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samedi 4 mai 2019

Happy Birthdead to You 2 de Christopher Landon (2019) - ★★★★★★☆☆☆☆



Le fiston du Charles Ingalls de La Petite Maison dans la Prairie rempilait chez nous le 13 février dernier avec la suite de son slasher mêlé de boucle et de paradoxe temporels, Happy Birthdead sorti deux ans auparavant. Auteur d'un très réjouissant Manuel à l'Apocalypse Zombie en 2015, Christopher Landon met en avant des individus dont l'âge ne dépasse généralement par la vingtaine. C'est encore le cas avec Happy Birthdead to You 2, qui reprend à peu de chose près les mêmes ingrédients que l'épisode précédent tout en y apportant suffisamment de nouveautés pour éviter la redondance. Désormais, l'héroïne Jessica Rothe (interprétée par l'actrice américaine Jessica Rothe) va devoir encore se battre contre cette boucle temporelle dont elle fut victime dans le premier volet, mais également contre celui qui la harcela, planqué derrière un sinistre masque de bébé. Plus encore que n'importe quel film consacré aux boucles temporelles et aux paradoxes qui les accompagnent en général, Happy Birthdead to You 2 ressemble désormais plus à une œuvre telle que le Destination Finale de James Wong et ses différentes déclinaisons ou à L'Effet Papillon d'Eric Bress et J. Mackye Gruber.

Après une séquence d'ouverture qui reprend le même principe que lors du premier volet (sauf que la victime est cette fois-ci le petit génie en informatique Ryan Phan, incarné par Phi Vu), Christopher Landon a la bonne idée d'intégrer un résumé des précédentes péripéties afin d'aider ceux qui n'auraient pas suivi les premières aventures de Theresa et de ses amis et ceux qui ont mauvaise mémoire, à reprendre le cours des événements sans être totalement perdus. Épouvante (quoiqu'il faudra s'armer d'une sacrée imagination pour éprouver le moindre frisson), fantastique, science-fiction et humour sont une fois de plus au programme. S'il fallait également comparer cette suite à un autre programme afin de bien faire comprendre aux spectateurs éventuels la direction qu'a également choisi de donner à son film le cinéaste, il n'est peut-être pas exagéré d'y remarquer certaines similitudes avec l'excellente série de science-fiction des années quatre-vingt dix créée par Tracy Tormé et Robert K. Weiss, Sliders : Les Mondes Parallèles.

L’héroïne est cette fois-ci effectivement plongée dans un univers parallèle au sien, dans lequel sa mère vit toujours, mais dans lequel, par contre, son petit ami (l'acteur Israel Broussard) est avec une autre (la très superficielle Danielle Bouseman interprétée par Rachel Matthews). Christopher Landon implique désormais davantage certains des interprètes qui étaient passablement laissés de côté dans le premier long-métrage. Phi Vu incarne un Ryan beaucoup plus présent et surtout essentiel au récit, lui, que le cinéaste condamne dès les premières minutes avant de le confronter à son double !

Moins bon que le premier, Happy Birthdead to You 2 a surtout beaucoup de mal à convaincre avant la première moitié des cent minutes que dure l'aventure. Assez brouillon lors des quarante-cinq premières minutes, la logique du récit se fait de plus en plus précise pour finir, enfin, par convaincre de son potentiel. Et puis, le cinéaste sait y faire pour rendre ses personnages attachants. Surtout Jessica qui confrontée au double de sa mère bien vivante, nous offre quelques petits moments d'émotion bienvenus. C'est avec un certain plaisir que l'on retrouve également quelques détails de l'épisode précédent qui font de ce Happy Birthdead to You 2, une suite bien réelle et relativement bien construite. Comme cette... cruche qui sourit à chaque passage, musique à fond dans les oreilles, ou la copine Lori Spengler à laquelle Christopher Landon offre quelques variations (ceux qui ont vu le premier comprendront). Pas mal d'humour donc comme je le disais plus haut. La séquence durant laquelle l'héroïne se suicide de diverses façons, ou encore ce jeune homme ''con comme la Lune'' découvert à moitié nu dans la chambre de Danielle. Si les fans hardcore du voyage dans le temps, des boucles et des paradoxes temporels risquent de tiquer devant certaine facilités ou invraisemblances, Happy Birthdead to You 2 reste une honnête petite série B à l'attention des amateurs de slashers légers et d'univers parallèles qui ne veulent pas se prendre la tête et passer un agréable moment... Veillez à demeurer devant l'écran jusqu'à la fin car à la suite du générique de fin, Christopher Landon prolonge l'expérience à travers une séquence qui laisse envisager un futur troisième volet... Utile ? Pas forcément...

mercredi 14 février 2018

Boucles et paradoxes temporels



Le temps... passionnant sujet... Surtout lorsque certains se penchent dessus pour le triturer, l'étirer, lui prêtant un attention toute particulière. Dans ce domaine, les cinéastes ne sont pas les derniers à s'y employer. Qu'il s'agisse de révéler des faits historiques faisant éternellement partie du passé ou bien en imaginant un futur très lointain et idyllique (Star Trek) ou proche et dystopique (Soleil Vert, Brazil, Les Fils de l'Homme, Never let Me Go, The Lobster, pour ne citer que quelques exemples), beaucoup s'y sont attelé avec plus ou moins de bonheur. Mais s'il y a un aspect du sujet qui demeure aussi passionnant qu'imaginer à quoi pourrait ressembler notre futur, c'est le voyage dans le temps. Lui, et ses ersatzs que son les boucles et les paradoxes temporels. Before I Fall, Happy Birthdead et The Cloverfield Paradox abordent chacun à leur manière un thème qui forcément, attisent l'appétit des amateurs de science-fiction et de voyages dans le temps. Le premier s'inscrit dans le registre du teen movie. Autrement dit, le film d'adolescent, qui dans une grande majorité est adressé à un public dont l'âge oscille en douze et dix-sept ans. Pas très sérieux, donc, d'infliger à un sujet aussi prenant, un cadre aussi puéril. D'autant plus que le film de la réalisatrice américaine Ry Russo-Young véhicule des messages d'une mièvrerie confondante. Du style : c'est pas beau d'être méchant et ne pas dire ce que l'on ressent pour ses proches également ! L'exercice de style étant délicat et Un Jour sans Fin de de Harold Ramis avec l'excellentissime Bill Murray demeurant la référence ultime, Before I Fall se révèle largement en dessous de la référence en matière de boucle temporelle.

Pire, le principe de journée se répétant indéfiniment aurait dû servir à la cinéaste mais l'utilisation mal abordée de points de vue et d'événements différents occulte toute forme de divertissement. Alors que l'on aurait aimé assister à la mise en place de situations ponctuelles rappelant que l'héroïne se situe dans un contexte de boucle temporelle, la cinéaste préfère bousculer les conventions en offrant à son héroïne la possibilité de bouleverser totalement le déroulement de sa journée. A vrai dire, cette boucle temporelle se terminant invariablement par un accident de voiture ressemble davantage à une succession de journées n'ayant scénaristiquement parlant, que peu de rapports entre elles.

Happy Birthdead part, lui, d'un même principe. La boucle temporelle étant l'axe autour duquel tourne l'intrigue de ce long-métrage signé par le cinéaste américain Christopher B. Landon (qui n'est autre que le fils de Michael « Charles Ingals » London), et les personnages étant à peu de chose près les mêmes que ceux évoqués dans Before I Fall, il y a de quoi s'inquiéter. Surtout si le visionnage des deux longs-métrages est effectué consécutivement. Pourtant, là où pêche le film de Ry Russo-Young, Christopher B. Landon s'en sort, lui, plutôt brillamment. Point, ou si peu de morale, mais un récit s'inscrivant dans un thriller en mode « slasher » avec pour héroïne, une jeune étudiante traquée par un tueur masqué qui, le soir, la tue de plusieurs coups de couteau. Mais alors que l'histoire aurait pu s'arrêter là, la blonde Tree Gelbman se réveille systématiquement dans le lit d'un garçon rencontré la veille au soir durant une fête alcoolisée. Alors qu'elle croit avoir rêvé la journée de ses dix-huit ans se terminant par sa mort, Tree constate très vite que ce jour très particulier ne fait que se répéter. L'occasion s'offre à la jeune étudiante de rechercher l'auteur de son propre assassinat afin que le temps reprenne normalement son cours...

Autant le dire tout de suite, les meurtres, principal intérêt des slashers du type Vendredi 13, Halloween et consorts, ne sont pas ici l'objet principal du récit. Christopher B. Landon s'attarde surtout sur le phénomène de boucle temporelle en intégrant à l'intrigue toute une série d'événements qui vont se répéter chaque fois que la même journée se répétera pour l'héroïne. Et ce, dans des conditions sensiblement différentes, permettant ainsi de faire évoluer le récit jusqu'au dénouement. Si les plus attentifs remarqueront qu'en terme de timing, il demeure quelque défauts dans la mise en place de certaines situations (lorsqu'un matin Tree quitte la chambre de Carter plus tôt que la veille, sa rencontre avec les événements déjà rencontrés les jours passés devraient s'en trouver décalés), Christopher B. Landon nous offre cependant un spectacle fort réjouissant, mélange d'épouvante, de fantastique et de comédie. Happy Birthdead est une relecture du classique de Harold Ramis à la sauce épouvante. Une réussite.

The Cloverfield Paradox, quant à lui, explore le thème passionnant du paradoxe temporel mais sous un jour radicalement différent. Ici, il n'est plus question d'un événement se répétant indéfiniment mais d'un voyage dans un univers parallèle proche de celui de ses héros. C'est un accident survenu à bord de la station spatiale internationale Cloverfield qui provoque cette faille spatio-temporelle dont les répercussions aussi bien désastreuses qu'incroyables vont avoir des conséquences inattendues sur les membres de l'équipage. Le cinéaste Julius Onah évoque l'effondrement d'un univers sur un autre, les deux se mêlant et provoquant ainsi des événements spectaculaires.
Si le lien avec les deux précédents volets de la saga Cloverfield est ténu (Cloverfield en 2008, et 10 Cloverfield Lane en 2016), quelques éléments viendront pourtant corroborer la paternité des uns et des autres, le tout semblant alors former une trilogie finalement assez peu homogène. Les personnages constituant l'équipage de Cloverfield étant d'origines diverses, on a logiquement droit à quelques dératés comportementaux. Et comme si cela ne suffisait pas, le film se transforme en un ersatz d'Alien, sans alien, mais avec des course-poursuites dans les coursives de la station saupoudrées de quelques scènes d'horreur plutôt originales.

En fait, on a surtout l'impression que le cinéaste profite du succès et de la renommée de la franchise pour lancer son propre projet. Si dans le fond The Cloverfield Paradox se laisse plaisamment suivre, on ne peut pas dire qu'il demeure pour autant exemplaire dans la forme. Parfois bavard et bien moins ambitieux que ne le laissait présager son sujet, le film de Julius Onah est peut-être le plus faible de la saga...
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