avec lequel il sympathise. Patty vient régulièrement lui rendre visite et tout semble aller relativement bien pour le comédien malchanceux. Le principal soucis que rencontre Bruno est la présence de Lorca dans l'enceinte de l'établissement. Le gardien s'est fait en effet muter dans cette prison. L'homme s'est juré de faire payer à Bruno son handicap et pour cela, il se sert de José, un dangereux prisonnier qui rackette ses codétenus. Pour Bruno ne restent alors que deux solutions: Soit il se suicide, soit il se débarrasse de Lorca. A moins qu'une troisième possibilité s'offre à lui...


Réalisé par Denis Amar (Asphalte), L'addition se révèle être un film policier efficace qui confronte donc un comédien malchanceux venu porter secours à une jeune femme et qui tombe dans une spirale infernale qui le mène à faire des choix cruciaux. On découvre un Richard Berry (Le Grand Pardon, Spécial Police) qui paraît sombrer dans une certaine forme de folie à force d'être harcelé par un gardien (L'excellent Richard Bohringer (Subway, Diva)) encore plus dangereux que les prisonniers dont il a la garde. L'intérêt du film est donc ce bras de fer tendu entre un homme éprit de vengeance envers celui qui considère responsable de son handicap mais qui n'est en fait qu'un bouc émissaire. Bohringer est imparable et même inquiétant dans ce rôle de pseudo-psychopathe chargé de maintenir l'ordre dans une prison.



Mais la menace prend bien des visages. Comme celui par exemple du toujours épatant Farid Chopel (Les Fauves, Sac De Nœuds), acteur auquel il aurait été judicieux d'offrir davantage que la quinzaine de rôles qu'il interpréta de son vivant. Dans la peau d'un véritable dingue, sa seule présence est un véritable danger pour Bruno qui doit résister à la pression permanente dont fait preuve ce codétenu totalement barge qui tente vainement de le racketter. On aperçoit à quelques occasions la présence d'une future star du cinéma français: Vincent Lindon dans le rôle secondaire de l'un des hommes de main de José.  
 
Quand à Victoria Abril (Talons Aiguilles, Une Époque Formidable), son charme et sa sensualité apportent une indéniable touche de féminité dans cet univers exclusivement masculine. A ce propos est suggérée l'idée que soit portée atteinte à son intégrité physique. Il aurait été intéressant d'approfondir l'idée afin de d'accentuer la pression sur le personnage de Bruno mais très vite cette dernière et mise au second plan pour purement et simplement finir aux oubliettes. L'Addition est donc un petit film policier honnête, qui ne déçoit pas, interprété par des acteurs de talent et au scénario suffisamment convainquant pour que l'on y croit jusqu'à la fin même si certaines invraisemblances semble s'être glissées dans l'histoire...

1 commentaire:

  1. j adore Berry dans ces petit films "Polar français", tout comme "Spécial Police" et aussi Giraudeau et sa "Rue barbare"

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