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vendredi 7 août 2026

Tout ça ne nous rendra pas Noël de Nathalie Uffner (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Le rêve..... Une comédie belge sur fond de réunion familiale qui tourne à la discorde et donc au règlement de compte entre trois frères, deux belles-sœurs et le fils d'un des trois frangins dont la mère est morte depuis un temps indéfini ! Situant l'action en fin d'année au soir du vingt-quatre décembre, Tout ça ne nous rendra pas Noël de la comédienne et désormais réalisatrice belge Nathalie Uffner est l'adaptation de la pièce de théâtre éponyme mise en scène par Albert Maizel et adaptée pour le cinéma en collaboration avec le scénariste bruxellois Laurent Brandenbourger. J'aime (enfin, nous aimons ma compagne et moi) tellement ce concept que dès lors que l'occasion se présente de découvrir un nouveau projet du type, nous n'hésitons pas un instant. Et s'agissant d'une œuvre originaire de Belgique, l'intérêt est démultiplié puisque le Plat Pays que chantait Jacques Brel nous a tant offert de joyaux noirs en matière de comédies que l'émulsion ne pouvait que prendre entre l'esprit proprement belge en matière de comédies macabres et d'humour grinçant et ce type de règlement de compte entre membres d'une même famille lavant non pas son linge sale simplement en famille mais bien devant le regard indiscret des spectateurs... Et pourtant, la déception est ici à la hauteur de nos attentes puisque Tout ça ne nous rendra pas Noël montre les mêmes signes de faiblesse que partagent certaines œuvres, comédies ou pas d'ailleurs, mises en scène par des artistes (ici, une comédienne dont l'un des plus grands faits d'arme a été de jouer dans le film culte d'Olivier Van Hoofstadt Dikkenek en 2006) dont la réalisation et la direction d'acteurs n'égale malheureusement pas les ambitions d'un tel projet d'adaptation. Il est certain, et même presque inévitable que les acteurs ici filmés lors de l'un des événements annuels parmi les plus importants de l'année s'expriment de manière si théâtrale puisque le film est d'abord l'adaptation d'une pièce à succès créée au Théâtre de la Toison d'Or dont la première représentation eut lieu le 12 janvier 2022 avant d'être poursuivie jusqu'au 5 février de la même année pour enfin être prolongée durant la saison 2022-2023.


En 2025, et plus précisément le 21 septembre, la comédie de Nathalie Uffner voit le jour sur grand écran pour la première fois lors d'une avant-première à l'occasion du festival Namur is a Joke avant d'être diffusé dans certaines salles de Belgique à partir du 5 novembre. En France, macache, peau de zob, que dalle ! Et très franchement, ce fut presque un cadeau offert au public hexagonal que de lui avoir refusé la possibilité de découvrir sur grand écran la première comédie de Nathalie Uffner qui, sans jamais être aussi mauvaise que son homologue française Michèle Laroque dans le registre de la mise en scène a tout de même réussit à rater à peu près tout ce qu'elle était censée adaptet du scénario d'Albert Maizel et Laurent Brandenbourger. La faute en premier lieu à des dialogues qui, hystériquement approchés sous leur angle théâtral par des comédiens habitués des planches, fonctionnent plutôt mal sur la toile blanche d'un écran de cinéma. Surtout qu'une majorité d'entre eux déjà présents au sein du casting de la pièce incarnent une fois encore le personnage qu'ils interprétaient alors mais sans jamais prendre en compte les différences qui existent entre un rôle de comédien de théâtre et celui d'un acteur de cinéma. Dans le rôle de Charlotte, la maîtresse de maison, Stéphanie Van Vyve en fait notamment des caisses. Pour le spectateur habitué de ce genre de spectacle, impossible de ne pas corréler l'interprétation de l'actrice belge avec celle de Zabou Breitman qui dans Cuisine et Dépendances de Philippe Muyl avait su parfaitement et donc très justement incarner le rôle de Martine, l'épouse de Jacques (Sam Karmann), sœur de Fred (Jean-Pierre Darroussin) et amie de Georges (Jean-Pierre Bacri). Trop théâtrale, donc. Comme Thibaut Neve qui dans le rôle de Will lui aussi force souvent un peu trop le trait. Inutile et surtout, inefficace puisque la faiblesse de certains dialogues n'arrange absolument rien.


Tout comme la durée, insuffisante, qui contraint forcément la réalisatrice à revoir le concept de repas de Noël qui part en vrille sous une physionomie beaucoup plus restreinte. Un repas totalement éludé du script pour mieux (mais aussi trop tardivement) se concentrer sur l'un des nœuds du problème qui va créer des tensions entre les personnages : la bande dessinée Tintin au Congo que tiendra entre ses mains l’afro-descendante Ariane (Bwanga Pilipili). Une femme d'affaire d'ailleurs tellement préoccupée par son boulot qu'elle n'aura que très de temps à accorder aux autres convives. Sujet à controverses dans son pays d'origine (son auteur, Hergé, était belge), Tintin au Congo est vu par une certaine partie de la population comme une apologie implicite du colonialisme. Pourtant, si le floutage de la bande dessinée lors de sa présentation à l'image lors de certaines séquences semble appuyer le message en ce sens, la réalité est tout autre. Le floutage de Tintin au Congo n'est dû qu'à une raison beaucoup plus simple : la production n'ayant pas obtenu d'autorisation légale, la diffusion de sa couverture devenait ainsi impossible... Tout ça ne nous rendra pas Noël hésite d'ailleurs entre Wokisme et conservatisme culturel en cherchant à ne jamais froisser aucun bord. Et même si de très nombreuses tentatives d'humour échouent, quelques éclairs que nous n'irons tout de même pas juger de génie rehaussent le niveau et éclairent objectivement sur certaines des situations qui fragmentent notre société. Bref, Tout ça ne nous rendra pas Noël échoue malheureusement à convaincre qu'il s'agit de la dernière comédie noire provenant de Belgique qu'il faut absolument découvrir malgré quelques micro-idées qui font regretter que l'ensemble ne soit pas homogène en terme de qualité d'écriture et d'interprétation... Dommage...

 

samedi 1 décembre 2018

Mon Ket de François Damiens (2018) - ★★★★★★★☆☆☆




Premier film de l'humoriste et acteur belge François Damiens en tant que réalisateur, Mon Ket est une date beaucoup plus importante qu'il n'y paraît dans l'histoire du cinéma. Pour celui qui s'est d'abord fait connaître chez lui, en Belgique, grâce à son personnage de François l'embrouille qu'il utilise lors de canulars télévisuels. Une passion qui remonte à l'enfance et qui lui a non seulement permis de se faire connaître en France mais également de débuter dans de petits rôles au cinéma au milieu des années 2000, avant de se voir confier des personnages plus important la décennie suivante, jusqu'à obtenir des rôles plus sombres lui permettant ainsi de prouver ses talents d'interprète dans des registres divers et variés. L'année 2018 offre donc l'occasion a François Damiens de réaliser son tout premier long-métrage intitulé Mon Ket, ce qui chez nous peut se traduire sous les termes Gosse, Fils ou P'tit Gars. Ce qui personnifie chez François Damiens, le personnage incarné par le jeune Matteo Salamone qui se présente ainsi sous les traits de Sullivan Versavel, fil de Dany Versavel, un taulard en fuite qui s'est échappé à bord d'un hélicoptère piloté par son parrain (Christian Brahy).
Si Sullivan en a assez d'avoir un père qui n'existe qu'à travers les combines et la haute estime qu'il a de lui-même, Dany lui, espère pouvoir retrouver son fils et ainsi créer un lien paternel fort. Embarqué par son père et son parrain, l'adolescent de quinze ans va suivre un enseignement très particulier de la part de son géniteur qui, entre autres choses, va lui apprendre à fumer sous le regard décomposé d'une sexagénaire désabusée.

Tout le principe ou presque repose sur les rencontres que va faire le héros incarné par François Damiens avec des anonymes qui, à l'occasion du tout premier film de celui qui en profite également pour se mettre lui-même en scène, va se grimer en un personnage narcissique et appliquant ses propres règles, ses propres lois. L'idée de génie de François Damiens est de s'être non seulement inspiré du personnage de François l'embrouille en proposant ici toute une série de caméras cachées, mais d'avoir en plus choisi de les incorporer au cœur d'un véritable scénario qu'il a lui-même écrit aux côtés du réalisateur de cinéma et de télévision, Benoît Mariage.

D'où une hybridation qui n'a, de mémoire, pas d'équivalent au cinéma (mais je peux me tromper), et qui à l'écran, passe très bien. Grimé en fugitif et « presque » méconnaissable (lorsque l'on connaît le « personnage », forcément, on lui reconnaît certains traits appartenant à l'acteur). François Damiens incarne un Dany Versavel parfois intimidant, souvent maladroit, mais généralement touchant. Plus qu'une succession de caméras cachées dépourvues de cohésion, Mon Ket s'offre le luxe d'enchaîner les sketchs comme le feraient les différents chapitres d'un script conçu pour une œuvre cinématographique disons... plus classique. Comme l'écrit si bien François Damiens, les véritables stars, les vedettes, les héros, ce sont ces inconnus qui, filmés à leur insu ont accueilli le concept avec plaisir et ont accepté que leur participation, à l'origine, involontaire, soit conservée et incorporée au montage final de Mon Ket.
Alors, même si l'on n'est pas un adepte des caméras cachées, même si François l'embrouille n'évoque rien ou tout au plus, vous laisse indifférent, le film de et avec François Damiens risque de vous faire changer d'avis. Non seulement l'acteur y est irrésistiblement drôle, mais de plus, certaines séquences et surtout, certains personnages, sont susceptibles de devenir cultes. Le principe étant ce qu'il est, il ne faudra cependant pas s'attendre à un scénario fou, sa simplicité permettant d'intégrer au récit les divers canulars tendus par François Damiens et son équipe. Une comédie drôle, sympathique et originale...

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