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jeudi 2 juillet 2026

L'autre côté de la violence (Roma, l'altra Faccia della Violenza) de Marino Girolami (1976) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

En soixante-dix huit longs-métrages et en trente-deux ans de carrière, le réalisateur italien Marino Girolami a touché à tous les genres et a même laissé derrière lui à l'attention des amateurs de nanars horrifiques, le ''légendaire'' Zombi Holocaust connu en France sous le titre La terreur des zombies ! Autant dire que est à l'opposée de ce film d'horreur qui fait hurler de rire lors des soirées arrosées tout en étant capable d'endormir le sauvage sagement assis tout seul devant sa télé. Sorti chez nous sous le titre L'autre côté de la violence le 06 juillet 1977 soit un an tout rond après sa diffusion dans les salles italiennes, Roma, l'altra Faccia della Violenza est un thriller d'excellente facture. Ce que l'on appelle dans son pays d'origine, un Poliziottesco. Sous-genre du film policier qui s'inscrit dans le contexte des Années de Plomb qui entre la fin des années soixante et le tout début des années quatre-vingt marquèrent le pays à travers des tensions politiques débouchant sur des actes de terrorisme et sur une violence généralisée. Si le long-métrage de Marino Girolami s'en tient tout d'abord à un sujet principal, celui d'un petit groupe de policiers traquant une bande de quatre voyous adeptes de vols, d'agressions physiques, de viols et de meurtres, Roma, l'altra Faccia della Violenza se distingue ensuite par sa critique sociale. Confrontant une jeunesse radicale qui par manque de perspective d'avenir ou par simple snobisme vis à vis du monde adulte et de la société en général s'engage dans une violence et une révolte extrêmes. Le film démarre pourtant de manière classique. Quatre criminels conquièrent les rues de la ville à la recherche de mauvais coups. Jusqu'au jour où ils dépassent les limites et causent la mort d'une jeune femme lors d'une soirée chic se déroulant dans une luxueuse demeure. Lorsque le père de la jeune victime, le Docteur Alessi (Anthony Steffen), apprend que celle-ci n'a pas survécu à la balle qu'elle a reçu dans la poitrine, il se rend, furieux, jusqu'au commissariat où il critique la mollesse de la police. Et notamment celle du Commissaire Carli qu'interprète à l'écran l'acteur Marcel Bozzuffi...


Un flic qui dans ce contexte particulièrement tendu où la jeunesse s'égare et où la pègre est prête à en venir directement aux mains face aux quatre criminels qui lui fond du tort, s'avère capable de contenir sa colère. Profondément humain comme en témoigne notamment son rapport au jeune marginal Stefano (Umberto Liberati) auquel il tente d'apporter un peu d'aide, Carli se retrouve devant une affaire relativement complexe à mener. Entre un témoin du meurtre qui se rétracte après avoir reçu une alléchante proposition d'acquisition d'un magasin de fleurs, des suspects qui n'en sont finalement plus, un père épris de vengeance qui va mener à bien une ''odyssée'' meurtrière afin d'éliminer les véritables coupables du meurtre de sa fille, des gosses de riches intouchables et entourés d'avocats véreux, il est clair que le commissaire va avoir du pain sur la planche. À l'époque de sa sortie en salle, Roma, l'altra Faccia della Violenza fut interdit chez nous aux moins de seize ans. D'une violence tout relative en comparaison de ce qu'étalent de nos jours nombre de longs-métrages, il est vrai que le contexte dans lequel évoluent les personnages s'avère assez âpre. Des fusillades en pagailles qui parfois font des victimes innocentes tuées à cause d'une balle perdue. Le père de famille subissant notamment une agression de la part de trois des quatre voyous qu'il traque. Un double viol commis dans une serre. Et puis des séquences de courses-poursuites assez énergiques, avec des flics qui préfèrent passer leur temps à tirer des coups de semonce en l'air tandis que les criminels, eux, laissent derrière eux nombre de cadavres. Notons que le film offre une séquence particulièrement gratinée durant laquelle un criminel en fuite se fait écraser par un autobus. Avec ce que cela peut sous-entendre comme conséquences sur le corps de la victime. Une scène bien gore ! Écrit par Marie-Claire Solleville, Vincenzo Mannino et Gianfranco Clerici, Roma, l'altra Faccia della Violenza est accompagné par une sympathique partition musicale signée deVince Tempera, Fabio Frizzi et Franco Bixio. Bref, un très bon, et même un excellent Poliziottesco...

 

samedi 14 septembre 2019

L'Arbalète de Sergio Gobi (1984) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Ça commence par deux gangs rivaux qui s'affrontent sur le terrain des seconds. D'un côté, des chinois, de l'autre des arabes. Les premiers viennent venger la mort de l'un d'eux tandis que leurs opposants affirment n'y être pour rien. Ce qui ne change rien puisque le combat est lancé. Deux techniques s'affrontent : d'un côté, les chinois volent dans les airs, de l'autre, les arabes tapent dans les couilles. Pas très courageux, ni viril, mais efficace. L'Arbalète dont le titre sonne bien comme un thriller des années quatre-vingt commence donc ainsi. Et l'on est surpris de voir le peu de soin apporté aux bruitages. Les coups de bâtons sonnent comme des coups portés à l'aide de tuyaux en tungstène et les lames sifflent de manière, elles aussi, totalement irréaliste. Mais passons. Les flics débarquent en nombre, parmi lesquels l'inspecteur Vincent qu'incarne Daniel Auteuil. Le film du réalisateur franco-italien Sergio Gobi démarre comme un bon vieux nanar rital post-apocalyptique, dans un terrain vague entouré d'immeubles effondrés et d'enseignes abandonnées. Quant aux voyous qui s'opposent lors de la bagarre, on les devine succinctement attendre les ordres du réalisateur pour agir à chaque changement de plan. Pour cette médiocre mise en bouche, on ne remerciera donc pas le bruiteur, ni même le monteur Robert Rongier qui bâcle leur travail.

L'Arbalète oppose deux flics aux origines sociales et aux méthodes radicalement différentes. D'un côté, Vincent, un ancien voyou qui fréquentait le même genre d'énergumènes qu'il vient de mettre aux arrêts avant d'être embauché dans la brigades des mœurs. De l'autre, Falco (l'acteur Marcel Bozzuffi), raciste et pourri jusqu'à la moelle. C'est parce qu'il a un passé de voyou que le commissaire divisionnaire Rigault (Michel Beaune) demande à Vincent d’infiltrer le ''gang des viets'' en se faisant passer lui-même pour un voyou car plusieurs pharmacies ont été récemment braquées. C'est ainsi qu'il va se rapprocher de ''L'arbalète'', une prostituée qui était très proche de Vic le chef du ''gang des viets'' supposé avoir été assassiné par les arabes...

Bar gay, prostitution, drogue, flics ripoux, racisme, ''justiciers'' néo-nazis (on ne s'étonnera pas de retrouver à leur tête l'acteur Didier Sauvegrain), guerre des gangs... L'Arbalète est ambitieux mais Sergio Gobi n'étant pas William Friedkin (Cruising), son film n'a pas l'ampleur morbide que suggère pourtant le synopsis et le cadre dans lequel sont plongés les personnages. La belle Marisa Berenson a beau se faire des fixe d'héroïne, Daniel Auteuil mettre sa vie en danger dans un ''coupe-gorge'' ou en traîant avec des individus peu recommandables et Marcel Bozzuffi chercher n'importe quel prétexte pour se débarrasser gratuitement d'un ''étranger'', on a du mal à y croire. Surtout concernant Daniel Auteuil qui, s'il a pris depuis assez de ''bouteille'' pour être crédible dans la peau de Schneider dans l'excellent MR73 d'Olivier Marchall, possède dans le cas présent un timbre de voix qui ne résiste pas longtemps à la comparaison. Celui qui tire en réalité son épingle du jeu, c'est Marcel Bozzuffi, qui dans le rôle du flic pourri et raciste se révèle parfois réellement inquiétant. Mais le film tournant surtout autour du personnage incarné par Daniel Auteuil, L'Arbalète n'est au final qu'un petit thriller sans réelle envergure et de surcroît assez mou. Bien moins intriguant et dérangeant que Les Fauves de Jean-Louis Daniel qu'il interpréta aux côtés du saisissant Philippe Léotard l'année précédente, L'Arbalète est anecdotique. Pourtant, à sa décharge, il faudra accorder au long-métrage le bon goût de ne pas trop s'écarter de son aspect sombre et désespéré puisque Sergio Gobi nous évitera la sempiternelle happy-end...
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