Le rêve..... Une comédie
belge sur fond de réunion familiale qui tourne à la discorde et
donc au règlement de compte entre trois frères, deux belles-sœurs
et le fils d'un des trois frangins dont la mère est morte depuis un
temps indéfini ! Situant l'action en fin d'année au soir du
vingt-quatre décembre, Tout ça ne nous rendra pas Noël
de la comédienne et désormais réalisatrice belge Nathalie Uffner
est l'adaptation de la pièce de théâtre éponyme mise en scène
par Albert Maizel et adaptée pour le cinéma en collaboration avec
le scénariste bruxellois Laurent Brandenbourger. J'aime (enfin, nous
aimons ma compagne et moi) tellement ce concept que dès lors que
l'occasion se présente de découvrir un nouveau projet du type, nous
n'hésitons pas un instant. Et s'agissant d'une œuvre originaire de
Belgique, l'intérêt est démultiplié puisque le Plat Pays que
chantait Jacques Brel nous a tant offert de joyaux noirs en matière
de comédies que l'émulsion ne pouvait que prendre entre l'esprit
proprement belge en matière de comédies macabres et d'humour
grinçant et ce type de règlement de compte entre membres d'une même
famille lavant non pas son linge sale simplement en famille mais bien
devant le regard indiscret des spectateurs... Et pourtant, la
déception est ici à la hauteur de nos attentes puisque Tout
ça ne nous rendra pas Noël
montre les mêmes signes de faiblesse que partagent certaines œuvres,
comédies ou pas d'ailleurs, mises en scène par des artistes (ici,
une comédienne dont l'un des plus grands faits d'arme a été de
jouer dans le film culte d'Olivier Van Hoofstadt Dikkenek
en
2006) dont la réalisation et la direction d'acteurs n'égale
malheureusement pas les ambitions d'un tel projet d'adaptation. Il
est certain, et même presque inévitable que les acteurs ici filmés
lors de l'un des événements annuels parmi les plus importants de
l'année s'expriment de manière si théâtrale puisque le film est
d'abord l'adaptation d'une pièce à succès créée au Théâtre
de la Toison d'Or dont
la première représentation eut lieu le 12 janvier 2022 avant d'être
poursuivie jusqu'au 5 février de la même année pour enfin être
prolongée durant la saison 2022-2023.
En
2025, et plus précisément le 21 septembre, la comédie de Nathalie
Uffner voit le jour sur grand écran pour la première fois lors
d'une avant-première à l'occasion du festival Namur
is a Joke
avant d'être diffusé dans certaines salles de Belgique à partir du
5 novembre. En France, macache, peau de zob, que dalle ! Et très
franchement, ce fut presque un cadeau offert au public hexagonal que
de lui avoir refusé la possibilité de découvrir sur grand écran
la première comédie de Nathalie Uffner qui, sans jamais être aussi
mauvaise que son homologue française Michèle Laroque dans le
registre de la mise en scène a tout de même réussit à rater à
peu près tout ce qu'elle était censée adaptet du scénario
d'Albert Maizel et Laurent Brandenbourger. La faute en premier lieu à
des dialogues qui, hystériquement approchés sous leur angle
théâtral par des comédiens habitués des planches, fonctionnent
plutôt mal sur la toile blanche d'un écran de cinéma. Surtout
qu'une majorité d'entre eux déjà présents au sein du casting de
la pièce incarnent une fois encore le personnage qu'ils
interprétaient alors mais sans jamais prendre en compte les
différences qui existent entre un rôle de comédien de théâtre et
celui d'un acteur de cinéma. Dans le rôle de Charlotte, la
maîtresse de maison, Stéphanie Van Vyve en fait notamment des
caisses. Pour le spectateur habitué de ce genre de spectacle,
impossible de ne pas corréler l'interprétation de l'actrice belge
avec celle de Zabou Breitman qui dans Cuisine et
Dépendances de
Philippe Muyl avait su parfaitement et donc très justement incarner
le rôle de Martine, l'épouse de Jacques (Sam Karmann), sœur de
Fred (Jean-Pierre Darroussin) et amie de Georges (Jean-Pierre Bacri).
Trop théâtrale, donc. Comme Thibaut Neve qui dans le rôle de Will
lui aussi force souvent un peu trop le trait. Inutile et surtout,
inefficace puisque la faiblesse de certains dialogues n'arrange
absolument rien.
Tout
comme la durée, insuffisante, qui contraint forcément la
réalisatrice à revoir le concept de repas de Noël qui part en
vrille sous une physionomie beaucoup plus restreinte. Un repas
totalement éludé du script pour mieux (mais aussi trop tardivement)
se concentrer sur l'un des nœuds du problème qui va créer des
tensions entre les personnages : la bande dessinée Tintin
au Congo
que tiendra entre ses mains l’afro-descendante Ariane (Bwanga
Pilipili). Une femme d'affaire d'ailleurs tellement préoccupée par
son boulot qu'elle n'aura que très de temps à accorder aux autres
convives. Sujet à controverses dans son pays d'origine (son auteur,
Hergé, était belge), Tintin
au Congo
est vu par une certaine partie de la population comme une apologie
implicite du colonialisme. Pourtant, si le floutage de la bande
dessinée lors de sa présentation à l'image lors de certaines
séquences semble appuyer le message en ce sens, la réalité est
tout autre. Le floutage de Tintin
au Congo
n'est dû qu'à une raison beaucoup plus simple : la production
n'ayant pas obtenu d'autorisation légale, la diffusion de sa
couverture devenait ainsi impossible... Tout ça
ne nous rendra pas Noël
hésite d'ailleurs entre Wokisme et conservatisme culturel en
cherchant à ne jamais froisser aucun bord. Et même si de très
nombreuses tentatives d'humour échouent, quelques éclairs que nous
n'irons tout de même pas juger de génie rehaussent le niveau et
éclairent objectivement sur certaines des situations qui fragmentent
notre société. Bref, Tout ça ne nous rendra
pas Noël
échoue malheureusement à convaincre qu'il s'agit de la dernière
comédie noire provenant de Belgique qu'il faut absolument découvrir
malgré quelques micro-idées qui font regretter que l'ensemble ne
soit pas homogène en terme de qualité d'écriture et
d'interprétation... Dommage...
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