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samedi 13 juin 2026

L'Empire des Fourmis Géantes de Bert I. Gordon (1977)



Marilyn Fraser a l'intention de mettre tous les atouts de son côté. Elle doit vendre en effet un terrain marécageux en convainquant d'éventuels acheteurs qu'ils pourront en faire une zone résidentielle. Entouré par la jungle, le terrain est accessible par bateau. C'est ainsi que la jeune femme s'y rend accompagnée d'un certain nombre d'acheteurs potentiels.
Ce que Marilyn et ses invités ne savent cependant pas, c'est que la zone est infestée de fourmis géantes qui ont muté en raison de la présence de déchets toxiques dont elles se sont nourries.

Pour Marilyn et les autres, la seule solution pour échapper à la morsure de ces monstres est de fuir à travers la jungle. A bord d'une barque, ceux qui ont réussi à s'échapper de l'enfer ne sont pas encore au bout de leurs surprises : parvenu jusqu'en ville, le groupe se retrouve aux prises avec un shérif et ses adjoints particulièrement nerveux. En effet, sous l'emprise des créatures qui gazent littéralement leurs victimes emmenées de force dans une usine produisant des céréales, les autorités ont choisi d'obéir aux ordres des fourmis géante qui sont de les nourrir...

L'écrivain britannique Herbert George Wells est mondialement connu pour avoir écrit quelques-unes des œuvres littéraires de science-fiction les plus célèbres : La Machine à Explorer le Temps, L'Île du Docteur Moreau, L'Homme Invisible ou encore La Guerre des Mondes. Adapté de la nouvelle The Empire of the Ants, L'Empire des Fourmis Géantes n'est pas un premier coup d'essai pour le cinéaste américain Bert I. Gordon puisqu'un an auparavant, soit en 1976, il s'était déjà inspiré de H.G.Wells pour son long-métrage Soudain... les monstres adapté du roman de science-fiction The Food of the Gods and How It Came to Earth. Alors qu'il y exhibait diverses créatures victimes de mutations les ayant transformées en créatures géantes, cette fois-ci, seules les fourmis semblent atteintes par les effets néfastes de déchets radioactifs rejetés dans la nature par l'homme.

Si son précédent film n'était déjà pas un modèle de réussite, L'Empire des Fourmis Géantes est quant à lui, un ratage complet ! Une vraie bouse cinématographique qui malgré la volonté du cinéaste et visiblement celle des interprètes qui, les pauvres, font ce qu'il peuvent pour rendre crédible un scénario qui ne l'est jamais, est l'exemple type d'ouvrage mal fini. On a beau y retrouver quelques têtes bien connues du septième art et de la télévision (Joan Collins de la série Dynastie, Robert Lansing que l'on retrouvera onze ans plus tard dans une œuvre similaire signée Terence H. Winkless, Voyage au bout de l'horreur, Robert Pine (CHIPs), ou encore Albert Salmi (Brubaker)), le film ne rempli jamais son contrat. Pas le moindre sentiment de peur ou d'angoisse. Les interprètes ont beau gesticuler dans tous les sens, on n'y croit pas un seul instant.

La faute sans doute à des effets-spéciaux qui lors de la sortie de film étaient déjà cruellement datés. Quand à l'histoire, à part quelques passages durant lesquels certains personnages se montrent peu courageux (Robert Pine en l’occurrence), on se fiche du sort de chacun tant la psychologie de la plupart d'entre eux à été mise à l'écart. Quand au passage montrant le shérif et ses adjoints forcer les habitants du village à accepter leur sort en les gazant à l'aide de phéromones produites par les fourmis, on nage en plein ridicule. A oublier très vite donc...

samedi 30 mai 2026

Dark Places (Le manoir des fantasmes) de Don Sharp (1970) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dark Places ou Le manoir des fantasmes conserve le charme des productions britanniques fantastiques des années soixante-dix. L'on y retrouve d'ailleurs l'un des acteurs emblématiques du cinéma d'horreur et d'épouvante en la personne de Christopher Lee qui y incarne le rôle du Docteur Ian Mandeville qui sous des apparences de respectabilité s'avère n'être que l'avare prétendant d'un magot planqué dans une demeure délabrée dont va prendre possession un certain Edward Foster. Héritier d'une maison de campagne auparavant détenue par Andrew Marr, ce dernier est devenu fou après avoir tué ses deux enfants ainsi que son épouse Victoria (l'actrice Jean Marsh). Notons que l'un des enfants d'Andrew Marr, Jessica, est interprété par Jennifer Thanisch qui fut surtout connue pour avoir incarné entre 1978 et 1979 le rôle d'Annie dans l'adaptation télévisuelle du roman pour enfants Le club des Cinq de la romancière britannique Enid Blyton. Quant à Jane Birkin, après avoir rencontré Serge Gainsbourg quelques années auparavant sur le tournage de Slogan de Pierre Grimblat ou après être apparue dans la palme d'or du festival de Cannes 1967 Blow-Up de Michelangelo Antonioni, voici qu'elle interprétait dans Dark Places le rôle de l'amante d'Andrew Marr. Féminicide, infanticide, dédoublement de personnalité, appât du gain, il y a de quoi passer un très agréable moment devant ce long-métrage atypique mettant en scène un héritier qui peu à peu va s'immerger dans le passé de l'ancien propriétaire de la demeure tout en perdant la tête au fil du récit. Car en plus d'incarner le rôle d'Edward Foster, l'acteur Robert Hardy va également assurer celui d'Andrew Marr. Seule différence physique entre les deux personnages, la moustache que porte le second...


L'un comme l'autre souffrant de troubles psychiatriques, Edward ne va pas tarder à entendre des voix dans la demeure qu'il vient d'acquérir. Il va notamment faire connaissance avec la séduisante Sarah qui n'est autre que la sœur du docteur Ian Mandeville. Ces deux là partagent le projet commun de mettre la main sur l'argent caché dans la demeure. C'est donc la raison pour laquelle la jeune femme joue de ses charmes auprès d'Edward afin de le séduire et de découvrir où se trouve l'argent. L'actrice Joan Collins (la série Dynastie) interprète le rôle de Sarah. Jeune et très belle femme qui sait comment s'y prendre avec les hommes. On apprendra de la bouche de son frère et du notaire Prescott (l'acteur britannico-tchèque Herbert Lom) qu'elle est une femme facile. Une aptitude à se laisser convaincre de finir dans le lit des hommes qui, au mieux, est ici une qualité puisque convenant parfaitement à l'ambitieux projet dans lequel son frère et elle se sont lancés. Si Dark Places demeure tout d'abord timide en terme d'effets, le long-métrage nous laisse ensuite supposer que l'on est face à une œuvre fantastique placée sous le signe des esprits. Pourtant, le seul véritable que l'on y croisera n'aura bien entendu rien à voir avec une éventuelle apparition fantomatique mais plutôt celle d'un trouble psychiatrique se déclarant au contact de cette demeure et notamment d'un tableau à l'effigie d'Andrew Marr. Peu anxiogène, constitué d'une somme importante de flash-back qui confondent et entremêlent parfois passé et présent (le montage accentuant l'aspect schizophrénique du scénario de Don Sharp et de James Hannah Jr.), le film est tout de même nourri de quelques séquences intéressantes lors desquelles on constate la perte quasi totale de repères de la part d'un Edward Foster dont même l'apparence physique change au rythme des visions sonores qui l'assaillent. Notons également qu'aucun personnage ne semble véritablement avoir grâce aux yeux du réalisateur et scénariste. Pas tous pourris mais tout de même porteurs de certains gênes particulièrement disgracieux. Entre les fous et les escrocs, c'est la foire d'empoigne. Sympathique...

 

vendredi 21 septembre 2018

Le Manoir des Fantasmes (dark Place) de Don Sharp (1974) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Non, Le Manoir des Fantasmes n'est pas l'un de ces innombrables films érotiques émoustillant la libido des noctambules rivés devant leur poste de télévision chaque premier samedi du mois. Il ne s'agit pas non plus de l'adaptation cinématographique du roman éponyme de Gilles Milo-Vacéri. Non, Le Manoir des Fantasmes n'est qu'un petit film d'horreur britannique sans prétentions. D'ailleurs, comment aurait-il pu prétendre rivaliser avec les grands noms du cinéma d'épouvante axés sur le thème de la maison hantée ? Parce que ce film signé du cinéaste britannique originaire d'Australie Don Sharp est d'un ennui abyssal. En choisissant d’œuvrer dans une frange du fantastique plus poétique que réellement effrayante, le cinéaste pond un long-métrage poussif, et qui s'étire au delà du raisonnable. A trop vouloir prendre son temps, l'élastique finit par lui péter à la gueule !

Pour un long-métrage d'épouvante censé faire peur (n'est-ce d'ailleurs pas le but de tout film du genre?) Le Manoir des Fantasmes endort plus que tout autre chose. Pourtant, l'idée n'était pas inintéressante. En mélangeant machination et fantômes, le cinéaste avait là de quoi insuffler à son œuvre des éléments inédits que sa mise en scène léthargique plombe malheureusement très rapidement.

L'histoire : Edward hérite d'une immense demeure à la mort de son propriétaire. Mais avant que celui-ci ne meurt, il apprend à son ami que derrière l'un des murs de l'immense demeure est cachée une très grosse somme d'argent. Edward découvre notamment qu'il n'est pas seul dans la maison. En effet, l'esprit de l'ancien propriétaire, dont un tableau à son effigie révèle sa troublante ressemblance avec Edward, rôde entre les murs de l'édifice et tente de prendre possession de ce dernier. Ainsi donc, Edward est victime de visions relatives au passé d'Andrew Marr, l'ancien propriétaire. C'est là qu'interviennent trois nouveaux personnages incarnés par Christopher 'Dracula' Lee, Joan Collins (qui s'est surtout distinguée chez nous dans le rôle d'Alexis Morell Carrington de la série Dynastie entre 1981 et 1989), ainsi que Herbert Lom (la saga La Panthère Rose). Trois escrocs qui vont tout entreprendre afin qu'Edward quitte les lieux, et pouvoir ainsi les investir à leur tour et mettre la main sur l'argent...

Si Le Manoir des Fantasmes n'est pas tout à fait inintéressant, il souffre malheureusement d'un terrible manque de rythme. Entre les séquences se déroulant dans le passé et les visions du personnage titre (incarné par l'acteur Robert Hardy qui campe également le personnage d'Andrew), on s'ennuie ferme. Le plus intéressant demeure finalement dans le coup monté par le Docteur Mandeville, Sarah et Prescott. S'ajoutant au générique, les spectateurs auront l'agréable surprise d'y découvrir la chanteuse-actrice anglaise Jane Birkin qui bizarrement, dans la version française, fut doublée par la comédienne Monique Thierry. Plus encore que le manque de rythme, le film a plutôt mal vieilli. La bande-musicale de Wilfred Josephs est triste à mourir. Reste certains décors intérieurs particulièrement soignés. Pour le reste, Le Manoir des Fantasmes est une déception...
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