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lundi 4 février 2013

Les tueurs qui inspirent le 7ème art: Werner Kniesek - "Angst" de Gérald Kargl (1983)



De la réalité...


Werner Kniesek est probablement l'un des seuls tueurs en série originaires d'Autriche dont l'histoire a été adaptée au cinéma. Il tua à l'age de 26 ans sa mère de 55 ans. Il fut par la suite l'auteur de plusieurs cambriolages avant de tuer à nouveau, une vieille femme de 73 ans. Ce meurtre le conduisit tout droit dans un hôpital psychiatrique dans lequel il ne resta enfermé que sept ans avant d'être libéré pour bonne conduite. C'est alors qu'il pénétra la demeure d'une famille de trois membres. Il tortura et étrangla la mère et le fils et viola la fille durant onze heure avant de les tuer tous les trois. Le lendemain il prit la voiture des propriétaires, enferma les corps dans la malle arrière, puis alla faire des courses en ville. Il fut alors arrêté par la police, prévenue de son comportement étrange. Le 4 Janvier 1980, Werner Kniesek est condamné à l'internement à vie.


...A la fiction


Un schizophrène retrouve la liberté après avoir purgé une peine de prison pour avoir tué sans raisons apparente une vieille femme chez elle. Persuadées qu'il est guéri, les autorités le libèrent sans se douter qu'en réalité l'homme a conservé toutes ses obsessions et qu'il n'a désormais qu'un seul but: Tuer à nouveau. Pour commencer, il se rend dans un bar afin de reprendre contact avec cette humanité pour laquelle il voue une indifférence totale. Seule compte cette envie de tuer et qu'il ne va pas tarder à mettre à exécution. Mais pas dans ce lieu, non, car les deux prostituées qui le regardent en se moquant de lui, et que notre homme aimerait tant avoir pour victimes, ne sont pas seules. Il quitte le bar, puis se dirige vers une station de taxis. L'un d'entre eux, conduit par une femme, l'embarque sans savoir qu'elle transporte à l'arrière de son véhicule un malade qui va maladroitement tenter de la tuer à l'aide d'un lacet de chaussure. Freinant d'un seul coup au milieu d'une route, elle parvient à faire reculer le tueur qui prend la fuite dans un sous-bois avant de tomber nez à nez avec une immense demeure qu'il choisit alors comme théâtre de son futur méfait.


La maison n'est pour l'instant habitée que par un handicapé mental en fauteuil roulant. Le schizophrène profite de l'absence de danger pour faire le tour des lieux jusqu'au moment où les phares d'une voiture l'éblouissent. Une vieille dame et sa fille pénètrent dans le jardin de la demeure et, chargées de victuailles, entrent dans la maison. Le tueur est en ébullition. Il prépare mentalement les évènements à venir, choisissant de bâillonner et d'attacher la mère en premier afin de lui faire assister ensuite aux meurtres de sa fille et de son fils handicapé. Sauf que les choses ne se passent absolument pas comme il l'avait prévu. Se trainant jusqu'à l'étage après s'être laissé glisser de son fauteuil roulant, le fils est rattrapé par le tueur alors qu'il tentait de se cacher dans la salle de bain. Il est tué par noyade dans la baignoire. Ensuite, en enfonçant un linge au fond de la gorge de la vieille dame, le schizophrène la tue sans le faire exprès. Malade, celle-ci meurt en effet d'une crise cardiaque. Il ne reste donc plus que la jeune femme à laquelle notre homme décide donc de réserver le pire des sorts...

Angst fait partie de ces œuvres qui dérangent. De ces quelques films qui sortent parfois dans l'ignorance mais qui grâce aux amateurs de pellicules morbides parviennent à percer la toile "Internet" pour le plus grand plaisir des cinéphiles amateurs de sensations fortes. Gérald Kargl a depuis ce film traumatisant, tourné plus de cent films commerciaux et promotionnels mais pas un seul long-métrage pour le cinéma. La légende veut que depuis Angst, il fut interdit de tournage. Mais qu'est-il alors arrivé aux censeurs de l'époque pour que ce cinéaste génial soit banni des salles obscures?
 
Il faut avouer que Angst est un film tout à fait particulier, basé sur l'histoire véridique du tueur en série autrichien Werner Kniesek. Le film s'ouvre sur la genèse du tueur. Un choix qui explique sans doute la volonté du cinéaste de "justifier" les actes auxquels nous allons assister bientôt. Par bien des aspects, l'œuvre se veut impressionnante, troublante et dérangeante. Tout d'abord, la voix-off du personnage, qui nous abreuve des souvenirs, des désirs et du mal-être de son auteur, s'insinuent dans notre esprit et le rendent perméable au désordre qui règne dans l'esprit du tueur. Graphiquement, les meurtres montrent peu de sang mais sont filmés de manière tellement saisissante qu'ils gagnent en horreur ce que perdent tant d'œuvres à vouloir surenchérir. Lorsque le tueur noie sa première victime dans la baignoire, la scène, filmée sous l'eau, provoque une sensation de malaise et d'étouffement. La mort du handicapé nous est imposée en gros plan sur son visage, la vie s'échappant de son corps à la manière des dernières bulles d'air qui fuient ses lèvres. 

 
Mais l'un des aspects les plus marquants dans l'œuvre de Gérald Kargl, c'est la façon qu'à le cinéaste de filmer son assassin. Tourbillonnant autour de son personnage principal, la caméra exécute des mouvements inédits, entre contre-plongée vertigineuse et tourniquet étourdissant, permettant ainsi aux spectateur de se faire une idée précise de l'état d'angoisse, de torpeur et d'attente dans lequel se trouve l'assassin. Un principe dont s'inspirera d'ailleurs Gaspard Noé, grand fan du film de Gérald Kargl, pour son film Irréversible. Le tueur schizophrène de Angst est campé par le très impressionnant Erwin Leder déjà croisé dans l'excellent Das Boot de Wolfgang Petersen. Le visage émacié, l'œil glauque et les tempes en sueur, il interprète donc cet homme dont on ne connaît par le nom et qui marmonne intérieurement son passé, ses fantasmes et ses projets. Il projette par avance et met en scène les meurtres à venir, décortiquant chacun de ses actes futurs. Sauf que cet être maladroit et surexcité ne parvient qu'à moitié à assouvir ses pulsions. Il s'offre une danse macabre en compagnie de la mère de famille dans les yeux de laquelle il perçoit ceux de la sienne afin que perdure le plaisir. Sa mère Justement, qui se permettait sur lui de terribles exactions. De quoi, une fois de plus, permettre de comprendre le cheminement qui a mené notre homme à devenir le monstre qu'il est. 
 
La caméra se veut parfois subjective, nous mettant dans la peau, et donc, dans la tête du tueur. C'est ainsi que chacun des meurtres est filmé, impliquant directement le spectateur au cœur de l'horreur. Et puis il y a la froide partition de Klaus Schulze. Artiste allemand de musique électronique, qui offre une musique qui colle parfaitement à l'aspect clinique de l'œuvre. 

 
Curieusement, le film se clôt sur l'arrestation du tueur qui, outre le fait qu'il soit irrémédiablement perdu dans les complexes limbes de son cerveau, désire une certaine reconnaissance pour son œuvre diabolique. On s'attendrait presque à entendre les applaudissements lorsque s'ouvre le coffre de la voiture à l'arrière de laquelle il a jeté les corps de ses trois victimes. Un coffre en forme de rideau de théâtre s'ouvrant sur des témoins horrifiés...



2 commentaires:

  1. Film qui a finalement peu vieilli tant sa réalisation est moderne. Excellent jeu d'acteur par ailleurs ! Je pense que le récent et excellent "Maniac" de Franck Khalfoun, remake du film éponyme de 1980, s'inspire très largement de ce film pour sa réalisation et sa bande son.

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  2. oui très bon dans son à classer avec Schramm et Mosquito der Schänder

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