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dimanche 15 décembre 2019

Dai Nippon-jin de Hitoshi Matsumoto (2007) - ★★★★★★☆☆☆☆



Avant Shinboru, avant Saya Zamutaï et avant Āru hyaku, le réalisateur japonais Hitoshi Matsumoto, d'abord connu dans son pays d'origine pour incarner l'un des membres du duo comique Dauntaun aux côtés de Masatoshi Hamada, a débuté sa carrière au cinéma en 2007 après avoir signé une poignée de courts-métrages. Tout comme les œuvres qui suivront, son tout premier essai intitulé Dai Nippon-jin (Big Man Japan) s'avère tout à fait original et ne ressemble pratiquement à rien de connu. Le réalisateur s'y met lui-même en scène dans le rôle de Masaru Daisatō, qui fait partie d'une lignée de ''grands hommes du Japon'' dont l'étonnante faculté de pouvoir grandir dans d'exceptionnelles proportions lui permet de combattre des monstres géants. Demeuré humble et discret malgré la grande popularité dont il bénéficie en son pays (mais pas auprès de ses voisins qui le détestent), il accepte cependant d'être suivi par une équipe de reporters qui vont le suivre jusqu'à la centrale électrique lui permettant de se transformer en ''grand homme du Japon''. En effet, après un rituel religieux, Masaru a besoin d'une grande source d'énergie électrique pour pouvoir grandir et ainsi combattre les immenses créatures qui pointent ponctuellement le bout du nez. Mais alors qu'il se défait généralement facilement des diverses créatures, il va être bientôt confronté à un monstre beaucoup plus résistant que les autres...

Dai Nippon-jin est un long-métrage étonnant à plus d'un titre. Hommage pittoresque aux kaijū eiga nés dans les années cinquante au cinéma grâce à l'impulsion du réalisateur Ishirō Honda et du scénariste Takeo Murata, le film de Hitoshi Matsumoto est un très étrange objet qui démarre et se poursuit durant les trois quarts de sa durée (qui frôle les deux heures) sous la forme d'un faux documentaire. Un documenteur diraient sans doute certains même si très rapidement, le sujet révèle la supercherie. Hitoshi Matsumoto y incarne un individu semblable à n'importe lequel de ses concitoyens. Peut-être un peu plus excentrique que la moyenne mais ne laissant à personne l'opportunité de penser qu'il pourrait être le fameux ''grand homme du Japon'' si populaire auprès des habitants. Tourné caméra à l'épaule, Dai Nippon-jin bénéficie d'un look très particulier, entre documentaire et blockbuster du pauvre...

Ici, pas de Godzilla, de Mothra, de Rodan, de Ghidra ou de Gamera. Les créatures que combat le ''grand homme du Japon'' sont toutes originales. À plus d'un sens. Non seulement elles sont ''endémiques'' à Dai Nippon-jin, mais arborent de plus une esthétique plus folle que n'importe quel autre kaijū eiga. Peu nombreuses, elles sont en revanche très étonnantes: à ce titre, celui qui arbore un corps de rat dont la très longue queue débouche sur un immense globe oculaire reste sans doute le plus démentiel. L’œuvre de Hitoshi Matsumoto balance entre fausses interviews du héros et combats titanesques dans un Japon moderne modélisé. Entre maquettes et CGI, Dai Nippon-jin ne peut sans doute pas prétendre rivaliser avec les grosses productions américaines (Godzilla de Gareth Edwards en 2014), mais le propos étant ailleurs, le spectateur s’accommodera facilement d'effets-spéciaux parfois bancals. Par contre, le film souffre d'un rythme qui parfois confine à l'ennui. On ne peut pas dire que les dialogues soient d'une qualité exceptionnelle et les interprètes ont du mal à combler certains vides. Le dernier quart-d'heure confine à l'absurde le plus complet, mais derrière lui se cache sans doute un message beaucoup plus profond qu'il n'y paraît et que je vous laisse deviner par vous-même. Au final, Dai Nippon-jin n'est pas aussi passionnant et visuellement bluffant que Shinboru, mais cependant, il demeure suffisamment original pour que l'on s'y arrête. Un véritable OFNI !!!

dimanche 9 octobre 2016

Cycle improbable : Shinboru de Hitoshi Matsumoto (2009)



Que peuvent avoir en commun un catcheur qui se prépare à monter sur le ring et un homme affligé d'un quotient intellectuel terriblement bas? Qui ou quoi peut relier ces deux êtres dont les intérêts n'ont apparemment eux non plus aucun rapport? D'un côté, le Mexique. Le catcheur va bientôt rejoindre le ring sur lequel il parviendra ou non à prouver ce que, désespérément, son fils tente de prouver à ses camarades de classe. Que la véritable force est celle de l'esprit. De l'autre, un lieu dont la situation reste floue. Une pièce d'une blancheur immaculée, gardée par une armée d'anges dont seul leur petit sexe dépasse du sol et des murs. Et puis un homme. Vêtu d'un accoutrement aux couleurs aussi chatoyantes que celles d'une tenue d'enfant. Un esprit faible, pur, et encore protégé de la perversion du monde moderne. Après s'être assurés de son éveil, la myriade d'anges s'évapore derrière les murs et ne laissent à cet homme que leur sexe en guise de "buzzer" organique. Des excroissances qui, lorsque l'homme appuie au hasard sur l'une d'elles, donne naissance à des objets aussi divers qu'un banzaï, une jarre, un guerrier massaï ou encore une assiette de tofu. L'une d'elles promet même une issue à cette salle de jeu faussement chaleureuse. Mais l'homme n'est pas encore prêt. Il va lui falloir s'éduquer. Tout seul, il va apprendre à combiner ces drôles de boutons péniens afin de parvenir jusqu'au moment de liberté tant désiré. Pendant ce temps là, notre ami catcheur part vers son destin. Accompagné par sa fille, une bonne sœur qui n'hésite pas à continuellement engueuler les personnes qu'elle croise sur sa route, il arrive au vestiaire, se change, et attend que son retentisse dans la grande salle où les spectateurs s'entassent. Son fils est là. Il est inquiet pour son père. Il espère que le combat se passera bien pour lui.  

 Mais pour cela, faudra-t-il encore que le doux dingue enfermé dans la grande pièce blanche parvienne à apprendre assez pour comprendre pleinement la mécanique des lieux. Car c'est là que se joue véritablement le destin de notre catcheur. Le sien, et peut-être même celui de l'humanité toute entière... 

 Symbol de Hitoshi Matsumoto n'est définitivement pas un film comme les autres. Affublé d'une esthétique minimaliste et séduisante, il porte effectivement en lui toute une série de symboles qu'il serait sans doute vain de capter dès la première projection. Si l’œuvre est différente de tout ce que nous avons pu voir jusqu'à maintenant, il ne faut pas avoir peur de se lancer dans l'aventure. Car même s'il peut arriver que l'on craigne un éventuel ennui devant des scènes dont la paresse peut redouter, c'est au fil de ce jeu de réflexion dont est le principal (et le seul) joueur cet homme que l'on finira par découvrir ce qui se trame véritablement derrière une histoire quelque peu alambiquée. Les plus réticents devront sans doute passer le cap du quart d'heure (voire de la demi-heure) pour saisir enfin le sens de cette fable poétique. L'apprentissage et l'entraînement sont les bases de l'enseignement que devra acquérir cet homme pour que les espoirs mis en lui aient une chance d'aboutir.  

Symbol n'est pas qu'une œuvre philosophique. C'est aussi une comédie diablement amusante. Alors qu'il apprend l'obéissance et la patience durant la scène de repas de tofu, on devine assez nettement le but de ceux qui le guettent d'en haut. Le voir réclamer comme un enfant de la sauce-soja pour accompagner ses tofus et être exaucé seulement après les avoir tous englouti est drôle, assurément. Et que dire de cette scène à rallonge terriblement ludique durant laquelle l'homme fait preuve d'une jugeote acquise durant son apprentissage , et qui le voit réfléchir sur un moyen de passer la porte de sortie avant qu'elle ne se referme sur lui ? Un vrai jeu de réflexion s'engage entre ces vicieux petits anges qui "pètent" devant certains échecs et cet homme convaincu de devoir trouver une issue lui permettant de quitter cette cage dorée dans laquelle il est enfermé depuis bien trop de temps. On aime ou pas le décor épuré des passages qui le mettent en scène et qui tranche avec le quotidien presque banal du catcheur et de sa famille.  

On apprécie également la folle montée en puissance de la fin du film (que l'on gardera secrète pour n'en dévoiler aucun secret), d'un point de vue visuel, et qui rappellera (vaguement) l'extraordinaire beauté de la fin de l'excellent The Fountain de David Aronovski.  

Symbol est donc un film stupéfiant (dans tous les sens du terme), visuellement irréprochable (effets-spéciaux numériques minimalistes mais néanmoins remarquables) et doté d'idées fameuses. A voir pour découvrir. A revoir pour en saisir toutes les subtilités.

vendredi 17 juin 2016

R100 de Hitoshi Matsumoto (2013)



Heureux celui qui, sept ans en arrière s'est prosterné devant l'OFNI Shinboru (article prévu pour octobre), constatant que son auteur n'a pas dévié d'un iota dans sa manière d'aborder le septième art. Non, Hitoshi Matsumoto n'a pas retourné sa veste. Il n'a pas vendu son âme au Diable et est demeuré fidèle à son style si particulier. Un cinéma bouffon, tragi-comique, poétique, psychédélique, expérimental et décalé. A l'instar de son homologue Takashi Miike, Hitoshi Matsumoto fait ce qu'il veut. Propriétaire d'un immense bac à sable, il y bâtit des châteaux de sable et les modèle à la manière d'un peintre chiant des litres de peinture sur une toile blanche. Comme à la manière de cette Reine des Crachats dégueulant sur le pauvre héros de cette gaudriole qu'est R100, des litres de baves lors d'une scène de bondage-humiliation mémorable. Le bondage justement, technique sublimée par le Japon ancestral et ici acte ultime et symbolique représentant l'asservissement d'un pauvre petit employé d'un magasin d'ameublement dont l'épouse est raccordée à un respirateur artificiel et dont le fils espère voir prochainement le retour au foyer. Il n'y a guère que le beau-père vivant avec l'enfant et son géniteur pour avoir le sens de la mesure à avoir devant la tragédie ayant touché la chair de sa chair.


Il n'y a guère que l'homme désespérément ordinaire pour se convaincre de l'utilité d'adhérer au fonctionnement d'un club spécialisé dans le bondage, et dans lequel l'on signe un contrat d'un an, non résiliable, faisant de son signataire accepte au préalable de n'omettre aucune objection aux épreuves qu'il endurera. Sous peine de mettre sa famille en danger. Mais dans cette existence pas tout à fait paisible qu'est devenue la sienne, notre héros est quotidiennement la proie de redoutables prédatrices nommées reines. Comme celle des voix, capable d'imiter autant celles des hommes que celles des femmes, la fausse équipe du tournage de R100 cherchant d'ailleurs à comprendre le sens de certaines logiques, notamment lorsque la dite reine se révèle capable d'imiter l'épouse plongée dans le coma alors qu'elle ne l'a au préalable jamais entendue parler.

Si R100 grouille (une fois n'est pas coutume, pour notre plus grand bonheur) d’invraisemblances, les quelques interventions de la pseudo équipe de tournage crédibilise ces fausses notes volontaires. Hitoshi Matsumoto assure et affirme ainsi que tous les aspects de son œuvres sont sous contrôles, et surtout ceux qui apparaîtraient éventuellement comme des erreurs de script.

R100 est un chef-d'oeuvre, ouais, rien de moins ! Le genre de projet totalement barré, assumé et totalement fier de l'aspect qu'il arbore. Fou dans son interprétation, décomplexé du point de vue narratif, et d'une créativité permanente, le quatrième long-métrage de Hitoshi Matsumoto se hisse à la hauteur de ses prédécesseur. A voir, absolument, pour se convaincre s'il le fallait, que le cinéaste japonais en a dans le pantalon !



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