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jeudi 9 octobre 2025

(Après Projection) The Toxic Avenger de Macon Blair (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Maintenant que la projection est ENFIN arrivée à son terme, sachons être objectif ! The Toxic Avenger (Unrated) version 2023 n'est pas tel que Lloyd Kaufman a pu l'affirmer. Si l'on veut demeurer en parfait accord avec ce que l'on pouvait déjà penser de la séquelle de Street Trash, il n'est pas interdit de croire ni d'affirmer que Macon Blair n'est pas parvenu à remplir le contrat que le ''Papa'' de la société de distribution et de production Troma Entertainment avait ambitionné de produire aux côtés de Legendary Pictures à laquelle l'on doit notamment le navrant Texas Chainsaw Massacre de David Blue Garcia (2022), les deux premiers volets de la trilogie Dune de Denis Villeneuve dont le troisième est prévu pour l'année prochaine ou encore l'adaptation sur grand écran du jeu vidéo Minecraft réalisé par Jared Hess. Sans compter l'arrivée prochaine d'un troisième long-métrage en vue réelle adapté de la franchise de jeux vidéos de Capcom, Street Fighter ! L'un des points noirs de cette nouvelle itération qui dans l'historique de la franchise arrive après quatre longs-métrages (The Toxic Avenger en 1985, The Toxic Avenger, Part II en 1989, The Toxic Avenger Part III: The Last Temptation of Toxie la même année et Citizen Toxie: The Toxic Avenger IV en 2000) ainsi qu'une série animée du nom de Toxic Crusaders venant s'intercaler entre les opus deux et trois, reste sa durée. Alors que l’œuvre séminale n'atteignait même pas les quatre-vingt dix minutes, le film de Macon Blair n'en aligne pas moins de cent-deux ! Et si l'on fait le calcul entre les scènes où il ne se passe pas grand chose (dont la plupart est concentrée lors des quarante premières), il n'est là aussi pas incohérent de penser que le film aurait sans doute gagné en énergie une fois débarrassé de toute séquence inutile accaparée par de trop longues lignes de dialogues et une caractérisation dont les véritables puristes de Toxie et de la Troma se fichent royalement. À dire vrai, The Toxic Avenger (Unrated) devrait tout d'abord faire office de porte d'entrée pour les futurs et éventuels adeptes de la cultissime franchise américaine. Comme l'on conseillera aux curieux qui voudraient s'essayer au cinéma de John Waters de s'y plonger en abordant sa filmographie par ses œuvres les plus récentes avant d'aller côtoyer le cinéma beaucoup plus trash dont il se fit l'un des parangons bien des années auparavant (de Mondo Trasho en 1968 jusqu'à Desperate Living en 1977). Entre comédie musicale, film de super-héros, de gangsters, humoristique et gore, The Toxic Avenger (Unrated) danse sur autant de pieds qu'il élargit son audience...


Faussement subversif, le Toxie de Macon Blair a plutôt l'air d'un gnome verdâtre se moquant du mythique super-héros radioactif de la saga d'origine que celui d'une nouvelle race de braves défenseurs de la veuve et de l'orphelin venus en découdre avec les méchants qui gangrènent la ville où se déroule l'action. Les vieux de la vieille, ceux qui parcoururent en long et en large les rayons des vidéoclubs voilà près de quarante ans, laisseront sans regret leur place de cinéma aux petits jeunes pour redécouvrir de leur côté le charme de ces bonnes vieilles VHS dégoulinantes de sang, de tripaille et de matières malodorantes ! Macon Blair tente pourtant d'attirer dans ses filets les fans d'antan. Mais si cela fonctionne parfois, comme lorsque l'on découvre notamment la pancarte de bienvenue de la ville de St. Roma's Village dont les quelques lettres effacées laissent apparaître le nom de la mythique Tromaville ( t. Roma Vill e), The Toxic Avenger (Unrated) n'est pas le digne descendant de la franchise. Macon Blair a beau montrer des têtes qui explosent, des intestins qui s'échappent par le fondement de leur propriétaire où un Toxic Avenger qui pour se débarrasser de ses chaînes urine sur elles, une pisse acide, le film n'aura pas su convaincre votre serviteur. Moins crade, provocateur et outrancier qu'il ne semble vouloir nous le faire croire, The Toxic Avenger (Unrated) n'est rien moins qu'une comédie américaine aux dialogues surfaits, alourdie par des personnages secondaires qui gigotent de manière stérile, foirant la plupart des gags que son auteur voudrait probablement hilarants... Macon Blair a presque changé de fond en comble le récit d'origine. Si l'idée est louable, on se rend rapidement compte qu'il aurait finalement mieux fait de s'en tenir au script originel et de ne point se doter de personnages inutiles. Comme peut l'être notamment Bob Garbinger qu'incarne le pourtant très bon Kevin Bacon. Tout juste l'on aurait peut-être aimé voir étoffé le personnage interprété par Elijah Wood, Fritz, frère monstrueux et parfois touchant de Bob. Peut-être certains ne l'auront-ils pas remarqué mais lors de l'attaque finale se situant sur la propriété des Garbinger, Macon Blair semble rendre hommage au Commando que réalisa Mark L. Lester en 1985. En y repensant, la chose aurait été fort amusante si Arnold Schwarznegger (qui incarnait alors le rôle du Colonel John Matrix) avait finalement accepté d'interpréter le double rôle de Winston Gooze/The Toxic Avenger quarante ans plus tard...

 

mercredi 8 octobre 2025

(Avant Projection) The Toxic Avenger de Macon Blair (2025)

 


 

Avant toute chose et surtout, avant de faire la critique post-projection du remake de The Toxic Avenger, j'avais très envie de connaître le sentiment du fondateur de la société de production et de distribution américaine Troma Entertainment, Lloyd Kaufman. Connaissant le bonhomme et surtout son appétence pour le gore, le trash et d'une manière générale tout ce qui touche à l'irrévérencieux, son avis me semblait donc primordial s'agissant de ce reboot dont les origines remontent tout de même à 2010. Avant que le projet ne soit finalement confié à Macon Blair, acteur mais aussi réalisateur et scénariste d'un premier long-métrage en 2017 sorti sous le titre de I Don't Feel at Home in This World Anymore et disponibles sur la plateforme de streaming Netflix, The Toxic Avenger version 2023 fut tout d'abord envisagé sous la direction de Steve Pink, puis celle de Conrad Vernon avant que le projet n'échoue donc entre les mains de Macon Blair qui selon Lloyd Kaufman était le plus à même de mettre en scène le plus célèbre super-héros de la fameuse société américaine ! Considérant en outre que le script, lui-même écrit par le cinéaste, est bien meilleur que celui qu'écrivit à l'époque Joe Ritter. Un scénario basé alors sur une idée de Lloyd Kaufan lui-même. Côté interprétation, si l'on peut trouver étonnant, voire amusant d'y découvrir Kevin Bacon et Elijah Wood dans les rôles respectifs de Bob et Fritz Garbinger, une autre idée, assez folle fut d'envisager rien moins qu'Arnold Schwarzenegger dans celui de Winston Gooze (en lieu et place du frêle Mark Torgl qui en 1985 interprétait le rôle de Melvin Junko), héros malheureux, diagnostiqué en phase terminale d'une maladie incurable avant de tomber dans une fosse remplie de produits toxiques. Pourtant, Arnold Schwarzenegger préférera à l'époque rendosser le costume du T-800 dans Terminator Genisys d'Alan Taylor... Et donc, arriva ce qui devait arriver, le rôle principal fut finalement confié à......... Peter Dinklage !


Ouais, le nai.... pardon, l'homme de petite taille qui ouvrit grandes les portes de la polémique en arguant que la représentation de nains vivant dans une grotte était rien moins qu'arriérée... Une remarque parfaitement idiote si l'on tient comme une vérité irréfutable le fait que les nains, dans le cas de Blanche Neige, le dernier reboot en date et en mode live des putrides écuries Disney, n'ont évidemment rien de commun avec le nanisme mais sont fondés sur de petites créatures appartenant au folklore que l'on rencontre en général dans les jardin... Tiens, prends ça dans ta face, petite chose inculte qui a osé mettre certains représentants de la ''communauté des hommes et des femmes de petite taille'' au chômage ! N'empêche qu'aujourd'hui, l'emblème de la société Troma Entertainment est désormais représenté par un wokiste d'un mètre trente-cinq tandis que dans l’œuvre originale, une fois transformé en une créature visuellement dégueulasse mais aux intentions pacifistes, Mark Torgl laissait la place à l'acteur Mitch Cohen et à ses cent-quatre vingt-treize centimètres de hauteur... ! Mais bon, qu'est-ce que vous voulez.... Si Lloyd Kaufman affirme que le remake enterre l’œuvre originale, on ne va pas mettre en doute la parole de l'un des grands prophètes du trash et du mauvais goût ! Quoique, l'exemple de Steven Spielberg qui de son propre aveu témoigna avoir ''mouillé sa culotte'' lors de la projection de l'effarante merde que fut Paranormal Activity prouve qu'il faut savoir garder à l'esprit qu'une vérité peut en cacher une autre. Bref, très chers amis, c'est le cœur pas tout à fait léger mais avec l'appétit du glouton en matière de gore, de trash et d'irrévérence que je m'apprête à sauter le pas tout en espérant que l'expérience sera différente de celle vécue au contact du faux remake mais véritable suite de Street Trash de Jim Muro. Autre classique gore des années quatre-vingt que se réappropria Ryan Kruger pour un résultat mi-figue, mi-raisin. Bonne nouvelle il ne semble pas qu'un projet de séquelle ou de reboot du cultissime Bad Taste de Peter Jackson soit encore dans les rouleaux. Ouf !

 

dimanche 13 octobre 2024

They/Them de John Logan (2024) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Considérer les thérapies de conversion comme un phénomène inédit revient à dire que l'on vient de passer les dix ou vingts dernières années enfermé dans une vieille cabane en bois tout au fond d'une forêt sombre et sans le moindre contact avec un quelconque média ou un quelconque membre de son espèce. Si They/Them n'est pas le premier long-métrage à traiter du sujet, il l'est du moins par l'angle que son réalisateur et scénariste a choisi. Le pic du genre intervient en l'espace d'une très courte période puisque entre 2018 et 2021 ont éclot pas moins de trois œuvres consacrées à ce phénomène visant à changer l'orientation sexuelle d'hommes et de femmes dits ''homosexuels'' et ''bisexuels'' ou ayant des difficultés à reconnaître leur véritable identité de genre. Come as you are de Desiree Akahvan, Boy Erased de Joel Edgerton et Pray Away : désirs martyrisés de Kristine Stolakis. Deux fictions dramatiques et un documentaire pour en savoir davantage sur cet épiphénomène qui a pourtant tendance à prendre de plus en plus d'ampleur à mesure que les médias s'en emparent... Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur, le scénariste et producteur américain originaire de l’Illinois, John Logan prend le taureau par les cornes et fusionne le sujet à un type de film qui de base semble n'avoir aucune raison de s'y accoupler. Et pourtant, à travers sa première séquence parfaitement inutile suivie d'une seconde rassurant par contre quant à la suite des événements, They/Them paraît tout d'abord s'inscrire dans un genre que les amateurs de cinéma d'horreur et d'épouvante chérissent dans leur cœur : le Slasher. Ouch ! Encore un de plus. Un de trop, peut-être et même sans doute. Et pourtant, la seule présence de l'acteur Kevin Bacon a de quoi éveiller la curiosité et les souvenirs des plus anciens puisque sous forme d'hommage, John Logan convie en tant que vedette de son tout premier film pas moins que l'un des adolescents trucidés plus de quarante ans en arrière dans l'une des œuvres séminales du genre Slasher réalisée à l'époque par Sean S. Cunningham, Vendredi 13 ! Désormais à la tête d'un petit comité menant des thérapies de conversion, c'est sous le nom d'Owen Whistler que l'acteur accueille une dizaine d'adolescents, homosexuels, lesbiens, trans ou non-genrés.


Des personnages (tous?) incarnés par des représentants de la communauté LGBT (et plus si affinités) parmi lesquels les acteurs américains non-binaires Theo Germaine et Darwin del Fabro. Production BlumHouse oblige, le film ne pouvant se contenter d'aborder le sujet de la thérapie de conversion que sous l'angle psychologico-sociologique, John Logan fait très clairement référence au Slasher en incluant quelques gimmicks propres au genre, tel cet employé apparemment pas très sain d'esprit qui d'évidence sert de leurre mais qui s'avérera évidemment innocent des quelques meurtres qui seront commis tardivement durant le récit. Là où They/Them s'impose véritablement comme une œuvre qui dans le genre sort quelque peu du lot est justement cette galerie de portraits pas inintéressants et traités autrement que s'il s'agissait simplement de ''Freaks''. Aussi surprenant que cela pourrait paraître aux yeux de celles et ceux qui ne supportent plus que certains médias s’appesantissent sur un sujet qui ne touche finalement qu'une minorité d'entre nous, le long-métrage de John Logan parvient à les rendre immédiatement attachants. Contrairement à beaucoup de Slashers dont le script est généralement la principale faiblesse, ici, le réalisateur et scénariste s'est donné les moyens de proposer des dialogues plutôt fins ne définissant pas de manière immuable les orientations sexuelles de ses jeunes personnages. D'ailleurs, et ce de façon ouvertement ironique, quelques plans convoquant l'inefficacité du traitement viennent démontrer ici l'inutilité d'un tel stage qui, en outre, est censé régler le ''problème'' en l'espace d'une semaine seulement ! Bien loin d'atteindre le niveau d'intensité du Traitement Ludovico d'Orange Mécanique de Stanley Kubrick, le principal soucis de They/Them et de ne réserver aucun éclat en matière de Slasher. Des meurtres très peu sanglants exécutés hors champ et un film d'horreur qui retombe finalement dans ce qui constitue généralement les principaux défauts du genre à travers cette déconcertante facilité qu'ont les personnages à se foutre à poil pour baiser dans tous les coins ! Rarement jusqu’au-boutiste (on se souviendra malgré tout du triste sort accordé au vieux chien d'Owen), le film de John Logan offre surtout le plaisir de redécouvrir un Kevin Bacon très à l'aise dans le rôle du vrai/faux gentil pédagogue. Pour le reste, They/Them finira par oublier les fondements de son sujet pour se laisser aller à certaines facilités propres au Slasher. Comme ce twist parfaitement improbable intervenant après quatre-vingt dix minutes de projection mais dont je vous laisse le plaisir de le découvrir par vous-même...

 

samedi 18 mai 2024

Leave The World Behind de Sam Esmail (2023) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Cela commence par la présentation d'une famille d'américains moyens tout ce qu'il y a de plus classique. Du moins sur grand écran. Une mère de famille un brin rigide et procédurière, un époux humaniste et qui a donc le cœur sur la main, un fils accaparé par les filles de son âge et une petite dernière obsédée par les réseaux sociaux et fan absolue de la série friends ! Amanda Sandford (Julia Roberts) a décidé sans prévenir les autres membres de la famille d'organiser un petit séjour dans une luxueuse demeure de location. Histoire de passer du bon temps aux côtés des siens. En achetant des provisions, Amanda remarque l'étrange attitude d'un client. Plus tard, alors qu'ils sont désormais installés pour quelques jours dans leur nouvelle demeure, les Sandford sont témoins d'un événement non moins surprenant alors qu'ils prennent le soleil sur une plage. Bientôt, les diverses méthodes de communications cessent de fonctionner. Internet, les téléphones ainsi que la télévision, tout ce qui relie les hommes au monde ne marche plus. En pleine nuit, le propriétaire des lieux George H. Scott et sa fille Ruth frappent à la porte. Alors qu'en ville le réseau électrique est tombé en panne, les nouveaux venus demandent à leurs locataires s'ils peuvent venir passer la lui dans leur demeure... Je ne sais pas ce qu'en pensent tous ceux qui ont découvert Le monde après nous ou Leave The World Behind (ce qui peut littéralement se traduire par Laisser le monde derrière) sur Netflix récemment mais le second long-métrage du réalisateur américain Sam Esmail neuf ans après la comédie romantico-dramatique Comet a ce petit et délicieux parfum des œuvres signées de M. Night Shyamalan. En effet, le film est teinté d'un mystère qui va couvrir l'intégralité du récit. Une atmosphère angoissante et quasi surnaturelle notamment entretenue par la bande originale signée du compositeur américain Mac Quayle qui travailla en outre sur les séries American Horror Story, Mr. Robot (pour laquelle il obtiendra le Primetime Emmy Award de la meilleure musique dans une série en 2015) et Ratched. Sous de faux airs de Home Invasion dont les codes auraient été inversés, le réalisateur et scénariste adapte le roman à succès de l'écrivain Rumaan Alam dans lequel l'auteur abordait déjà les préjugés d'ordre raciaux. Une attitude que l'on peut notamment observer du point de vue d'Amanda Sandford, méfiante vis à vis de ces ''nouveaux venus'' (Mahershala Ali et Myha'la Herrold dans les rôles respectifs de George et Ruth Scott) ou lorsque la fille du propriétaire pose une question sur l'éventuelle relation qu'entretiendrait Clay avec ses élèves !


Un spectacle divertissant souvent encerclé de clichés et de sous-entendus...


Dans le rôle de Clay Sandford nous retrouvons le formidable Ethan Hawke qui excelle à incarner un époux et père de famille que l'on pourra à loisir décrire soit comme humaniste, irresponsable, mais observant en tout cas une attitude plutôt indolente face à des inconnus certes polis (Ruth, la gamine, se comporte malgré tout de manière arrogante) mais dont ils ne savent absolument rien... Derrière les apparences qui auraient pu faire de Leave The World Behind un thriller assez convenu se glisse un arrière-plan d'apocalypse fort intriguant. Ajoutant aux ''confrontations'' quelques séquences réellement prenantes comme lorsque Clay part en ville en voiture ou lorsque George décide de rendre visite à ses plus proches voisins. Si une coupure d'électricité généralisée peut aisément s'expliquer (un fait si peu rare qu'il peut paraître anodin), d'autres phénomènes sembleront déjà beaucoup moins rationnels. Comme ces dizaines de cerfs désorientés qui débarquent sur le terrain de la propriété ou ces avions qui viennent s'écraser aux abords de la plage, attirés comme par un aimant (l'exemple du pétrolier semble d'ailleurs le confirmer). L’ambiguïté de certains propos ou l'attitude même des uns et des autres (et surtout celle de George et de sa fille) ajoutent une couche supplémentaire de mystère à une intrigue qui s'en trouve donc épaissie. D'un point de vue strictement sensoriel, Leave The World Behind est une brillante réussite. Jouant avec maestria de sa caméra, Sam Esmail observe ses interprètes et donc les protagonistes sous toutes les coutures. Les filmant en plongée, contre-plongée, de face ou de profil, en gros plan ou éloignés au fond d'une pièce, son approche de la mise en scène participe de cette fascination pour des êtres communs plongés dans une situation qui l'est déjà beaucoup moins. Le sensationnel laisse ensuite la place à des apartés entre les uns et les autres. Les tensions subjectivement raciales disparaissent au profit d'autres questionnements. Le rythme ralentit peu à peu et l'intérêt sans doute aussi davantage. C'est non sans une certaine ironie que Sam Esmail développe le sujet du catastrophisme à travers quelques séquences relativement drôles mais qui éclairent parfois sur le comportement des parents (Amanda restant en retrait alors que son fils vient instantanément de perdre plusieurs dents!) ou sur celui des nouvelles technologies comme ces voitures électriques autonomes qui ''jouent'' aux autos-tamponneuses !

 

mercredi 27 octobre 2021

Friday the 13th (Vendredi 13) de Sean S. Cunningham (1980) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Et la légende est née... un soir de pleine Lune, au coin d'un feu de camp. Celle de Jason Voorhees, ce petit garçon qui se noya dans le lac de Crystal Lake pendant que ses moniteurs faisaient, selon l'expression d'un certain Alexander « Alex » DeLarge, ''in-out'' dans la réserve du camp portant le même nom que le fameux lac. Réalisé et produit par Sean S. Cunningham, lequel avait déjà notamment œuvré en tant que producteur sur le film culte de Wes Craven La dernière maison sur la gauche en 1972, Friday the 13th (ou Vendredi 13 chez nous) fut le premier volet d'une longue (trop longue?) saga de slashers, concurrente directe d'une autre fameuse franchise intitulée Halloween initiée en 1978 par le génial John Carpenter. L'occasion alors pour Sean S. Cunningham de se lancer dans ce même type d'aventure horrifique sans pour autant avoir la moindre idée d'un quelconque scénario ! Pourtant, n'en déplaise aux fans de Michael Myers, celui écrit par Victor Miller peut se targuer de proposer un contenu légèrement supérieur. Car en dehors du fait que Halloween soit aussi passionnant qu'un documentaire montrant un type promener son chien durant plus de quatre-vingt dix minutes, sa poignée de meurtres ne se comptant que sur les doigts d'une seule main manquent cruellement d'originalité :cinq meurtres dont au moins deux au couteau et deux commis par étranglement (il y en a même un qui mixe les deux) ! Question originalité, ce fut le désert... contrairement au tueur du premier Vendredi 13 dont les meurtres le portèrent immédiatement (du moins dans mon cœur) au panthéon des boogeymen au même titre que le grand brûlé Cropsy de The Burning (Tony Maylam, 1981) ou le soldat dément de The Prowler (Joseph Zito, 1981). D'ailleurs, savez-vous quel rapport entretiennent ces trois slashers ? Non ? Et bien tous les trois bénéficièrent des talents du plus reconnu des maquilleurs et spécialistes des effets-spéciaux gore de l'époque, Tom Savini...


Bien que tout comme ses adversaires, Vendredi 13 ne repose en très grande partie que sur son bodycount et le degré d'horreur étalée à l'écran, le long-métrage de Sean S. Cunningham bénéficie de surcroît du concept de ''twist'' souvent absent de la concurrence. Et deux parmi ceux restés les plus célèbres du genre s'y trouvent justement. Celles et ceux qui n'ont toujours pas découvert le premier volet de la franchise sont priés de sauter directement jusqu'au prochain paragraphe...

En général, lorsque l'on demande aux néophytes qui est Frankenstein, ceux-ci répondent qu'il s'agit du monstre déambulant dans le roman de Mary Shelley ou les divers longs-métrages éponymes. Concernant Vendredi 13 premier du nom, c'est un peu la même chose lorsque l'on demande au gens qui est le tueur qui dissémine des cadavres ça et là. Car contrairement à ce que laisse supposer le film et surtout ses différentes séquelles, le tueur est ici une tueuse. Une jolie surprise qui nous attend en fin de métrage en la personne de Betsy Palmer (ici, relativement flippante) qui interprète donc Pamela Voorhees, la mère de Jason. Autre twist qui lui s'avère quelque peu traumatisant, se situe à la toute fin du long-métrage lorsque au lendemain du massacre, l'unique survivante Alice (l'actrice Adrienne Taylor) se réveille à bord d'un canot au milieu du Crystal Lake lorsque surgit des eaux un Jason Voorhees en piteux état. Un concept qui sera d'ailleurs repris à plusieurs occasions [Fin du spoil!].


Ventre perforé à l'aide d'un couteau, égorgements, coup de hache dans le crâne, gorge transpercée par la pointe d'une flèche en métal et j'en passe... Le travail de Tom Savini est une fois de plus remarquable et fait ici honneur à son tueur. Le maquilleur s'en donne à cœur joie et si le film est moins gore qu'un Maniac (William Lustig, 1980), Vendredi 13 premier du nom, il propose par contre nettement plus de meurtres. Le principe du slasher reposant davantage sur son Bodycount que sur la finesse de son scénario ou sur celle de son interprétation, les moniteurs adolescents tombent les uns après les autres avec la régularité d'un métronome. Si l'on compte le meurtre du tueur lui-même, on atteint l'honnête (et très rond) chiffre de dix victimes. Ce qui demeure un très bon score pour l'époque... Bon après, on ne va tout de même pas se mentir. En dehors des meurtres, Vendredi 13 demeure très basique. Sean S. Cunningham ne s'intéresse absolument pas à la psychologie de ses personnages qui pour la plupart n'ont qu'une vue d'ensemble des rapports humains. Une vue qui se situe d'ailleurs généralement en dessous de la ceinture. Pas de quoi se pâmer d'admiration devant les uns et les autres, ni ressentir le moindre sentiment de consternation ou d'abattement devant tel ou tel passage de vie à trépas. Le long-métrage de Sean S. Cunningham n'en demeure pas moins l'un des classiques du slasher comme en témoignent en outre les onze longs-métrages qui lui ont succédé (neuf séquelles, un crossover aux côtés de Freddy Krugger et un remake) et dont le douzième devrait arriver dès l'année prochaine, une série télévisée composée de soixante-douze épisodes diffusée chez nous pour la première fois dès le 13 novembre 1989 dans l'émission culte Les accords du Diable sur La Cinq, ou encore deux jeux vidéos sortis sur différentes plate-formes et respectivement en 1989 et 2017. Sans parler des chansons dédiées à Jason ou les milliers de goodies qui furent produits jusqu'à maintenant...

 

jeudi 11 mars 2021

You Should Have Left de David Koepp (2020) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Attiré par l'idée alléchante de retrouver l'acteur Kevin Bacon dans un film d'horreur, d'épouvante, ou fantastique, genres qui lui conviennent relativement bien puisqu'il joua notamment dans Tremors de Ron Underwood en 1990, L'Expérience Interdite de Joel Schumacher la même année ou Hollow Man: L'Homme sans Ombre de Paul Verhoeven dix ans plus tard. Plus de vingt ans après Hypnose, il retrouve le réalisateur américain originaire du Wisconsin David Koepp avec un sujet beaucoup plus sombre que l'histoire de cet homme qui après avoir participé à une séance d'hypnose se mettait à voir des esprits. You Should Have Left (Tu aurais dû partir) sonne en fin de projection comme un message d'alerte à l'attention du spectateur qui aurait sans doute dû prendre en considération ce titre. Lequel, plus que de témoigner du contenu de l’œuvre, semble inconsciemment tout mettre en œuvre pour que l'on ne perde pas un peu plus de quatre-vingt dix minutes de notre temps. Car si le dernier long-métrage de David Koepp adapté du court roman éponyme de Daniel Kehlmann transporte derrière lui quelques bonnes idées d'écriture, le résultat à l'écran ne se fait malheureusement pas attendre longtemps. Non pas que You Should Have Left soit un calvaire à suivre, mais bizarrement, il semble souvent faire écho à l'un des propos que tiennent les deux principaux personnages Theo et Susanna Conroy qu'interprètent Kevin Bacon et Amanda Seyfried. Lesquels sont accompagnés par la jeune Avery Essex qui joue quant à elle le rôle de Ella, leur jeune enfant...


En effet, à plusieurs reprises est évoqué l'âge ''avancé'' de Theo et, allez savoir pourquoi, cela semble avoir des conséquences sur l'étrange climat qui règne dans cette maison du bout du monde isolée dans la campagne du Pays de Galles et trônant au sommet d'une colline. Si son étrange situation pourrait rappeler à certain l'angoissante demeure d'un certain Norman Bates, celle des Conroy est d'une architecture totalement différente. Moderne et donc particulièrement froide, voire sinistre, elle est l'un des éléments principaux du récit et participe de la même manière que dans le Psychose à l'élaboration d'un psychisme désordonné. Celui de Theo justement, que Kevin Bacon interprète à la manière d'un pensionnaire d'ehpad qui aurait voulu une dernière fois se dégourdir les jambes avant de retourner dans sa chambre. Si You Should Have Left est ennuyeux, ça n'est certes pas pour les bonnes raisons. Si l'on s'y ennuie (j'avoue même avoir été victime de deux ou trois micro-sommeils), ça n'est pas non plus à cause de la langueur de la mise en scène mais plutôt pour cette incapacité crasse du réalisateur à parvenir à hisser à la hauteur du matériaux d'origine, une œuvre qui sent au final, le réchauffé...


C'est à me demander si j'ai vu le même film que ceux qui évoquent la folie de son personnage principal quant il m'a semblé que les événements décrits dans You Should Have Left étaient d'un tout autre ordre. Bien qu'il semble tout d'abord que Theo perde effectivement peu à peu la tête, certains éléments semblent cependant contradictoires. Comme cette fuite qu'il entreprend au bras de sa fille, témoin alors évident du caractère fantastique que prend le film de David Koepp en cours de route. Mais là n'est plus vraiment le problème. Ce qui fait surtout défaut dans You Should Have Left est l'inefficience avec laquelle certains cadrages et certains montages ruinent l'impact de séquences qui se voudraient ''labyrinthiques''. Le film manque en effet de prendre de la hauteur lorsque son sujet devient véritablement passionnant : ce moment précis ou, après une très longue attente d'une heure, les choses se mettent enfin en place. Maintenant, ai-je échappé au concept ? Mais certaines incohérences, qui n'en sont d'ailleurs peut-être pas selon que l'on adhère à la thèse de la folie ou pas, s'expliqueraient-elles à travers la représentation concrète du marasme psychologique qui dévaste l'esprit de Theo ? Pas évident. À dire vrai, cette facette du récit est suffisamment plan-plan pour que l'on s'assoupisse rapidement. Seul éclair de génie qui retombe malheureusement comme un soufflet, l'évocation de cette demeure justement, dont la symétrie rappelle de très loin les œuvres d'un certain Maurits Cornelis Escher. Une idée trop tardivement et trop insuffisamment exploitée pour que You Should Have Left se révèle passionnant. D'autre plus que le reste est d'un convenu qui confine à la supercherie...

 

samedi 29 juillet 2017

The Darkness de Greg McLean (2016) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Greg McLean fait partie de ces cinéastes dont j'aime suivre la carrière même si je ne m'attache pas forcément à écrire un article chaque fois que l'une de ses œuvres sort sur les écrans. Depuis le diptyque Wolf Creek 1&2 et Solitaire, j'avais hâte de voir qu'elle évolution allait connaître sa carrière, d'autant plus que l'australien tourne très peu (depuis son premier long-métrage en 2005, Greg McLean n'a en effet réalisé que cinq films). Évidemment, l'Amérique s'est emparée du phénomène et les producteurs Jason Blum, Matthew Kaplan et Bianca Martino se sont empressés de participer au financement de l'un de ses derniers bébés. Alors que The Belko Experiment devrait, espérons-le, sortir prochainement sur nos écrans, The Darkness a investit la VOD fin 2016. Une histoire somme toute assez commune puisque l'intrigue tourne autour d'une famille victime de phénomènes paranormaux. D'autre bien avant Greg McLean se sont lancés dans ce type d'aventures, au hasard Steven Spielberg et Tobe Hooper avec Poltergeist ou plus récemment, Conjuring : les Dossiers Waren de James Wan. Deux exemples parmi tant d'autres.
Le film de Greg McLean offre-t-il pour autant une réelle nouveauté au genre encombré des entités maléfiques. Et bien, pas vraiment. En réalité, The Darkness ne fait que reprendre les mêmes idées, sans même y ajouter la moindre originalité. Le thème de l'autiste ayant un impact fondamental sur les événements n'est pas un cas nouveau. Même l'introduction ne fait que s'inspirer de la superbe ouverture de L'Exorciste de William Friedkin. Quant à l'intervention d'une spécialiste, la scène renvoie aux exemples cités plus haut.

Greg McLean a beau être un talentueux cinéaste qui habituellement transforme en or tout ce qu'il touche, ici, le résultat se révèle navrant. Surtout pour un réalisateur de sa trempe. The Darkness ne dure que quatre-vingt douze minutes et pourtant, on s'y ennuie ferme. A tel point que l'on a l'impression qu'il dure au moins une demi-heure de plus, si ce n'est même une heure complète. Marre également de ces bandes-originales qui ne font que d'aller plagier des compositions déjà existantes. Ayant eu jusqu'à maintenant une confiance aveugle en Greg McLean, j'ai supposé un peu trop rapidement qu'il userait de techniques particulières et personnelles pour nous faire sursauter. Sauf qu'il use, et abuse, des Jump-scares. A tel point que les scènes censées nous faire sursauter finissent par devenir risibles. Le principe fonctionnera sans doute une fois. Peut-être deux. Mais sûrement pas trois.

En terme d'effets-spéciaux, The Darkness est relativement sobre. Quelques jolis effets, d'autres un peu ridicules (le jeune Michael disparaissant aux bras d'une tribu indienne), une musique envahissante qui cherche inefficacement à faire atteindre un haut degré d'effroi chez le spectateur, et une structure narrative un peu brouillonne. Qu'a donc été foutre le cinéaste australien chez les gars de Blumhouse Productions ? L’appât du gain ? Une reconnaissance mondiale ? L'opportunité de travailler aux côtés de la star Kevin Bacon ? Pour terminer, je dirais que le film vaut son pesant d'or lors de la scène finale qui terme de ridicule dépasse sans doute tout ce qui a été fait jusqu'à maintenant. Certainement un grand moment de solitude pour l'auteur des géniaux Wolf Creek 1&2 et Solitaire. Certains penseront sans doute que je suis un peu dur avec la note que j'ai accordée à The Darkness. Mais j'ai bien envie d'affirmer qu'elle demeure, peut-être pour la toute première fois depuis la naissance de Cinémart, d'une totale objectivité.Un conseil Greg, retourne en Australie. C'est là-bas que tu as su donner le meilleur de toi-même...


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